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		<title><![CDATA[Forum du Mamarland - Le Livre des Cinq Anneaux]]></title>
		<link>http://forum.chezseb.ovh/</link>
		<description><![CDATA[Forum du Mamarland - http://forum.chezseb.ovh]]></description>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2026 22:27:55 +0000</pubDate>
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			<title><![CDATA[26e Episode : Dharmic Blues]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=222</link>
			<pubDate>Mon, 29 Oct 2007 23:42:58 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=222</guid>
			<description><![CDATA[Il ouvrit un panneau coulissant et entra dans une grande pièce. Là, il reçut ce qui fut sans doute le choc de sa vie.<br />
Sur un siège, aux côtés duquel étaient posées deux lanternes, était ligoté un vieil homme. Le crâne chauve, des cheveux longs tombant sur le côté, les moustaches fines et tombantes. La musculature aguerrie, les avant-bras tatoués de serpents.<br />
<br />
- Akodo Kage-senseï...<br />
<br />
Riobe avait failli en laisser tomber son katana. <br />
C&#39;était bien le vénérable senseï &#33; Celui que tous pensaient mort &#33;<br />
Il voulut se lever, mais ses étreintes l&#39;en empêchèrent. <br />
- Watanabe, dit-il, très inquiet. <br />
Le rônin allait se précipiter pour le détacher. <br />
- Méfie-toi, Watanabe, ce sont les Scorpions qui m&#39;ont enlever &#33; Ils ont fait croire à ma mort &#33; Ils veulent exercer un odieux chantage sur notre clan &#33; <br />
- Senseï &#33; <br />
- Attention &#33;<br />
Un panneau en bois s&#39;ouvrit, laissant entrer un jeune samuraï, l&#39;air du parfait beau ténébreux. De longs cheveux noirs, lisses. Un beau kimono noir aux reflets argentés. Un saya très simple à la ceinture. <br />
- Konnichi-wa. <br />
- Emmon, rugit Riobe, avec une rage d&#39;une noirceur impénétrable. <br />
- Shosuro Emmon, pour te servir, samuraï. <br />
<br />
- Attention, fit le vénérable Kage, il est dangereux &#33; C&#39;est lui qui a fomenté mon enlévement &#33; <br />
- N&#39;ayez crainte, senseï, les ordures dans son genre sont ma spécialité &#33;<br />
- Allons donc, dit Emmon, que de haine, rônin... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Riobe s&#39;avança, sabre à la main, tournant lentement autour de son adversaire. <br />
- Tu as commencé par moquer ma famille au moment où ton clan de cloportes a été rétabli &#33; C&#39;était déjà un affront mortel... Mais maintenant, tu as commis un acte... un acte... inqualifiable. <br />
Riobe cracha à terre. Il aurait voulu recracher tous les Scorpions de l&#39;Empire d&#39;un coup. <br />
- Tu veux en découdre par le sabre, si je comprends bien, fit Emmon, presque charmeur. <br />
- En garde &#33; fit Riobe en pointant son sabre vers lui, le visage déformé par la haine et le dégoût. <br />
Emmon tira lentement son sabre et se mit en garde. <br />
- J&#39;ai entendu parler de la mort de Tsuyoshi, sussura Emmon. Elle fut ignoble, donc digne de lui. Tu n&#39;auras pas pire, alors que tu l&#39;aurais mérité. Mais cela suffira pour que ton ancienne fiancée, et Toturi, t&#39;oublient à jamais. <br />
<br />
Le Scorpion avait réussi à insulter, en une seule phrase, tout ce qui était le plus cher aux yeux du rônin &#33; <br />
Inquiet, Kage regarda les deux adversaires se toiser. <br />
C&#39;est Riobe qui lança la première attaque. Sa lame choqua celle d&#39;Emmon, qui avait paré à l&#39;horizontal. Les deux adversaires étaient presque nez à nez. <br />
- Tu crois encore, rônin, que ton senseï te mène sur la voie de l&#39;honneur ? Ton dévouement te perdra. <br />
Furieux, Riobe le repoussa et se remit en garde. Emmon lança alors plusieurs attaques, dont la dernière se nommait le dard du Scorpion, et consistait en un coup des plus deshonorables : frapper à la cuisse. Mais Riobe le vit venir et l&#39;arrêta. <br />
- Bien, Riobe, bien, fit Kage, satisfait. <br />
<br />
Les deux hommes se lancèrent alors dans un échange de coups des plus furieux. Les lames voltigèrent, et passèrent à chaque fois à quelques pouces de leur ennemie. On entendait, dans la pénombre, le râle des deux combattants, qui se bestialisaient un peu plus à chaque coup, le fauve et l&#39;insecte, ivres de haine. <br />
Kage suivait cette masse confuse qui s&#39;agitait, cet espèce d&#39;homme-double qui se combattait lui-même, avec ses deux têtes et ses quatre bras, en un combat ponctué de chocs de lames et de râles d&#39;efforts. <br />
<br />
Riobe, qui avait failli prendre un coup en plein ventre, se ressaisit, et repensa à ses Ancêtres, à ses amis. Il sentit le sang du Lion couler en lui, et enchaîna une suite de coups brefs et violents. Il vit Emmon se mettre en garde, et ne fut pas dupe. Riobe continua ses attaques. Emmon tenta alors de le contourner d&#39;un coup pour le frapper de côté et le désarmer. Mais le Lion avait vu venir la traîtrise. Au moment où le Scorpion allait se déplacer de côté, Riobe changea son sabre de main et trancha d&#39;un coup les deux poignets de son adversaire. <br />
Le sang gicla, le sabre d&#39;Emmon resta suspendu en l&#39;air ; Riobe le rattrapa ; les deux mains tombèrent à terre, et le Scorpion tomba à genoux. <br />
Riobe croisa les deux katanas devant la gorge du misérable, qui ouvrit grand la bouche, stupéfait. <br />
- Bien, Riobe &#33; Bien &#33; <br />
Akodo Kage ne contenait plus sa joie. <br />
Riobe inspirait profondément, lentement. Emmon ne respirait plus. <br />
- Et maintenant, dit sèchement le senseï, tue-le. <br />
Etonné, Riobe dit : <br />
- Mais Kage-sama, nous pourrions le garder en vie pour qu&#39;il parle... <br />
- Inutile, continua le vieil homme, il m&#39;en a dit assez -dans son orgueil &#33; Tue-le, je te dis &#33; <br />
- Ce n&#39;est pas très conforme au code du bushido... <br />
- Tue-le immédiatement. <br />
Emmon fixa le vieil homme, terrifié. <br />
Il avait trouvé pire que lui. <br />
Riobe cisailla la gorge du Scorpion, et sa tête alla rouler à terre.<br />
<br />
Le rônin jeta le sabre d’Emmon et défit les liens du senseï. <br />
-	Partons vite, à présent, Kage-sama. L’endroit n’est pas sûr. <br />
-	Inutile, je pense qu’avec la mort de celui-ci, ses complices vont s’enfuir. <br />
-	Senseï, la Cité de l’Or Bleu n’est pas loin d’ici. <br />
-	Attends, Watanabe. Tu oublies que l’Empire me croit mort. <br />
-	Justement &#33; Allons avertir Toturi que vous êtes vivant &#33; <br />
Kage se rassit et fixa Riobe : <br />
-	Ce n’est pas si simple, Watanabe. Il faut au contraire profiter de ce qu’on me croit mort pour agir…<br />
-	Comment cela ?<br />
-	Nous devons riposter rapidement. Quelqu’un d’autre sait-il que tu es là ?<br />
-	Non, je suis venu seul. <br />
-	Bien, dit le senseï, satisfait. Alors tout va bien. <br />
-	Je ne comprends pas. <br />
-	Nous avons affaire à des ennemis dangereux, Watanabe. Des conspirateurs de premier plan. Ils m’ont enlevé car j’avais découvert un horrible secret. Assez horrible pour qu’on veuille me faire taire. <br />
-	Pourquoi vous ont-ils gardé en vie ?<br />
-	Sans doute pour m’emmener dans une de leurs sinistres forteresses, et m’arracher d’autres secrets. Mais ne pensons plus à cela. Je vais encore avoir besoin de toi, Watanabe…<br />
-	De moi, senseï ? Tout ce que vous voudrez &#33;<br />
-	Bien, je savais que je pouvais compter sur toi. Seulement, tu seras seul au courant de ta mission. Seul au courant que je suis encore en vie. <br />
-	S’il le faut, je peux mourir à l’instant pour vous aider. <br />
-	Ecoute, samuraï, ce que je vais te dire n’est pas facile. Normalement, les bushis comme toi, encore jeunes et vaillants, n’ont pas à savoir ce genre de choses… Ces secrets sont réservés aux vieux senseï comme moi. <br />
-	J’écoute, et je me tairai. <br />
-	A l’heure qu’il est, Toturi marche sur la capitale, je pense. <br />
-	Oui, senseï. <br />
-	Des rumeurs ont couru ces derniers temps, Watanabe… Des rumeurs très graves… N’est-ce pas ?<br />
-	Oui, senseï. <br />
-	Lesquelles ? <br />
Le rônin hésita. Mais au maître vénéré de sa famille, il pouvait tout dire. <br />
-	D’aucuns accusent l’Empereur d’être…<br />
-	D’être ?...<br />
Riobe n’osait pas. <br />
-	D’être corrompu par la souillure du Celui dont le Nom Doit être Tu, n’est-ce pas ?<br />
-	Oui, senseï… <br />
-	Je l’ai entendu dire, moi aussi. Ecoute, Watanabe, l’heure est grave. Car la vérité est encore plus atroce…  <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le drapeau du Lion Noir flottait sur le Village Stratégique du Nord. <br />
- Par Kakita, quelle bataille, disait Hiruya, resplendissant de fierté. Dites-moi, Ayame-san, combien d&#39;onis ai-je abattus, déjà ? Cinq ? Six ?...<br />
- Sans doute bien plus, Hiruya-sama, répondit Ayame, et sans même vous en apercevoir... <br />
Nos samuraï sortaient du palais qui leur avait été attribué. <br />
La Cité était devenue un véritable camp retranché. Plus de la moitié de la population appartenait à l&#39;armée du général Toturi, vainqueur la veille. Et on s&#39;occupait à recruter de forces des volontaires parmi les paysans, tandis que d&#39;autres armées commençaient à affluer, du nord des terres impériales. <br />
Il régnait une anarchie militarisée : des patrouilles de soldats courant en tous sens, des gens aussi, des boutiques déplacés, une désorganisation générale qui résultait d&#39;ordres et de contre-ordres lancés à chaque minute. <br />
Mais quand la Magistrature d&#39;Emeraude arriva dans les quartiers du Lion Noir, c&#39;était l&#39;ordre parfait. Autant plus personne ne savait qui commandait en ville, autant la bâtisse centrale de la Cité était devenue une forteresse imprenable, gardée par les plus féroces Matsu. Ceux qui, trois jours avant, se seraient empalés sur leurs katanas pour Matsu Tsuko et qui, aujourd"hui, en feraient autant pour leur nouveau maître. <br />
Le palais accueillait les dignitaires de tous les clans. C&#39;était une cour impériale en miniature qui se tenait là. Nombre de courtisans et de diplomates ayant fui la capitale trouvaient refuge ici. Il n&#39;avait pas fallu longtemps pour qu&#39;ils comprennent où ils seraient en sécurité et où exporter, même au plus fort de la guerre, leurs machinations d&#39;alcôves. <br />
Après avoir passé quatre portes gardées par les terribles Quêteurs de Mort Matsu, nos samuraï entrèrent dans la grande salle des quartiers de Toturi. C&#39;était le dernier carré des fidèles. <br />
- Ah, Magistrat &#33; dit le Lion Noir, ravi, comment allez-vous ? <br />
- Par mes Ancêtres, plutôt bien &#33; <br />
C&#39;est vrai qu&#39;il se portait comme un charme, Hiruya-sama, comme s&#39;il sortait d&#39;une belle journée dans les paisibles jardins de sa famille &#33; <br />
- Mon katana réclame encore des démons &#33; <br />
- Il est probable que nous n&#39;en manquerons pas, remarqua le général Mirumoto Daini, qui montrait des cartes de Rokugan à deux Nagas. <br />
- Magistrat, déclara Toturi, je sais que j&#39;ai déjà fort abusé de votre aide...<br />
- ... elle vous était acquise pour l&#39;honneur, dit Hiruya. <br />
- Je n&#39;en doute pas une seconde. Cependant, si je puis me permettre de vous solliciter encore... <br />
- ... si c&#39;est encore au nom de l&#39;honneur...<br />
- Ça l&#39;est, sans aucun doute... <br />
- Alors, j&#39;écoute. <br />
- Voici : en arrivant dans cette Cité, nous y avons découvert des personnalités de haut rang... de très haut rang... <br />
- Comment cela ?<br />
- Des dignitaires de la famille impériale, souffla le capitaine Sasuke. <br />
- Par Benten &#33; <br />
- Comme vous dites, fit le Lion Noir. <br />
- C&#39;est une chance, dit Sasuke, que les monstres qui avaient pris leurs aises dans cette Cité ne les aient pas dévorés. Mais ceux-ci constituaient des otages trop précieux. <br />
- Je vois. <br />
- Or, ces honorables descendants du Ciel nous ont appris que d&#39;autres membres de leur famille se trouvaient encore dans la Cité Interdite.<br />
- Et, étant données les circonstances, dit gravement Toturi, nous pensons qu&#39;il serait bon de les en sortir, pour les amener ici, où ils ne craindront rien. <br />
- Je comprends, dit Hiruya à voix basse. <br />
- D&#39;autant que les Hantei se trouvant encore là-bas sont parmi les plus proches de l&#39;Empereur... donc aussi les plus exposés...<br />
- Et s&#39;il fallait, ajouta Sasuke, un descendant... <br />
- Oui, je vois bien, dit Hiruya, épargnant au Lion la peine de continuer. <br />
- Nous savons que la Magistrature d&#39;Emeraude, dit Toturi, peut facilement...<br />
- Si Hiruya-sama le permet, dit soudain Bokkaï, je suis volontaire pour escorter la famille impériale jusqu&#39;ici. <br />
- Entendu, dit le Magistrat, je te confie cette mission. <br />
- Nous en sommes ravis, dit Sasuke. <br />
<br />
Entra alors un important dignitaire dans la pièce. <br />
- Miya Katsu-sama &#33; <br />
Ravi, le vieil homme avança vers ses samuraï, auxquels ils prétaient plus attention qu&#39;à Toturi &#33; Il leur serait bien tombé dans les bras, comme un père avec ses enfants &#33; <br />
- J&#39;ai appris vos excursions imprévues, dit-il, sur le point de rire, ou de pleurer. <br />
C&#39;était inattendu de le voir ainsi, lui d&#39;habitude, si réservé et si malin... <br />
- Nous sommes honorés de vous retrouver, dirent les samuraï. <br />
- Quelle aventure, dit Katsu-sama. <br />
Toturi et les autres présentèrent leurs respects au Magistrat. <br />
- Bokkaï vient de-<br />
- Oui, j&#39;ai entendu, dit Katsu-sama, et je me réjouis qu&#39;il soit volontaire &#33; <br />
Un peu gêné, comme tout Scorpion le serait, qu&#39;on lui porte publiquement de l&#39;estime, Bayushi Bokkaï se rengorgea et baissa la tête humblement. <br />
- Voici ce que nous allons faire à présent, expliqua ensuite Toturi, en déroulant une carte. Après le village du nord, nous allons nous emparer des autres points stratégiques, de façon à encercler la capitale et ainsi...<br />
- Si je puis me permettre, dit prudemment Miya Katsu, nous avons à parler, Toturi et tu comprendras que-<br />
- Bien sûr, Katsu-sama. Je vous laisse vous retirer dans vos quartiers. <br />
- Bokkaï-san reste avec toi, dit Katsu, pour préparer son départ. <br />
- Je lui adjoins une escorte de mes meilleurs hommes. <br />
Le Scorpion, son émotion cachée par son masque, dit au revoir à la Magistrature. Il se sentit bien seul, au milieu des Lions, Dragons et Nagas... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Riobe s&#39;était agenouillé devant le trône où Kage était assis. <br />
- Encore plus atroce, senseï ? La vérité peut-elle être pire ? <br />
- Oui, Akodo Watanabe, dit le vieil homme, en regardant, inquiet, en l&#39;air et vers le côté, car ce n&#39;est pas seulement l&#39;Empereur qui a été corrompu... <br />
<br />
On se trouvait dans une vieille masure, au sortir d&#39;une minuscule Cité, dans un bois pluvieux, mais les paroles prononcées pesaient si lourd que Riobe craignait qu&#39;on les entende dans tout l&#39;Empire... <br />
- Pas seulement l&#39;Empereur... mais sa famille... toute sa famille...<br />
Effrayé, Riobe répéta à voix basse : <br />
- ... toute sa famille... <br />
- Oui, et nous sommes peu au courant... Les autres qui savaient sont morts... Il ne reste donc que nous deux... <br />
- Vous et moi ?... seulement ?<br />
- Oui, à connaître le plus terrible secret... Toute la famille Hanteï a été corrompue par la malédiction du Dieu Déchu... <br />
- Senseï, dit soudain Riobe, rien n&#39;est perdu, car Toturi, à l&#39;heure actuelle, doit approcher de la Cité &#33; <br />
Il reprenait espoir. <br />
- J&#39;y compte bien, car Toturi fut mon meilleur élève. Mais lui-même n&#39;est pas au courant. <br />
- Il sait pour l&#39;Empereur &#33;<br />
- Mais pas pour la famille Hanteï. Et nous n&#39;avons pas le temps de le prévenir. Il faut au contraire agir vite. Couper le mal à la racine. Avant qu&#39;il ne fasse plus de dégats... quand Toturi arrivera dans la Cité. <br />
- Dans la Cité Interdite ?...<br />
- Le Lion Noir ne s&#39;arrêter pas avant, Watanabe... Mais si la corruption règne encore là-bas, alors même notre famille pourra être touchée par la malédiction... Tandis que si le mal a été éliminé, <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">chirurgicalement...</span><br />
Riobe se releva, fièrement : <br />
- Senseï &#33;... <br />
- Je savais que je pouvais compter sur toi, dit Kage, en se levant à son tour. Je savais que tu étais le samuraï qu&#39;il me fallait. <br />
Il remit lentement sa capuche sur sa tête : <br />
- Tous les Hanteï sont désormais des ennemis de l&#39;Empire... <br />
- Oui, senseï. <br />
- Va à Otosan Uchi, dit Kage. Entre dans la Cité Interdite. Fais ce qui doit être fait. Ne montre aucune pitié. <br />
- Oui, senseï. <br />
- Pars sur l&#39;heure, car tout retard peut nous être fatal. <br />
- Mais comment entrerais-je dans la Cité Interdite ? <br />
- Ne t&#39;inquiète pas. J&#39;ai certains amis sur place. Ils te connaissent. Ils t&#39;aideront. Tu franchiras les portes les mieux fermées grâce à eux. <br />
- Comment reconnaitrai-je mes amis de mes ennemis ?<br />
- Je veillerai à ce que tu sois bien reçu. Mais surtout, opère seul. Eux ne savent rien. Seulement qu&#39;ils doivent t&#39;aider à entrer. <br />
- J&#39;ai compris, dit Riobe, souriant. <br />
Kage sortit de la pièce, suivi de son élève. Il ouvrit la porte grinçante qui donnait sur la forêt inhospitalière. <br />
- Comment partez-vous, senseï ? <br />
- N&#39;aie crainte pour toi, Watanabe. Je saurai trouver refuge pour les nuits à venir. Tout le monde me croit mort... <br />
- A ce sujet, senseï, j&#39;ai des nouvelles de Tsuyoshi... <br />
- Je sais aussi, à son sujet. Lorsque viendras l&#39;heure d&#39;agir, pense à lui. Et sa colère sera aussi la tienne. <br />
- Oui, senseï. <br />
Kage inspecta les arbres noirs et venteux. <br />
- Je devais vous poser une dernière question, senseï... <br />
Riobe avait repris confiance. On sentait même de l&#39;ironie dans sa voix. <br />
- Dis-moi. <br />
- Lorsque j&#39;étais dans l&#39;armée de Toturi, j&#39;y ai appris les rumeurs qui y couraient... J&#39;ai su prêter l&#39;oreille à certains bruits, qui sont remontés jusqu&#39;aux oreilles du Lion Noir. On y parlait de votre mort, entre autres...<br />
- Hé bien ? dit Kage, impatient. <br />
- Alors, j&#39;ai entendu parler de ceux qui s&#39;opposent à la dynastie en place... Et j&#39;ai entendu parler d&#39;une sorte de conspiration...<br />
Kage sourit sous sa capuche. <br />
- Viens, Watanabe, sortons...<br />
<br />
Prudemment, Riobe emboîta le pas au vieil homme, la main non loin du sabre. <br />
- J&#39;ai entendu, entre autres choses, qu&#39;un groupe de personnes influentes ne verraient pas d&#39;un mauvais oeil la chute d&#39;une dynastie millénaire, qui serait remplacée par une autre, sans origine divine directe... <br />
- Intéressant... Continue. <br />
- Ce groupe, toujours d&#39;après ces rumeurs, se nommerait : le Kolat. Il travaillerait dans l&#39;ombre à subvertir l&#39;autorité impériale... <br />
Kage se tourna vers le samuraï : <br />
- Tu as l&#39;oreille fine, Watanabe. Qu&#39;as-tu encore entendu ? <br />
Riobe s&#39;éloigna de deux pas, de nouveau mal à l&#39;aise. <br />
- J&#39;ai entendu, entre autres choses, ce que vous venez de me dire, senseï... Et là encore, j&#39;ai attentivement écouté. Comme tout samuraï le doit. <br />
- Bien... Et qu&#39;as-tu compris ? <br />
Riobe regarda fixement son maître, d&#39;un air de défi qui aurait pu lui valoir une exécution sur le champ : <br />
- Je sais maintenant que vous êtes le grand maître du Kolat &#33; <br />
<br />
Riobe avait dégainé brusquement son maître &#33; Les Kolat &#33; Il avait entendu tant de choses sur eux &#33; Qu&#39;ils étaient pire que tout l&#39;Outremonde réuni &#33; Plus insidieux peut-être que l&#39;Ombre &#33; Que les mortels n&#39;étaient que des marionettes entre leurs mains &#33;<br />
<br />
Kage sourit, sans montrer aucune colère. <br />
- Sais-tu seulement, Watanabe, ce que ce mot veut dire... "Kolat" ?<br />
- Non. <br />
- Il veut dire : "interroger". Le sage ne doit-il pas interroger pour savoir ?  <br />
- Interroger, senseï ?... Mais n&#39;est-ce pas déjà désobéir ?<br />
- Pour un samuraï, oui. Pour un senseï, non... Mais du reste, depuis le début, n&#39;est-ce pas toi qui interroge ?... <br />
Kage avait posé son doigt sur la lame de Riobe et l&#39;abaissait doucement. <br />
- ... alors que tu devrais seulement obéir ?...<br />
<br />
Il l&#39;avait dit d&#39;un ton si calme, si impérieux, et aussi si terrifiant, que Riobe, les larmes aux yeux, rengaina son arme et tomba à genoux. Il mit les mains par terre et se frappa le front à terre. <br />
- Pardon, senseï, pardon... <br />
Mais Kage s&#39;éloignait doucement, son manteau noir, ses manches et sa capuche boursouflés par le vent. <br />
- Tu as interrogé, Riobe, disait-il, maintenant il te faut agir. <br />
<br />
Le rônin resta prostré ainsi, longtemps. Son maître avait disparu depuis longtemps quand il se releva, courut à sa monture, attachée à un arbre, et retourna à l&#39;auberge. <br />
L&#39;aube allait se lever sur la Cité de l&#39;Or Bleu.<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Il ouvrit un panneau coulissant et entra dans une grande pièce. Là, il reçut ce qui fut sans doute le choc de sa vie.<br />
Sur un siège, aux côtés duquel étaient posées deux lanternes, était ligoté un vieil homme. Le crâne chauve, des cheveux longs tombant sur le côté, les moustaches fines et tombantes. La musculature aguerrie, les avant-bras tatoués de serpents.<br />
<br />
- Akodo Kage-senseï...<br />
<br />
Riobe avait failli en laisser tomber son katana. <br />
C&#39;était bien le vénérable senseï &#33; Celui que tous pensaient mort &#33;<br />
Il voulut se lever, mais ses étreintes l&#39;en empêchèrent. <br />
- Watanabe, dit-il, très inquiet. <br />
Le rônin allait se précipiter pour le détacher. <br />
- Méfie-toi, Watanabe, ce sont les Scorpions qui m&#39;ont enlever &#33; Ils ont fait croire à ma mort &#33; Ils veulent exercer un odieux chantage sur notre clan &#33; <br />
- Senseï &#33; <br />
- Attention &#33;<br />
Un panneau en bois s&#39;ouvrit, laissant entrer un jeune samuraï, l&#39;air du parfait beau ténébreux. De longs cheveux noirs, lisses. Un beau kimono noir aux reflets argentés. Un saya très simple à la ceinture. <br />
- Konnichi-wa. <br />
- Emmon, rugit Riobe, avec une rage d&#39;une noirceur impénétrable. <br />
- Shosuro Emmon, pour te servir, samuraï. <br />
<br />
- Attention, fit le vénérable Kage, il est dangereux &#33; C&#39;est lui qui a fomenté mon enlévement &#33; <br />
- N&#39;ayez crainte, senseï, les ordures dans son genre sont ma spécialité &#33;<br />
- Allons donc, dit Emmon, que de haine, rônin... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Riobe s&#39;avança, sabre à la main, tournant lentement autour de son adversaire. <br />
- Tu as commencé par moquer ma famille au moment où ton clan de cloportes a été rétabli &#33; C&#39;était déjà un affront mortel... Mais maintenant, tu as commis un acte... un acte... inqualifiable. <br />
Riobe cracha à terre. Il aurait voulu recracher tous les Scorpions de l&#39;Empire d&#39;un coup. <br />
- Tu veux en découdre par le sabre, si je comprends bien, fit Emmon, presque charmeur. <br />
- En garde &#33; fit Riobe en pointant son sabre vers lui, le visage déformé par la haine et le dégoût. <br />
Emmon tira lentement son sabre et se mit en garde. <br />
- J&#39;ai entendu parler de la mort de Tsuyoshi, sussura Emmon. Elle fut ignoble, donc digne de lui. Tu n&#39;auras pas pire, alors que tu l&#39;aurais mérité. Mais cela suffira pour que ton ancienne fiancée, et Toturi, t&#39;oublient à jamais. <br />
<br />
Le Scorpion avait réussi à insulter, en une seule phrase, tout ce qui était le plus cher aux yeux du rônin &#33; <br />
Inquiet, Kage regarda les deux adversaires se toiser. <br />
C&#39;est Riobe qui lança la première attaque. Sa lame choqua celle d&#39;Emmon, qui avait paré à l&#39;horizontal. Les deux adversaires étaient presque nez à nez. <br />
- Tu crois encore, rônin, que ton senseï te mène sur la voie de l&#39;honneur ? Ton dévouement te perdra. <br />
Furieux, Riobe le repoussa et se remit en garde. Emmon lança alors plusieurs attaques, dont la dernière se nommait le dard du Scorpion, et consistait en un coup des plus deshonorables : frapper à la cuisse. Mais Riobe le vit venir et l&#39;arrêta. <br />
- Bien, Riobe, bien, fit Kage, satisfait. <br />
<br />
Les deux hommes se lancèrent alors dans un échange de coups des plus furieux. Les lames voltigèrent, et passèrent à chaque fois à quelques pouces de leur ennemie. On entendait, dans la pénombre, le râle des deux combattants, qui se bestialisaient un peu plus à chaque coup, le fauve et l&#39;insecte, ivres de haine. <br />
Kage suivait cette masse confuse qui s&#39;agitait, cet espèce d&#39;homme-double qui se combattait lui-même, avec ses deux têtes et ses quatre bras, en un combat ponctué de chocs de lames et de râles d&#39;efforts. <br />
<br />
Riobe, qui avait failli prendre un coup en plein ventre, se ressaisit, et repensa à ses Ancêtres, à ses amis. Il sentit le sang du Lion couler en lui, et enchaîna une suite de coups brefs et violents. Il vit Emmon se mettre en garde, et ne fut pas dupe. Riobe continua ses attaques. Emmon tenta alors de le contourner d&#39;un coup pour le frapper de côté et le désarmer. Mais le Lion avait vu venir la traîtrise. Au moment où le Scorpion allait se déplacer de côté, Riobe changea son sabre de main et trancha d&#39;un coup les deux poignets de son adversaire. <br />
Le sang gicla, le sabre d&#39;Emmon resta suspendu en l&#39;air ; Riobe le rattrapa ; les deux mains tombèrent à terre, et le Scorpion tomba à genoux. <br />
Riobe croisa les deux katanas devant la gorge du misérable, qui ouvrit grand la bouche, stupéfait. <br />
- Bien, Riobe &#33; Bien &#33; <br />
Akodo Kage ne contenait plus sa joie. <br />
Riobe inspirait profondément, lentement. Emmon ne respirait plus. <br />
- Et maintenant, dit sèchement le senseï, tue-le. <br />
Etonné, Riobe dit : <br />
- Mais Kage-sama, nous pourrions le garder en vie pour qu&#39;il parle... <br />
- Inutile, continua le vieil homme, il m&#39;en a dit assez -dans son orgueil &#33; Tue-le, je te dis &#33; <br />
- Ce n&#39;est pas très conforme au code du bushido... <br />
- Tue-le immédiatement. <br />
Emmon fixa le vieil homme, terrifié. <br />
Il avait trouvé pire que lui. <br />
Riobe cisailla la gorge du Scorpion, et sa tête alla rouler à terre.<br />
<br />
Le rônin jeta le sabre d’Emmon et défit les liens du senseï. <br />
-	Partons vite, à présent, Kage-sama. L’endroit n’est pas sûr. <br />
-	Inutile, je pense qu’avec la mort de celui-ci, ses complices vont s’enfuir. <br />
-	Senseï, la Cité de l’Or Bleu n’est pas loin d’ici. <br />
-	Attends, Watanabe. Tu oublies que l’Empire me croit mort. <br />
-	Justement &#33; Allons avertir Toturi que vous êtes vivant &#33; <br />
Kage se rassit et fixa Riobe : <br />
-	Ce n’est pas si simple, Watanabe. Il faut au contraire profiter de ce qu’on me croit mort pour agir…<br />
-	Comment cela ?<br />
-	Nous devons riposter rapidement. Quelqu’un d’autre sait-il que tu es là ?<br />
-	Non, je suis venu seul. <br />
-	Bien, dit le senseï, satisfait. Alors tout va bien. <br />
-	Je ne comprends pas. <br />
-	Nous avons affaire à des ennemis dangereux, Watanabe. Des conspirateurs de premier plan. Ils m’ont enlevé car j’avais découvert un horrible secret. Assez horrible pour qu’on veuille me faire taire. <br />
-	Pourquoi vous ont-ils gardé en vie ?<br />
-	Sans doute pour m’emmener dans une de leurs sinistres forteresses, et m’arracher d’autres secrets. Mais ne pensons plus à cela. Je vais encore avoir besoin de toi, Watanabe…<br />
-	De moi, senseï ? Tout ce que vous voudrez &#33;<br />
-	Bien, je savais que je pouvais compter sur toi. Seulement, tu seras seul au courant de ta mission. Seul au courant que je suis encore en vie. <br />
-	S’il le faut, je peux mourir à l’instant pour vous aider. <br />
-	Ecoute, samuraï, ce que je vais te dire n’est pas facile. Normalement, les bushis comme toi, encore jeunes et vaillants, n’ont pas à savoir ce genre de choses… Ces secrets sont réservés aux vieux senseï comme moi. <br />
-	J’écoute, et je me tairai. <br />
-	A l’heure qu’il est, Toturi marche sur la capitale, je pense. <br />
-	Oui, senseï. <br />
-	Des rumeurs ont couru ces derniers temps, Watanabe… Des rumeurs très graves… N’est-ce pas ?<br />
-	Oui, senseï. <br />
-	Lesquelles ? <br />
Le rônin hésita. Mais au maître vénéré de sa famille, il pouvait tout dire. <br />
-	D’aucuns accusent l’Empereur d’être…<br />
-	D’être ?...<br />
Riobe n’osait pas. <br />
-	D’être corrompu par la souillure du Celui dont le Nom Doit être Tu, n’est-ce pas ?<br />
-	Oui, senseï… <br />
-	Je l’ai entendu dire, moi aussi. Ecoute, Watanabe, l’heure est grave. Car la vérité est encore plus atroce…  <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le drapeau du Lion Noir flottait sur le Village Stratégique du Nord. <br />
- Par Kakita, quelle bataille, disait Hiruya, resplendissant de fierté. Dites-moi, Ayame-san, combien d&#39;onis ai-je abattus, déjà ? Cinq ? Six ?...<br />
- Sans doute bien plus, Hiruya-sama, répondit Ayame, et sans même vous en apercevoir... <br />
Nos samuraï sortaient du palais qui leur avait été attribué. <br />
La Cité était devenue un véritable camp retranché. Plus de la moitié de la population appartenait à l&#39;armée du général Toturi, vainqueur la veille. Et on s&#39;occupait à recruter de forces des volontaires parmi les paysans, tandis que d&#39;autres armées commençaient à affluer, du nord des terres impériales. <br />
Il régnait une anarchie militarisée : des patrouilles de soldats courant en tous sens, des gens aussi, des boutiques déplacés, une désorganisation générale qui résultait d&#39;ordres et de contre-ordres lancés à chaque minute. <br />
Mais quand la Magistrature d&#39;Emeraude arriva dans les quartiers du Lion Noir, c&#39;était l&#39;ordre parfait. Autant plus personne ne savait qui commandait en ville, autant la bâtisse centrale de la Cité était devenue une forteresse imprenable, gardée par les plus féroces Matsu. Ceux qui, trois jours avant, se seraient empalés sur leurs katanas pour Matsu Tsuko et qui, aujourd"hui, en feraient autant pour leur nouveau maître. <br />
Le palais accueillait les dignitaires de tous les clans. C&#39;était une cour impériale en miniature qui se tenait là. Nombre de courtisans et de diplomates ayant fui la capitale trouvaient refuge ici. Il n&#39;avait pas fallu longtemps pour qu&#39;ils comprennent où ils seraient en sécurité et où exporter, même au plus fort de la guerre, leurs machinations d&#39;alcôves. <br />
Après avoir passé quatre portes gardées par les terribles Quêteurs de Mort Matsu, nos samuraï entrèrent dans la grande salle des quartiers de Toturi. C&#39;était le dernier carré des fidèles. <br />
- Ah, Magistrat &#33; dit le Lion Noir, ravi, comment allez-vous ? <br />
- Par mes Ancêtres, plutôt bien &#33; <br />
C&#39;est vrai qu&#39;il se portait comme un charme, Hiruya-sama, comme s&#39;il sortait d&#39;une belle journée dans les paisibles jardins de sa famille &#33; <br />
- Mon katana réclame encore des démons &#33; <br />
- Il est probable que nous n&#39;en manquerons pas, remarqua le général Mirumoto Daini, qui montrait des cartes de Rokugan à deux Nagas. <br />
- Magistrat, déclara Toturi, je sais que j&#39;ai déjà fort abusé de votre aide...<br />
- ... elle vous était acquise pour l&#39;honneur, dit Hiruya. <br />
- Je n&#39;en doute pas une seconde. Cependant, si je puis me permettre de vous solliciter encore... <br />
- ... si c&#39;est encore au nom de l&#39;honneur...<br />
- Ça l&#39;est, sans aucun doute... <br />
- Alors, j&#39;écoute. <br />
- Voici : en arrivant dans cette Cité, nous y avons découvert des personnalités de haut rang... de très haut rang... <br />
- Comment cela ?<br />
- Des dignitaires de la famille impériale, souffla le capitaine Sasuke. <br />
- Par Benten &#33; <br />
- Comme vous dites, fit le Lion Noir. <br />
- C&#39;est une chance, dit Sasuke, que les monstres qui avaient pris leurs aises dans cette Cité ne les aient pas dévorés. Mais ceux-ci constituaient des otages trop précieux. <br />
- Je vois. <br />
- Or, ces honorables descendants du Ciel nous ont appris que d&#39;autres membres de leur famille se trouvaient encore dans la Cité Interdite.<br />
- Et, étant données les circonstances, dit gravement Toturi, nous pensons qu&#39;il serait bon de les en sortir, pour les amener ici, où ils ne craindront rien. <br />
- Je comprends, dit Hiruya à voix basse. <br />
- D&#39;autant que les Hantei se trouvant encore là-bas sont parmi les plus proches de l&#39;Empereur... donc aussi les plus exposés...<br />
- Et s&#39;il fallait, ajouta Sasuke, un descendant... <br />
- Oui, je vois bien, dit Hiruya, épargnant au Lion la peine de continuer. <br />
- Nous savons que la Magistrature d&#39;Emeraude, dit Toturi, peut facilement...<br />
- Si Hiruya-sama le permet, dit soudain Bokkaï, je suis volontaire pour escorter la famille impériale jusqu&#39;ici. <br />
- Entendu, dit le Magistrat, je te confie cette mission. <br />
- Nous en sommes ravis, dit Sasuke. <br />
<br />
Entra alors un important dignitaire dans la pièce. <br />
- Miya Katsu-sama &#33; <br />
Ravi, le vieil homme avança vers ses samuraï, auxquels ils prétaient plus attention qu&#39;à Toturi &#33; Il leur serait bien tombé dans les bras, comme un père avec ses enfants &#33; <br />
- J&#39;ai appris vos excursions imprévues, dit-il, sur le point de rire, ou de pleurer. <br />
C&#39;était inattendu de le voir ainsi, lui d&#39;habitude, si réservé et si malin... <br />
- Nous sommes honorés de vous retrouver, dirent les samuraï. <br />
- Quelle aventure, dit Katsu-sama. <br />
Toturi et les autres présentèrent leurs respects au Magistrat. <br />
- Bokkaï vient de-<br />
- Oui, j&#39;ai entendu, dit Katsu-sama, et je me réjouis qu&#39;il soit volontaire &#33; <br />
Un peu gêné, comme tout Scorpion le serait, qu&#39;on lui porte publiquement de l&#39;estime, Bayushi Bokkaï se rengorgea et baissa la tête humblement. <br />
- Voici ce que nous allons faire à présent, expliqua ensuite Toturi, en déroulant une carte. Après le village du nord, nous allons nous emparer des autres points stratégiques, de façon à encercler la capitale et ainsi...<br />
- Si je puis me permettre, dit prudemment Miya Katsu, nous avons à parler, Toturi et tu comprendras que-<br />
- Bien sûr, Katsu-sama. Je vous laisse vous retirer dans vos quartiers. <br />
- Bokkaï-san reste avec toi, dit Katsu, pour préparer son départ. <br />
- Je lui adjoins une escorte de mes meilleurs hommes. <br />
Le Scorpion, son émotion cachée par son masque, dit au revoir à la Magistrature. Il se sentit bien seul, au milieu des Lions, Dragons et Nagas... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Riobe s&#39;était agenouillé devant le trône où Kage était assis. <br />
- Encore plus atroce, senseï ? La vérité peut-elle être pire ? <br />
- Oui, Akodo Watanabe, dit le vieil homme, en regardant, inquiet, en l&#39;air et vers le côté, car ce n&#39;est pas seulement l&#39;Empereur qui a été corrompu... <br />
<br />
On se trouvait dans une vieille masure, au sortir d&#39;une minuscule Cité, dans un bois pluvieux, mais les paroles prononcées pesaient si lourd que Riobe craignait qu&#39;on les entende dans tout l&#39;Empire... <br />
- Pas seulement l&#39;Empereur... mais sa famille... toute sa famille...<br />
Effrayé, Riobe répéta à voix basse : <br />
- ... toute sa famille... <br />
- Oui, et nous sommes peu au courant... Les autres qui savaient sont morts... Il ne reste donc que nous deux... <br />
- Vous et moi ?... seulement ?<br />
- Oui, à connaître le plus terrible secret... Toute la famille Hanteï a été corrompue par la malédiction du Dieu Déchu... <br />
- Senseï, dit soudain Riobe, rien n&#39;est perdu, car Toturi, à l&#39;heure actuelle, doit approcher de la Cité &#33; <br />
Il reprenait espoir. <br />
- J&#39;y compte bien, car Toturi fut mon meilleur élève. Mais lui-même n&#39;est pas au courant. <br />
- Il sait pour l&#39;Empereur &#33;<br />
- Mais pas pour la famille Hanteï. Et nous n&#39;avons pas le temps de le prévenir. Il faut au contraire agir vite. Couper le mal à la racine. Avant qu&#39;il ne fasse plus de dégats... quand Toturi arrivera dans la Cité. <br />
- Dans la Cité Interdite ?...<br />
- Le Lion Noir ne s&#39;arrêter pas avant, Watanabe... Mais si la corruption règne encore là-bas, alors même notre famille pourra être touchée par la malédiction... Tandis que si le mal a été éliminé, <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">chirurgicalement...</span><br />
Riobe se releva, fièrement : <br />
- Senseï &#33;... <br />
- Je savais que je pouvais compter sur toi, dit Kage, en se levant à son tour. Je savais que tu étais le samuraï qu&#39;il me fallait. <br />
Il remit lentement sa capuche sur sa tête : <br />
- Tous les Hanteï sont désormais des ennemis de l&#39;Empire... <br />
- Oui, senseï. <br />
- Va à Otosan Uchi, dit Kage. Entre dans la Cité Interdite. Fais ce qui doit être fait. Ne montre aucune pitié. <br />
- Oui, senseï. <br />
- Pars sur l&#39;heure, car tout retard peut nous être fatal. <br />
- Mais comment entrerais-je dans la Cité Interdite ? <br />
- Ne t&#39;inquiète pas. J&#39;ai certains amis sur place. Ils te connaissent. Ils t&#39;aideront. Tu franchiras les portes les mieux fermées grâce à eux. <br />
- Comment reconnaitrai-je mes amis de mes ennemis ?<br />
- Je veillerai à ce que tu sois bien reçu. Mais surtout, opère seul. Eux ne savent rien. Seulement qu&#39;ils doivent t&#39;aider à entrer. <br />
- J&#39;ai compris, dit Riobe, souriant. <br />
Kage sortit de la pièce, suivi de son élève. Il ouvrit la porte grinçante qui donnait sur la forêt inhospitalière. <br />
- Comment partez-vous, senseï ? <br />
- N&#39;aie crainte pour toi, Watanabe. Je saurai trouver refuge pour les nuits à venir. Tout le monde me croit mort... <br />
- A ce sujet, senseï, j&#39;ai des nouvelles de Tsuyoshi... <br />
- Je sais aussi, à son sujet. Lorsque viendras l&#39;heure d&#39;agir, pense à lui. Et sa colère sera aussi la tienne. <br />
- Oui, senseï. <br />
Kage inspecta les arbres noirs et venteux. <br />
- Je devais vous poser une dernière question, senseï... <br />
Riobe avait repris confiance. On sentait même de l&#39;ironie dans sa voix. <br />
- Dis-moi. <br />
- Lorsque j&#39;étais dans l&#39;armée de Toturi, j&#39;y ai appris les rumeurs qui y couraient... J&#39;ai su prêter l&#39;oreille à certains bruits, qui sont remontés jusqu&#39;aux oreilles du Lion Noir. On y parlait de votre mort, entre autres...<br />
- Hé bien ? dit Kage, impatient. <br />
- Alors, j&#39;ai entendu parler de ceux qui s&#39;opposent à la dynastie en place... Et j&#39;ai entendu parler d&#39;une sorte de conspiration...<br />
Kage sourit sous sa capuche. <br />
- Viens, Watanabe, sortons...<br />
<br />
Prudemment, Riobe emboîta le pas au vieil homme, la main non loin du sabre. <br />
- J&#39;ai entendu, entre autres choses, qu&#39;un groupe de personnes influentes ne verraient pas d&#39;un mauvais oeil la chute d&#39;une dynastie millénaire, qui serait remplacée par une autre, sans origine divine directe... <br />
- Intéressant... Continue. <br />
- Ce groupe, toujours d&#39;après ces rumeurs, se nommerait : le Kolat. Il travaillerait dans l&#39;ombre à subvertir l&#39;autorité impériale... <br />
Kage se tourna vers le samuraï : <br />
- Tu as l&#39;oreille fine, Watanabe. Qu&#39;as-tu encore entendu ? <br />
Riobe s&#39;éloigna de deux pas, de nouveau mal à l&#39;aise. <br />
- J&#39;ai entendu, entre autres choses, ce que vous venez de me dire, senseï... Et là encore, j&#39;ai attentivement écouté. Comme tout samuraï le doit. <br />
- Bien... Et qu&#39;as-tu compris ? <br />
Riobe regarda fixement son maître, d&#39;un air de défi qui aurait pu lui valoir une exécution sur le champ : <br />
- Je sais maintenant que vous êtes le grand maître du Kolat &#33; <br />
<br />
Riobe avait dégainé brusquement son maître &#33; Les Kolat &#33; Il avait entendu tant de choses sur eux &#33; Qu&#39;ils étaient pire que tout l&#39;Outremonde réuni &#33; Plus insidieux peut-être que l&#39;Ombre &#33; Que les mortels n&#39;étaient que des marionettes entre leurs mains &#33;<br />
<br />
Kage sourit, sans montrer aucune colère. <br />
- Sais-tu seulement, Watanabe, ce que ce mot veut dire... "Kolat" ?<br />
- Non. <br />
- Il veut dire : "interroger". Le sage ne doit-il pas interroger pour savoir ?  <br />
- Interroger, senseï ?... Mais n&#39;est-ce pas déjà désobéir ?<br />
- Pour un samuraï, oui. Pour un senseï, non... Mais du reste, depuis le début, n&#39;est-ce pas toi qui interroge ?... <br />
Kage avait posé son doigt sur la lame de Riobe et l&#39;abaissait doucement. <br />
- ... alors que tu devrais seulement obéir ?...<br />
<br />
Il l&#39;avait dit d&#39;un ton si calme, si impérieux, et aussi si terrifiant, que Riobe, les larmes aux yeux, rengaina son arme et tomba à genoux. Il mit les mains par terre et se frappa le front à terre. <br />
- Pardon, senseï, pardon... <br />
Mais Kage s&#39;éloignait doucement, son manteau noir, ses manches et sa capuche boursouflés par le vent. <br />
- Tu as interrogé, Riobe, disait-il, maintenant il te faut agir. <br />
<br />
Le rônin resta prostré ainsi, longtemps. Son maître avait disparu depuis longtemps quand il se releva, courut à sa monture, attachée à un arbre, et retourna à l&#39;auberge. <br />
L&#39;aube allait se lever sur la Cité de l&#39;Or Bleu.<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Epilogue : Rira bien qui ricanera le dernier]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=233</link>
			<pubDate>Sun, 15 Jul 2007 02:44:33 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=233</guid>
			<description><![CDATA[La Voix de Rokugan lance un concours de scénario, sur le thème : "Festivals et fêtes populaires". <br />
<br />
<a href="http://www.voixrokugan.org/nouvelle_voix/index.php?option=com_content&amp;amp;task=view&amp;amp;id=132&amp;amp;Itemid=34" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">http://www.voixrokugan.org/nouvelle_voix/i...2&amp;amp;Itemid=34</a><br />
<br />
Faut que je m&#39;y mette<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_biggrin.gif" alt="biggrin" title="biggrin" class="smilie smilie_344" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[La Voix de Rokugan lance un concours de scénario, sur le thème : "Festivals et fêtes populaires". <br />
<br />
<a href="http://www.voixrokugan.org/nouvelle_voix/index.php?option=com_content&amp;amp;task=view&amp;amp;id=132&amp;amp;Itemid=34" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">http://www.voixrokugan.org/nouvelle_voix/i...2&amp;amp;Itemid=34</a><br />
<br />
Faut que je m&#39;y mette<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_biggrin.gif" alt="biggrin" title="biggrin" class="smilie smilie_344" />]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[26e Episode : Dharmic Blues]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=245</link>
			<pubDate>Sat, 28 Apr 2007 14:33:37 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=245</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">26e Episode (I)</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Dragon 1128</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Dharmic Blues</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<br />
<span style="font-family: Book Antiqua;" class="mycode_font"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:#000099"&gt;Le <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">dharma</span> désigne, dans nombre de sagesses de l&#39;Inde, l&#39;ordre inhérent de la nature et la conduite à adopter pour vivre en accord avec cet ordre. Le terme se retrouve dans l&#39;hindouisme, le bouddhisme ou le jaïnisme. Le pratiquant qui vit en accord avec ces lois de l&#39;univers atteindra plus rapidement le stade de délivrance des souffrances de ce monde, état appelé <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">nirvana</span>. <br />
<br />
Le <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">blues</span> désigne la musique issue des chants et <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">gospels</span> des travailleurs ruraux Noirs, dans l&#39;Amérique du début du vingtième siècle. Cette musique évoque la misère et la mélancolie de ces travailleurs, leur mal de vivre et leurs souffrances.</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;&lt;/span&gt;<br />
<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">VOLUME I</span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<span style="color: darkblue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Le Vent des Dieux&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">26e Episode (I)</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Dragon 1128</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Dharmic Blues</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<br />
<span style="font-family: Book Antiqua;" class="mycode_font"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:#000099"&gt;Le <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">dharma</span> désigne, dans nombre de sagesses de l&#39;Inde, l&#39;ordre inhérent de la nature et la conduite à adopter pour vivre en accord avec cet ordre. Le terme se retrouve dans l&#39;hindouisme, le bouddhisme ou le jaïnisme. Le pratiquant qui vit en accord avec ces lois de l&#39;univers atteindra plus rapidement le stade de délivrance des souffrances de ce monde, état appelé <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">nirvana</span>. <br />
<br />
Le <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">blues</span> désigne la musique issue des chants et <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">gospels</span> des travailleurs ruraux Noirs, dans l&#39;Amérique du début du vingtième siècle. Cette musique évoque la misère et la mélancolie de ces travailleurs, leur mal de vivre et leurs souffrances.</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;&lt;/span&gt;<br />
<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">VOLUME I</span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<span style="color: darkblue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Le Vent des Dieux&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[25e Episode : Les huit samuraï]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=248</link>
			<pubDate>Sat, 14 Apr 2007 18:37:46 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=248</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: green;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:blue"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">25e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Lièvre 1128</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: green;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Les huit samuraï</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">1er chapitre</span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Ryoko Owari, ville ouverte</span>&lt;!--/sizec--&gt;</div></span><br />
<br />
Le sabre de Hiruya ressortit du corps du troll, qui s’effondra, son corps crachant des geysers de sang verdâtre. Shosuro Jocho arrivait en renfort avec la Garde du Tonnerre, pendant que Bayushi Korechika manoeuvrait de son éventail un groupe d’archers qui prenaient position sur une hauteur. <br />
Des hommes de Toturi, menés par Sasuke vinrent prêter main fort et c’est à la tête d’une forte troupe que Jocho et Hiruya enfoncèrent les rangs ennemis pour aller frapper les archers. C’était la déroute pour l’ennemi. <br />
Parmi la confusion des armes, des armures, des corps, de la boue et du sang, notre magistrat aperçut Riobe, à la tête d’un groupe de rônins qui achevaient un monstrueux officier Crabe à la peau boursouflée, à la mâchoire démoniaque et aux pattes griffues. <br />
Les samuraï se replièrent vers le pied des murs de la Cité, où l’on avait installé un campement provisoire pour accueillir les blessés. <br />
On ne comptait plus les cadavres sur la plaine désolée, nombreux comme des blés fauchés. <br />
Des shugenja s’approchèrent des officiers pour leur procurer des soins magiques. Hiruya se laissa faire, sans perdre de vue le reste de la bataille. Il convenait, même en ce moment, de conserver sa dignité d’homme et de ne pas montrer sa souffrance. <br />
Pour aujourd’hui, c’en était sûrement fini. Seulement, des victoires de la Cité à un tel prix ne tarderaient pas à mener celle-ci à la ruine. Les ennemis sortis de l’Outremonde ne se désemplissaient pas. Il en arrivait, vagues après vagues qui venaient s’échouer sur les murs de Ryoko Owari et, comme pour les falaises du bord du grand océan, ces attaques incessantes finiraient par provoquer l’usure, puis la rupture. <br />
Le soir tombait, et avec le départ de dame Soleil, les guerriers sentaient une grande lassitude s’abattre sur eux. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
La lune apparut dans le ciel, projetant ses lumières blafardes sur la bataille. <br />
Un officier s’approcha respectueusement du Magistrat d’Emeraude pour lui annoncer qu’il était convoqué dans la tente du Gouverneur. Hiruya ne put cacher sa surprise mais il suivit. Il sentait, à la manière dont s’était présenté le porte-parole que ce n’était pas une invitation ordinaire. Ce n’était pas à lui de rendre compte de la bataille de la journée, mais à Korechika, en sa qualité de maître de la Garde du Tonnerre. <br />
De plus, il n’était pas état de se présenter décemment devant le Gouverneur. Il était sale, fatigué, il sentait mauvais… Notre samuraï n’en fit pas moins un effort pour paraître digne. <br />
Bayushi Goshiu était assis derrière une table où étaient étalées des cartes. Autour de lui, son état major et ses conseillers. <br />
-	Konnichi-wa, Magistrat. <br />
Hiruya s’inclina. Il y avait quelque chose de vraiment étrange, à se présenter devant l’un des hommes les plus puissants de l’Empire, au milieu du chaos d’après le combat. <br />
Goshiu ne multiplia pas les formules de politesse, ce dont Hiruya lui sut gré. Il alla rapidement au but : <br />
-	Magistrat, nous sommes attristés aujourd’hui par la perte de notre dévoué yojimbo. Celui-ci nous servait depuis maintenant cinq ans. Il avait été recruté parmi l’élite des samuraï de ma famille. A aucun moment, il n’a failli à son devoir. <br />
Hiruya déglutit. <br />
-	Nous souhaitons que vous le remplaciez. <br />
Pour la forme, Hiruya allait refuser. <br />
-	Nous sommes bien conscient des charges qui pèsent sur vous. Cependant, maintenant que Miya Katsu a souhaité ne plus profiter de notre hospitalité, la direction de la Magistrature d’Emeraude lui revient entièrement. <br />
-	Le plus grand Gouverneur de l’Empire, dit Korechika, selon un texte préparé à l’avance, souhaite se lier le service d’un valeureux guerrier. Grande a été notre surprise qu’il choisisse un membre de votre clan, Hiruya-san, car, vous le savez, le clan du Scorpion est avare de générosité envers les autres clans. <br />
A un autre moment, Hiruya aurait pris le temps de savourer la douceur empoisonnée de ces propos. Mais là, il n’avait pas le courage de rendre hommage à la rhétorique Scorpion. Il s’inclina. <br />
- Excellent, approuva le Gouverneur. <br />
Sans tarder, Hiruya passa dans une autre tente revêtir un kimono de son clan avec un insigne spécial de la Cité. Quand il revint, il faisait (presque) partie de la famille. <br />
-	Toturi s’apprête à nous quitter, rapportait Jocho. Il souhaite continuer son combat sur les bords de l’océan, dans le sud. <br />
Autrement dit : sur les terres de la Grue. <br />
-	En fin de journée, continuait Jocho, mes éclaireurs ont repéré l’approche de lourdes armes de guerre ennemies. Des trébuchets, des catapultes, des engins capables d’abattre nos murs. <br />
-	Nous avons besoin de volontaires pour une frappe ciblée, dit Korechika en fixant Hiruya. <br />
-	La Magistrature d’Emeraude s’honorerait, récita Hiruya, d’aider à une mission si périlleuse. Mon adjoint, Hida Shigeru participera à cette opération. <br />
Les Scorpions approuvèrent du chef. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Au palais de la Magistrature, Miya Katsu apprenait la nomination de Hiruya comme yojimbo du Gouverneur. Il la signala, sans montrer d’émotion, à ses assistants. Sur le coup, il ne savait qu’en penser. Tout allait si vite et se mélangeait. <br />
Du reste, la Magistrature accueillait une délégation de rônins, qui venait faire ses adieux. Les représentants de Toturi étaient venus à cinq, nombre important qui montrait l’estime du Lion Noir pour Miya Katsu. Le Gouverneur n’avait eu droit qu’à deux hommes, le minimum dans ce cas-là. Parmi les cinq hommes, Sasuke et Riobe, réconciliés autour du combat commun. <br />
Les rônins saluèrent la bravoure de la Magistrature, rappelèrent la vaillance de leur général (ce qui fit hausser les épaules à Bayushi Bokkai, qui pensait que la Cité aurait très bien pu se défendre sans l’arrivée de ces « mercenaires » &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" />. Katsu-sama rendit leur salut aux rônins et dit que grâce à eux l’avenir s’annonçait sous de meilleurs auspices. <br />
<br />
Alors que les hommes de Toturi, après une brève collation allaient repartir, Ayame demanda à parler à Riobe, avec qui elle avait à peine échangé un regard devant Miya Katsu. D’un coup, elle reprenait contact avec ce Lion qui avait été son compagnon de voyage avant de redevenir un étranger, après la Bataille des Cloches de la Mort. <br />
C’était si étrange. Comme elle l’avait méprisé, ce rônin &#33; Sur ce point, elle était pire que Bokkai &#33; <br />
Cependant, à force de le mépriser, elle n’avait pas pris garde que naissait en elle une certaine estime pour ce rônin. Elle trouvait indigne de se l’avouer, bien sûr. Bien plus indigne, en somme, que ses petites curiosités secrètes &#33; <br />
Elle s’excusait de solliciter ce rônin, en se disant qu’elle le faisait pour une cause supérieure : <br />
-	Riobe, je voudrais vous dire un mot. <br />
-	Je vous en prie. <br />
-	Le temps nous presse, mais enfin… Je m’excuse ne pas y mettre les formes comme il conviendrait…<br />
-	En ce moment, je pourrais excuser une attitude légèrement cavalière sur l’étiquette de votre part…<br />
Rien que dans cette phrase, il y avait tant de choses &#33; Ayame à la cour d’hiver, Riobe et sa lutte pour rester honorable même après avoir perdu son clan &#33; Plein de choses passées dont on ne pouvait pas, maintenant, se souvenir. <br />
-	J’ai parlé à un moine… Au Moine que vous connaissez… Car je crois que vous l’avez rencontré…<br />
Riobe fit signe qu’il avait compris. D’une certaine façon, il se doutait bien que… <br />
Ce Moine, rencontré sur les terres du clan du Moineau, quatre ans plus tôt… <br />
-	Ce Moine m’assure que les Fortunes… enfin que les Ancêtres, les vôtres, les nôtres, souhaitent que vous restiez avec nous.<br />
-	Je sais qu’une shugenja telle que vous n’invoquerait pas les Ancêtres en vain. <br />
-	Certes, non. <br />
-	J’ai déjà rencontré ce Moine, Ayame-sama. Il ne m’a pas averti de cela…<br />
-	Peut-être était-il trop tôt. <br />
-	Ma fidélité va à mes Ancêtres, Ayame-sama, c&#39;est-à-dire pour le moment à Toturi. <br />
-	La nuit porte conseil. <br />
-	Pas autant que les Ancêtres, Ayame-sama. <br />
Riobe s’inclina et partit. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Même lorsqu’une des Cités les plus puissantes de l’Empire menaçait de tomber, dame Soleil continuait à luire, rendant les bâtiments éblouissants, dans un matin magnifique, annonciateur du printemps. <br />
La neige du printemps, c’est cela qu’Ayame vit en se réveillant. <br />
Comme souvent, Ikky était déjà debout. <br />
-	Si nous allions rendre visite à Bayushi Tangen ?<br />
Ayame avait essayé de le dire comme si c’était une idée subite, enjouée. Ikky hésita entre pouffer de rire et l’indignation. Elle se contenta de hausser les épaules, comme Bokkai quand on lui parlait des exploits des rônins &#33; <br />
Ayame sa petite attitude réjouie qui exaspérait Ikky. Elle était gaie comme un pinson alors qu’elle allait encore se mêler de ce qui ne la regardait pas &#33; <br />
Aller rencontrer cet imbécile de Tangen &#33; <br />
-	Konnichi-wa, Tangen-san. Nous sommes honorées d’être accueillies dans votre dojo. <br />
-	C’est moi, au contraire, qui suis ravi de recevoir ici deux honorables…<br />
Ikky avait envie de bâiller. Il n’y avait rien de plus urgent, en ce moment, que de venir tailler une bavette avec ce samuraï &#33; <br />
-	Gloire à la bataille, fit leur hôte en levant son verre. <br />
Pour le coup, Ayame, si réticente à boire de l’alcool, était bien obligée de tremper ses lèvres dans le saké. Pour Ikky, c’était une petite satisfaction… qui lui permettait de se consoler de sa promesse de ne plus boire une goutte. Tangen-san avait d’ailleurs eu la politesse de ne pas lui proposer de saké, mais un simple jus de fruits &#33; <br />
En ce moment, Ikky avait l’impression que la moitié de la population de la Cité, les plus crasseux marchands, les bonnes femmes stupides, les enfants mal torchés, tous étaient là pour ricaner et lui rappeler sa nuit sur l’Ile de la Larme &#33; <br />
Autour de la yojimbo, la conversation continuait. <br />
-	Quel grand homme fut votre Ancêtre, Tangen-san &#33; Conseiller du divin Empereur &#33; Gouverneur de cette Cité &#33;...<br />
Elle jouait sur du velours. C’en était indécent. <br />
Quand les deux femmes repartirent, Ayame avait obtenu de Tangen une entrée dans la bibliothèque du palais Shosuro &#33; Oui, la Bibliothèque Interdite &#33;<br />
<br />
Ikky, ronchonne, suggéra d’aller prendre un bain. Que le corps soit propre, à défaut de l’âme &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Kakita Hiruya passa sa première nuit comme yojimbo au palais des Scorpions. C’était venu si vite. Oui, il faisait un peu partie de la famille, maintenant. Il était venu une première fois dans ce palais aux mille pièges, pour y détruire une famille. Maintenant, il était un dignitaire des lieux. Il avait une chambre au cinquième étage, juste à côté de celle du Gouverneur. Il se demandait s’il était permis par les lois impériales qu’un Magistrat serve de yojimbo à un Gouverneur. Mais la situation était si exceptionnelle… Miya Katsu avait certes été relâché mais il ne serait jamais libre de l’emprise de Goshiu tant qu’il serait dans cette ville, s’il le redevenait jamais à l’avenir…<br />
Avant d’aller dormir, il lui faudrait aller saluer le Gouverneur, selon des formules très ritualisées. On frappa à la porte. <br />
-	Votre ami est arrivé, Hiruya-sama. <br />
Le serviteur se retira, pour laisser entrer Kakita Kagetoki. <br />
Les deux hommes se rencontraient dans cette pièce, qui leur paraissait aussi étrange que le pays des Kenkus. <br />
-	Qui aurait cru… murmura Kagetoki. <br />
Oui, parvenir au cœur d’un des palais les plus tortueux de l’Empire &#33;<br />
-	Je souhaitais vous voir, senseï, pour la raison suivante…<br />
Hiruya sortit de la malle de ses affaires un paquet solidement noué. C’était l’épée de cristal. <br />
-	J’ai pensé qu’elle devait vous revenir. <br />
-	C’est grâce à vous qu’elle est de retour dans Rokugan, Hiruya-san. <br />
-	Certes mais c’est vous qui étiez parti la chercher. <br />
-	Sans vous, je n’aurais pu revenir et tenir ma promesse. <br />
-	Si vous n’acceptez pas pour moi, acceptez pour notre famille. Le plus important est que cet objet lui revienne. Et c’est à vous de vous acquitter de cette tâche. <br />
-	Je suis honoré que vous me permettiez d’accomplir mon devoir, Hiruya-san. Pour cela, j’accepte. <br />
Kagetoki-san se retira. Un serviteur attendait Hiruya, pour l’accompagner chez le Gouverneur. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
De retour de la maison de bains, Ayame et Ikky trouvèrent Riobe devant l’entrée du palais d’Emeraude. La shugenja sourit en coin : elle savait qu’elle avait gagné. Elle reçut le rônin dans les formes et lui permit d’exprimer ses remerciements d’être reçu, lui si misérable…<br />
Ayame se sentait bien. Elle avait tout son temps. Ikky sentait bien qu’Ayame n’était plus si « supérieure » maintenant. Elle ne parlait plus au rônin comme elle l’aurait fait, un an auparavant. La yojimbo croyait comprendre. Depuis qu’elle avait perdu son bras, la shugenja se sentait inférieure au reste de son clan. Du reste, même parmi les pacifiques Phénix, on n’avait pas manqué de lui faire sentir combien il était humiliant d’être estropié. Peut-être que, grâce à Riobe, elle avait compris que d’autres enduraient des épreuves bien pires, tout en souhaitant rester honorables. Il y avait un petit quelque chose qui avait craqué dans l’esprit de la shugenja. Quelque chose, venu avec les voyages, l’imprévu, les dangers, qui avait changé sa façon d’appréhender le monde, et qui ne ferait rien pour la ramener dans l’orthodoxie &#33;<br />
-	J’ai parlé au Moine Tadakune, disait Riobe. Je pense que je vais rester ici quelques temps. <br />
-	Tu m’en vois réjouie, Riobe. <br />
-	Je dois vous remercier de m’avoir si bien conseillé, Ayame-sama. Qui suis-je pour recevoir l’aide d’une sage personne comme vous ? <br />
-	Je ne fais que transmettre le message d’un Moine, à qui parlent les astres. <br />
Le rônin se retira. <br />
Pour un peu, Ikky aurait félicité Ayame, si elle avait été en position de le faire. La shugenja s’était bien comportée. Elle avait agi comme une personne pieuse, dévouée. Elle avait aidé un homme qui en avait besoin, pour le mettre sur la bonne voie.<br />
-	J’ai reçu l’invitation de Bayushi Tangen, annonça alors la shugenja. Nous irons ce soir visiter la Bibliothèque…<br />
-	<br />
Bon &#33; Elle n’avait pas non plus changé en une seule nuit &#33; <br />
<br />
-	Si l’honneur le commande…<br />
-	Je suis la voie des Ancêtres, voilà tout. Si &#33; Les choses occultes ne m’ont jamais intéressée en tant que telle &#33; Allons, dépêchons, nous allons être en retard &#33; <br />
Ikky fit signe qu’elle était prête, en s’inclinant bien respectueusement. <br />
-	Comme on le dit dans ma province natale, mieux vaut entendre cela que d’avoir de la graisse de buffle dans les oreilles &#33; <br />
Ayame haussa les épaules : <br />
-	Moi je ne lis que le Tao et cette sentence ne s’y trouve pas &#33;<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
-	Elle vient ici, ce soir ? <br />
Hiruya venait d’apprendre pour Ayame. <br />
Après des mois passés dans la Cité, elle trouvait enfin le moyen d’accéder au cœur du mystère des Scorpions &#33; <br />
Celui qui venait de lui apprendre cette visite n’était autre que… Bayushi Tangen, trop fier d’avoir pour invitée un Magistrat d’Emeraude. Hiruya espérait aller dormir, maintenant qu’il avait vu le Gouverneur. Mais il ne pouvait pas laisser passer Ayame ainsi. Il ne savait plus bien si, maintenant, elle était encore sa subordonnée. <br />
Hiruya, profitant de son nouveau statut, insista auprès de Tangen pour recevoir Ayame avant lui. Le jeune duelliste Scorpion ne fit pas tellement de difficulté, face à un membre respecté de l’école Kakita, yojimbo de son seigneur, auréolé de gloire à la guerre &#33; <br />
<br />
-	C’est une heure bien tardive pour se rendre dans une bibliothèque, Ayame-san. <br />
Mais ce soir, Hiruya savait qu’il ne serait pas le plus fort. Il pouvait toujours parler… <br />
-	Le seigneur Bayushi Tangen, IIIe du nom, a tenu à me recevoir ici même, car il connaît l’intérêt que je porte à son Ancêtre. <br />
-	Oui, vous avez lu presque tous ses livres… <br />
-	Oui, presque…<br />
-	Vous intéresse moins en revanche le dojo de la Sombre Epée des Mensonges Amers…<br />
-	Je respecte l’art du sabre comme il se doit. <br />
Ikky et Hiruya échangèrent un regard entendu. <br />
-	Bien, j’espère que l’inspiration vous viendra mieux cette nuit. Et si, d’aventure, vous trouviez des informations intéressantes, il sera bon que la Magistrature d’Emeraude les apprenne rapidement. <br />
-	Bien sûr, Hiruya-sama. <br />
Ayame partit, en saluant bien bas. <br />
Pourquoi Hiruya voulait-il encore s’occuper d’elle ? Il avait reçu des félicitations de la part du Gouverneur. « Vous êtes un des meilleurs samuraï de l’Empire… l’incarnation de l’idéal du bushido… Je parlerai de vous à l’Impératrice… »<br />
Ce soir, le nouveau yojimbo n’avait pas envie de se gonfler de vanité. Il était juste fatigué. Peut-être que lui aussi sentait que quelque chose avait craqué en lui. Il avait reçu Ayame et avait senti qu’elle était presque une étrangère pour lui. Certaines phrases de la conversation avaient attesté de ce qu’ils avaient vécu, de leur opposition constante sur l’honneur. A d’autres moments, ils avaient parlé comme de parfaits étrangers. <br />
Ce soir, le clan du Scorpion accueillait entre ses murs les plus gardés une shugenja des plus retorses, bien plus que la plupart des membres de ce clan. Car on ne se méfie généralement pas d’un shugenja Phénix &#33; <br />
<br />
Le dernier qui sentit un changement profond, mais discret, en lui, ce soir là, fut Riobe. Il avait parlé au Moine. Il avait entendu ce qu’il aurait pu savoir depuis longtemps. Il ne l’apprenait que maintenant alors que cette vérité était claire comme le jour : le destin des samuraï était lié. <br />
N’était-ce pas étrange de n’apprendre qu’aujourd’hui cette évidence ? Mais qu’aurait-il fait de cette vérité, avant ? <br />
-	Quelque part dans l’Empire se tapit une menace millénaire, et seuls l’alliance de sept samuraï pourra mettre fin à ce cauchemar. Je suis certain que tu es l’un des sept, Riobe. <br />
<br />
Sur son parchemin, le moine avait tracé une figure circulaire compliquée d’autres cercles, triangles et carrés. Sur ce cercle, étaient répartis sept petits disques, dans lesquelles Tadakune avait inscrit les noms des samuraï.<br />
Shigeru – Hiruya – Ayame – Kohei – Ryu – Bokkai – Riobe. <br />
<br />
Le rônin ne savait qu’en penser. Il aurait aimé penser que, de près ou de loin, cette destinée pouvait être liée au Lion Noir. Mais il ne voyait pas le rapport. Il écouta ce que le Moine avait à lui dire, mais il savait presque tout. <br />
Ces sept samuraï étaient la cinquième réincarnation d’esprits ayant existé à des époques passées. Ces samuraï, chaque fois, s’étaient alliés pour combattre la grande menace cachée. S’ils se réincarnaient encore, c’est que leur combat n’était pas terminé. <br />
-	Il faut que la sixième fois soit la bonne, Riobe &#33; <br />
-	J’y contribuerai, fit le rônin, qui s’efforçait d’être résolu. <br />
Il salua le Moine. Il se sentait un rien triste d’avoir appris cela. Il n’aurait su dire pourquoi. C’est avec cette tristesse qu’il songea qu’Ikky n’avait pas été désignée par les Fortunes. <br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-style: italic;" class="mycode_i"><span style="color: #33CC00;" class="mycode_color">A suivre...</span></span><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: green;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:blue"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">25e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Lièvre 1128</a><br />
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<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: green;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Les huit samuraï</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">1er chapitre</span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Ryoko Owari, ville ouverte</span>&lt;!--/sizec--&gt;</div></span><br />
<br />
Le sabre de Hiruya ressortit du corps du troll, qui s’effondra, son corps crachant des geysers de sang verdâtre. Shosuro Jocho arrivait en renfort avec la Garde du Tonnerre, pendant que Bayushi Korechika manoeuvrait de son éventail un groupe d’archers qui prenaient position sur une hauteur. <br />
Des hommes de Toturi, menés par Sasuke vinrent prêter main fort et c’est à la tête d’une forte troupe que Jocho et Hiruya enfoncèrent les rangs ennemis pour aller frapper les archers. C’était la déroute pour l’ennemi. <br />
Parmi la confusion des armes, des armures, des corps, de la boue et du sang, notre magistrat aperçut Riobe, à la tête d’un groupe de rônins qui achevaient un monstrueux officier Crabe à la peau boursouflée, à la mâchoire démoniaque et aux pattes griffues. <br />
Les samuraï se replièrent vers le pied des murs de la Cité, où l’on avait installé un campement provisoire pour accueillir les blessés. <br />
On ne comptait plus les cadavres sur la plaine désolée, nombreux comme des blés fauchés. <br />
Des shugenja s’approchèrent des officiers pour leur procurer des soins magiques. Hiruya se laissa faire, sans perdre de vue le reste de la bataille. Il convenait, même en ce moment, de conserver sa dignité d’homme et de ne pas montrer sa souffrance. <br />
Pour aujourd’hui, c’en était sûrement fini. Seulement, des victoires de la Cité à un tel prix ne tarderaient pas à mener celle-ci à la ruine. Les ennemis sortis de l’Outremonde ne se désemplissaient pas. Il en arrivait, vagues après vagues qui venaient s’échouer sur les murs de Ryoko Owari et, comme pour les falaises du bord du grand océan, ces attaques incessantes finiraient par provoquer l’usure, puis la rupture. <br />
Le soir tombait, et avec le départ de dame Soleil, les guerriers sentaient une grande lassitude s’abattre sur eux. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
La lune apparut dans le ciel, projetant ses lumières blafardes sur la bataille. <br />
Un officier s’approcha respectueusement du Magistrat d’Emeraude pour lui annoncer qu’il était convoqué dans la tente du Gouverneur. Hiruya ne put cacher sa surprise mais il suivit. Il sentait, à la manière dont s’était présenté le porte-parole que ce n’était pas une invitation ordinaire. Ce n’était pas à lui de rendre compte de la bataille de la journée, mais à Korechika, en sa qualité de maître de la Garde du Tonnerre. <br />
De plus, il n’était pas état de se présenter décemment devant le Gouverneur. Il était sale, fatigué, il sentait mauvais… Notre samuraï n’en fit pas moins un effort pour paraître digne. <br />
Bayushi Goshiu était assis derrière une table où étaient étalées des cartes. Autour de lui, son état major et ses conseillers. <br />
-	Konnichi-wa, Magistrat. <br />
Hiruya s’inclina. Il y avait quelque chose de vraiment étrange, à se présenter devant l’un des hommes les plus puissants de l’Empire, au milieu du chaos d’après le combat. <br />
Goshiu ne multiplia pas les formules de politesse, ce dont Hiruya lui sut gré. Il alla rapidement au but : <br />
-	Magistrat, nous sommes attristés aujourd’hui par la perte de notre dévoué yojimbo. Celui-ci nous servait depuis maintenant cinq ans. Il avait été recruté parmi l’élite des samuraï de ma famille. A aucun moment, il n’a failli à son devoir. <br />
Hiruya déglutit. <br />
-	Nous souhaitons que vous le remplaciez. <br />
Pour la forme, Hiruya allait refuser. <br />
-	Nous sommes bien conscient des charges qui pèsent sur vous. Cependant, maintenant que Miya Katsu a souhaité ne plus profiter de notre hospitalité, la direction de la Magistrature d’Emeraude lui revient entièrement. <br />
-	Le plus grand Gouverneur de l’Empire, dit Korechika, selon un texte préparé à l’avance, souhaite se lier le service d’un valeureux guerrier. Grande a été notre surprise qu’il choisisse un membre de votre clan, Hiruya-san, car, vous le savez, le clan du Scorpion est avare de générosité envers les autres clans. <br />
A un autre moment, Hiruya aurait pris le temps de savourer la douceur empoisonnée de ces propos. Mais là, il n’avait pas le courage de rendre hommage à la rhétorique Scorpion. Il s’inclina. <br />
- Excellent, approuva le Gouverneur. <br />
Sans tarder, Hiruya passa dans une autre tente revêtir un kimono de son clan avec un insigne spécial de la Cité. Quand il revint, il faisait (presque) partie de la famille. <br />
-	Toturi s’apprête à nous quitter, rapportait Jocho. Il souhaite continuer son combat sur les bords de l’océan, dans le sud. <br />
Autrement dit : sur les terres de la Grue. <br />
-	En fin de journée, continuait Jocho, mes éclaireurs ont repéré l’approche de lourdes armes de guerre ennemies. Des trébuchets, des catapultes, des engins capables d’abattre nos murs. <br />
-	Nous avons besoin de volontaires pour une frappe ciblée, dit Korechika en fixant Hiruya. <br />
-	La Magistrature d’Emeraude s’honorerait, récita Hiruya, d’aider à une mission si périlleuse. Mon adjoint, Hida Shigeru participera à cette opération. <br />
Les Scorpions approuvèrent du chef. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Au palais de la Magistrature, Miya Katsu apprenait la nomination de Hiruya comme yojimbo du Gouverneur. Il la signala, sans montrer d’émotion, à ses assistants. Sur le coup, il ne savait qu’en penser. Tout allait si vite et se mélangeait. <br />
Du reste, la Magistrature accueillait une délégation de rônins, qui venait faire ses adieux. Les représentants de Toturi étaient venus à cinq, nombre important qui montrait l’estime du Lion Noir pour Miya Katsu. Le Gouverneur n’avait eu droit qu’à deux hommes, le minimum dans ce cas-là. Parmi les cinq hommes, Sasuke et Riobe, réconciliés autour du combat commun. <br />
Les rônins saluèrent la bravoure de la Magistrature, rappelèrent la vaillance de leur général (ce qui fit hausser les épaules à Bayushi Bokkai, qui pensait que la Cité aurait très bien pu se défendre sans l’arrivée de ces « mercenaires » &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" />. Katsu-sama rendit leur salut aux rônins et dit que grâce à eux l’avenir s’annonçait sous de meilleurs auspices. <br />
<br />
Alors que les hommes de Toturi, après une brève collation allaient repartir, Ayame demanda à parler à Riobe, avec qui elle avait à peine échangé un regard devant Miya Katsu. D’un coup, elle reprenait contact avec ce Lion qui avait été son compagnon de voyage avant de redevenir un étranger, après la Bataille des Cloches de la Mort. <br />
C’était si étrange. Comme elle l’avait méprisé, ce rônin &#33; Sur ce point, elle était pire que Bokkai &#33; <br />
Cependant, à force de le mépriser, elle n’avait pas pris garde que naissait en elle une certaine estime pour ce rônin. Elle trouvait indigne de se l’avouer, bien sûr. Bien plus indigne, en somme, que ses petites curiosités secrètes &#33; <br />
Elle s’excusait de solliciter ce rônin, en se disant qu’elle le faisait pour une cause supérieure : <br />
-	Riobe, je voudrais vous dire un mot. <br />
-	Je vous en prie. <br />
-	Le temps nous presse, mais enfin… Je m’excuse ne pas y mettre les formes comme il conviendrait…<br />
-	En ce moment, je pourrais excuser une attitude légèrement cavalière sur l’étiquette de votre part…<br />
Rien que dans cette phrase, il y avait tant de choses &#33; Ayame à la cour d’hiver, Riobe et sa lutte pour rester honorable même après avoir perdu son clan &#33; Plein de choses passées dont on ne pouvait pas, maintenant, se souvenir. <br />
-	J’ai parlé à un moine… Au Moine que vous connaissez… Car je crois que vous l’avez rencontré…<br />
Riobe fit signe qu’il avait compris. D’une certaine façon, il se doutait bien que… <br />
Ce Moine, rencontré sur les terres du clan du Moineau, quatre ans plus tôt… <br />
-	Ce Moine m’assure que les Fortunes… enfin que les Ancêtres, les vôtres, les nôtres, souhaitent que vous restiez avec nous.<br />
-	Je sais qu’une shugenja telle que vous n’invoquerait pas les Ancêtres en vain. <br />
-	Certes, non. <br />
-	J’ai déjà rencontré ce Moine, Ayame-sama. Il ne m’a pas averti de cela…<br />
-	Peut-être était-il trop tôt. <br />
-	Ma fidélité va à mes Ancêtres, Ayame-sama, c&#39;est-à-dire pour le moment à Toturi. <br />
-	La nuit porte conseil. <br />
-	Pas autant que les Ancêtres, Ayame-sama. <br />
Riobe s’inclina et partit. <br />
<br />
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<br />
Même lorsqu’une des Cités les plus puissantes de l’Empire menaçait de tomber, dame Soleil continuait à luire, rendant les bâtiments éblouissants, dans un matin magnifique, annonciateur du printemps. <br />
La neige du printemps, c’est cela qu’Ayame vit en se réveillant. <br />
Comme souvent, Ikky était déjà debout. <br />
-	Si nous allions rendre visite à Bayushi Tangen ?<br />
Ayame avait essayé de le dire comme si c’était une idée subite, enjouée. Ikky hésita entre pouffer de rire et l’indignation. Elle se contenta de hausser les épaules, comme Bokkai quand on lui parlait des exploits des rônins &#33; <br />
Ayame sa petite attitude réjouie qui exaspérait Ikky. Elle était gaie comme un pinson alors qu’elle allait encore se mêler de ce qui ne la regardait pas &#33; <br />
Aller rencontrer cet imbécile de Tangen &#33; <br />
-	Konnichi-wa, Tangen-san. Nous sommes honorées d’être accueillies dans votre dojo. <br />
-	C’est moi, au contraire, qui suis ravi de recevoir ici deux honorables…<br />
Ikky avait envie de bâiller. Il n’y avait rien de plus urgent, en ce moment, que de venir tailler une bavette avec ce samuraï &#33; <br />
-	Gloire à la bataille, fit leur hôte en levant son verre. <br />
Pour le coup, Ayame, si réticente à boire de l’alcool, était bien obligée de tremper ses lèvres dans le saké. Pour Ikky, c’était une petite satisfaction… qui lui permettait de se consoler de sa promesse de ne plus boire une goutte. Tangen-san avait d’ailleurs eu la politesse de ne pas lui proposer de saké, mais un simple jus de fruits &#33; <br />
En ce moment, Ikky avait l’impression que la moitié de la population de la Cité, les plus crasseux marchands, les bonnes femmes stupides, les enfants mal torchés, tous étaient là pour ricaner et lui rappeler sa nuit sur l’Ile de la Larme &#33; <br />
Autour de la yojimbo, la conversation continuait. <br />
-	Quel grand homme fut votre Ancêtre, Tangen-san &#33; Conseiller du divin Empereur &#33; Gouverneur de cette Cité &#33;...<br />
Elle jouait sur du velours. C’en était indécent. <br />
Quand les deux femmes repartirent, Ayame avait obtenu de Tangen une entrée dans la bibliothèque du palais Shosuro &#33; Oui, la Bibliothèque Interdite &#33;<br />
<br />
Ikky, ronchonne, suggéra d’aller prendre un bain. Que le corps soit propre, à défaut de l’âme &#33; <br />
<br />
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<br />
Kakita Hiruya passa sa première nuit comme yojimbo au palais des Scorpions. C’était venu si vite. Oui, il faisait un peu partie de la famille, maintenant. Il était venu une première fois dans ce palais aux mille pièges, pour y détruire une famille. Maintenant, il était un dignitaire des lieux. Il avait une chambre au cinquième étage, juste à côté de celle du Gouverneur. Il se demandait s’il était permis par les lois impériales qu’un Magistrat serve de yojimbo à un Gouverneur. Mais la situation était si exceptionnelle… Miya Katsu avait certes été relâché mais il ne serait jamais libre de l’emprise de Goshiu tant qu’il serait dans cette ville, s’il le redevenait jamais à l’avenir…<br />
Avant d’aller dormir, il lui faudrait aller saluer le Gouverneur, selon des formules très ritualisées. On frappa à la porte. <br />
-	Votre ami est arrivé, Hiruya-sama. <br />
Le serviteur se retira, pour laisser entrer Kakita Kagetoki. <br />
Les deux hommes se rencontraient dans cette pièce, qui leur paraissait aussi étrange que le pays des Kenkus. <br />
-	Qui aurait cru… murmura Kagetoki. <br />
Oui, parvenir au cœur d’un des palais les plus tortueux de l’Empire &#33;<br />
-	Je souhaitais vous voir, senseï, pour la raison suivante…<br />
Hiruya sortit de la malle de ses affaires un paquet solidement noué. C’était l’épée de cristal. <br />
-	J’ai pensé qu’elle devait vous revenir. <br />
-	C’est grâce à vous qu’elle est de retour dans Rokugan, Hiruya-san. <br />
-	Certes mais c’est vous qui étiez parti la chercher. <br />
-	Sans vous, je n’aurais pu revenir et tenir ma promesse. <br />
-	Si vous n’acceptez pas pour moi, acceptez pour notre famille. Le plus important est que cet objet lui revienne. Et c’est à vous de vous acquitter de cette tâche. <br />
-	Je suis honoré que vous me permettiez d’accomplir mon devoir, Hiruya-san. Pour cela, j’accepte. <br />
Kagetoki-san se retira. Un serviteur attendait Hiruya, pour l’accompagner chez le Gouverneur. <br />
<br />
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<br />
De retour de la maison de bains, Ayame et Ikky trouvèrent Riobe devant l’entrée du palais d’Emeraude. La shugenja sourit en coin : elle savait qu’elle avait gagné. Elle reçut le rônin dans les formes et lui permit d’exprimer ses remerciements d’être reçu, lui si misérable…<br />
Ayame se sentait bien. Elle avait tout son temps. Ikky sentait bien qu’Ayame n’était plus si « supérieure » maintenant. Elle ne parlait plus au rônin comme elle l’aurait fait, un an auparavant. La yojimbo croyait comprendre. Depuis qu’elle avait perdu son bras, la shugenja se sentait inférieure au reste de son clan. Du reste, même parmi les pacifiques Phénix, on n’avait pas manqué de lui faire sentir combien il était humiliant d’être estropié. Peut-être que, grâce à Riobe, elle avait compris que d’autres enduraient des épreuves bien pires, tout en souhaitant rester honorables. Il y avait un petit quelque chose qui avait craqué dans l’esprit de la shugenja. Quelque chose, venu avec les voyages, l’imprévu, les dangers, qui avait changé sa façon d’appréhender le monde, et qui ne ferait rien pour la ramener dans l’orthodoxie &#33;<br />
-	J’ai parlé au Moine Tadakune, disait Riobe. Je pense que je vais rester ici quelques temps. <br />
-	Tu m’en vois réjouie, Riobe. <br />
-	Je dois vous remercier de m’avoir si bien conseillé, Ayame-sama. Qui suis-je pour recevoir l’aide d’une sage personne comme vous ? <br />
-	Je ne fais que transmettre le message d’un Moine, à qui parlent les astres. <br />
Le rônin se retira. <br />
Pour un peu, Ikky aurait félicité Ayame, si elle avait été en position de le faire. La shugenja s’était bien comportée. Elle avait agi comme une personne pieuse, dévouée. Elle avait aidé un homme qui en avait besoin, pour le mettre sur la bonne voie.<br />
-	J’ai reçu l’invitation de Bayushi Tangen, annonça alors la shugenja. Nous irons ce soir visiter la Bibliothèque…<br />
-	<br />
Bon &#33; Elle n’avait pas non plus changé en une seule nuit &#33; <br />
<br />
-	Si l’honneur le commande…<br />
-	Je suis la voie des Ancêtres, voilà tout. Si &#33; Les choses occultes ne m’ont jamais intéressée en tant que telle &#33; Allons, dépêchons, nous allons être en retard &#33; <br />
Ikky fit signe qu’elle était prête, en s’inclinant bien respectueusement. <br />
-	Comme on le dit dans ma province natale, mieux vaut entendre cela que d’avoir de la graisse de buffle dans les oreilles &#33; <br />
Ayame haussa les épaules : <br />
-	Moi je ne lis que le Tao et cette sentence ne s’y trouve pas &#33;<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
-	Elle vient ici, ce soir ? <br />
Hiruya venait d’apprendre pour Ayame. <br />
Après des mois passés dans la Cité, elle trouvait enfin le moyen d’accéder au cœur du mystère des Scorpions &#33; <br />
Celui qui venait de lui apprendre cette visite n’était autre que… Bayushi Tangen, trop fier d’avoir pour invitée un Magistrat d’Emeraude. Hiruya espérait aller dormir, maintenant qu’il avait vu le Gouverneur. Mais il ne pouvait pas laisser passer Ayame ainsi. Il ne savait plus bien si, maintenant, elle était encore sa subordonnée. <br />
Hiruya, profitant de son nouveau statut, insista auprès de Tangen pour recevoir Ayame avant lui. Le jeune duelliste Scorpion ne fit pas tellement de difficulté, face à un membre respecté de l’école Kakita, yojimbo de son seigneur, auréolé de gloire à la guerre &#33; <br />
<br />
-	C’est une heure bien tardive pour se rendre dans une bibliothèque, Ayame-san. <br />
Mais ce soir, Hiruya savait qu’il ne serait pas le plus fort. Il pouvait toujours parler… <br />
-	Le seigneur Bayushi Tangen, IIIe du nom, a tenu à me recevoir ici même, car il connaît l’intérêt que je porte à son Ancêtre. <br />
-	Oui, vous avez lu presque tous ses livres… <br />
-	Oui, presque…<br />
-	Vous intéresse moins en revanche le dojo de la Sombre Epée des Mensonges Amers…<br />
-	Je respecte l’art du sabre comme il se doit. <br />
Ikky et Hiruya échangèrent un regard entendu. <br />
-	Bien, j’espère que l’inspiration vous viendra mieux cette nuit. Et si, d’aventure, vous trouviez des informations intéressantes, il sera bon que la Magistrature d’Emeraude les apprenne rapidement. <br />
-	Bien sûr, Hiruya-sama. <br />
Ayame partit, en saluant bien bas. <br />
Pourquoi Hiruya voulait-il encore s’occuper d’elle ? Il avait reçu des félicitations de la part du Gouverneur. « Vous êtes un des meilleurs samuraï de l’Empire… l’incarnation de l’idéal du bushido… Je parlerai de vous à l’Impératrice… »<br />
Ce soir, le nouveau yojimbo n’avait pas envie de se gonfler de vanité. Il était juste fatigué. Peut-être que lui aussi sentait que quelque chose avait craqué en lui. Il avait reçu Ayame et avait senti qu’elle était presque une étrangère pour lui. Certaines phrases de la conversation avaient attesté de ce qu’ils avaient vécu, de leur opposition constante sur l’honneur. A d’autres moments, ils avaient parlé comme de parfaits étrangers. <br />
Ce soir, le clan du Scorpion accueillait entre ses murs les plus gardés une shugenja des plus retorses, bien plus que la plupart des membres de ce clan. Car on ne se méfie généralement pas d’un shugenja Phénix &#33; <br />
<br />
Le dernier qui sentit un changement profond, mais discret, en lui, ce soir là, fut Riobe. Il avait parlé au Moine. Il avait entendu ce qu’il aurait pu savoir depuis longtemps. Il ne l’apprenait que maintenant alors que cette vérité était claire comme le jour : le destin des samuraï était lié. <br />
N’était-ce pas étrange de n’apprendre qu’aujourd’hui cette évidence ? Mais qu’aurait-il fait de cette vérité, avant ? <br />
-	Quelque part dans l’Empire se tapit une menace millénaire, et seuls l’alliance de sept samuraï pourra mettre fin à ce cauchemar. Je suis certain que tu es l’un des sept, Riobe. <br />
<br />
Sur son parchemin, le moine avait tracé une figure circulaire compliquée d’autres cercles, triangles et carrés. Sur ce cercle, étaient répartis sept petits disques, dans lesquelles Tadakune avait inscrit les noms des samuraï.<br />
Shigeru – Hiruya – Ayame – Kohei – Ryu – Bokkai – Riobe. <br />
<br />
Le rônin ne savait qu’en penser. Il aurait aimé penser que, de près ou de loin, cette destinée pouvait être liée au Lion Noir. Mais il ne voyait pas le rapport. Il écouta ce que le Moine avait à lui dire, mais il savait presque tout. <br />
Ces sept samuraï étaient la cinquième réincarnation d’esprits ayant existé à des époques passées. Ces samuraï, chaque fois, s’étaient alliés pour combattre la grande menace cachée. S’ils se réincarnaient encore, c’est que leur combat n’était pas terminé. <br />
-	Il faut que la sixième fois soit la bonne, Riobe &#33; <br />
-	J’y contribuerai, fit le rônin, qui s’efforçait d’être résolu. <br />
Il salua le Moine. Il se sentait un rien triste d’avoir appris cela. Il n’aurait su dire pourquoi. C’est avec cette tristesse qu’il songea qu’Ikky n’avait pas été désignée par les Fortunes. <br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-style: italic;" class="mycode_i"><span style="color: #33CC00;" class="mycode_color">A suivre...</span></span><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[24e Episode : Le printemps souillé]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=257</link>
			<pubDate>Sat, 10 Mar 2007 14:09:06 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=257</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">24e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Lièvre 1128</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkblue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Le printemps souillé</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span></div>
<br />
A la Cité des Mensonges, le gouverneur Bayushi Goshiu ordonne la traque du Ninja. Contraint, mais pas nécessairement en désaccord, le Magistrat Miya Katsu affirme son soutien. <br />
Le Gouverneur fait arrêter Tsuyoshi, qu&#39;on peut facilement accuser d&#39;être lié au Ninja (cest un rônin) sinon d&#39;être le Ninja lui-même. Tsuyoshi jette alors au visage de Goshiu-sama, devant tous les notables de la Cité, qu&#39;il est venu pour le défier en duel et le tuer, sur ordre de son maître, feu Akodo Kage-senseï. L&#39;inimitié entre le Noble Lion et le Maître des Secrets remonterait-elle à leur opposition lors du procès Kumanosuke ?... <br />
<br />
Ryu se renseigne sur Kitsuki Kaagi auprès de Kitsuki Jotomon. Elle apprend la localisation de l&#39;endroit où Kaagi a enfermé ses parchemins. L&#39;endroit aurait été visité par l&#39;infatigable Kitsuki Hanbeï. <br />
Ryu part alors pour les Montagnes Eternelles. Elle fait étape chez les Libellules, accueillie par Tonbo Toryu et retrouve ensuite  la chambre où sont enfermés les parchemins de Kaagi. Le lieu est en cristal pur. Il est gardé par des Ize-Zumi. Kitsuki Hanbei est venu ici, et également Nahoko : la forme de son visage apparaît dans une déformation du cristal. Tremblante, Ryu comprend que ceux qui ont été absorbés par l&#39;Ombre voient leur face reproduite dans ce lieu. Et quiconque lit les parchemins maudits de Kaagi finit par être dévoré par l&#39;Ombre &#33;<br />
Ryu rentre alors à la Cité. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Iuchi Shizuka, la femme de Shinjo Kohei, enquête sur Bayushi Kishidayu. Elle apprend que ce dernier s&#39;est déjà rendu près de la Cité de la Grenouille Riche et qu&#39;il aurait pu rencontrer le senseï Shosuro Kitabakate. Elle apprend cela à Ryu. <br />
<br />
De retour de la Forêt des Ombres, Ayame, Hiruya et les autres font halte dans les terres du Phénix. Isawa Akitoki accueille nos héros dans une Cité du Repos Confiant qui a perdu... repos et confiance &#33; L&#39;Outremonde, invoqué en plein sur ces terres, a ravagé la Cité. Doucement, douloureusement, le clan du Phénix se reconstruit. Les troupes Licornes menées par Otaku Kamoko, chef des Vierges de Bataille, viennent en aide au Phénix. <br />
Nos héros s&#39;arrêtent ensuite chez Isawa Masanaga et rencontrent le vieil Isawa Kanera : celui-ci confirme plusieurs intuitions d&#39;Ayame sur la Novice et Bayushi Tangen. La Novice, corrompue par l&#39;Ombre, a été traquée sur ordre de Tangen, qui en avait fait auparavant une dame importante à la cour. Le récit de l&#39;Ize Zumi matérialiste intervient après que les troupes du Lion ont exécuté la Novice. <br />
Nos héros parlent à Shiba Rosanjin, l&#39;artiste calligraphe, de la situation difficile que vit l&#39;Empire et de l&#39;incertitude de ce temps. <br />
<br />
A la Cité, Iuchi Shizuka apprend que Bayushi Kishidayu appartenait bien à l&#39;école Shosuro. En échange de son aide pour attraper le Ninja, le Gouverneur Goshiu promet des informations à Ryu sur Kishidayu. La samurai-ko accepte aussitôt ce marché. <br />
Elle se met en quête du Ninja : elle interroge Tsuyoshi, qui avoue le connaître. <br />
Le Ninja tente une première fois d&#39;assassiner le gouverneur et échoue. La seconde fois, Goshiu lui tend un piège, lors d&#39;un tournoi, en ne mettant que peu de garde autour de lui. Le Ninja s&#39;introduit dans les tribunes, passe derrière le rideau de la loge de Goshiu, un poignard en cristal à la main. Il surgit et plante la lame dans Goshiu. Celui-ci se tord de douleur mais, jubilant, fait comprendre au Ninja qu&#39;il s&#39;est trompé sur son compte. Sa blessure est tout ce qu&#39;il y a de plus naturel. Sur ce, le Ninja est arrêté. <br />
Devant l&#39;assemblée des nobles, Goshiu retire son masque au Ninja. On découvre un homme d&#39;environ 26 ans, l&#39;air las, mais nul ne le reconnaît. Il est envoyé en prison. <br />
<br />
Beau joueur, Goshiu informe Ryu de l&#39;endroit où vit Kishidayu. Celle-ci part aussitôt : c&#39;est un village dans les terres Scorpions, à l&#39;est de la Cité. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le groupe d&#39;Ayame et Hiruya revient vers la Cité. Le soir, dans ses rêves, Hiruya continue de rencontrer Azureus le Kenku et de s&#39;entraîner à la technique secrête du sabre. Rukya prédit que les Crabes vont bientôt attaquer la Cité en masse et le moine Tadakune lit dans les étoiles que le moment décisif pour la 5e Réincarnation est proche. <br />
<br />
Ryu arrive au village annoncé. Elle y rencontre les parents de Kishidayu. Pleine d&#39;amertume et de chagrin, mais tâchant de rester digne, elle leur dit qu&#39;elle veut rencontrer leur fils pour savoir s&#39;il valait la peine de quitter ses terres et devenir samuraï. Elle leur demande de le lui dire s&#39;ils le voient. Apeurés mais respectueux, les parents approuvent. <br />
<br />
Ayame, Hiruya et les autres rentrent à la Cité. Ils apprennent ce qui s&#39;est passé : l&#39;arrestation de Tsuyoshi et du Ninja. Le rônin leur répète qu&#39;il est là pour tuer le Gouverneur. Il refuse d&#39;en dire plus sur le Ninja. Ce dernier, également, reste muet. <br />
<br />
On apprend alors l&#39;arrivée imminente d&#39;une armée du clan du Crabe. <br />
Les préparatifs commencent car cette fois, l&#39;ennemi est venu en nombre et soutenu par les monstres de l&#39;Outremonde. Shosuro Jocho fait renforcer les murs de la Cité. <br />
Le soir avant la bataille, l&#39;esprit du diabolique Nakiro apparaît à Ayame : il lui annonce qu&#39;il sera bientôt mort pour de bon. Notre shugenja a du mal à croire l&#39;increvable tsukaï &#33; <br />
<br />
Le lendemain, la bataille s&#39;engage. Le général Bayushi Tomaru et le général Mirumoto Daini commandent les troupes, avec le soutien des Licornes et de l&#39;armée de Toturi, ainsi que des Nagas. <br />
La fin de la Cité n&#39;a jamais été aussi proche. <br />
Hiruya se lance dans la bataille, animé d&#39;une vigueur nouvelle, car Azureus le Kenku a terminé, la nuit d&#39;avant, de lui enseigner la technique secrête. Prêt à trancher en deux les plus gros Ogres, notre Magistrat monte au premier rang des combats &#33; <br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkgreen;" class="mycode_color"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">FORCE ET HONNEUR, SAMURAÏ &#33;&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">24e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Lièvre 1128</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkblue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Le printemps souillé</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span></div>
<br />
A la Cité des Mensonges, le gouverneur Bayushi Goshiu ordonne la traque du Ninja. Contraint, mais pas nécessairement en désaccord, le Magistrat Miya Katsu affirme son soutien. <br />
Le Gouverneur fait arrêter Tsuyoshi, qu&#39;on peut facilement accuser d&#39;être lié au Ninja (cest un rônin) sinon d&#39;être le Ninja lui-même. Tsuyoshi jette alors au visage de Goshiu-sama, devant tous les notables de la Cité, qu&#39;il est venu pour le défier en duel et le tuer, sur ordre de son maître, feu Akodo Kage-senseï. L&#39;inimitié entre le Noble Lion et le Maître des Secrets remonterait-elle à leur opposition lors du procès Kumanosuke ?... <br />
<br />
Ryu se renseigne sur Kitsuki Kaagi auprès de Kitsuki Jotomon. Elle apprend la localisation de l&#39;endroit où Kaagi a enfermé ses parchemins. L&#39;endroit aurait été visité par l&#39;infatigable Kitsuki Hanbeï. <br />
Ryu part alors pour les Montagnes Eternelles. Elle fait étape chez les Libellules, accueillie par Tonbo Toryu et retrouve ensuite  la chambre où sont enfermés les parchemins de Kaagi. Le lieu est en cristal pur. Il est gardé par des Ize-Zumi. Kitsuki Hanbei est venu ici, et également Nahoko : la forme de son visage apparaît dans une déformation du cristal. Tremblante, Ryu comprend que ceux qui ont été absorbés par l&#39;Ombre voient leur face reproduite dans ce lieu. Et quiconque lit les parchemins maudits de Kaagi finit par être dévoré par l&#39;Ombre &#33;<br />
Ryu rentre alors à la Cité. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Iuchi Shizuka, la femme de Shinjo Kohei, enquête sur Bayushi Kishidayu. Elle apprend que ce dernier s&#39;est déjà rendu près de la Cité de la Grenouille Riche et qu&#39;il aurait pu rencontrer le senseï Shosuro Kitabakate. Elle apprend cela à Ryu. <br />
<br />
De retour de la Forêt des Ombres, Ayame, Hiruya et les autres font halte dans les terres du Phénix. Isawa Akitoki accueille nos héros dans une Cité du Repos Confiant qui a perdu... repos et confiance &#33; L&#39;Outremonde, invoqué en plein sur ces terres, a ravagé la Cité. Doucement, douloureusement, le clan du Phénix se reconstruit. Les troupes Licornes menées par Otaku Kamoko, chef des Vierges de Bataille, viennent en aide au Phénix. <br />
Nos héros s&#39;arrêtent ensuite chez Isawa Masanaga et rencontrent le vieil Isawa Kanera : celui-ci confirme plusieurs intuitions d&#39;Ayame sur la Novice et Bayushi Tangen. La Novice, corrompue par l&#39;Ombre, a été traquée sur ordre de Tangen, qui en avait fait auparavant une dame importante à la cour. Le récit de l&#39;Ize Zumi matérialiste intervient après que les troupes du Lion ont exécuté la Novice. <br />
Nos héros parlent à Shiba Rosanjin, l&#39;artiste calligraphe, de la situation difficile que vit l&#39;Empire et de l&#39;incertitude de ce temps. <br />
<br />
A la Cité, Iuchi Shizuka apprend que Bayushi Kishidayu appartenait bien à l&#39;école Shosuro. En échange de son aide pour attraper le Ninja, le Gouverneur Goshiu promet des informations à Ryu sur Kishidayu. La samurai-ko accepte aussitôt ce marché. <br />
Elle se met en quête du Ninja : elle interroge Tsuyoshi, qui avoue le connaître. <br />
Le Ninja tente une première fois d&#39;assassiner le gouverneur et échoue. La seconde fois, Goshiu lui tend un piège, lors d&#39;un tournoi, en ne mettant que peu de garde autour de lui. Le Ninja s&#39;introduit dans les tribunes, passe derrière le rideau de la loge de Goshiu, un poignard en cristal à la main. Il surgit et plante la lame dans Goshiu. Celui-ci se tord de douleur mais, jubilant, fait comprendre au Ninja qu&#39;il s&#39;est trompé sur son compte. Sa blessure est tout ce qu&#39;il y a de plus naturel. Sur ce, le Ninja est arrêté. <br />
Devant l&#39;assemblée des nobles, Goshiu retire son masque au Ninja. On découvre un homme d&#39;environ 26 ans, l&#39;air las, mais nul ne le reconnaît. Il est envoyé en prison. <br />
<br />
Beau joueur, Goshiu informe Ryu de l&#39;endroit où vit Kishidayu. Celle-ci part aussitôt : c&#39;est un village dans les terres Scorpions, à l&#39;est de la Cité. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le groupe d&#39;Ayame et Hiruya revient vers la Cité. Le soir, dans ses rêves, Hiruya continue de rencontrer Azureus le Kenku et de s&#39;entraîner à la technique secrête du sabre. Rukya prédit que les Crabes vont bientôt attaquer la Cité en masse et le moine Tadakune lit dans les étoiles que le moment décisif pour la 5e Réincarnation est proche. <br />
<br />
Ryu arrive au village annoncé. Elle y rencontre les parents de Kishidayu. Pleine d&#39;amertume et de chagrin, mais tâchant de rester digne, elle leur dit qu&#39;elle veut rencontrer leur fils pour savoir s&#39;il valait la peine de quitter ses terres et devenir samuraï. Elle leur demande de le lui dire s&#39;ils le voient. Apeurés mais respectueux, les parents approuvent. <br />
<br />
Ayame, Hiruya et les autres rentrent à la Cité. Ils apprennent ce qui s&#39;est passé : l&#39;arrestation de Tsuyoshi et du Ninja. Le rônin leur répète qu&#39;il est là pour tuer le Gouverneur. Il refuse d&#39;en dire plus sur le Ninja. Ce dernier, également, reste muet. <br />
<br />
On apprend alors l&#39;arrivée imminente d&#39;une armée du clan du Crabe. <br />
Les préparatifs commencent car cette fois, l&#39;ennemi est venu en nombre et soutenu par les monstres de l&#39;Outremonde. Shosuro Jocho fait renforcer les murs de la Cité. <br />
Le soir avant la bataille, l&#39;esprit du diabolique Nakiro apparaît à Ayame : il lui annonce qu&#39;il sera bientôt mort pour de bon. Notre shugenja a du mal à croire l&#39;increvable tsukaï &#33; <br />
<br />
Le lendemain, la bataille s&#39;engage. Le général Bayushi Tomaru et le général Mirumoto Daini commandent les troupes, avec le soutien des Licornes et de l&#39;armée de Toturi, ainsi que des Nagas. <br />
La fin de la Cité n&#39;a jamais été aussi proche. <br />
Hiruya se lance dans la bataille, animé d&#39;une vigueur nouvelle, car Azureus le Kenku a terminé, la nuit d&#39;avant, de lui enseigner la technique secrête. Prêt à trancher en deux les plus gros Ogres, notre Magistrat monte au premier rang des combats &#33; <br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkgreen;" class="mycode_color"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">FORCE ET HONNEUR, SAMURAÏ &#33;&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Voilà c&#39;est fini...]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=318</link>
			<pubDate>Sun, 10 Dec 2006 03:06:00 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=2">sdm</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=318</guid>
			<description><![CDATA[Merci à Nico pour toute cette campagne, à Fredo pour sa participation MJesques également<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/chinese.gif" alt="Chinese" title="Chinese" class="smilie smilie_31" /><br />
<br />
Je pense qu&#39;on a tous eu la fin la mieux adaptée à cette belle histoire, heureusement on be terminera surement pas toutes nos campagnes aussi durement mais celle-là le valait bien et elle restera un énorme souvenir de JDR <img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_biggrin.gif" alt="biggrin" title="biggrin" class="smilie smilie_344" />.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[Merci à Nico pour toute cette campagne, à Fredo pour sa participation MJesques également<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/chinese.gif" alt="Chinese" title="Chinese" class="smilie smilie_31" /><br />
<br />
Je pense qu&#39;on a tous eu la fin la mieux adaptée à cette belle histoire, heureusement on be terminera surement pas toutes nos campagnes aussi durement mais celle-là le valait bien et elle restera un énorme souvenir de JDR <img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_biggrin.gif" alt="biggrin" title="biggrin" class="smilie smilie_344" />.]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[23e Episode : Le dojo des mains coupées]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=319</link>
			<pubDate>Sun, 03 Dec 2006 11:03:08 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=319</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkgray;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:black"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">23e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url"><span style="color: darkred;" class="mycode_color"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u">Tigre 1127</span></span></a><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">RESUMÉ</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></div>
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">La Cité des Mensonges vit des heures sombres. Bayushi Goshiu, dit le Maître des Secrets, a chassé du trône le Gouverneur Hyobu et pris sa place. Ayame soupçonne l&#39;Ombre d&#39;avoir rendu possible ce coup de force. Hiruya, de retour avec l&#39;Epée de Cristal, est averti par Ryu que des morts-vivants menacent d&#39;attaquer la ville. <br />
Le Ninja Blanc parvient à s&#39;introduire dans le palais du Gouverneur, mais ne décèle aucune trace de l&#39;Ombre Vivante à l&#39;intérieur. Enfin, Ayame se rend le temple où fut incinérée la Novice Folle et y découvre un mystérieux plan...</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: red;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Le dojo des mains coupées</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_demoniaque.gif" alt="ayame" title="ayame" class="smilie smilie_132" /></div>
<br />
<br />
Les pêcheurs, occupés à fumer leurs pipes à l&#39;abri de la pluie, reconnurent dès qu&#39;ils la virent la silhouette massive, imposante de Hida Shigeru, qui se découpait peu à peu dans le brouillard aigre du port. Il suait d&#39;avoir marché depuis le palais de la Magistrature, de revenir ici, de marcher par ce temps... Il n&#39;était accompagné d&#39;aucune escorte et n&#39;avait pas demandé aux soldats de la Garde du Tonnerre, postés dans les rues proches, de l&#39;accompagner. Il arrivait ici comme s&#39;il était un homme du peuple. <br />
<br />
Les pêcheurs, inquiets, l&#39;observèrent du coin de l&#39;oeil, rougeaud, épais, brute. Il pénétra dans le rendez-vous habituel des gens du coin. L&#39;endroit était populeux, enfumé, bruyant. Derrière le comptoir, la mère du patron recousait un filet à grosses mailles. Les marins venus des autres ports de l&#39;Empire se retrouvaient ici : il en venait des provinces du Scorpion, impériales et même des bords du grand océan. Les syndicats de pompiers organisaient ici, dans de discrêtes arrière-salles, des rencontres entre joueurs. Les yakuzas faisaient des affaires en or, avec des devises frappées à l&#39;effigie de tous les clans. <br />
<br />
L&#39;entrée de Shigeru perturba un moment l&#39;agitation des lieux, celle de ces gens agglutinés dans la chaleur tiède et les odeurs de sueurs et d&#39;alcool, qui se protégeaient mutuellement des agressions du vent mauvais des bords de l&#39;eau, puis, après quelques instants de suspens, les conversations reprirent. On avait reformé l&#39;ambiance du quotidien, des tractations, des bavardages, malgré l&#39;arrivée du Crabe. <br />
Shigeru se dirigea vers une table, qui fut, par miracle, libre dès qu&#39;il commença à s&#39;y agenouiller. Du coup, les tables voisines avaient huit ou neuf personnes sur elle quand elles étaient prévues pour quatre, mais le Crabe avait de quoi respirer &#33; <br />
<br />
- Un soshu, avec du lait. <br />
Shigeru avait plus grogné, mais sa voix caverneuse, naturellement puissante, avait été entendue de toute la salle, qui tâchait de couvrir de sa rumeur ce grondement sourd. <br />
Le patron vint lui-même servir l&#39;épaisse boisson, inspirée des recettes Licornes. Shigeru regardait ailleurs pendant que le patron servait. Celui-ci s&#39;apprêtait à retourner à son comptoir. <br />
- Dis-moi... <br />
Et toute la salle tremblait pour le patron.<br />
- Nous sommes honorés de vous revoir, Crabe-sama &#33; <br />
Pauvre homme &#33; il croyait qu&#39;on allait le punir pour avoir manqué aux règles élèmentaires de politesse &#33; <br />
Shigeru le laissa faire ses genuflexions, en sirotant son bol. <br />
- Il ne s&#39;agit pas de cela, grogna t-il, quand l&#39;aubergiste s&#39;eut frappé la tête cinq ou six fois par terre. <br />
On entendait assez distinctement des boules remonter dans les gorges de l&#39;assistance. Même les yakuzas les plus endurcis ne mouftaient pas &#33; Tous égaux en ce moment &#33; <br />
- Dis-moi, <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">j&#39;aurais un petit renseignement à te demander...</span><br />
Il avait agrippé le patron par la manche et le fixait brusquement dans les yeux, de son regard sauvage qui a contemplé les étendues de l&#39;Outremonde et les horreurs de la guerre. <br />
- As-tu entendu parler d&#39;un rônin appelé Tsuyoshi ?... Il a dû arriver en ville il y a peu.<br />
- Pas, pas, pas... pas dans notre quartier, Crabe-sama &#33; <br />
- Où alors ?... <br />
La poigne du Crabe vrillait le bras de l&#39;aubergiste. Il la relâcha d&#39;un coup. <br />
- C&#39;est bon, tu peux aller. <br />
L&#39;aubergiste soupira et trouva urgent d&#39;aller servir des clients à l&#39;autre bout de la salle &#33; <br />
<br />
Ensuite, les choses allèrent vite. Shigeru finit son verre rapidement, se leva en poussant de lourds soupirs d&#39;effort, jeta un regard, un seul, mais quel regard &#33;, à l&#39;assistance, traversa la salle et repartit dans le brouillard, silhouette noir qu&#39;on voit s&#39;éloigner, rassuré, comme un orage qui disparait au loin derrière les montagnes. <br />
La vie pouvait reprendre son cours habituel. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
- Je pense que le message est passé, Hiruya-sama. <br />
C&#39;était Shigeru, maintenant, qui s&#39;était agenouillé devant son supérieur. <br />
- Le quartier des pêcheurs est au courant. Ils vont vite savoir où loge Tsuyoshi et ils ne le quitteront plus d&#39;un oeil. Les marchands, les yakuzas, les vieilles femmes, les enfants... Ils nous diront même peut-être pourquoi il est ici. <br />
- Sur ce point, fit Hiruya, tu t&#39;avances un peu, Shigeru-san. Surveiller les faits et gestes du rônin, d&#39;accord. Mais Tsuyoshi ne leur apprendra rien sur les raisons de sa venue. Ces raisons touchent à l&#39;honneur. Le peuple n&#39;en saura rien. <br />
Shigeru s&#39;inclina et sortit. <br />
Puis ce fut au tour de Hiruya de se préparer et de sortir dans les rues pluvieuses. Journée maussade, pesante, durant laquelle il faut bien faire ce qu&#39;on a à faire, mais sans espérer un seul sourire de dame Amaterasu. Le Magistrat se présenta à la porte du dojo de Kitsuki Jotomon. <br />
- Je désire voir le senseï. <br />
Le serviteur s&#39;inclina et, sans un mot, l&#39;accompagna à travers le jardin. <br />
Jotomon priait devant l&#39;autel de ses Ancêtres. Hiruya attendit, sans impatience. Il lui semblait, en voyant cette femme dans ce recueillement si parfait, qu&#39;il contemplait une vision d&#39;un autre monde, plus proche du paradis céleste. Lueur dans la grisaille de la pluie. <br />
Jotomon ouvrit les yeux et fit signe à Hiruya qu&#39;ils pouvaient parler. <br />
- J&#39;aurais désiré, senseï, que vous me parliez de Tsuyoshi. <br />
Kitsuki Jotomon avait-elle pressenti que Hiruya venait pour parler de cela ? Elle sut en tout cas en donner l&#39;impression. <br />
- Le rônin est venu s&#39;entraîner plusieurs dans mon dojo, ces derniers jours. Malgré la condition misérable à laquelle il se trouve réduit, je peux dire que sa détermination intérieure n&#39;a pas fléchi. Au contraire. Il me fait penser à ces Matsu qu&#39;on appelle les quêteurs de mort. Il poursuit un dernier but et n&#39;attend rien d&#39;autre que la mort au bout. Il s&#39;entraîne avec ardeur, une ardeur décuplée par le fait qu&#39;il n&#39;a plus longtemps à vivre, soit qu&#39;il échoue dans sa mission soit qu&#39;il puisse en finir par le suicide rituel.. <br />
- Avez-vous idée de sa mission ici ?<br />
- Non. Il n&#39;en a rien dit. Et aborder ce sujet serait lui faire une offense très grave. Puisqu&#39;il vient dans mon dojo, je souillerais cet endroit en manquant ainsi aux règles de l&#39;honneur. <br />
- Son maître Akodo Kage, avant de mourir, n&#39;a pas pu l&#39;envoyer ici pour des broutilles. <br />
- Assurément, fit Jotomon. Si Tsuyoshi est là, c&#39;est que, pour satisfaire feu le vénérable senseï Lion, une tête doit tomber. <br />
Hiruya remercia et partit, finir cette journée lassante sur l&#39;île de la Larme, cette contrée où il fait toujours un peu moins moche qu&#39;ailleurs. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Miya Katsu terminait le copieux repas que ses hôtes lui avaient servi. Il savait que dans sa position, il pouvait considérer deshonorant de toucher à la nourriture des Scorpions. Il savait aussi qu&#39;en tant que Magistrat d&#39;Emeraude, il ne pouvait pas perdre ses forces stupidement. Il lui fallait garder toute son attention. <br />
- Le Gouverneur souhaite s&#39;entretenir avec vous, seigneur. <br />
- J&#39;arrive, fit Katsu, dignement. <br />
Ce sentiment le guettait depuis quelques années mais maintenant, il en avait la certitude : il devenait vieux. Il approchait les cinquante ans et n&#39;avait toujours pas renoncé à servir l&#39;Empereur. Depuis dix ans déjà il aurait dû se retirer du monde. Au lieu de cela, il avait poursuivi, avec son acharnement, sa sagacité, ses méthodes peu orthodoxes, de dangereux criminels, avait débrouillé des cas difficiles, tortueux. Récemment, il était venu à bout de l&#39;affaire la plus passionnante de sa carrière, celle d&#39;Usagi Ozaki. La plus passionnante, car la plus sombre, la plus dangereuse et pour tout dire la plus politique. <br />
Mais il savait que le clan du Lièvre avait pu être réhabilité grâce à ses assistants, sous le commandement de Kakita Hiruya. Matsu Katsu abusait de sa vie, il le savait. L&#39;avenir était à la nouvelle génération. Lui était un souvenir. Certains le croyaient morts, tant ses premiers coups d&#39;éclats remontaient loin (trente ans &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" />. Il était plus vieux que certains Ancêtres des jeunes samuraï nés sous le règne du jeune Hanteï &#33; <br />
Il se présenta devant le Gouverneur, strict et sans se donner des airs. Devant le serviteur, il avait joué au vieillard digne qui essaie de masquer son deshonneur. Face à Bayushi Goshiu, il n&#39;avait pas besoin de tricher. On était entre hommes. Le masque du Scorpion était là pour rappeler en permanence que, si le mensonge est une arme efficace, nul n&#39;ignore la vérité. <br />
Du reste, Goshiu était à ce point assuré de sa supériorité qu&#39;il avait à peine besoin de la faire sentir. Les rôles étaient clairs, de part et d&#39;autre. <br />
Bien sûr, il y avait une cause bien connue à ce deshonneur du Magistrat : c&#39;était Ryu &#33; <br />
Quand il pensait à elle, Katsu-sama pouvait à peine la haïr. A peine souriait-il amèrement de sa bêtise, acceptant cette épreuve comme une étape sur la purification de son kharma. Il considérait cet emprisonnement avec fatalité. Du reste, là n&#39;était pas le problème. Etre prisonnier au coeur du palais des Shosuro de la Cité des Mensonges, n&#39;était pas denué de sens. L&#39;un des endroits les plus secrets de l&#39;Empire &#33; Et Katsu s&#39;y trouvait &#33; Face au pouvoir ténébreux du clan des masques &#33;<br />
- Je vais peut-être vous surprendre, Magistrat... <br />
- Allez-y, seigneur Goshiu, sourit Katsu. <br />
- Je souhaite lancer une attaque contre les troupes du Crabe. <br />
Katsu releva un sourcil. <br />
- Oui c&#39;est inattendu. Pourquoi cette volte-face ? <br />
C&#39;était pourtant le fait que Goshiu ait préconisé la solution inverse qui, indirectement, avait mené à la prise de Katsu en otage &#33; <br />
Le gouverneur ne répondit pas. <br />
- Je vais demander à Mirumoto Ryu de venir et lui exposer mon plan d&#39;attaque. <br />
- Elle en sera la première surprise, fit Katsu, qui ne comprenait plus bien. <br />
Il avait surtout l&#39;impression que le gouverneur pouvait se permettre tous les caprices, maintenant qu&#39;il était seul maître en ville &#33; <br />
- J&#39;envoie mon ambassadeur, Yogo Jinnai, annoncer la bonne nouvelle à votre chère assistante, Katsu-san. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
- Attaquer les Crabes &#33;...<br />
Ryu avait peine à y croire. Pour le coup, l&#39;honorable porte-parole avait réussi à provoquer chez elle une réaction spontanée. <br />
- Oui le Gouverneur, conscient de la mission qui lui revient de défendre non seulement cette ville mais aussi bien le sud de l&#39;Empire...<br />
Jinnai avait bien préparé son discours. Il pouvait y mettre des fleurs de rhétorique, il ne venait de toute façon pas demander mais exiger &#33; <br />
- Grâce à vous, le palais ancestral de la famille Shosuro et l&#39;armée de votre clan ont pu être informées d&#39;une menace. Le Gouverneur, reconnaissant votre valeur, souhaite vous voir partir avec l&#39;armée qu&#39;il va monter. <br />
- Nous avons déjà perdu beaucoup d&#39;hommes...<br />
- Allons, Ryu-san, vous raisonnez comme les marchands de la porte de l&#39;Est, comme s&#39;il fallait économiser sa vie. Quoi de plus beau que de mourir pour le trône d&#39;Emeraude ?... <br />
C&#39;était peine perdue de discuter, sinon pour la forme. Ryu n&#39;avait qu&#39;à demander qu&#39;on prépare son armure &#33; <br />
<br />
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<br />
Ayame, encore lourde de sommeil, avait déjà le nez dans ses documents personnels. Elle baîlla en remettant de l&#39;ordre dans cette masse de parchemins. Elle reprit le plan trouvé à Pokau, au temple de la Novice. Elle eut beau le tourner et retourner, elle ne vit pas de quel endroit il s&#39;agissait. Elle en avait fait dessiner des copies et les avait distribuées dans le palais. <br />
On frappait à la porte. C&#39;était Rukya, essoufflée. Elle s&#39;agenouilla : <br />
- Ayame-sama, je crois avoir trouvé quel endroit est dessiné sur cette carte &#33;<br />
Elle déplia sa copie devant la shugenja : <br />
- J&#39;ai visité cette région jadis &#33; Elle se trouve à l&#39;extrême-ouest de Rokugan, sur les frontières des Sables Brûlants. <br />
- Tu es allée là-bas ?... Tu es sûr de reconnaître l&#39;endroit ?<br />
- Oui, je reconnais parfaitement cette montagne, qui ressemble à une lame de sabre fendue. C&#39;est là-bas que l&#39;Epée de Cristal aurait pu être forgée. <br />
- Forgée ?... par qui ?<br />
- C&#39;est une longue histoire, Ayame-sama, fit Rukya, heureuse et essoufflée. Par un peuple des Sables Brûlants, qu&#39;on dit immortel et qui...<br />
- Nous verrons cela plus tard, dit la shugenja en se levant. Prévenons Hiruya-sama. Il faut absolument trouver cet endroit. <br />
<br />
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<br />
Le soir-même, les préparatifs de la guerre commençaient, supervisés par Ryu. Les corps de métier n&#39;allaient pas dormir de la nuit pour préparer les chariots, réparer les armures, prévoir les provisions, pendant que les soldats effectuaient des manoeuvres de préparation dans la cour du palais. <br />
Dans le bureau de Hiruya, les autres assistants s&#39;étaient réunis. <br />
- Il vaut certainement la peine d&#39;aller y voir, confirma Hiruya, pas mécontent en réalité de quitter l&#39;atmosphère délétère de la Cité quelques jours. Bokkai-san va partir à la guerre avec Ryu. Shigeru-san restera ici pour garder le palais. Les autres, vous partez avec moi. Le Moine, Rukya et Kagetoki-senseï nous accompagneront également.<br />
On s&#39;inclina devant la décision de Hiruya-sama. <br />
<br />
Le lendemain matin, les Magistrats quittaient la Cité, pendant que l&#39;armée du Gouverneur Goshiu se mettait en place. Après encore une journée de préparatifs fébriles, les soldats de la Cité étaient sur le pied de la guerre. Le général Bayushi Tomaru en prenait le commandement, avec le général Mirumoto Daini. Le long cortège de soldats se mit en route vers le sud-ouest, dans la campagne du nord de la forêt Shinomen. On passa au large du château des Lièvres, d&#39;où arrivèrent quelques renforts. Après une grosse journée, on monta un premier camp, que les etas fortifièrent en vitesse avec des palissades et des trous hérissés de pieux. <br />
Ryu s&#39;était jointe à l&#39;arrière-garde de l&#39;armée de Mirumoto Daini. Deux cents hommes prêts à contre-attaquer si l&#39;ennemi tentait une manoeuvre de revers. L&#39;armée du Dragon avait aperçu des bandes de Crabes en maraude, aux abords de la forêt. Ils avaient été abattus par la cavalerie et les sorts de feu des shugenja. A l&#39;avant, Daini-sama avait ordonné la marche forcée pour rattraper les troupes ennemies, qui faisaient route vers les étroites vallées de l&#39;ouest de l&#39;Empire, au sud des montagnes du Toit du Monde, au nord de la vallée des Faucons. S&#39;ils parvenaient à s&#39;engager dans ces régions, ils y établiraient des positions imprenables, du fait du terrain escarpé, des gorges et des falaises, qui ralentiraient considérablement des attaquants, pris sous les volées de flèches et les sorts maléfiques de l&#39;Outremonde. <br />
L&#39;arrière-garde des Dragons se laissa volontairement distancer par l&#39;avant, de manière à recevoir une attaque prévisible : une autre armée de Crabes venaient de passer au nord de la forêt et marchait par derrière sur les Dragons. <br />
Ryu s&#39;était vu confier un important contingent d&#39;hommes, décisions consécutive à sa nomination au grade de taisa [capitaine]. Les gunso sous son commandement connaissaient sa valeur à la guerre, que nul n&#39;aurait cherché à lui contester. On la savait à côté de cela "un peu" tête en l&#39;air et imprévisible dans ses décisions en société. Mais on oubliait ces menus défauts, car face à l&#39;ennemi, elle n&#39;avait jamais reculé d&#39;un pas. <br />
Voyant que les Crabes de l&#39;arrière avançaient trop vite, Ryu décida que Mirumoto Daini avait pu prendre suffisamment d&#39;avance : par conséquent, même si l&#39;arrière-garde Dragon ne résistait pas à l&#39;attaque à venir, Daini-sama aurait encore suffisamment d&#39;avance pour ne pas être pris en tenaille aussitôt. <br />
<br />
Ryu n&#39;était pas la plus gradée de l&#39;armée, mais son rang d&#39;assistante-magistrate d&#39;Emeraude, et sa célébrité dans les rangs des soldats, lui conférait une position à part. Elle proposa d&#39;attendre de pied ferme l&#39;attaque des Crabes, en fortifiant une position dans les contreforts des montagnes, à une journée de marche au nord. Les autres officiers acceptèrent et on ordonna une marche nocturne pour rallier un plateau dont l&#39;accès se faisait par une pente abrupte. <br />
A l&#39;aube, alors que l&#39;ennemi, loin d&#39;être seulement un nuage de poussière à l&#39;horizon, était nettement distinct (une troupe beuglante, verdâtre, animée d&#39;une fureur sanguinaire), les Dragons parvenaient en haut de la butée et disposaient en vitesse des pieux, bloquaient de lourdes pierres qui basculeraient grâce à des leviers et organisaient les archers avec les shugenja. <br />
Ryu, en retrait, lançait des ordres à droite et à gauche pour organiser et encourager les hommes. A la mi-journée, les Crabes et leurs serviteurs crachant, rampants, bavants, craquants, hululants, puants et crachants de l&#39;Outremonde entreprenaient la montée de la pente. De lourdes pierres leur dégringolèrent dessus, ainsi que des ballots de paille enflammés. Les os et les chairs furent broyés et calcinés, et se répandirent en un gros jus visqueux écoeurant dans lequel pataugèrent les suivants, dont la fureur avait décuplé. <br />
Les officiers du Crabe, qui semblaient sortis la veille du Puits Suppurant, dont les voix avaient mué au point de se changer en feulements rauques ou en stridulations aiguës, parvirent à prendre pied face aux Dragons. La mêlée s&#39;engagea, impitoyable, entre des samuraï venus de l&#39;extrême-nord de l&#39;Empire et d&#39;autres de l&#39;extrême-sud, qui n&#39;auraient jamais dû se rencontrer de leur vie. Ryu faisait merveille avec ses sabres : les membres de ses adversaires redévalaient la pente à deux ou trois à la fois, comme pressés de fuir cette bataille. Le général ennemi était monté sur un cheval décharné, à la peau verte boursouflée qui laissait apparaître les os. Il appartenait à la Garde Noire de la famille Moto, cette branche déchue des Licornes qui avait suivi Moto Tsume dans l&#39;Outremonde. Il possédait deux paires de bras et une armure démoniaque soudée à son corps, qui luisait d&#39;une aura rouge et inspirait une soif de sang irrépressible chez ses serviteurs. <br />
Diaboliquement intelligent, ce général avait compris que pour aujourd&#39;hui, il n&#39;aurait pas la victoire. Il laissa ses troupes aller au massacre, pour qu&#39;elle tue un maximum d&#39;ennemis. Puis il fit cabrer son cheval et plongea dans un trou qui s&#39;ouvrit devant lui dans la terre. <br />
Sur les hauteurs, les Dragons achevaient les derniers attaquants, qui perdirent une grande partie de leur vigueur sitôt leur général disparu. <br />
La moitié des Dragons était mort, pour repousser des assaillants deux fois supérieurs en nombre.<br />
<br />
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<br />
Le voyage des samuraï d&#39;Emeraude dura dix jours. Ils quittèrent la Cité par la porte Nord et partirent vers la Chaîne du Toit du Monde, dans sa partie ouest, là où elle est bien plus basse que dans la région du col d&#39;Heibetsu, composée de cols infranchissables, de vallées vierges de toute occupation et de sommets aux neiges éternelles où seuls vivent les Dieux. Ils grimpèrent les sentiers escarpés et passèrent à une demi-journée de marche du château de la famille Soshi, où, comme on peut s&#39;en douter, Kakita Hiruya ne serait pas le bienvenu. Pour éviter un incident diplomatique, notre Magistrat avait choisi de l&#39;éviter. On disait que les Soshi avaient lancé des sorts maléfiques d&#39;illusion sur les vallées alentours et que, si tel était le bon plaisir des shugenja du château, les voyageurs passant dans la région pouvaient se perdre à jamais et devenir fous à force de poursuivre des mirages sur ces sentiers de perdition. <br />
Heureusement, il n&#39;arriva rien de semblable à nos Magistrats, qui purent entreprendre la descente vers les terres de la famille Otaku. Cette région, non loin du château de la famille Iuchi, au coeur de la Plaine du Berceau des Vents, avait été épargnée par les combats qui meurtrissaient les autres régions de l&#39;Empire. Le voyage se poursuivit à travers les contrées vastes, sauvages du clan de la Licorne, dans ce pays qui paraissait déjà étranger. <br />
Nos voyageurs passèrent par le village du Lac aux Rives Blanches. La femme de Kohei, Iuchi Shizuka eut l&#39;occasion de recevoir chez elle les magistrats et nos héros profitèrent aussi de l&#39;hospitalité de Shinjo Zenzabûro, le père de Kohei, qui déclara qu&#39;il serait honoré, et pour longtemps, d&#39;avoir reçu autant d&#39;honorables samuraï sous son toit. On but à la santé de tous les samuraï honorables à qui on pensa et, au petit matin, le voyage reprenait, Ikky somnolant dans la journée sur sa monture. Nos héros quittèrent cette ravissante villégiature, son magnifique lac étincelant dans la pure lumière d&#39;hiver, prirent le chemin de l&#39;ouest. Ils chevauchèrent deux journées, dormirent à la belle étoile, sous la constellation de la Grande Ourse. Au soir du troisième jour, dans le crépuscule bouillant sur la grande plaine orangée, nos héros virent une importante troupe de la famille Shinjo, qui mettait pied à terre et dressait d&#39;immenses tentes circulaires. <br />
- Par les Fortunes, murmura Shizuka, c&#39;est la tente du daimyo lui-même &#33; <br />
<br />
Nos samuraï mirent pied à terre. Or donc, dans cette étendue déserte, sous les étoiles, à mille lis de toute terre habitée, non loin du bout du monde, nos samuraï entrèrent dans le campement de Shinjo Yokatsu, le Maître des Quatre Vents, champion du clan de la Licorne. Des daimyo des clans majeurs, il était le moins connu. Même le champion des Dragons, Togashi Yokuni s&#39;était montré plusieurs fois à la cour impériale. Yokatsu-sama également y avait paru plusieurs fois, et on se souvenait de lui, surtout pour ses maladresses oratoires, son gros rire franc et ses tentatives maladroites pour se défendre contre les moqueries des courtisans. On avait vite compris qu&#39;il n&#39;avait pas le moins du monde sa place sur la côte est, qu&#39;il n&#39;était bon qu&#39;à chevaucher avec les plus farouches guerriers de son clan, dans ces régions perdues dont l&#39;Empereur se souciait à peine. <br />
Ici, sur les terres de ses Ancêtres, il était le maître et n&#39;avait nul besoin de le rappeler. Parmi les Licornes, il jouissait d&#39;un prestige inégalé chez les autres daimyo. Si un Lion respectait la fureur et la courage de Matsu Tsuko, si un Grue admirait la finesse, l&#39;élégance et la noblesse de Doji Hoturi, nul samuraï n&#39;aurait éprouvé pour son daimyo le respect que l&#39;on a pour un grand frère. C&#39;était pourtant le cas des Licornes vis-à-vis de Yokatsu-sama. On le respectait mais on savait aussi pourquoi on le respectait. Parce que lorsqu&#39;il parlait, c&#39;était la sincérité qui parlait par sa bouche. Parce qu&#39;il croyait à l&#39;honneur, aux fortunes, non comme un courtisan prétend croire à ce qu&#39;il a intérêt à croire, mais parce qu&#39;il le pensait vraiment et vivait pour la grandeur de son clan et de l&#39;Empire -dont il était l&#39;un des premiers à constater la corruption et l&#39;abaissement moral. <br />
C&#39;était à face à cet homme à part, de taille moyenne, plutôt trapu, avec une assurance dans les gestes qui allait de pair avec une spontanéité que l&#39;étiquette considère comme une faute, que nos héros se présentèrent. Yokatsu, entouré de ses généraux, était assis à sa table et, sans faire de manière, mangeait une cuisse de lièvre accompagnée de légumes en sauce. Un menu indigeste pour un Rokugani de l&#39;est. Il s&#39;essuya la bouche distraitement en fixant nos samuraï. <br />
- Asseyez-vous, fit-il, d&#39;une voix fatiguée, nous sommes honorés de recevoir la magistrature d&#39;Emeraude. <br />
Il était connu pour parler peu, comme s&#39;il craignait de finir inévitablement par gaffer au bout de quelques phrases. Pourtant, derrière cette maladresse se cachait une grande force, une voix posée, une voix d&#39;homme qui commande aux légions de cavalerie, une voix qui est aussi celle des souffles immenses de la plaine et de la chaleur du désert, des nuits paisibles, des montagnes sauvages, des journées magnifiques et des solitudes sans témoin. <br />
<br />
- Que nous vaut la visite des représentants de l&#39;Empereur ?<br />
Kakita Hiruya fit les présentations, auxquelles Yokatsu-sama répondit par un petit sourire amical, comme si on était déjà presque entre amis. Puis il entendit les explications : l&#39;histoire de l&#39;Epée de Cristal et de la forge, que les généraux Licornes prirent vite moins comme un véritable récit mais comme une belle légende d&#39;où nos héros semblaient sortir. <br />
- Intéressant. Votre histoire est pour le moins extraordinaire, samuraï. Nous espérons que vous trouverez cette épée merveilleuse. Nos shugenja adresseront une prière aux kamikaze pour vous y aider. <br />
- Vous êtes trop bons, fit Kohei en s&#39;inclinant bien bas. <br />
Nos héros partagèrent le repas du daimyo. Ce fut offert là encore sans manière, comme si nos héros arrivaient dans une auberge de voyageurs. <br />
- Vous espérez ainsi aider à la défense de la Cité des Mensonges ?<br />
C&#39;était une première gaffe &#33; Mais qui en disait sur ce que le daimyo pensait de la Cité plutôt appelée Cité des Histoires &#33; <br />
Kakita Hiruya ne releva pas, mais confirma qu&#39;il était de son devoir de défendre cette ville. <br />
- Nous avons reçu la visite des émissaires d&#39;Otaku Tetsuko-sama, ajouta Hiruya, car ses troupes se sont installées dans les abords de la Cité. Nous le prenons comme une aide envoyée par le clan de la Licorne et nous remercions grandement le clan de la Licorne pour son aide. <br />
Shinjo Yokatsu se contenta d&#39;un discret sourire. <br />
- Nos armées, dit le daimyo en avalant un verre de bière, vont bientôt quitter le col de Beiden. Ainsi, Toturi aura la voie libre pour rejoindre le sud de l&#39;Empire. <br />
Il ajouta : <br />
- Nous avions passé un accord avec les Lions, mais nous pensons qu&#39;il n&#39;en vaut plus la peine. <br />
Kakita Hiruya ne pouvait qu&#39;approuver qu&#39;on soit en désaccord avec les Lions &#33; <br />
- Nous avons entendu également que l&#39;armée du clan du Crabe s&#39;est attaquée à la capitale : sa flotte de guerre a pénétré dans la Baie du Soleil Levant et a établi un blocus sur le port. <br />
Il était bien renseigné, ce gaijin, sur ce qui se passait à l&#39;autre bout de l&#39;Empire &#33; <br />
- Nous l&#39;ignorions, avoua Hiruya. <br />
- Nous avons envoyé les troupes d&#39;Otaku Kamoko, daimyo des Vierges de Bataille, sur les terres de nos amis du clan du Phénix. <br />
Et il fixait maintenant Ikky et Ayame, en demandant implicitement si elles le savaient déjà. <br />
- Nous, nous l&#39;ignorions aussi, avoue la shugenja. <br />
- Nous avons entendu que des troupes de l&#39;Outremonde ont surgi là-bas. Des troupes de mort-vivants ramenés à la vie par une magie noire effrayante. <br />
Les deux Phénix pâlirent &#33; Leurs si paisibles terres ancestrales elles aussi attaquées par ces légions de monstres ?...<br />
- Si Otaku Kamoko-sama en personne est intervenue, fit Ayame, qui tâchait de reprendre contenance, alors je suis certaine que les terres de ma famille ont retrouvé la paix. <br />
<br />
Nos héros saluèrent et se firent conduire à leurs couchettes. Encore plus perturbés par ces nouvelles que par ce voyage sur les frontières de l&#39;Empire, ils s&#39;endormirent néanmoins vite, bercés par le chant envoûtant des quatre vents qui soufflaient en rafale sur la plaine. <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkgray;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:black"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">23e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url"><span style="color: darkred;" class="mycode_color"><span style="text-decoration: underline;" class="mycode_u">Tigre 1127</span></span></a><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">RESUMÉ</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></div>
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i">La Cité des Mensonges vit des heures sombres. Bayushi Goshiu, dit le Maître des Secrets, a chassé du trône le Gouverneur Hyobu et pris sa place. Ayame soupçonne l&#39;Ombre d&#39;avoir rendu possible ce coup de force. Hiruya, de retour avec l&#39;Epée de Cristal, est averti par Ryu que des morts-vivants menacent d&#39;attaquer la ville. <br />
Le Ninja Blanc parvient à s&#39;introduire dans le palais du Gouverneur, mais ne décèle aucune trace de l&#39;Ombre Vivante à l&#39;intérieur. Enfin, Ayame se rend le temple où fut incinérée la Novice Folle et y découvre un mystérieux plan...</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: red;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Le dojo des mains coupées</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_demoniaque.gif" alt="ayame" title="ayame" class="smilie smilie_132" /></div>
<br />
<br />
Les pêcheurs, occupés à fumer leurs pipes à l&#39;abri de la pluie, reconnurent dès qu&#39;ils la virent la silhouette massive, imposante de Hida Shigeru, qui se découpait peu à peu dans le brouillard aigre du port. Il suait d&#39;avoir marché depuis le palais de la Magistrature, de revenir ici, de marcher par ce temps... Il n&#39;était accompagné d&#39;aucune escorte et n&#39;avait pas demandé aux soldats de la Garde du Tonnerre, postés dans les rues proches, de l&#39;accompagner. Il arrivait ici comme s&#39;il était un homme du peuple. <br />
<br />
Les pêcheurs, inquiets, l&#39;observèrent du coin de l&#39;oeil, rougeaud, épais, brute. Il pénétra dans le rendez-vous habituel des gens du coin. L&#39;endroit était populeux, enfumé, bruyant. Derrière le comptoir, la mère du patron recousait un filet à grosses mailles. Les marins venus des autres ports de l&#39;Empire se retrouvaient ici : il en venait des provinces du Scorpion, impériales et même des bords du grand océan. Les syndicats de pompiers organisaient ici, dans de discrêtes arrière-salles, des rencontres entre joueurs. Les yakuzas faisaient des affaires en or, avec des devises frappées à l&#39;effigie de tous les clans. <br />
<br />
L&#39;entrée de Shigeru perturba un moment l&#39;agitation des lieux, celle de ces gens agglutinés dans la chaleur tiède et les odeurs de sueurs et d&#39;alcool, qui se protégeaient mutuellement des agressions du vent mauvais des bords de l&#39;eau, puis, après quelques instants de suspens, les conversations reprirent. On avait reformé l&#39;ambiance du quotidien, des tractations, des bavardages, malgré l&#39;arrivée du Crabe. <br />
Shigeru se dirigea vers une table, qui fut, par miracle, libre dès qu&#39;il commença à s&#39;y agenouiller. Du coup, les tables voisines avaient huit ou neuf personnes sur elle quand elles étaient prévues pour quatre, mais le Crabe avait de quoi respirer &#33; <br />
<br />
- Un soshu, avec du lait. <br />
Shigeru avait plus grogné, mais sa voix caverneuse, naturellement puissante, avait été entendue de toute la salle, qui tâchait de couvrir de sa rumeur ce grondement sourd. <br />
Le patron vint lui-même servir l&#39;épaisse boisson, inspirée des recettes Licornes. Shigeru regardait ailleurs pendant que le patron servait. Celui-ci s&#39;apprêtait à retourner à son comptoir. <br />
- Dis-moi... <br />
Et toute la salle tremblait pour le patron.<br />
- Nous sommes honorés de vous revoir, Crabe-sama &#33; <br />
Pauvre homme &#33; il croyait qu&#39;on allait le punir pour avoir manqué aux règles élèmentaires de politesse &#33; <br />
Shigeru le laissa faire ses genuflexions, en sirotant son bol. <br />
- Il ne s&#39;agit pas de cela, grogna t-il, quand l&#39;aubergiste s&#39;eut frappé la tête cinq ou six fois par terre. <br />
On entendait assez distinctement des boules remonter dans les gorges de l&#39;assistance. Même les yakuzas les plus endurcis ne mouftaient pas &#33; Tous égaux en ce moment &#33; <br />
- Dis-moi, <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">j&#39;aurais un petit renseignement à te demander...</span><br />
Il avait agrippé le patron par la manche et le fixait brusquement dans les yeux, de son regard sauvage qui a contemplé les étendues de l&#39;Outremonde et les horreurs de la guerre. <br />
- As-tu entendu parler d&#39;un rônin appelé Tsuyoshi ?... Il a dû arriver en ville il y a peu.<br />
- Pas, pas, pas... pas dans notre quartier, Crabe-sama &#33; <br />
- Où alors ?... <br />
La poigne du Crabe vrillait le bras de l&#39;aubergiste. Il la relâcha d&#39;un coup. <br />
- C&#39;est bon, tu peux aller. <br />
L&#39;aubergiste soupira et trouva urgent d&#39;aller servir des clients à l&#39;autre bout de la salle &#33; <br />
<br />
Ensuite, les choses allèrent vite. Shigeru finit son verre rapidement, se leva en poussant de lourds soupirs d&#39;effort, jeta un regard, un seul, mais quel regard &#33;, à l&#39;assistance, traversa la salle et repartit dans le brouillard, silhouette noir qu&#39;on voit s&#39;éloigner, rassuré, comme un orage qui disparait au loin derrière les montagnes. <br />
La vie pouvait reprendre son cours habituel. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
- Je pense que le message est passé, Hiruya-sama. <br />
C&#39;était Shigeru, maintenant, qui s&#39;était agenouillé devant son supérieur. <br />
- Le quartier des pêcheurs est au courant. Ils vont vite savoir où loge Tsuyoshi et ils ne le quitteront plus d&#39;un oeil. Les marchands, les yakuzas, les vieilles femmes, les enfants... Ils nous diront même peut-être pourquoi il est ici. <br />
- Sur ce point, fit Hiruya, tu t&#39;avances un peu, Shigeru-san. Surveiller les faits et gestes du rônin, d&#39;accord. Mais Tsuyoshi ne leur apprendra rien sur les raisons de sa venue. Ces raisons touchent à l&#39;honneur. Le peuple n&#39;en saura rien. <br />
Shigeru s&#39;inclina et sortit. <br />
Puis ce fut au tour de Hiruya de se préparer et de sortir dans les rues pluvieuses. Journée maussade, pesante, durant laquelle il faut bien faire ce qu&#39;on a à faire, mais sans espérer un seul sourire de dame Amaterasu. Le Magistrat se présenta à la porte du dojo de Kitsuki Jotomon. <br />
- Je désire voir le senseï. <br />
Le serviteur s&#39;inclina et, sans un mot, l&#39;accompagna à travers le jardin. <br />
Jotomon priait devant l&#39;autel de ses Ancêtres. Hiruya attendit, sans impatience. Il lui semblait, en voyant cette femme dans ce recueillement si parfait, qu&#39;il contemplait une vision d&#39;un autre monde, plus proche du paradis céleste. Lueur dans la grisaille de la pluie. <br />
Jotomon ouvrit les yeux et fit signe à Hiruya qu&#39;ils pouvaient parler. <br />
- J&#39;aurais désiré, senseï, que vous me parliez de Tsuyoshi. <br />
Kitsuki Jotomon avait-elle pressenti que Hiruya venait pour parler de cela ? Elle sut en tout cas en donner l&#39;impression. <br />
- Le rônin est venu s&#39;entraîner plusieurs dans mon dojo, ces derniers jours. Malgré la condition misérable à laquelle il se trouve réduit, je peux dire que sa détermination intérieure n&#39;a pas fléchi. Au contraire. Il me fait penser à ces Matsu qu&#39;on appelle les quêteurs de mort. Il poursuit un dernier but et n&#39;attend rien d&#39;autre que la mort au bout. Il s&#39;entraîne avec ardeur, une ardeur décuplée par le fait qu&#39;il n&#39;a plus longtemps à vivre, soit qu&#39;il échoue dans sa mission soit qu&#39;il puisse en finir par le suicide rituel.. <br />
- Avez-vous idée de sa mission ici ?<br />
- Non. Il n&#39;en a rien dit. Et aborder ce sujet serait lui faire une offense très grave. Puisqu&#39;il vient dans mon dojo, je souillerais cet endroit en manquant ainsi aux règles de l&#39;honneur. <br />
- Son maître Akodo Kage, avant de mourir, n&#39;a pas pu l&#39;envoyer ici pour des broutilles. <br />
- Assurément, fit Jotomon. Si Tsuyoshi est là, c&#39;est que, pour satisfaire feu le vénérable senseï Lion, une tête doit tomber. <br />
Hiruya remercia et partit, finir cette journée lassante sur l&#39;île de la Larme, cette contrée où il fait toujours un peu moins moche qu&#39;ailleurs. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Miya Katsu terminait le copieux repas que ses hôtes lui avaient servi. Il savait que dans sa position, il pouvait considérer deshonorant de toucher à la nourriture des Scorpions. Il savait aussi qu&#39;en tant que Magistrat d&#39;Emeraude, il ne pouvait pas perdre ses forces stupidement. Il lui fallait garder toute son attention. <br />
- Le Gouverneur souhaite s&#39;entretenir avec vous, seigneur. <br />
- J&#39;arrive, fit Katsu, dignement. <br />
Ce sentiment le guettait depuis quelques années mais maintenant, il en avait la certitude : il devenait vieux. Il approchait les cinquante ans et n&#39;avait toujours pas renoncé à servir l&#39;Empereur. Depuis dix ans déjà il aurait dû se retirer du monde. Au lieu de cela, il avait poursuivi, avec son acharnement, sa sagacité, ses méthodes peu orthodoxes, de dangereux criminels, avait débrouillé des cas difficiles, tortueux. Récemment, il était venu à bout de l&#39;affaire la plus passionnante de sa carrière, celle d&#39;Usagi Ozaki. La plus passionnante, car la plus sombre, la plus dangereuse et pour tout dire la plus politique. <br />
Mais il savait que le clan du Lièvre avait pu être réhabilité grâce à ses assistants, sous le commandement de Kakita Hiruya. Matsu Katsu abusait de sa vie, il le savait. L&#39;avenir était à la nouvelle génération. Lui était un souvenir. Certains le croyaient morts, tant ses premiers coups d&#39;éclats remontaient loin (trente ans &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" />. Il était plus vieux que certains Ancêtres des jeunes samuraï nés sous le règne du jeune Hanteï &#33; <br />
Il se présenta devant le Gouverneur, strict et sans se donner des airs. Devant le serviteur, il avait joué au vieillard digne qui essaie de masquer son deshonneur. Face à Bayushi Goshiu, il n&#39;avait pas besoin de tricher. On était entre hommes. Le masque du Scorpion était là pour rappeler en permanence que, si le mensonge est une arme efficace, nul n&#39;ignore la vérité. <br />
Du reste, Goshiu était à ce point assuré de sa supériorité qu&#39;il avait à peine besoin de la faire sentir. Les rôles étaient clairs, de part et d&#39;autre. <br />
Bien sûr, il y avait une cause bien connue à ce deshonneur du Magistrat : c&#39;était Ryu &#33; <br />
Quand il pensait à elle, Katsu-sama pouvait à peine la haïr. A peine souriait-il amèrement de sa bêtise, acceptant cette épreuve comme une étape sur la purification de son kharma. Il considérait cet emprisonnement avec fatalité. Du reste, là n&#39;était pas le problème. Etre prisonnier au coeur du palais des Shosuro de la Cité des Mensonges, n&#39;était pas denué de sens. L&#39;un des endroits les plus secrets de l&#39;Empire &#33; Et Katsu s&#39;y trouvait &#33; Face au pouvoir ténébreux du clan des masques &#33;<br />
- Je vais peut-être vous surprendre, Magistrat... <br />
- Allez-y, seigneur Goshiu, sourit Katsu. <br />
- Je souhaite lancer une attaque contre les troupes du Crabe. <br />
Katsu releva un sourcil. <br />
- Oui c&#39;est inattendu. Pourquoi cette volte-face ? <br />
C&#39;était pourtant le fait que Goshiu ait préconisé la solution inverse qui, indirectement, avait mené à la prise de Katsu en otage &#33; <br />
Le gouverneur ne répondit pas. <br />
- Je vais demander à Mirumoto Ryu de venir et lui exposer mon plan d&#39;attaque. <br />
- Elle en sera la première surprise, fit Katsu, qui ne comprenait plus bien. <br />
Il avait surtout l&#39;impression que le gouverneur pouvait se permettre tous les caprices, maintenant qu&#39;il était seul maître en ville &#33; <br />
- J&#39;envoie mon ambassadeur, Yogo Jinnai, annoncer la bonne nouvelle à votre chère assistante, Katsu-san. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
- Attaquer les Crabes &#33;...<br />
Ryu avait peine à y croire. Pour le coup, l&#39;honorable porte-parole avait réussi à provoquer chez elle une réaction spontanée. <br />
- Oui le Gouverneur, conscient de la mission qui lui revient de défendre non seulement cette ville mais aussi bien le sud de l&#39;Empire...<br />
Jinnai avait bien préparé son discours. Il pouvait y mettre des fleurs de rhétorique, il ne venait de toute façon pas demander mais exiger &#33; <br />
- Grâce à vous, le palais ancestral de la famille Shosuro et l&#39;armée de votre clan ont pu être informées d&#39;une menace. Le Gouverneur, reconnaissant votre valeur, souhaite vous voir partir avec l&#39;armée qu&#39;il va monter. <br />
- Nous avons déjà perdu beaucoup d&#39;hommes...<br />
- Allons, Ryu-san, vous raisonnez comme les marchands de la porte de l&#39;Est, comme s&#39;il fallait économiser sa vie. Quoi de plus beau que de mourir pour le trône d&#39;Emeraude ?... <br />
C&#39;était peine perdue de discuter, sinon pour la forme. Ryu n&#39;avait qu&#39;à demander qu&#39;on prépare son armure &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Ayame, encore lourde de sommeil, avait déjà le nez dans ses documents personnels. Elle baîlla en remettant de l&#39;ordre dans cette masse de parchemins. Elle reprit le plan trouvé à Pokau, au temple de la Novice. Elle eut beau le tourner et retourner, elle ne vit pas de quel endroit il s&#39;agissait. Elle en avait fait dessiner des copies et les avait distribuées dans le palais. <br />
On frappait à la porte. C&#39;était Rukya, essoufflée. Elle s&#39;agenouilla : <br />
- Ayame-sama, je crois avoir trouvé quel endroit est dessiné sur cette carte &#33;<br />
Elle déplia sa copie devant la shugenja : <br />
- J&#39;ai visité cette région jadis &#33; Elle se trouve à l&#39;extrême-ouest de Rokugan, sur les frontières des Sables Brûlants. <br />
- Tu es allée là-bas ?... Tu es sûr de reconnaître l&#39;endroit ?<br />
- Oui, je reconnais parfaitement cette montagne, qui ressemble à une lame de sabre fendue. C&#39;est là-bas que l&#39;Epée de Cristal aurait pu être forgée. <br />
- Forgée ?... par qui ?<br />
- C&#39;est une longue histoire, Ayame-sama, fit Rukya, heureuse et essoufflée. Par un peuple des Sables Brûlants, qu&#39;on dit immortel et qui...<br />
- Nous verrons cela plus tard, dit la shugenja en se levant. Prévenons Hiruya-sama. Il faut absolument trouver cet endroit. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le soir-même, les préparatifs de la guerre commençaient, supervisés par Ryu. Les corps de métier n&#39;allaient pas dormir de la nuit pour préparer les chariots, réparer les armures, prévoir les provisions, pendant que les soldats effectuaient des manoeuvres de préparation dans la cour du palais. <br />
Dans le bureau de Hiruya, les autres assistants s&#39;étaient réunis. <br />
- Il vaut certainement la peine d&#39;aller y voir, confirma Hiruya, pas mécontent en réalité de quitter l&#39;atmosphère délétère de la Cité quelques jours. Bokkai-san va partir à la guerre avec Ryu. Shigeru-san restera ici pour garder le palais. Les autres, vous partez avec moi. Le Moine, Rukya et Kagetoki-senseï nous accompagneront également.<br />
On s&#39;inclina devant la décision de Hiruya-sama. <br />
<br />
Le lendemain matin, les Magistrats quittaient la Cité, pendant que l&#39;armée du Gouverneur Goshiu se mettait en place. Après encore une journée de préparatifs fébriles, les soldats de la Cité étaient sur le pied de la guerre. Le général Bayushi Tomaru en prenait le commandement, avec le général Mirumoto Daini. Le long cortège de soldats se mit en route vers le sud-ouest, dans la campagne du nord de la forêt Shinomen. On passa au large du château des Lièvres, d&#39;où arrivèrent quelques renforts. Après une grosse journée, on monta un premier camp, que les etas fortifièrent en vitesse avec des palissades et des trous hérissés de pieux. <br />
Ryu s&#39;était jointe à l&#39;arrière-garde de l&#39;armée de Mirumoto Daini. Deux cents hommes prêts à contre-attaquer si l&#39;ennemi tentait une manoeuvre de revers. L&#39;armée du Dragon avait aperçu des bandes de Crabes en maraude, aux abords de la forêt. Ils avaient été abattus par la cavalerie et les sorts de feu des shugenja. A l&#39;avant, Daini-sama avait ordonné la marche forcée pour rattraper les troupes ennemies, qui faisaient route vers les étroites vallées de l&#39;ouest de l&#39;Empire, au sud des montagnes du Toit du Monde, au nord de la vallée des Faucons. S&#39;ils parvenaient à s&#39;engager dans ces régions, ils y établiraient des positions imprenables, du fait du terrain escarpé, des gorges et des falaises, qui ralentiraient considérablement des attaquants, pris sous les volées de flèches et les sorts maléfiques de l&#39;Outremonde. <br />
L&#39;arrière-garde des Dragons se laissa volontairement distancer par l&#39;avant, de manière à recevoir une attaque prévisible : une autre armée de Crabes venaient de passer au nord de la forêt et marchait par derrière sur les Dragons. <br />
Ryu s&#39;était vu confier un important contingent d&#39;hommes, décisions consécutive à sa nomination au grade de taisa [capitaine]. Les gunso sous son commandement connaissaient sa valeur à la guerre, que nul n&#39;aurait cherché à lui contester. On la savait à côté de cela "un peu" tête en l&#39;air et imprévisible dans ses décisions en société. Mais on oubliait ces menus défauts, car face à l&#39;ennemi, elle n&#39;avait jamais reculé d&#39;un pas. <br />
Voyant que les Crabes de l&#39;arrière avançaient trop vite, Ryu décida que Mirumoto Daini avait pu prendre suffisamment d&#39;avance : par conséquent, même si l&#39;arrière-garde Dragon ne résistait pas à l&#39;attaque à venir, Daini-sama aurait encore suffisamment d&#39;avance pour ne pas être pris en tenaille aussitôt. <br />
<br />
Ryu n&#39;était pas la plus gradée de l&#39;armée, mais son rang d&#39;assistante-magistrate d&#39;Emeraude, et sa célébrité dans les rangs des soldats, lui conférait une position à part. Elle proposa d&#39;attendre de pied ferme l&#39;attaque des Crabes, en fortifiant une position dans les contreforts des montagnes, à une journée de marche au nord. Les autres officiers acceptèrent et on ordonna une marche nocturne pour rallier un plateau dont l&#39;accès se faisait par une pente abrupte. <br />
A l&#39;aube, alors que l&#39;ennemi, loin d&#39;être seulement un nuage de poussière à l&#39;horizon, était nettement distinct (une troupe beuglante, verdâtre, animée d&#39;une fureur sanguinaire), les Dragons parvenaient en haut de la butée et disposaient en vitesse des pieux, bloquaient de lourdes pierres qui basculeraient grâce à des leviers et organisaient les archers avec les shugenja. <br />
Ryu, en retrait, lançait des ordres à droite et à gauche pour organiser et encourager les hommes. A la mi-journée, les Crabes et leurs serviteurs crachant, rampants, bavants, craquants, hululants, puants et crachants de l&#39;Outremonde entreprenaient la montée de la pente. De lourdes pierres leur dégringolèrent dessus, ainsi que des ballots de paille enflammés. Les os et les chairs furent broyés et calcinés, et se répandirent en un gros jus visqueux écoeurant dans lequel pataugèrent les suivants, dont la fureur avait décuplé. <br />
Les officiers du Crabe, qui semblaient sortis la veille du Puits Suppurant, dont les voix avaient mué au point de se changer en feulements rauques ou en stridulations aiguës, parvirent à prendre pied face aux Dragons. La mêlée s&#39;engagea, impitoyable, entre des samuraï venus de l&#39;extrême-nord de l&#39;Empire et d&#39;autres de l&#39;extrême-sud, qui n&#39;auraient jamais dû se rencontrer de leur vie. Ryu faisait merveille avec ses sabres : les membres de ses adversaires redévalaient la pente à deux ou trois à la fois, comme pressés de fuir cette bataille. Le général ennemi était monté sur un cheval décharné, à la peau verte boursouflée qui laissait apparaître les os. Il appartenait à la Garde Noire de la famille Moto, cette branche déchue des Licornes qui avait suivi Moto Tsume dans l&#39;Outremonde. Il possédait deux paires de bras et une armure démoniaque soudée à son corps, qui luisait d&#39;une aura rouge et inspirait une soif de sang irrépressible chez ses serviteurs. <br />
Diaboliquement intelligent, ce général avait compris que pour aujourd&#39;hui, il n&#39;aurait pas la victoire. Il laissa ses troupes aller au massacre, pour qu&#39;elle tue un maximum d&#39;ennemis. Puis il fit cabrer son cheval et plongea dans un trou qui s&#39;ouvrit devant lui dans la terre. <br />
Sur les hauteurs, les Dragons achevaient les derniers attaquants, qui perdirent une grande partie de leur vigueur sitôt leur général disparu. <br />
La moitié des Dragons était mort, pour repousser des assaillants deux fois supérieurs en nombre.<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le voyage des samuraï d&#39;Emeraude dura dix jours. Ils quittèrent la Cité par la porte Nord et partirent vers la Chaîne du Toit du Monde, dans sa partie ouest, là où elle est bien plus basse que dans la région du col d&#39;Heibetsu, composée de cols infranchissables, de vallées vierges de toute occupation et de sommets aux neiges éternelles où seuls vivent les Dieux. Ils grimpèrent les sentiers escarpés et passèrent à une demi-journée de marche du château de la famille Soshi, où, comme on peut s&#39;en douter, Kakita Hiruya ne serait pas le bienvenu. Pour éviter un incident diplomatique, notre Magistrat avait choisi de l&#39;éviter. On disait que les Soshi avaient lancé des sorts maléfiques d&#39;illusion sur les vallées alentours et que, si tel était le bon plaisir des shugenja du château, les voyageurs passant dans la région pouvaient se perdre à jamais et devenir fous à force de poursuivre des mirages sur ces sentiers de perdition. <br />
Heureusement, il n&#39;arriva rien de semblable à nos Magistrats, qui purent entreprendre la descente vers les terres de la famille Otaku. Cette région, non loin du château de la famille Iuchi, au coeur de la Plaine du Berceau des Vents, avait été épargnée par les combats qui meurtrissaient les autres régions de l&#39;Empire. Le voyage se poursuivit à travers les contrées vastes, sauvages du clan de la Licorne, dans ce pays qui paraissait déjà étranger. <br />
Nos voyageurs passèrent par le village du Lac aux Rives Blanches. La femme de Kohei, Iuchi Shizuka eut l&#39;occasion de recevoir chez elle les magistrats et nos héros profitèrent aussi de l&#39;hospitalité de Shinjo Zenzabûro, le père de Kohei, qui déclara qu&#39;il serait honoré, et pour longtemps, d&#39;avoir reçu autant d&#39;honorables samuraï sous son toit. On but à la santé de tous les samuraï honorables à qui on pensa et, au petit matin, le voyage reprenait, Ikky somnolant dans la journée sur sa monture. Nos héros quittèrent cette ravissante villégiature, son magnifique lac étincelant dans la pure lumière d&#39;hiver, prirent le chemin de l&#39;ouest. Ils chevauchèrent deux journées, dormirent à la belle étoile, sous la constellation de la Grande Ourse. Au soir du troisième jour, dans le crépuscule bouillant sur la grande plaine orangée, nos héros virent une importante troupe de la famille Shinjo, qui mettait pied à terre et dressait d&#39;immenses tentes circulaires. <br />
- Par les Fortunes, murmura Shizuka, c&#39;est la tente du daimyo lui-même &#33; <br />
<br />
Nos samuraï mirent pied à terre. Or donc, dans cette étendue déserte, sous les étoiles, à mille lis de toute terre habitée, non loin du bout du monde, nos samuraï entrèrent dans le campement de Shinjo Yokatsu, le Maître des Quatre Vents, champion du clan de la Licorne. Des daimyo des clans majeurs, il était le moins connu. Même le champion des Dragons, Togashi Yokuni s&#39;était montré plusieurs fois à la cour impériale. Yokatsu-sama également y avait paru plusieurs fois, et on se souvenait de lui, surtout pour ses maladresses oratoires, son gros rire franc et ses tentatives maladroites pour se défendre contre les moqueries des courtisans. On avait vite compris qu&#39;il n&#39;avait pas le moins du monde sa place sur la côte est, qu&#39;il n&#39;était bon qu&#39;à chevaucher avec les plus farouches guerriers de son clan, dans ces régions perdues dont l&#39;Empereur se souciait à peine. <br />
Ici, sur les terres de ses Ancêtres, il était le maître et n&#39;avait nul besoin de le rappeler. Parmi les Licornes, il jouissait d&#39;un prestige inégalé chez les autres daimyo. Si un Lion respectait la fureur et la courage de Matsu Tsuko, si un Grue admirait la finesse, l&#39;élégance et la noblesse de Doji Hoturi, nul samuraï n&#39;aurait éprouvé pour son daimyo le respect que l&#39;on a pour un grand frère. C&#39;était pourtant le cas des Licornes vis-à-vis de Yokatsu-sama. On le respectait mais on savait aussi pourquoi on le respectait. Parce que lorsqu&#39;il parlait, c&#39;était la sincérité qui parlait par sa bouche. Parce qu&#39;il croyait à l&#39;honneur, aux fortunes, non comme un courtisan prétend croire à ce qu&#39;il a intérêt à croire, mais parce qu&#39;il le pensait vraiment et vivait pour la grandeur de son clan et de l&#39;Empire -dont il était l&#39;un des premiers à constater la corruption et l&#39;abaissement moral. <br />
C&#39;était à face à cet homme à part, de taille moyenne, plutôt trapu, avec une assurance dans les gestes qui allait de pair avec une spontanéité que l&#39;étiquette considère comme une faute, que nos héros se présentèrent. Yokatsu, entouré de ses généraux, était assis à sa table et, sans faire de manière, mangeait une cuisse de lièvre accompagnée de légumes en sauce. Un menu indigeste pour un Rokugani de l&#39;est. Il s&#39;essuya la bouche distraitement en fixant nos samuraï. <br />
- Asseyez-vous, fit-il, d&#39;une voix fatiguée, nous sommes honorés de recevoir la magistrature d&#39;Emeraude. <br />
Il était connu pour parler peu, comme s&#39;il craignait de finir inévitablement par gaffer au bout de quelques phrases. Pourtant, derrière cette maladresse se cachait une grande force, une voix posée, une voix d&#39;homme qui commande aux légions de cavalerie, une voix qui est aussi celle des souffles immenses de la plaine et de la chaleur du désert, des nuits paisibles, des montagnes sauvages, des journées magnifiques et des solitudes sans témoin. <br />
<br />
- Que nous vaut la visite des représentants de l&#39;Empereur ?<br />
Kakita Hiruya fit les présentations, auxquelles Yokatsu-sama répondit par un petit sourire amical, comme si on était déjà presque entre amis. Puis il entendit les explications : l&#39;histoire de l&#39;Epée de Cristal et de la forge, que les généraux Licornes prirent vite moins comme un véritable récit mais comme une belle légende d&#39;où nos héros semblaient sortir. <br />
- Intéressant. Votre histoire est pour le moins extraordinaire, samuraï. Nous espérons que vous trouverez cette épée merveilleuse. Nos shugenja adresseront une prière aux kamikaze pour vous y aider. <br />
- Vous êtes trop bons, fit Kohei en s&#39;inclinant bien bas. <br />
Nos héros partagèrent le repas du daimyo. Ce fut offert là encore sans manière, comme si nos héros arrivaient dans une auberge de voyageurs. <br />
- Vous espérez ainsi aider à la défense de la Cité des Mensonges ?<br />
C&#39;était une première gaffe &#33; Mais qui en disait sur ce que le daimyo pensait de la Cité plutôt appelée Cité des Histoires &#33; <br />
Kakita Hiruya ne releva pas, mais confirma qu&#39;il était de son devoir de défendre cette ville. <br />
- Nous avons reçu la visite des émissaires d&#39;Otaku Tetsuko-sama, ajouta Hiruya, car ses troupes se sont installées dans les abords de la Cité. Nous le prenons comme une aide envoyée par le clan de la Licorne et nous remercions grandement le clan de la Licorne pour son aide. <br />
Shinjo Yokatsu se contenta d&#39;un discret sourire. <br />
- Nos armées, dit le daimyo en avalant un verre de bière, vont bientôt quitter le col de Beiden. Ainsi, Toturi aura la voie libre pour rejoindre le sud de l&#39;Empire. <br />
Il ajouta : <br />
- Nous avions passé un accord avec les Lions, mais nous pensons qu&#39;il n&#39;en vaut plus la peine. <br />
Kakita Hiruya ne pouvait qu&#39;approuver qu&#39;on soit en désaccord avec les Lions &#33; <br />
- Nous avons entendu également que l&#39;armée du clan du Crabe s&#39;est attaquée à la capitale : sa flotte de guerre a pénétré dans la Baie du Soleil Levant et a établi un blocus sur le port. <br />
Il était bien renseigné, ce gaijin, sur ce qui se passait à l&#39;autre bout de l&#39;Empire &#33; <br />
- Nous l&#39;ignorions, avoua Hiruya. <br />
- Nous avons envoyé les troupes d&#39;Otaku Kamoko, daimyo des Vierges de Bataille, sur les terres de nos amis du clan du Phénix. <br />
Et il fixait maintenant Ikky et Ayame, en demandant implicitement si elles le savaient déjà. <br />
- Nous, nous l&#39;ignorions aussi, avoue la shugenja. <br />
- Nous avons entendu que des troupes de l&#39;Outremonde ont surgi là-bas. Des troupes de mort-vivants ramenés à la vie par une magie noire effrayante. <br />
Les deux Phénix pâlirent &#33; Leurs si paisibles terres ancestrales elles aussi attaquées par ces légions de monstres ?...<br />
- Si Otaku Kamoko-sama en personne est intervenue, fit Ayame, qui tâchait de reprendre contenance, alors je suis certaine que les terres de ma famille ont retrouvé la paix. <br />
<br />
Nos héros saluèrent et se firent conduire à leurs couchettes. Encore plus perturbés par ces nouvelles que par ce voyage sur les frontières de l&#39;Empire, ils s&#39;endormirent néanmoins vite, bercés par le chant envoûtant des quatre vents qui soufflaient en rafale sur la plaine. <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[26e Episode (I et II)]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=324</link>
			<pubDate>Tue, 14 Nov 2006 16:37:41 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=324</guid>
			<description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">TRAILER #1</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
...<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span></div>
<br />
<br />
...<br />
<br />
ISAWA KANERA : Ne craignez plus l&#39;Ombre qui rampe dans la nuit, et ses serviteurs tapis dans les coins obscurs, Ayame-san... Redoutez à présent l&#39;ombre qui s&#39;est cachée en vous...<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Miya Katsu et le Champion d&#39;Emeraude, Kakita Toshimoko, suivis de Kakita Hiruya, marchent dans les couloirs d&#39;un luxueux palais.<br />
KATSU : Les Crabes ont été repoussés de la capitale, mais notre Empire demeure menacé... En ces temps de guerre, l&#39;honneur commande de promouvoir les meilleurs, senseï.<br />
TOSHIMOKO : Que suggérez-vous donc, honorable Magistrat ?...<br />
KATSU : Je sais que dans votre clan, les Kenshinzen représentent l&#39;élite des samuraï. Ce sont ces hommes qui peuvent aider à redresser l&#39;Empire... Je voudrais savoir s&#39;il est possible que Kakita Hiruya intègre ce corps d&#39;élite. <br />
TOSHIMOKO : Intéressant... Mais vous connaissez les conditions pour y être accepté. Le prétendant doit vaincre en duel un membre des kenshinzen.<br />
KATSU : Hiruya-san en est capable, senseï. <br />
TOSHIMOKO : Reste à trouver qui l&#39;affrontera...<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Une aube glaciale, sur le champ de bataille, à l&#39;orée d&#39;une épaisse forêt.<br />
Les officiers rônins sont alignés, sous la bannière du Lion Noir. Arrive Toturi qui salue les hommes en tapant sur leur cuirasse. <br />
- Général Toturi...<br />
- Konnichi-wa, taisa...<br />
A un officier qui fait manoeuvrer des catapultes : <br />
- Hé toi &#33; Je t&#39;avais dit d&#39;avancer ces engins &#33; <br />
- Mais général, le risque pour la cavalerie...<br />
- ... est acceptable.<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/doom.gif" alt="Doom" title="Doom" class="smilie smilie_276" /><br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Ryu est saluée par un homme qu&#39;elle n&#39;a pas vu depuis bien longtemps. <br />
- Konnichi-wa, mon oncle. <br />
- Konnichi-wa, Ryu-san. Je suis honoré de te revoir. <br />
[...]<br />
- Nous devons parler de l&#39;homme qui a deshonoré notre famille, ma nièce... Ce Scorpion qui a tué ton mari... Kishidayu... Je crois tenir une piste pour le retrouver...<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
L&#39;armée de Toturi chevauche dans la plaine, étendards claquant au vent. En face arrive une gigantesque armée : celle des Matsu. <br />
MATSU TSUKO : Heureux de te revoir, Toturi... Il y avait longtemps...<br />
TOTURI : Tsuko-sama, je viens te mettre en garde. L&#39;Empereur que vous défendez n&#39;est plus celui que vous croyez &#33; <br />
MATSU TSUKO : Tu oserais blasphémer le trône d&#39;Emeraude, rônin &#33; Tu oses l&#39;insulter maintenant que tu as osé asseoir dessus ton derrière &#33; <br />
Rire gras de tous les Matsu. <br />
Regards sombres de Toturi et ses généraux. <br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Riobe descend de cheval à son arrivée dans la Cité de la Forêt des Ombres. Il est reçu par le Magistrat, Shiba Tadamischi. <br />
RIOBE : Je cherche un homme qui a vécu ici plusieurs années. Un certain Shosuro Emmon, seigneur.<br />
TADAMISCHI : Il a disparu récemment, mais il a été vu à la Cité de l&#39;Or Bleu il y a quelques jours. <br />
RIOBE (en s&#39;inclinant) : Je te remercie de ton aide, seigneur.<br />
TADAMISCHI : Puis-je te demander pourquoi tu veux le retrouver ?<br />
RIOBE : Cet homme a fait un affront mortel à ma famille. Il doit mourir. <br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Deux hommes, l&#39;un vieux et l&#39;autre jeune, vêtus de manteaux à capuches noires marchent de nuit, sur le chemin de garde d&#39;un grand palais. <br />
LE VIEUX : Ninube a été vaincue et Nahoko par la même occasion... Maintenant, nous pouvons tourner nos regards vers la capitale...<br />
LE JEUNE : Toturi aura de la peine à y entrer. Les Matsu l&#39;en empêcheront et ensuite l&#39;Outremonde lui-même...<br />
LE VIEUX : Nous interviendrons à point nommé pour que les portes de la ville s&#39;ouvrent. Maître Chrysanthème y veillera. Le Lion Noir n&#39;aura plus qu&#39;à se tracer un chemin jusqu&#39;au trône d&#39;Emeraude...<br />
LE JEUNE : Enfin nous aurons notre revanche... Enfin nous détruirons les Hanteï...<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">26e Episode... Le Cycle s&#39;achève...</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
</div>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-style: italic;" class="mycode_i"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">TRAILER #1</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
...<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span></div>
<br />
<br />
...<br />
<br />
ISAWA KANERA : Ne craignez plus l&#39;Ombre qui rampe dans la nuit, et ses serviteurs tapis dans les coins obscurs, Ayame-san... Redoutez à présent l&#39;ombre qui s&#39;est cachée en vous...<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Miya Katsu et le Champion d&#39;Emeraude, Kakita Toshimoko, suivis de Kakita Hiruya, marchent dans les couloirs d&#39;un luxueux palais.<br />
KATSU : Les Crabes ont été repoussés de la capitale, mais notre Empire demeure menacé... En ces temps de guerre, l&#39;honneur commande de promouvoir les meilleurs, senseï.<br />
TOSHIMOKO : Que suggérez-vous donc, honorable Magistrat ?...<br />
KATSU : Je sais que dans votre clan, les Kenshinzen représentent l&#39;élite des samuraï. Ce sont ces hommes qui peuvent aider à redresser l&#39;Empire... Je voudrais savoir s&#39;il est possible que Kakita Hiruya intègre ce corps d&#39;élite. <br />
TOSHIMOKO : Intéressant... Mais vous connaissez les conditions pour y être accepté. Le prétendant doit vaincre en duel un membre des kenshinzen.<br />
KATSU : Hiruya-san en est capable, senseï. <br />
TOSHIMOKO : Reste à trouver qui l&#39;affrontera...<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Une aube glaciale, sur le champ de bataille, à l&#39;orée d&#39;une épaisse forêt.<br />
Les officiers rônins sont alignés, sous la bannière du Lion Noir. Arrive Toturi qui salue les hommes en tapant sur leur cuirasse. <br />
- Général Toturi...<br />
- Konnichi-wa, taisa...<br />
A un officier qui fait manoeuvrer des catapultes : <br />
- Hé toi &#33; Je t&#39;avais dit d&#39;avancer ces engins &#33; <br />
- Mais général, le risque pour la cavalerie...<br />
- ... est acceptable.<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/doom.gif" alt="Doom" title="Doom" class="smilie smilie_276" /><br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Ryu est saluée par un homme qu&#39;elle n&#39;a pas vu depuis bien longtemps. <br />
- Konnichi-wa, mon oncle. <br />
- Konnichi-wa, Ryu-san. Je suis honoré de te revoir. <br />
[...]<br />
- Nous devons parler de l&#39;homme qui a deshonoré notre famille, ma nièce... Ce Scorpion qui a tué ton mari... Kishidayu... Je crois tenir une piste pour le retrouver...<br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
L&#39;armée de Toturi chevauche dans la plaine, étendards claquant au vent. En face arrive une gigantesque armée : celle des Matsu. <br />
MATSU TSUKO : Heureux de te revoir, Toturi... Il y avait longtemps...<br />
TOTURI : Tsuko-sama, je viens te mettre en garde. L&#39;Empereur que vous défendez n&#39;est plus celui que vous croyez &#33; <br />
MATSU TSUKO : Tu oserais blasphémer le trône d&#39;Emeraude, rônin &#33; Tu oses l&#39;insulter maintenant que tu as osé asseoir dessus ton derrière &#33; <br />
Rire gras de tous les Matsu. <br />
Regards sombres de Toturi et ses généraux. <br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Riobe descend de cheval à son arrivée dans la Cité de la Forêt des Ombres. Il est reçu par le Magistrat, Shiba Tadamischi. <br />
RIOBE : Je cherche un homme qui a vécu ici plusieurs années. Un certain Shosuro Emmon, seigneur.<br />
TADAMISCHI : Il a disparu récemment, mais il a été vu à la Cité de l&#39;Or Bleu il y a quelques jours. <br />
RIOBE (en s&#39;inclinant) : Je te remercie de ton aide, seigneur.<br />
TADAMISCHI : Puis-je te demander pourquoi tu veux le retrouver ?<br />
RIOBE : Cet homme a fait un affront mortel à ma famille. Il doit mourir. <br />
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
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Deux hommes, l&#39;un vieux et l&#39;autre jeune, vêtus de manteaux à capuches noires marchent de nuit, sur le chemin de garde d&#39;un grand palais. <br />
LE VIEUX : Ninube a été vaincue et Nahoko par la même occasion... Maintenant, nous pouvons tourner nos regards vers la capitale...<br />
LE JEUNE : Toturi aura de la peine à y entrer. Les Matsu l&#39;en empêcheront et ensuite l&#39;Outremonde lui-même...<br />
LE VIEUX : Nous interviendrons à point nommé pour que les portes de la ville s&#39;ouvrent. Maître Chrysanthème y veillera. Le Lion Noir n&#39;aura plus qu&#39;à se tracer un chemin jusqu&#39;au trône d&#39;Emeraude...<br />
LE JEUNE : Enfin nous aurons notre revanche... Enfin nous détruirons les Hanteï...<br />
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<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
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<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">26e Episode... Le Cycle s&#39;achève...</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
</div>]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[22e Episode : La menace zombie]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=326</link>
			<pubDate>Sat, 04 Nov 2006 10:52:30 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=326</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">22e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Boeuf 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkblue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">La menace zombie</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span></div>
<br />
Ayame se réveilla, la tête pleine de pensées confuses, dans une aube qui ne se montrait pas comme telle, mais comme un court interlude entre deux nuits. <br />
Fatiguée, elle fit quand même l&#39;effort d&#39;aller saluer Shosuro Hyobu. Ikky la suivait, elle aussi mal sortie du sommeil. <br />
- Gouverneur, dit-elle, front à terre, j&#39;ai besoin de savoir ce qui vous fait penser que derrière Goshiu... <br />
- C&#39;est très simple ma fille, coupa la vieille dame, nous connaissions bien, mes conseillers et moi cette vieille malédiction. Les Gouverneurs la connaissent. Tous l&#39;ont redoutée, mais moi je l&#39;ai connue &#33; Les astrologues du palais ont scruté les cieux depuis des temps immémoriaux, pour prévoir le retour du Gouverneur qui fonda cette ville... Récemment, les astres envoyaient des signaux sans équivoque... <br />
- Pourquoi ne pas nous avoir prévenus ?<br />
- Nous ne pensions pas que la malédiction se réaliserait si vite... Et nous pensions que les Fortunes nous parlaient peut-être des Crabes eux-mêmes... Peut-être que c&#39;était de cela, dont ils voulaient parler... Peut-être que Goju est l&#39;un des leurs...<br />
- Non, je ne le pense pas. <br />
Et là, c&#39;était Ayame qui rendait un jugement sans appel. Et, par son ton, elle intimait l&#39;ordre au Gouverneur de ne pas feindre l&#39;ignorance. Elle savait pertinemment qu&#39;on pouvait par le fer et par le sang contre l&#39;Outremonde. Pas contre Goju, qui avait profité de l&#39;affaiblissement, de la détresse de la Cité pour s&#39;y introduire. <br />
- Et que pensez-vous de Bayushi Korechika, demanda Ikky. Va t-il se rallier à Goshiu ?<br />
- Korechika est dévoué au clan du Scorpion. Goshiu est son supérieur. Il lui obéira sans discuter car c&#39;est un samuraï. <br />
Hyobu le déplorait-elle ou bien admirait-elle l&#39;abnégation de son ancien bras droit ? Nul n&#39;aurait pu le dire. <br />
- Mère, il faut vous reposer, dit Kimi. <br />
Ayame fit un petit signe d&#39;excuse : elle et Ikky n&#39;avaient que trop importuné Hyobu-sama. <br />
En sortant de la chambre, elles croisèrent un serviteur qui leur annonça que Ryu les convoquait &#33;<br />
Ah, être convoqué par Mirumoto Ryu &#33; Subtil plaisir matinal &#33; <br />
Plus qu&#39;avant, elle semblait débordée par sa paperasse, la meilleure armure contre la réalité pour elle. Elle barbottait dedans, accablée, jamais assez absorbée par ces paperasses triviales... Bien sûr elle ne parvenait pas à s&#39;y plonger. L&#39;honneur en elle n&#39;était pas mort, juste agonisant. Comme une aiguille, il revenait la piquer, l&#39;exciter, l&#39;agacer en permanence. <br />
- Je suis... je suis dépassée par la situation, avoua t-elle enfin. <br />
Déjà, elle semblait allégée de cet aveu. <br />
- Je dois partir...<br />
- Partir mais où ?<br />
Ayame était partagée entre la stupéfaction et le soulagement. Voir Ryu partir... <br />
- Je pars en voyage... <br />
- Mais où ?<br />
On sentait que ce pourrait être n&#39;importe où sauf dans la Cité &#33;<br />
- Au sud... Je vais demander conseil. <br />
- A qui ?<br />
Il fallait vraiment lui arracher les mots de la bouche &#33; <br />
- Il est vrai, reconnut Ayame, que tous les conseils sont bons à prendre. <br />
- Je vais rejoindre Mirumoto Daini-sama. L&#39;armée de mon clan... <br />
Elle en avait besoin comme d&#39;un retour au pays natal. <br />
- Je te laisse les dossiers en cours, Ayame-san... Je souhaite partir sur l&#39;heure... <br />
Il aurait inutile de faire des politesses pour la retenir.<br />
Beau mouvement tactique à vrai dire : pourrir la situation jusqu&#39;à toucher le fond du marécage du deshonneur, puis s&#39;en aller en laissant tout en plan &#33; <br />
Ryu quitta la ville en fin de mâtinée. <br />
- Maintenant nous sommes seules, soupira Ikky. <br />
Mais c&#39;était moins un triste constat qu&#39;un soulagement. Il allait falloir maintenant reprendre tout depuis le début &#33; Au niveau d&#39;infamie où la Magistrature en était, elle ne pouvait qu&#39;effectuer une ascension fulgurante &#33; Bien sûr, le peuple ne se doutait pas de ce qui se déroulait comme vilénies entre les murs augustes des palais, mais les samuraï de la ville n&#39;ignoraient pas la prise d&#39;otage du Gouverneur. Personne n&#39;aurait eu un mot contre la Magistrature d&#39;Emeraude. Seulement, on savait que les Scorpions étaient les maîtres tout-puissants de la Cité. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le capitaine Kiiro, cette femme entre deux âges, borgne, qui tenait une embarcation près du pont du Dragon, fumait sa pipe en surveillant le déchargement de ses cales. Elle vit Mirumoto Ryu s&#39;approcher d&#39;elle, pressée. Elle n&#39;avait plus eu affaire aux samuraï d&#39;Emeraude depuis l&#39;enquête (avortée) sur le meurtre de l&#39;ancien Magistrat.<br />
- Capitaine, dit Ryu sans manière, j&#39;ai besoin de quitter la ville. Dans la plus grande discrétion, est-ce bien clair ?<br />
- Tout à fait clair, Magistrate &#33;<br />
Avec des kokus, le capitaine Kiiro savait rendre de grands services, sans poser de questions &#33; <br />
Ryu embarqua donc dès que le bateau fut prêt à repartir sur le fleuve. <br />
- Larguez les amarres &#33; cria le vieil Edenté, l&#39;assistant de Kiiro, de sa voix éraillée. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Il ne restait donc plus que les deux Phénix au palais d&#39;Emeraude. Bayushi Bokkai avait été poliment invité à séjourner chez le Gouverneur, en tant que membre du clan du Scorpion s&#39;étant distingué à la guerre. Hida Shigeru était le second soutien de Miya Katsu. <br />
Ayame s&#39;installa donc à son tour dans le bureau du Magistrat d&#39;Emeraude. On ne s&#39;y retrouvait plus &#33; Officiellement, c&#39;était pourtant Katsu-sama qui était le maître à bord. <br />
L&#39;après-midi suivant le départ de Hiruya, on vint prévenir notre shugenja qu&#39;un émissaire du Gouverneur se présentait à la porte. <br />
- Il s&#39;agit du porte-parole de Goshiu-sama, un nommé Yogo Jinnai. <br />
Encore une surprise &#33; L&#39;hôte forcé du temple avait trouvé comment retourner son kimono &#33; Ayame n&#39;enrageait pas, mais goûtait l&#39;ironie amère de la situation. Elle reçut donc le porte-parole. <br />
- Konnichi wa, Ayame-san. Au nom de mon maître, je souhaiterais vous inviter dans notre palais. <br />
Ayame frissonna. Qu&#39;entendait-il par "inviter" ? Inviter pour un temps indéterminé ?<br />
- La Magistrature est déjà en bonne partie l&#39;invitée de votre maître, Jinnai-san. <br />
Elle lui faisait durement sentir, par son regard, ce qu&#39;elle pensait de ce ralliement opportuniste à Goshiu. <br />
- A ce sujet, affirma sans vergogne le porte-parole, je puis vous affirmer que Katsu-sama et ses deux assistants se portent comme des charmes. Ils se disent honorés de leur séjour, si agréable...<br />
Ayame fit un petit geste agacé : il ne fallait pas non plus en rajouter &#33; <br />
Jinnai se retira, après moults contorsions diplomatiques. <br />
- Il n&#39;a pas perdu de temps lui, lâcha Ikky. <br />
Ayame haussa les épaules : au fond, elle concevait assez bien qu&#39;on sache dans quel sens souffle le vent. Elle-même avait tout fait pour rater sa carrière diplomatique, à cause de son avidité irrépressible pour les aspects les moins reluisants de l&#39;Empire, pour sa manie de fouiller dans les recoins puants. En somme, elle avait échoué là où Isawa Kogin, en acceptant d&#39;être une élève douée, allait parfaitement réussir. Ayame aurait tout eu pour réussir, pour briller. Elle aurait eu l&#39;intelligence nécessaire à se forger des relations, pour savoir auprès de qui se faire voir, mais, en toute conscience, elle avait refusé la voie impériale pour les sentiers de la perdition. Elle était un cas exceptionnel : une arriviste volontairement ratée &#33;<br />
<br />
Elle avait accepté l&#39;invitation pour ce soir. Qu&#39;avait-elle à perdre ?... L&#39;honneur ? La gloire ?... Ha &#33; elle était bien assez capable de décider seule de ce qu&#39;elle perdait &#33; On ne pouvait plus grand&#39;chose contre elle maintenant &#33; C&#39;est bien ce qui effrayait avec elle : Ayame était bien celle qui était le plus capable de se nuire, la meilleure ennemie d&#39;elle-même &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Mirumoto Ryu descendit la rivière et arriva en vue du grand palais Shosuro, au pied duquel campait l&#39;armée de son clan. Aux yeux des Mirumoto, elle s&#39;était couverte de gloire à la guerre. On ignorait les sales mésaventures qu&#39;elle avait vécues dans la Cité. Mais en temps de guerre, on avait besoin de héros sur les champs de bataille, pas de courtisans doués. <br />
Elle fut saluée avec respect et bientôt reçue dans la tente du général Daini. Ce dernier avait réuni autour d&#39;une table de cartes stratégiques son état-major, la crême des officiers du Dragon, rudes, nobles, forts physiquement et moralement, endurcis par le mode de vie ascétique des montagnes et l&#39;âpreté des combats. Ils portaient les plus magnifiques armures du clan, qui semblaient taillées dans de la peau de dragon d&#39;émeraude et de jade. <br />
Ryu, la voix chargée de lassitude, voulut expliquer les méfaits commis dans la Cité, l&#39;alliance de Goshiu et Goju mais elle ne fut pas entendue. On ne voulait d&#39;elle que comme une héroïne du clan. On ne voulait que la hisser sur un piédestal, la glorifier et glorifier la famille en même temps &#33; Les intrigues de couloirs, ça ne parlait pas aux généraux &#33; <br />
En revanche, quand elle annonça que le Gouverneur avait l&#39;intention de traiter avec les Crabes, elle fit mouche &#33; <br />
- Quoi &#33; que me dites-vous là &#33; <br />
- C&#39;est ma faute, tenta Ryu, mes compagnons sont presque tous morts face à l&#39;Outremonde et ensuite, j&#39;ai insulté le Gouverneur et la Magistrature...<br />
Mais sa voix se perdit dans le tumulte de l&#39;indignation générale. <br />
- Les Scorpions viennent de nous poignarder dans le dos &#33; hurla Daini. C&#39;est une trahison abominable &#33;<br />
- Oui, insensée &#33; <br />
- Inexplicable &#33; <br />
- Le fiel de ces ordures est inépuisable &#33; <br />
- Ils veulent nous voir crever dans la boue pour défendre leur clan d&#39;ignomineux lâches &#33; <br />
C&#39;était dit : <br />
- Je vais demander une audience immédiate avec les dirigeants de la famille Shosuro &#33; Ils nous doivent des explications &#33; Le Gouverneur de Ryoko Owari n&#39;a pu décider une telle chose sans leur accord &#33; <br />
- Oui, bravo, vive le général Daini &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Ayame et Ikky entrèrent en grande tenue dans la salle d&#39;audience du Gouverneur et firent leur révérence. Bayushi Goshiu, sur son trône, présenta ses salutations. <br />
- Je suis honoré que vous ayez répondu si vite à mon invitation. <br />
Dans soin coin, Yogo Jinnai se grattait la barbe, pas mécontent de lui. Bayushi Korechika, stoïque, approuvait d&#39;un hochement de tête à chaque phrase du Gouverneur. Miya Katsu, entouré de Bokkai et Shigeru, produisait un grand effort pour garder sa contenance, pour ne pas montrer combien il se sentait humilié. <br />
- Comme vous le savez, nous désirons parler avec les Crabes, afin de savoir si certains d&#39;entre eux sont prêts à poser les armes et à discuter avec nous. Ils ne peuvent tous vouloir la destruction de l&#39;Ordre Céleste qu&#39;incarne notre Empereur. Ce sont les défenseurs du Mur depuis mille ans. Ils n&#39;ont pu, du jour au lendemain, se retourner contre nous. Ecoutons ce qu&#39;ils ont à nous dire. <br />
- Oui, fit Katsu (dont on sentait bien que c&#39;était son tour de parler, convenu à l&#39;avance), il est plus honorable de discuter avec la famille Hida. <br />
- Toutefois, fit poliment Ayame, souvenons-nous que nombre d&#39;entre eux s&#39;est allié à l&#39;Outremonde. Pour ceux-là, il ne peut y avoir de pardon. <br />
- Certainement non, dit Goshiu, les doigts tendus devant son visage, le coude posé sur le genou. Nous ne parlerons qu&#39;à ceux qui n&#39;ont pas oublié qu&#39;ils ont le sang des dieux dans les veines. <br />
Ayame allait tenter une autre objection. <br />
- Que ceux qui sont encore honorables trouvent une chance d&#39;écouter la voix des Ancêtres qui parle à tous les serviteurs des Hanteï &#33; <br />
- Une tâche honorable, fit Ayame, juste et magnanime, Goshiu-sama. <br />
Katsu-sama venait de lui intimer par le regard l&#39;ordre de se soumettre. <br />
- Bien, fit le Gouverneur, satisfait, alors que tous prient les Fortunes, car je ne veux pas laisser cet Empire, que nous avons bâti durant mille ans, se scinder en deux &#33; Mes négociations n&#39;échoueront pas &#33;<br />
C&#39;était là son credo. Chacun devait se répéter ce petit slogan et le transmettre à ses subordonnées. <br />
<br />
Pour ses bons et loyaux services, Miya Katsu fut autorisé à parler en privé à ses assistants. <br />
- Quelles nouvelles ? <br />
- Nous n&#39;avons pas de nouvelles de Kakita Hiruya, fit Ikky. Quant à Ryu, elle a décidé de rejoindre l&#39;armée de Mirumoto Daini. <br />
- Ce n&#39;est pas une mauvaise décisions, soupira Katsu. <br />
Et il avait exactement la même réaction que les deux Phénix : plus soulagé que déçu &#33;<br />
- Il ne faut pas nous appuyer sur les Dragons outre-mesure, fit Katsu. Défendre la ville avant tout. C&#39;est le devoir de la magistrature.<br />
- Entendu. <br />
- J&#39;étais si impatient, fit Bokkai, rêveur, de retrouver la Cité des Histoires... Cette atmosphère si particulière, unique à Rokugan... <br />
On le laissait dire car lui, en tant que membre d&#39;un clan de toute façon dehonorable, pouvait bien exprimer les mauvaises pensées des autres &#33; <br />
- Le Gouverneur autorise Hida Shigeru à repartir avec vous, fit le Magistrat. <br />
- Dans ce cas, vous êtes maintenant le chef, déclara Ikky. <br />
Lourd, fatigué, le gros Crabe se leva et fit jouer ses muscles. A son tour de s&#39;asseoir sur le siège de Magistrat de la Cité &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">22e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Boeuf 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkblue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">La menace zombie</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span></div>
<br />
Ayame se réveilla, la tête pleine de pensées confuses, dans une aube qui ne se montrait pas comme telle, mais comme un court interlude entre deux nuits. <br />
Fatiguée, elle fit quand même l&#39;effort d&#39;aller saluer Shosuro Hyobu. Ikky la suivait, elle aussi mal sortie du sommeil. <br />
- Gouverneur, dit-elle, front à terre, j&#39;ai besoin de savoir ce qui vous fait penser que derrière Goshiu... <br />
- C&#39;est très simple ma fille, coupa la vieille dame, nous connaissions bien, mes conseillers et moi cette vieille malédiction. Les Gouverneurs la connaissent. Tous l&#39;ont redoutée, mais moi je l&#39;ai connue &#33; Les astrologues du palais ont scruté les cieux depuis des temps immémoriaux, pour prévoir le retour du Gouverneur qui fonda cette ville... Récemment, les astres envoyaient des signaux sans équivoque... <br />
- Pourquoi ne pas nous avoir prévenus ?<br />
- Nous ne pensions pas que la malédiction se réaliserait si vite... Et nous pensions que les Fortunes nous parlaient peut-être des Crabes eux-mêmes... Peut-être que c&#39;était de cela, dont ils voulaient parler... Peut-être que Goju est l&#39;un des leurs...<br />
- Non, je ne le pense pas. <br />
Et là, c&#39;était Ayame qui rendait un jugement sans appel. Et, par son ton, elle intimait l&#39;ordre au Gouverneur de ne pas feindre l&#39;ignorance. Elle savait pertinemment qu&#39;on pouvait par le fer et par le sang contre l&#39;Outremonde. Pas contre Goju, qui avait profité de l&#39;affaiblissement, de la détresse de la Cité pour s&#39;y introduire. <br />
- Et que pensez-vous de Bayushi Korechika, demanda Ikky. Va t-il se rallier à Goshiu ?<br />
- Korechika est dévoué au clan du Scorpion. Goshiu est son supérieur. Il lui obéira sans discuter car c&#39;est un samuraï. <br />
Hyobu le déplorait-elle ou bien admirait-elle l&#39;abnégation de son ancien bras droit ? Nul n&#39;aurait pu le dire. <br />
- Mère, il faut vous reposer, dit Kimi. <br />
Ayame fit un petit signe d&#39;excuse : elle et Ikky n&#39;avaient que trop importuné Hyobu-sama. <br />
En sortant de la chambre, elles croisèrent un serviteur qui leur annonça que Ryu les convoquait &#33;<br />
Ah, être convoqué par Mirumoto Ryu &#33; Subtil plaisir matinal &#33; <br />
Plus qu&#39;avant, elle semblait débordée par sa paperasse, la meilleure armure contre la réalité pour elle. Elle barbottait dedans, accablée, jamais assez absorbée par ces paperasses triviales... Bien sûr elle ne parvenait pas à s&#39;y plonger. L&#39;honneur en elle n&#39;était pas mort, juste agonisant. Comme une aiguille, il revenait la piquer, l&#39;exciter, l&#39;agacer en permanence. <br />
- Je suis... je suis dépassée par la situation, avoua t-elle enfin. <br />
Déjà, elle semblait allégée de cet aveu. <br />
- Je dois partir...<br />
- Partir mais où ?<br />
Ayame était partagée entre la stupéfaction et le soulagement. Voir Ryu partir... <br />
- Je pars en voyage... <br />
- Mais où ?<br />
On sentait que ce pourrait être n&#39;importe où sauf dans la Cité &#33;<br />
- Au sud... Je vais demander conseil. <br />
- A qui ?<br />
Il fallait vraiment lui arracher les mots de la bouche &#33; <br />
- Il est vrai, reconnut Ayame, que tous les conseils sont bons à prendre. <br />
- Je vais rejoindre Mirumoto Daini-sama. L&#39;armée de mon clan... <br />
Elle en avait besoin comme d&#39;un retour au pays natal. <br />
- Je te laisse les dossiers en cours, Ayame-san... Je souhaite partir sur l&#39;heure... <br />
Il aurait inutile de faire des politesses pour la retenir.<br />
Beau mouvement tactique à vrai dire : pourrir la situation jusqu&#39;à toucher le fond du marécage du deshonneur, puis s&#39;en aller en laissant tout en plan &#33; <br />
Ryu quitta la ville en fin de mâtinée. <br />
- Maintenant nous sommes seules, soupira Ikky. <br />
Mais c&#39;était moins un triste constat qu&#39;un soulagement. Il allait falloir maintenant reprendre tout depuis le début &#33; Au niveau d&#39;infamie où la Magistrature en était, elle ne pouvait qu&#39;effectuer une ascension fulgurante &#33; Bien sûr, le peuple ne se doutait pas de ce qui se déroulait comme vilénies entre les murs augustes des palais, mais les samuraï de la ville n&#39;ignoraient pas la prise d&#39;otage du Gouverneur. Personne n&#39;aurait eu un mot contre la Magistrature d&#39;Emeraude. Seulement, on savait que les Scorpions étaient les maîtres tout-puissants de la Cité. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le capitaine Kiiro, cette femme entre deux âges, borgne, qui tenait une embarcation près du pont du Dragon, fumait sa pipe en surveillant le déchargement de ses cales. Elle vit Mirumoto Ryu s&#39;approcher d&#39;elle, pressée. Elle n&#39;avait plus eu affaire aux samuraï d&#39;Emeraude depuis l&#39;enquête (avortée) sur le meurtre de l&#39;ancien Magistrat.<br />
- Capitaine, dit Ryu sans manière, j&#39;ai besoin de quitter la ville. Dans la plus grande discrétion, est-ce bien clair ?<br />
- Tout à fait clair, Magistrate &#33;<br />
Avec des kokus, le capitaine Kiiro savait rendre de grands services, sans poser de questions &#33; <br />
Ryu embarqua donc dès que le bateau fut prêt à repartir sur le fleuve. <br />
- Larguez les amarres &#33; cria le vieil Edenté, l&#39;assistant de Kiiro, de sa voix éraillée. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Il ne restait donc plus que les deux Phénix au palais d&#39;Emeraude. Bayushi Bokkai avait été poliment invité à séjourner chez le Gouverneur, en tant que membre du clan du Scorpion s&#39;étant distingué à la guerre. Hida Shigeru était le second soutien de Miya Katsu. <br />
Ayame s&#39;installa donc à son tour dans le bureau du Magistrat d&#39;Emeraude. On ne s&#39;y retrouvait plus &#33; Officiellement, c&#39;était pourtant Katsu-sama qui était le maître à bord. <br />
L&#39;après-midi suivant le départ de Hiruya, on vint prévenir notre shugenja qu&#39;un émissaire du Gouverneur se présentait à la porte. <br />
- Il s&#39;agit du porte-parole de Goshiu-sama, un nommé Yogo Jinnai. <br />
Encore une surprise &#33; L&#39;hôte forcé du temple avait trouvé comment retourner son kimono &#33; Ayame n&#39;enrageait pas, mais goûtait l&#39;ironie amère de la situation. Elle reçut donc le porte-parole. <br />
- Konnichi wa, Ayame-san. Au nom de mon maître, je souhaiterais vous inviter dans notre palais. <br />
Ayame frissonna. Qu&#39;entendait-il par "inviter" ? Inviter pour un temps indéterminé ?<br />
- La Magistrature est déjà en bonne partie l&#39;invitée de votre maître, Jinnai-san. <br />
Elle lui faisait durement sentir, par son regard, ce qu&#39;elle pensait de ce ralliement opportuniste à Goshiu. <br />
- A ce sujet, affirma sans vergogne le porte-parole, je puis vous affirmer que Katsu-sama et ses deux assistants se portent comme des charmes. Ils se disent honorés de leur séjour, si agréable...<br />
Ayame fit un petit geste agacé : il ne fallait pas non plus en rajouter &#33; <br />
Jinnai se retira, après moults contorsions diplomatiques. <br />
- Il n&#39;a pas perdu de temps lui, lâcha Ikky. <br />
Ayame haussa les épaules : au fond, elle concevait assez bien qu&#39;on sache dans quel sens souffle le vent. Elle-même avait tout fait pour rater sa carrière diplomatique, à cause de son avidité irrépressible pour les aspects les moins reluisants de l&#39;Empire, pour sa manie de fouiller dans les recoins puants. En somme, elle avait échoué là où Isawa Kogin, en acceptant d&#39;être une élève douée, allait parfaitement réussir. Ayame aurait tout eu pour réussir, pour briller. Elle aurait eu l&#39;intelligence nécessaire à se forger des relations, pour savoir auprès de qui se faire voir, mais, en toute conscience, elle avait refusé la voie impériale pour les sentiers de la perdition. Elle était un cas exceptionnel : une arriviste volontairement ratée &#33;<br />
<br />
Elle avait accepté l&#39;invitation pour ce soir. Qu&#39;avait-elle à perdre ?... L&#39;honneur ? La gloire ?... Ha &#33; elle était bien assez capable de décider seule de ce qu&#39;elle perdait &#33; On ne pouvait plus grand&#39;chose contre elle maintenant &#33; C&#39;est bien ce qui effrayait avec elle : Ayame était bien celle qui était le plus capable de se nuire, la meilleure ennemie d&#39;elle-même &#33; <br />
<br />
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<br />
Mirumoto Ryu descendit la rivière et arriva en vue du grand palais Shosuro, au pied duquel campait l&#39;armée de son clan. Aux yeux des Mirumoto, elle s&#39;était couverte de gloire à la guerre. On ignorait les sales mésaventures qu&#39;elle avait vécues dans la Cité. Mais en temps de guerre, on avait besoin de héros sur les champs de bataille, pas de courtisans doués. <br />
Elle fut saluée avec respect et bientôt reçue dans la tente du général Daini. Ce dernier avait réuni autour d&#39;une table de cartes stratégiques son état-major, la crême des officiers du Dragon, rudes, nobles, forts physiquement et moralement, endurcis par le mode de vie ascétique des montagnes et l&#39;âpreté des combats. Ils portaient les plus magnifiques armures du clan, qui semblaient taillées dans de la peau de dragon d&#39;émeraude et de jade. <br />
Ryu, la voix chargée de lassitude, voulut expliquer les méfaits commis dans la Cité, l&#39;alliance de Goshiu et Goju mais elle ne fut pas entendue. On ne voulait d&#39;elle que comme une héroïne du clan. On ne voulait que la hisser sur un piédestal, la glorifier et glorifier la famille en même temps &#33; Les intrigues de couloirs, ça ne parlait pas aux généraux &#33; <br />
En revanche, quand elle annonça que le Gouverneur avait l&#39;intention de traiter avec les Crabes, elle fit mouche &#33; <br />
- Quoi &#33; que me dites-vous là &#33; <br />
- C&#39;est ma faute, tenta Ryu, mes compagnons sont presque tous morts face à l&#39;Outremonde et ensuite, j&#39;ai insulté le Gouverneur et la Magistrature...<br />
Mais sa voix se perdit dans le tumulte de l&#39;indignation générale. <br />
- Les Scorpions viennent de nous poignarder dans le dos &#33; hurla Daini. C&#39;est une trahison abominable &#33;<br />
- Oui, insensée &#33; <br />
- Inexplicable &#33; <br />
- Le fiel de ces ordures est inépuisable &#33; <br />
- Ils veulent nous voir crever dans la boue pour défendre leur clan d&#39;ignomineux lâches &#33; <br />
C&#39;était dit : <br />
- Je vais demander une audience immédiate avec les dirigeants de la famille Shosuro &#33; Ils nous doivent des explications &#33; Le Gouverneur de Ryoko Owari n&#39;a pu décider une telle chose sans leur accord &#33; <br />
- Oui, bravo, vive le général Daini &#33; <br />
<br />
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<br />
Ayame et Ikky entrèrent en grande tenue dans la salle d&#39;audience du Gouverneur et firent leur révérence. Bayushi Goshiu, sur son trône, présenta ses salutations. <br />
- Je suis honoré que vous ayez répondu si vite à mon invitation. <br />
Dans soin coin, Yogo Jinnai se grattait la barbe, pas mécontent de lui. Bayushi Korechika, stoïque, approuvait d&#39;un hochement de tête à chaque phrase du Gouverneur. Miya Katsu, entouré de Bokkai et Shigeru, produisait un grand effort pour garder sa contenance, pour ne pas montrer combien il se sentait humilié. <br />
- Comme vous le savez, nous désirons parler avec les Crabes, afin de savoir si certains d&#39;entre eux sont prêts à poser les armes et à discuter avec nous. Ils ne peuvent tous vouloir la destruction de l&#39;Ordre Céleste qu&#39;incarne notre Empereur. Ce sont les défenseurs du Mur depuis mille ans. Ils n&#39;ont pu, du jour au lendemain, se retourner contre nous. Ecoutons ce qu&#39;ils ont à nous dire. <br />
- Oui, fit Katsu (dont on sentait bien que c&#39;était son tour de parler, convenu à l&#39;avance), il est plus honorable de discuter avec la famille Hida. <br />
- Toutefois, fit poliment Ayame, souvenons-nous que nombre d&#39;entre eux s&#39;est allié à l&#39;Outremonde. Pour ceux-là, il ne peut y avoir de pardon. <br />
- Certainement non, dit Goshiu, les doigts tendus devant son visage, le coude posé sur le genou. Nous ne parlerons qu&#39;à ceux qui n&#39;ont pas oublié qu&#39;ils ont le sang des dieux dans les veines. <br />
Ayame allait tenter une autre objection. <br />
- Que ceux qui sont encore honorables trouvent une chance d&#39;écouter la voix des Ancêtres qui parle à tous les serviteurs des Hanteï &#33; <br />
- Une tâche honorable, fit Ayame, juste et magnanime, Goshiu-sama. <br />
Katsu-sama venait de lui intimer par le regard l&#39;ordre de se soumettre. <br />
- Bien, fit le Gouverneur, satisfait, alors que tous prient les Fortunes, car je ne veux pas laisser cet Empire, que nous avons bâti durant mille ans, se scinder en deux &#33; Mes négociations n&#39;échoueront pas &#33;<br />
C&#39;était là son credo. Chacun devait se répéter ce petit slogan et le transmettre à ses subordonnées. <br />
<br />
Pour ses bons et loyaux services, Miya Katsu fut autorisé à parler en privé à ses assistants. <br />
- Quelles nouvelles ? <br />
- Nous n&#39;avons pas de nouvelles de Kakita Hiruya, fit Ikky. Quant à Ryu, elle a décidé de rejoindre l&#39;armée de Mirumoto Daini. <br />
- Ce n&#39;est pas une mauvaise décisions, soupira Katsu. <br />
Et il avait exactement la même réaction que les deux Phénix : plus soulagé que déçu &#33;<br />
- Il ne faut pas nous appuyer sur les Dragons outre-mesure, fit Katsu. Défendre la ville avant tout. C&#39;est le devoir de la magistrature.<br />
- Entendu. <br />
- J&#39;étais si impatient, fit Bokkai, rêveur, de retrouver la Cité des Histoires... Cette atmosphère si particulière, unique à Rokugan... <br />
On le laissait dire car lui, en tant que membre d&#39;un clan de toute façon dehonorable, pouvait bien exprimer les mauvaises pensées des autres &#33; <br />
- Le Gouverneur autorise Hida Shigeru à repartir avec vous, fit le Magistrat. <br />
- Dans ce cas, vous êtes maintenant le chef, déclara Ikky. <br />
Lourd, fatigué, le gros Crabe se leva et fit jouer ses muscles. A son tour de s&#39;asseoir sur le siège de Magistrat de la Cité &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[21e Episode : Les otages du Gouverneur]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=328</link>
			<pubDate>Thu, 26 Oct 2006 17:24:31 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=328</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: green;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:blue"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">21e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Boeuf 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkred;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Les otages du Gouverneur</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: #000099;" class="mycode_color"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">1ere partie : La quête de l&#39;Epée de cristal&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<br />
Hiruya entra, seul, dans la grande salle noire qui se trouvait au fond de la grotte. Des piliers de bois, avec des torches accrochées dessus. Un pesant silence, de recueillement, profond comme dans les grands temples des Fortunes les plus colériques de Rokugan. Un silence menaçant. <br />
Hiruya savait qu&#39;il n&#39;était pas seul. Il avait la main sur la garde de son katana. <br />
Et il avança vers le fond de la pièce, tandis que ses instincts de guerrier lui hurlaient de faire demi-tour. Il y avait un prédateur tapi au fond. Un être prêt à l&#39;attaquer au moment où il s&#39;y attendrait le moins. Un de ces monstres qui peuplent les récits d&#39;enfance des grands-mères. Mais Hiruya savait qu&#39;ils peuplaient aussi le monde réel. Il fit encore quelques pas. Il entendit des pas, juste à côté de lui et vit une silhouette disparaître derrière un pilier. <br />
Il n&#39;avait pas dégainé. Mais il n&#39;allait pas tarder. <br />
<br />
Hiruya était seul, bel et bien seul. Et il eut alors cette pensée, pensée toute simple, simple comme un enseignement de Shinsei, simple comme les proverbes immémoriaux... simple comme le mouvement de la vague éphémère sur l&#39;océan ... pensée à la fois magique et pleine de bon sens : <br />
- De toute façon, si Ryu était là, ça irait plus mal &#33;...<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Estourbi par sa chute, notre Magistrat s&#39;était relevé au pied des falaises de granit rose, à quelques pas de la grotte. Il avait rencontré Kakita Kagetoki. <br />
Dès le début de son voyage. Et les deux hommes, après les présentations rituelles, avaient discuté. <br />
Cinq ans que Kagetoki-senseï avait quitté Rokugan &#33; Cinq ans d&#39;exil &#33;... <br />
- Où sommes-nous ?<br />
- Nous ne sommes plus dans l&#39;Empire d&#39;Emeraude, Magistrat-sama, c&#39;est certain. Mais pas non plus dans le monde de Sakkaku. Nous sommes quelque part entre les deux. <br />
Hiruya peinait à comprendre. Il savait seulement que Shinomen Mori était inacessible. Mais pour le moment, il ne pensait pas au retour. Il parla à Kagatoki de sa quête. <br />
- Par Benten, l&#39;Epée de Cristal &#33; Mais je ne l&#39;ai plus, honorable Magistrat &#33; Je l&#39;ai perdue... Et peu à peu, j&#39;ai abandonné l&#39;idée de revenir à Rokugan, fidèle à mon serment. <br />
Pour un homme qui avait habité cinq ans dans un endroit perdu, loin des cours raffinées, il n&#39;était pas devenu trop brutal. A peine quelques négligences, quelques gestes trop rudes, quelques petits oublis de l&#39;étiquette, mais pas la bête brute qu&#39;on aurait pu s&#39;attendre à rencontrer. Il y avait tant de rônins, déchus récemment qui devenaient de véritables sauvages au bout de quelques mois passés sur les routes. Ce qui prouvait que les bonnes manières Grues pouvaient aider un samuraï aux abois à lutter contre la déchéance. Non l&#39;honneur n&#39;était donc pas un vain mot &#33; Kagetoki-senseï en était la preuve. Il aurait fait honte à bien des courtisans hypocrites, mal éduqués, qui avaient néanmoins leurs entrées dans les quartiers centraux d&#39;Otosan Uchi. <br />
<br />
- Non je n&#39;ai plus l&#39;Epée... Moi aussi je me suis aventuré dans Sakkaku, à la poursuite du Kenku qui me l&#39;avait dérobée. Mais ma quête n&#39;avait plus de fin, et j&#39;ai cru devenir fou parmi ces créatures qui n&#39;ont ni honneur ni langage comme nous. J&#39;ai trouvé refuge ici, où la solitude me pèse moins que la fréquentation de ces saletés de créatures qui me prenaient pour un semblable, alors qu&#39;elles n&#39;appartiennent pas plus à l&#39;Ordre Céleste que le dernier des bouchers de Rokugan &#33; <br />
- Kagetoki-senseï, j&#39;ai besoin de cette Epée. Un grand danger pèse sur notre Empire... <br />
Et par ces paroles, Hiruya reprochait implicitement au senseï d&#39;avoir abandonné sa recherche. <br />
- Je comprends, Hiruya-san. Tu es un homme d&#39;honneur et je crois que j&#39;ai oublié ce que signifiait ce mot depuis trop de temps. Puisque tu es venu pour moi, je ne peux pas refuser de repartir avec toi. Mais encore faut-il que tu puisses entrer dans Sakkaku... <br />
- Que faut-il faire ?<br />
Kagetoki s&#39;était levé en soupirant. <br />
- Va au fond de cette grotte. Il s&#39;y trouve une pièce imprégnée d&#39;une magie dont j&#39;ignore tout. Là-bas se trouve l&#39;entrée du monde des Kenkus. Si tu parviens à y entrer, je le saurai et tu me retrouveras de l&#39;autre coté... Mais si tu n&#39;y parviens pas...<br />
- Alors quoi ?...<br />
- Alors l&#39;Epée sera perdue pour de bon... <br />
Hiruya était parti aussitôt, pendant que Kagetoki se grattait la nuque, dubitatif. Mais déjà il sentait la vaillance et le dévouement du samuraï reprendre sens pour lui. Et si c&#39;était sa chance ?...<br />
<br />
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<br />
Hiruya distinguait nettement des pas. On courait autour de lui, entre les piliers. Il avança vers le fond de la pièce, où il vit des mannequins en bois, habillés de grands kimonos et de masques à longs becs. Ces fantôches semblaient l&#39;observer attentivement. Notre héros s&#39;approcha. Il sentait que ces êtres inertes pouvaient prendre vie brusquement. <br />
On continuait à trotter, à quelques pas de lui. Hiruya se posa sur ses deux pieds, fermement et attendit. Il ferma les yeux et ne se fia qu&#39;à son ouïe. A elle et à l&#39;intuition du guerrier, qui anticipe la frappe de son adversaire avant même qu&#39;il ne la lance. Il entendit la lame de son ennemi sortir du fourreau : il était prêt. Il pivota sur un pied, évita le coup qui trancha un pilier et répliqua d&#39;une attaque fulgurante : il désarma son adversaire d&#39;un mouvement absolument parfait. Les lames tintèrent en se heurtant et le katana s&#39;envola. Hiruya pointa le bout de sa lame sous le bec de son ennemi : le Kenku qui l&#39;avait attiré au bord de la falaise. <br />
Le gros oiseau suait dans son kimono et vit son sabre, planté à terre à plusieurs mètres de lui. Hiruya vit une grosse boule d&#39;inquiétude descendre dans sa gorge. <br />
- Voudrais-tu m&#39;indiquer le chemin qui mène dans ton monde, s&#39;il te plait, kenku-san ?<br />
Et, bizarrement, il savait qu&#39;il serait compris, tant un sabre bien aiguisé peut délier les langues &#33; <br />
Timidement, le Kenku pointa de son bras - aile vers le fond de la pièce un des mannequins. <br />
- Je te remercie. <br />
Il rengaina en souriant et alla à l&#39;endroit indiqué. Le Kenku était bien dépité. Il n&#39;osait ramasser son sabre. <br />
<br />
Notre Magistrat approcha du mannequin. Il enfila le masque et le grand kimono par-dessus le sien. Un cercle de lumière se forma autour de lui et se mit à tourner très vite. Les autres mannequins s&#39;animèrent, se changèrent en kenkus vivants, qui glapirent, croassèrent et forment une ronde folle, une farandole étourdissante. <br />
Hiruya sentit le sol se dérober sous ses pieds et il perdit à nouveau connaissance, entraîné dans un grand trou lumineux, éblouissant. <br />
<br />
Quand il se réveilla, il se trouvait au coeur d&#39;une forêt d&#39;arbres aux feuillages bleus, assis parmi les buissons. La tête lui tournait. <br />
Il entendit venir du monde sur le chemin, en contrebas. <br />
C&#39;était une bande de kenkus, aux plumages bleu et noir, qui allaient du même pas. Ils aperçurent Hiruya et l&#39;invitèrent à se joindre à eux. Et notre héros comprenait ce qu&#39;ils disaient &#33; Ils ne remuaient pas le bec mais il les comprenait, il entendait leur voix dans sa tête &#33; <br />
Et il s&#39;aperçut qu&#39;à leurs yeux, il passait pour un vrai Kenku &#33; Le masque et le kimono créaient une illusion parfaite. <br />
- Comment te nommes-tu, donc ? <br />
- Hiruya &#33; <br />
- Tu nous sembles perdu. Nous allons au château de Heaguleus &#33; Je suppose que toi aussi, alors suis-nous &#33; <br />
- Bien sûr, répondit avec l&#39;aplomb menteur d&#39;un courtisan notre héros.<br />
Et le voilà parti, en cette plumesque compagnie, vers un endroit inconnu, où il espère bien retrouver Kagetoki &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/corbeau.gif" alt="Corbeau" title="Corbeau" class="smilie smilie_176" /><br />
<br />
Les Kenkus sont de bien sympathiques personnages, qui font des plaisanteries entre eux, qui blaguent les gros oeufs à pois que pond la femme de l&#39;un d&#39;eux, ou les nids carrés de la femme de l&#39;autre ou bien encore le bec tordu d&#39;un troisième, depuis qu&#39;il s&#39;est cogné à un sequoia &#33; <br />
Après une petite heure de marche, durant laquelle Hiruya conserve le silence en s&#39;efforçant de rire au bon moment, tout en découvrant la campagne environnante, la troupe sort du bois et arrive en haut d&#39;une grande falaise qui se dresse devant une grande vallée où le soleil se couche paisiblement, dans l&#39;air paisible du soir et les nuages rêveurs, par dessus les torrents qui chantent en dégringolant des sommets. <br />
Au loin, très loin, on distingue un orgueilleux château, perché dans la montagne nu, hérissé de tours aux sommets desquels claquent des drapeaux bleu et or. Les Kenkus battent des ailes, toussotent, s&#39;ébrouent, claquent du bec et s&#39;élancent dans le vide &#33; <br />
Affolé, Hiruya n&#39;a pas pu suivre le mouvement &#33; Il reste au bord du vide cette fois, sûr que s&#39;il n&#39;arrive pas à battre des ailes, il ne se réveillera pas ailleurs que dans le pays des Ancêtres &#33; <br />
Les autres, étonnés, le regardent hésiter et tournoient en l&#39;attendant. Hiruya respire un grand coup, s&#39;agite, prend encore une inspiration, tente quelques battements d&#39;ailes et voit qu&#39;il arrive à décoller timidement du sol &#33; <br />
Dans aucun dojo on ne l&#39;a prévenu que l&#39;honneur exigeait parfois d&#39;en arriver à une telle situation &#33; Il n&#39;ose pas imaginer ce qui se passerait si Ayame le découvrait dans cette situation. Toute la vallée retentirait de son rire et Hiruya ne s&#39;en remettrait jamais &#33; <br />
Après un timide envol, voyant que ses compèrent s&#39;impatientent, Hiruya décide de se lancer dans le grand saut &#33; <br />
Terreur : il part en chute libre, avalé par les vents tourbillonnants et il voit le sol s&#39;approcher à la vitesse d&#39;un cheval au galop &#33; Il bat des ailes, bat, bat, bat et enfin l&#39;inespéré se produit : il se sent porté par la puissance de ses ailes et remonte joyeusement dans les airs &#33; Quelle euphorie &#33; Un des rêves des hommes se réalise &#33; Il pourrait s&#39;amuser comme un gosse, dans ce monde fou, mais il n&#39;est pas temps : il rejoint le groupe des Kenkus et tous ensemble se laissent porter, sur les ailes du vent, jusqu&#39;au grand château. <br />
D&#39;autres groupes, venus des quatre coins du ciel, arrivent eux aussi dans la cour. Là, c&#39;est l&#39;agitation des retrouvailles, une vraie basse-cour malgré la noblesse supposée des invités &#33; <br />
Dans les tours retentissent les cuivres chaque fois qu&#39;une délégation atterrit. Parmi le brouhaha enjoué de la foule, Hiruya se sent bien seul. Il croit comprendre que la situation est périlleuse, malgré la bonne humeur des gens du lieu. On se serre dans les ailes, on se rentre dans les plumes, on caquète, on becquète, on volette et on se tape sur les cuisses en se racontant des farces et blagues pas croyables &#33; <br />
<br />
En écoutant les conversations, Hiruya tâche de se fondre entre les groupes, de s&#39;agiter pour paraître occupé. Il comprend que les nations Kenkus s&#39;unissent aujourd&#39;hui, dans le château du roi Haeguleus, pour combattre les Seigneurs des Hautes Montagnes, de terribles Hommes-Bêtes menés par un démon du nom d&#39;Hanuman. Hiruya imagine qu&#39;ils doivent être des sortes de primates, de gros gorilles brutaux, comme des Crabes décérébrés par l&#39;Outremonde en somme &#33; <br />
Des trompettes sonnent alors et des serviteurs en livrée prient les nobles seigneurs de se rendre dans la salle de réception royale. Toujours pas de Kagetoki &#33; <br />
On se presse pour être en bonne position dans la grande salle, pour être aperçu du roi &#33; Celui-ci arrive enfin, avec le retard qu&#39;autorise sa fonction, au milieu d&#39;une foule agitée, où les plumes volent en tous sens. Le silence se fait quand les soldats, de cérémonieux gypaètes barbus, viennent se poster dans la salle en criant le nom du roi. <br />
Entre alors Haeguleus, un bel aigle grisonnant, suivi de son chambellan faucon à l&#39;air redoutable. Hiruya s&#39;est mis en retrait de la foule, pour ne heurter personne et ne pas se faire remarquer. Quelqu&#39;un lui tire alors le kimono : c&#39;est Kagetoki &#33; <br />
- Il était temps que nous nous retrouvions, souffle le senseï. <br />
- Où étiez-vous passé ? <br />
- J&#39;ai été enchanté par un mujina &#33;... mais me voilà &#33; <br />
Hiruya ignore ce qu&#39;est un mujina, ignore si Kagetoki plaisante et ne veut pas le savoir. L&#39;essentiel est qu&#39;il soit là &#33; <br />
- Où est l&#39;Epée ?<br />
- Mais je ne l&#39;ai plus, souffle Kagetoki. En revanche, je sais un peu où elle est : elle a été dérobée par un des lieutenants d&#39;Hanuman, un Kenku traître &#33; <br />
- Alors nous irons la chercher là où il habite, ce traître &#33; <br />
A ce moment, le roi Haeguleus demande des volontaire pour partir en éclaireurs observer les positions de l&#39;armée ennemie. Hiruya s&#39;avance, fend la foule et se présente devant le roi, avec un enthousiasme de jeune homme qui ne doute de rien, et que sa vie de magistrat aux lourdes responsabilités lui avait fait un peu oublier... <br />
- Je suis volontaire, seigneur. <br />
On admire par des murmures l&#39;audace de ce jeune seigneur que personne ne connaît. "Le seigneur Hiruya"... mais d&#39;où vient-il avec un nom pareil ?<br />
Le roi le félicite. <br />
Kagetoki le suit de près et d&#39;autres encore s&#39;avancent. Au total, une dizaine de guerriers, qui vont partir en mission contre les Hommes-Bêtes de Hanuman &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/roxx.gif" alt="Roxx" title="Roxx" class="smilie smilie_164" /><br />
<br />
Les volontaires partent dès le lendemain, avec des instructions très précises des éperviers conseillers du roi.  Ils emportent des cartes des régions environnant la vallée, qu&#39;ils devront compléter aussi précisément que possible, dès qu&#39;ils auront surpris les infiltrations des barbares de Hanuman. <br />
Le groupe s&#39;envole de bon matin, dans le soleil de fin d&#39;aurore, par-dessus monts et vallées, pour un voyage au plus près des nuages. <br />
Après une demi-journée de vol, alors que le soleil commence à décliner, le chef du groupe, Hetryus, un solide gros condor au teint rougeaud, aperçoit un groupe de barbares : vêtus de peaux de bêtes et de morceaux d&#39;armures de plates, dont des casques cornus, portant une double-hache dans leur dos et tout un attirail à la ceinture, ils sont montés sur de grosses montures à six pattes crochues. Hetryus considère que ce groupe est repéré et qu&#39;il faut le signaler sur la carte, avant de trouver le camp d&#39;où ils viennent. Hiruya suggère alors que ce n&#39;est pas le tout de les repérer : ils restent des ennemis &#33; <br />
Un jeune faucon, vif et nerveux, approuve, pendant que Kagetoki se demande dans quoi Hiruya les emmène &#33; <br />
Le gros Hetryus, qui ne refuse pas la guerre quand elle se fait contre les guerriers de Hanuman, ordonne de passer à l&#39;attaque &#33; <br />
- Formation en piqué &#33; sortez vos sabres &#33; <br />
Tous obéissent et plongent, mais Hiruya a gardé son katana au fourreau &#33; <br />
Les Hommes-Bêtes ont vu venir leurs agresseurs. Ils sont une dizaine et ont le temps de décocher quelques flèches, avant que griffes, serres et sabres ne s&#39;abattent sur eux. Hiruya passe en rase-motte et d&#39;un coup de iaijutsu décapite son adversaire. Kagetoki se précipite sur un autre, le désarçonne, atterrit et attend qu&#39;il se soit relevé pour l&#39;achever. Les autres n&#39;obéissent pas à un tel code de l&#39;honneur et frappent dans le dos, aux jambes et tuent les montures d&#39;abord. <br />
En quelques instants, le combat est réglé. Les Hommes-Bêtes gisent à terre et on les achève. <br />
- C&#39;est ce qu&#39;on appelle une reconnaissance en force, conclut Hiruya, approuvé par tous. <br />
Au moment de repartir, Hiruya ne parvient pas à s&#39;arracher au sol. Grâce à son art accompli de courtisan, il parvient à berner son monde (sauf Kagetoki) en disant qu&#39;il a cru apercevoir une autre troupe approché. Mais non, ce n&#39;est qu&#39;un nuage de poussière sur un plateau rocheux.:P<br />
Mais l&#39;un des leurs est morts, et ils ont dû l&#39;enterrer rapidement. Et ils ont volontairement laissé un des Hommes-Bêtes en vie : ils se mettent à deux pour l&#39;arracher de terre et quand ils ont bien pris de la hauteur, la brute est bien obligée de parler si elle ne veut pas aller s&#39;écraser à terre &#33; <br />
- Tu vas nous dire où se trouve le gros de ton armée &#33; tonne le gros Hetryus.<br />
Le serviteur de Hanuman est bien obligé de parler. On le dépose et on le laisse s&#39;enfuir, seul, au milieu de la solitude immense de la vallée. Les bêtes féroces auront bientôt raison de lui. <br />
<br />
Sur ses indications, ils retrouvent, deux cols plus loin, une armée en manoeuvre pour gravir un sentier escarpé. Une armée légère, d&#39;éclaireurs. Peu de cavaliers et de ravitaillement : des hommes qui avancent à marche forcée. A ce moment, Kagetoki, qui est un peu connu chez les Kenkus (et qu&#39;on prend pour un seigneur exilé de chez lui), demande la permission à Hetryus de se séparer du groupe. Il semble que le gros condor ait une petite dette envers le senseï car il lui donne l&#39;autorisation. <br />
- Nous serons bientôt de retour, promet Kagetoki. <br />
Pendant ce temps, Hetryus va emmener son groupe survoler cette armée et repérer son arrière-garde. Et Kagetoki promet de ramener bientôt les informations au château d&#39;Haeguleus. <br />
- Où allons-nous, demande Hiruya. <br />
- Nous allons chez une vieille connaissance, dit Kagetoki en prenant de la hauteur. Un des principaux seigneurs de ce monde, le Baron Ko-Te-Chu, qui habite au sommet de l&#39;Impassible Montagne d&#39;Emeraude des Nuages Eternels. <br />
- Rien que ça &#33;... <br />
- Ah mais, ce n&#39;est pas n&#39;importe qui le Baron Ko-Te-Chu, tu vas t&#39;en apercevoir, honorable Magistrat &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/troll2.gif" alt="Troll2" title="Troll2" class="smilie smilie_307" /><br />
<br />
L&#39;Impassible Montagne d&#39;Emeraude des Nuages Eternels (IMENE) est la plus haute que Hiruya ait connu de sa vie &#33; Elle dépasse sans doute les plus hauts sommets des terres du clan du Dragon et il semble que les pics aux neiges éternelles touche le soleil et perce les étoiles qui brillent en permanence dans ce ciel qui noircit déjà, et où flotte en permanence la lune. <br />
Pour arriver au palais du Baron, il faut laisser loin en-dessous de soi les toits du monde et arriver enfin dans une région mi-terrestre, mi-céleste, où l&#39;on ne sait plus si on marche sur des cailloux ou des chemins de poussière d&#39;étoiles. Le palais d&#39;ivoire, d&#39;or, d&#39;emeraude, de jade, de jais et de diamants du Baron est bien plus imposant qu&#39;Otosan Uchi et ressemble à une capitale de province du ciel. <br />
Les deux samuraï se posent au pied d&#39;un gigantesque escalier qui semble mener en haut de l&#39;Ordre Céleste, au paradis de dame Soleil, dont les marches sont en marbre et dont l&#39;entrée est gardée par deux gardiens haut près de quatre mètres, à quatre bras et six jambes, protégés par des armures améthystes et rubis, armés de lances assez grandes pour empaler un régiment entier &#33; <br />
Leur voix gronde comme le tonnerre : <br />
- Qui êtes-vous ?...<br />
Kagetoki se présente et dit qu&#39;il souhaite pour son ami Hiruya une entrevue avec le Baron Ko-Te-Chu. Les Gardes grondent, se penchent et grincent pour examiner le petit personnage qui se présente à eux. S&#39;ils le veulent, ils peuvent l&#39;écraser comme un insecte et son sabre n&#39;est pour eux qu&#39;une épine. L&#39;un des soldats dit alors à Hiruya de le suivre. Il déploie deux grandes paires d&#39;ailes d&#39;acier et s&#39;envole dans le ciel nimbé de nuages presque invisibles, dans la lumière du soir qui brille sur les tours luisantes du palais, et déjà la nuit tombe sur le monde. <br />
En approchant du palais, qui est taillé pour abriter un géant, Hiruya entend des éclats de gros rires, des bruits digestifs, des chants paillards : on tient un plantureux banquet dans ce palais &#33; <br />
Effectivement, le Baron Ko-Te-Chu célèbre ce soir une petite fête entre intimes (guère plus de trois cents invités). Hiruya arrive parmi ces invités de toutes races, de toutes espèces, qui vont du plus petit au plus grand, et qui semblent venus d&#39;une dizaine de mondes étranges et différents. <br />
Le maître des lieux lui-même mesure plus de trois mètres de haut et le tour de son ventre ne se ferait pas en moins d&#39;une journée &#33; Il engloutit des quantités astronomiques de nourritures avec forces bruits de succion, déglutition, renvois, pourléchement de babines, mastiquacations forcenées, le tout se passant dans ce petit palais qu&#39;est sa grosse bouche qui ressemble à un enfer alimentaire &#33; <br />
Le garde s&#39;est posé en pleine salle de réception et tous les invités braquent leurs regards sur Hiruya qui, comme à son habitude, ne doute de rien. Simplement, désormais, il trouvera les Licornes plutôt civilisés &#33; <br />
- Salutations à toi, Baron Ko-Te-Chu... Mon nom est Hiruya. Je suppose que cela ne te dira rien... <br />
Et à ce moment, notre héros essaye de ne pas penser au fait qu&#39;il pourrait finir comme énième apéritif du Baron, écrasé entre deux grosses dents jaunes et cariées &#33;<br />
- Je viens de la part de mon ami Kagetoki que tu connais un peu.<br />
A ce moment, les centaines de muscles énormes et puissants du visage du Baron se mettent en action, se plissent, comme une mer houleuse, et son visage se renfrogne, exprime une sombre méfiance à entendre ce nom. Les invités se sont tus, se sont même arrêtés au milieu d&#39;une bouchée. <br />
- Et que me veut donc Kagetoki ? gronde le Baron.<br />
- Il désirerait savoir où se trouve en ce moment votre femme...<br />
<br />
Hiruya a dit cela au milieu d&#39;un silence énorme et pesant, plus énorme et pesant que le Baron lui-même &#33; <br />
- Ma femme... murmure Ko-Te-Chu... <br />
Et il reprend, effaré : <br />
- Ma femme...<br />
Et la colère sourd dans sa voix. <br />
- MA FEMME &#33;<br />
Il éclate &#33; Une colère monstrueuse &#33; Adipeuse, grasse, obèse &#33; Une colère abominable &#33; Son rugissement renverse tous les plats de la table, mais Kagetoki a prévenu Hiruya de ne pas se laisser destabiliser. <br />
- MA FEMME, misérable avorton &#33;...<br />
Et soudain, le Baron éclate en sanglots et s&#39;affale sur sa table, pendant que rivières de larmes coulent de ses gros yeux exorbités sur sa bonne bouille écarlate. Les invités sont stupéfaits. <br />
- Ma femme, ah ma pauvre femme &#33;... Elle est partie... elle est partie sur les terres des Lunes Vertes, voilà &#33;... <br />
Et il renifle grassement pendant qu&#39;on vient le consoler et qu&#39;on fait gentiment mais fermement signe à Hiruya qu&#39;il est temps de partir maintenant &#33;<br />
Notre héros ne se fait pas prier et s&#39;incline poliment devant l&#39;assistant qui a soudain perdu l&#39;appétit &#33; <br />
Et nos deux samuraï quittent la Montagne du Baron, pendant que les chouinements de mômes du Baron retentissent dans tout l&#39;espace &#33; <br />
- Les terres des Lunes Vertes, dit Kagetoki, je crois me souvenir où elles se trouvent... Ce n&#39;est pas la porte à côté. Il faudra arriver reposés là-bas, car la femme de Ko-Te-Chu n&#39;est pas précisément ce qu&#39;on appelle une femme arrangeante... <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/troll2.gif" alt="Troll2" title="Troll2" class="smilie smilie_307" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: green;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:blue"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">21e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Boeuf 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkred;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Les otages du Gouverneur</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: #000099;" class="mycode_color"><span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">1ere partie : La quête de l&#39;Epée de cristal&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<br />
Hiruya entra, seul, dans la grande salle noire qui se trouvait au fond de la grotte. Des piliers de bois, avec des torches accrochées dessus. Un pesant silence, de recueillement, profond comme dans les grands temples des Fortunes les plus colériques de Rokugan. Un silence menaçant. <br />
Hiruya savait qu&#39;il n&#39;était pas seul. Il avait la main sur la garde de son katana. <br />
Et il avança vers le fond de la pièce, tandis que ses instincts de guerrier lui hurlaient de faire demi-tour. Il y avait un prédateur tapi au fond. Un être prêt à l&#39;attaquer au moment où il s&#39;y attendrait le moins. Un de ces monstres qui peuplent les récits d&#39;enfance des grands-mères. Mais Hiruya savait qu&#39;ils peuplaient aussi le monde réel. Il fit encore quelques pas. Il entendit des pas, juste à côté de lui et vit une silhouette disparaître derrière un pilier. <br />
Il n&#39;avait pas dégainé. Mais il n&#39;allait pas tarder. <br />
<br />
Hiruya était seul, bel et bien seul. Et il eut alors cette pensée, pensée toute simple, simple comme un enseignement de Shinsei, simple comme les proverbes immémoriaux... simple comme le mouvement de la vague éphémère sur l&#39;océan ... pensée à la fois magique et pleine de bon sens : <br />
- De toute façon, si Ryu était là, ça irait plus mal &#33;...<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Estourbi par sa chute, notre Magistrat s&#39;était relevé au pied des falaises de granit rose, à quelques pas de la grotte. Il avait rencontré Kakita Kagetoki. <br />
Dès le début de son voyage. Et les deux hommes, après les présentations rituelles, avaient discuté. <br />
Cinq ans que Kagetoki-senseï avait quitté Rokugan &#33; Cinq ans d&#39;exil &#33;... <br />
- Où sommes-nous ?<br />
- Nous ne sommes plus dans l&#39;Empire d&#39;Emeraude, Magistrat-sama, c&#39;est certain. Mais pas non plus dans le monde de Sakkaku. Nous sommes quelque part entre les deux. <br />
Hiruya peinait à comprendre. Il savait seulement que Shinomen Mori était inacessible. Mais pour le moment, il ne pensait pas au retour. Il parla à Kagatoki de sa quête. <br />
- Par Benten, l&#39;Epée de Cristal &#33; Mais je ne l&#39;ai plus, honorable Magistrat &#33; Je l&#39;ai perdue... Et peu à peu, j&#39;ai abandonné l&#39;idée de revenir à Rokugan, fidèle à mon serment. <br />
Pour un homme qui avait habité cinq ans dans un endroit perdu, loin des cours raffinées, il n&#39;était pas devenu trop brutal. A peine quelques négligences, quelques gestes trop rudes, quelques petits oublis de l&#39;étiquette, mais pas la bête brute qu&#39;on aurait pu s&#39;attendre à rencontrer. Il y avait tant de rônins, déchus récemment qui devenaient de véritables sauvages au bout de quelques mois passés sur les routes. Ce qui prouvait que les bonnes manières Grues pouvaient aider un samuraï aux abois à lutter contre la déchéance. Non l&#39;honneur n&#39;était donc pas un vain mot &#33; Kagetoki-senseï en était la preuve. Il aurait fait honte à bien des courtisans hypocrites, mal éduqués, qui avaient néanmoins leurs entrées dans les quartiers centraux d&#39;Otosan Uchi. <br />
<br />
- Non je n&#39;ai plus l&#39;Epée... Moi aussi je me suis aventuré dans Sakkaku, à la poursuite du Kenku qui me l&#39;avait dérobée. Mais ma quête n&#39;avait plus de fin, et j&#39;ai cru devenir fou parmi ces créatures qui n&#39;ont ni honneur ni langage comme nous. J&#39;ai trouvé refuge ici, où la solitude me pèse moins que la fréquentation de ces saletés de créatures qui me prenaient pour un semblable, alors qu&#39;elles n&#39;appartiennent pas plus à l&#39;Ordre Céleste que le dernier des bouchers de Rokugan &#33; <br />
- Kagetoki-senseï, j&#39;ai besoin de cette Epée. Un grand danger pèse sur notre Empire... <br />
Et par ces paroles, Hiruya reprochait implicitement au senseï d&#39;avoir abandonné sa recherche. <br />
- Je comprends, Hiruya-san. Tu es un homme d&#39;honneur et je crois que j&#39;ai oublié ce que signifiait ce mot depuis trop de temps. Puisque tu es venu pour moi, je ne peux pas refuser de repartir avec toi. Mais encore faut-il que tu puisses entrer dans Sakkaku... <br />
- Que faut-il faire ?<br />
Kagetoki s&#39;était levé en soupirant. <br />
- Va au fond de cette grotte. Il s&#39;y trouve une pièce imprégnée d&#39;une magie dont j&#39;ignore tout. Là-bas se trouve l&#39;entrée du monde des Kenkus. Si tu parviens à y entrer, je le saurai et tu me retrouveras de l&#39;autre coté... Mais si tu n&#39;y parviens pas...<br />
- Alors quoi ?...<br />
- Alors l&#39;Epée sera perdue pour de bon... <br />
Hiruya était parti aussitôt, pendant que Kagetoki se grattait la nuque, dubitatif. Mais déjà il sentait la vaillance et le dévouement du samuraï reprendre sens pour lui. Et si c&#39;était sa chance ?...<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Hiruya distinguait nettement des pas. On courait autour de lui, entre les piliers. Il avança vers le fond de la pièce, où il vit des mannequins en bois, habillés de grands kimonos et de masques à longs becs. Ces fantôches semblaient l&#39;observer attentivement. Notre héros s&#39;approcha. Il sentait que ces êtres inertes pouvaient prendre vie brusquement. <br />
On continuait à trotter, à quelques pas de lui. Hiruya se posa sur ses deux pieds, fermement et attendit. Il ferma les yeux et ne se fia qu&#39;à son ouïe. A elle et à l&#39;intuition du guerrier, qui anticipe la frappe de son adversaire avant même qu&#39;il ne la lance. Il entendit la lame de son ennemi sortir du fourreau : il était prêt. Il pivota sur un pied, évita le coup qui trancha un pilier et répliqua d&#39;une attaque fulgurante : il désarma son adversaire d&#39;un mouvement absolument parfait. Les lames tintèrent en se heurtant et le katana s&#39;envola. Hiruya pointa le bout de sa lame sous le bec de son ennemi : le Kenku qui l&#39;avait attiré au bord de la falaise. <br />
Le gros oiseau suait dans son kimono et vit son sabre, planté à terre à plusieurs mètres de lui. Hiruya vit une grosse boule d&#39;inquiétude descendre dans sa gorge. <br />
- Voudrais-tu m&#39;indiquer le chemin qui mène dans ton monde, s&#39;il te plait, kenku-san ?<br />
Et, bizarrement, il savait qu&#39;il serait compris, tant un sabre bien aiguisé peut délier les langues &#33; <br />
Timidement, le Kenku pointa de son bras - aile vers le fond de la pièce un des mannequins. <br />
- Je te remercie. <br />
Il rengaina en souriant et alla à l&#39;endroit indiqué. Le Kenku était bien dépité. Il n&#39;osait ramasser son sabre. <br />
<br />
Notre Magistrat approcha du mannequin. Il enfila le masque et le grand kimono par-dessus le sien. Un cercle de lumière se forma autour de lui et se mit à tourner très vite. Les autres mannequins s&#39;animèrent, se changèrent en kenkus vivants, qui glapirent, croassèrent et forment une ronde folle, une farandole étourdissante. <br />
Hiruya sentit le sol se dérober sous ses pieds et il perdit à nouveau connaissance, entraîné dans un grand trou lumineux, éblouissant. <br />
<br />
Quand il se réveilla, il se trouvait au coeur d&#39;une forêt d&#39;arbres aux feuillages bleus, assis parmi les buissons. La tête lui tournait. <br />
Il entendit venir du monde sur le chemin, en contrebas. <br />
C&#39;était une bande de kenkus, aux plumages bleu et noir, qui allaient du même pas. Ils aperçurent Hiruya et l&#39;invitèrent à se joindre à eux. Et notre héros comprenait ce qu&#39;ils disaient &#33; Ils ne remuaient pas le bec mais il les comprenait, il entendait leur voix dans sa tête &#33; <br />
Et il s&#39;aperçut qu&#39;à leurs yeux, il passait pour un vrai Kenku &#33; Le masque et le kimono créaient une illusion parfaite. <br />
- Comment te nommes-tu, donc ? <br />
- Hiruya &#33; <br />
- Tu nous sembles perdu. Nous allons au château de Heaguleus &#33; Je suppose que toi aussi, alors suis-nous &#33; <br />
- Bien sûr, répondit avec l&#39;aplomb menteur d&#39;un courtisan notre héros.<br />
Et le voilà parti, en cette plumesque compagnie, vers un endroit inconnu, où il espère bien retrouver Kagetoki &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/corbeau.gif" alt="Corbeau" title="Corbeau" class="smilie smilie_176" /><br />
<br />
Les Kenkus sont de bien sympathiques personnages, qui font des plaisanteries entre eux, qui blaguent les gros oeufs à pois que pond la femme de l&#39;un d&#39;eux, ou les nids carrés de la femme de l&#39;autre ou bien encore le bec tordu d&#39;un troisième, depuis qu&#39;il s&#39;est cogné à un sequoia &#33; <br />
Après une petite heure de marche, durant laquelle Hiruya conserve le silence en s&#39;efforçant de rire au bon moment, tout en découvrant la campagne environnante, la troupe sort du bois et arrive en haut d&#39;une grande falaise qui se dresse devant une grande vallée où le soleil se couche paisiblement, dans l&#39;air paisible du soir et les nuages rêveurs, par dessus les torrents qui chantent en dégringolant des sommets. <br />
Au loin, très loin, on distingue un orgueilleux château, perché dans la montagne nu, hérissé de tours aux sommets desquels claquent des drapeaux bleu et or. Les Kenkus battent des ailes, toussotent, s&#39;ébrouent, claquent du bec et s&#39;élancent dans le vide &#33; <br />
Affolé, Hiruya n&#39;a pas pu suivre le mouvement &#33; Il reste au bord du vide cette fois, sûr que s&#39;il n&#39;arrive pas à battre des ailes, il ne se réveillera pas ailleurs que dans le pays des Ancêtres &#33; <br />
Les autres, étonnés, le regardent hésiter et tournoient en l&#39;attendant. Hiruya respire un grand coup, s&#39;agite, prend encore une inspiration, tente quelques battements d&#39;ailes et voit qu&#39;il arrive à décoller timidement du sol &#33; <br />
Dans aucun dojo on ne l&#39;a prévenu que l&#39;honneur exigeait parfois d&#39;en arriver à une telle situation &#33; Il n&#39;ose pas imaginer ce qui se passerait si Ayame le découvrait dans cette situation. Toute la vallée retentirait de son rire et Hiruya ne s&#39;en remettrait jamais &#33; <br />
Après un timide envol, voyant que ses compèrent s&#39;impatientent, Hiruya décide de se lancer dans le grand saut &#33; <br />
Terreur : il part en chute libre, avalé par les vents tourbillonnants et il voit le sol s&#39;approcher à la vitesse d&#39;un cheval au galop &#33; Il bat des ailes, bat, bat, bat et enfin l&#39;inespéré se produit : il se sent porté par la puissance de ses ailes et remonte joyeusement dans les airs &#33; Quelle euphorie &#33; Un des rêves des hommes se réalise &#33; Il pourrait s&#39;amuser comme un gosse, dans ce monde fou, mais il n&#39;est pas temps : il rejoint le groupe des Kenkus et tous ensemble se laissent porter, sur les ailes du vent, jusqu&#39;au grand château. <br />
D&#39;autres groupes, venus des quatre coins du ciel, arrivent eux aussi dans la cour. Là, c&#39;est l&#39;agitation des retrouvailles, une vraie basse-cour malgré la noblesse supposée des invités &#33; <br />
Dans les tours retentissent les cuivres chaque fois qu&#39;une délégation atterrit. Parmi le brouhaha enjoué de la foule, Hiruya se sent bien seul. Il croit comprendre que la situation est périlleuse, malgré la bonne humeur des gens du lieu. On se serre dans les ailes, on se rentre dans les plumes, on caquète, on becquète, on volette et on se tape sur les cuisses en se racontant des farces et blagues pas croyables &#33; <br />
<br />
En écoutant les conversations, Hiruya tâche de se fondre entre les groupes, de s&#39;agiter pour paraître occupé. Il comprend que les nations Kenkus s&#39;unissent aujourd&#39;hui, dans le château du roi Haeguleus, pour combattre les Seigneurs des Hautes Montagnes, de terribles Hommes-Bêtes menés par un démon du nom d&#39;Hanuman. Hiruya imagine qu&#39;ils doivent être des sortes de primates, de gros gorilles brutaux, comme des Crabes décérébrés par l&#39;Outremonde en somme &#33; <br />
Des trompettes sonnent alors et des serviteurs en livrée prient les nobles seigneurs de se rendre dans la salle de réception royale. Toujours pas de Kagetoki &#33; <br />
On se presse pour être en bonne position dans la grande salle, pour être aperçu du roi &#33; Celui-ci arrive enfin, avec le retard qu&#39;autorise sa fonction, au milieu d&#39;une foule agitée, où les plumes volent en tous sens. Le silence se fait quand les soldats, de cérémonieux gypaètes barbus, viennent se poster dans la salle en criant le nom du roi. <br />
Entre alors Haeguleus, un bel aigle grisonnant, suivi de son chambellan faucon à l&#39;air redoutable. Hiruya s&#39;est mis en retrait de la foule, pour ne heurter personne et ne pas se faire remarquer. Quelqu&#39;un lui tire alors le kimono : c&#39;est Kagetoki &#33; <br />
- Il était temps que nous nous retrouvions, souffle le senseï. <br />
- Où étiez-vous passé ? <br />
- J&#39;ai été enchanté par un mujina &#33;... mais me voilà &#33; <br />
Hiruya ignore ce qu&#39;est un mujina, ignore si Kagetoki plaisante et ne veut pas le savoir. L&#39;essentiel est qu&#39;il soit là &#33; <br />
- Où est l&#39;Epée ?<br />
- Mais je ne l&#39;ai plus, souffle Kagetoki. En revanche, je sais un peu où elle est : elle a été dérobée par un des lieutenants d&#39;Hanuman, un Kenku traître &#33; <br />
- Alors nous irons la chercher là où il habite, ce traître &#33; <br />
A ce moment, le roi Haeguleus demande des volontaire pour partir en éclaireurs observer les positions de l&#39;armée ennemie. Hiruya s&#39;avance, fend la foule et se présente devant le roi, avec un enthousiasme de jeune homme qui ne doute de rien, et que sa vie de magistrat aux lourdes responsabilités lui avait fait un peu oublier... <br />
- Je suis volontaire, seigneur. <br />
On admire par des murmures l&#39;audace de ce jeune seigneur que personne ne connaît. "Le seigneur Hiruya"... mais d&#39;où vient-il avec un nom pareil ?<br />
Le roi le félicite. <br />
Kagetoki le suit de près et d&#39;autres encore s&#39;avancent. Au total, une dizaine de guerriers, qui vont partir en mission contre les Hommes-Bêtes de Hanuman &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/roxx.gif" alt="Roxx" title="Roxx" class="smilie smilie_164" /><br />
<br />
Les volontaires partent dès le lendemain, avec des instructions très précises des éperviers conseillers du roi.  Ils emportent des cartes des régions environnant la vallée, qu&#39;ils devront compléter aussi précisément que possible, dès qu&#39;ils auront surpris les infiltrations des barbares de Hanuman. <br />
Le groupe s&#39;envole de bon matin, dans le soleil de fin d&#39;aurore, par-dessus monts et vallées, pour un voyage au plus près des nuages. <br />
Après une demi-journée de vol, alors que le soleil commence à décliner, le chef du groupe, Hetryus, un solide gros condor au teint rougeaud, aperçoit un groupe de barbares : vêtus de peaux de bêtes et de morceaux d&#39;armures de plates, dont des casques cornus, portant une double-hache dans leur dos et tout un attirail à la ceinture, ils sont montés sur de grosses montures à six pattes crochues. Hetryus considère que ce groupe est repéré et qu&#39;il faut le signaler sur la carte, avant de trouver le camp d&#39;où ils viennent. Hiruya suggère alors que ce n&#39;est pas le tout de les repérer : ils restent des ennemis &#33; <br />
Un jeune faucon, vif et nerveux, approuve, pendant que Kagetoki se demande dans quoi Hiruya les emmène &#33; <br />
Le gros Hetryus, qui ne refuse pas la guerre quand elle se fait contre les guerriers de Hanuman, ordonne de passer à l&#39;attaque &#33; <br />
- Formation en piqué &#33; sortez vos sabres &#33; <br />
Tous obéissent et plongent, mais Hiruya a gardé son katana au fourreau &#33; <br />
Les Hommes-Bêtes ont vu venir leurs agresseurs. Ils sont une dizaine et ont le temps de décocher quelques flèches, avant que griffes, serres et sabres ne s&#39;abattent sur eux. Hiruya passe en rase-motte et d&#39;un coup de iaijutsu décapite son adversaire. Kagetoki se précipite sur un autre, le désarçonne, atterrit et attend qu&#39;il se soit relevé pour l&#39;achever. Les autres n&#39;obéissent pas à un tel code de l&#39;honneur et frappent dans le dos, aux jambes et tuent les montures d&#39;abord. <br />
En quelques instants, le combat est réglé. Les Hommes-Bêtes gisent à terre et on les achève. <br />
- C&#39;est ce qu&#39;on appelle une reconnaissance en force, conclut Hiruya, approuvé par tous. <br />
Au moment de repartir, Hiruya ne parvient pas à s&#39;arracher au sol. Grâce à son art accompli de courtisan, il parvient à berner son monde (sauf Kagetoki) en disant qu&#39;il a cru apercevoir une autre troupe approché. Mais non, ce n&#39;est qu&#39;un nuage de poussière sur un plateau rocheux.:P<br />
Mais l&#39;un des leurs est morts, et ils ont dû l&#39;enterrer rapidement. Et ils ont volontairement laissé un des Hommes-Bêtes en vie : ils se mettent à deux pour l&#39;arracher de terre et quand ils ont bien pris de la hauteur, la brute est bien obligée de parler si elle ne veut pas aller s&#39;écraser à terre &#33; <br />
- Tu vas nous dire où se trouve le gros de ton armée &#33; tonne le gros Hetryus.<br />
Le serviteur de Hanuman est bien obligé de parler. On le dépose et on le laisse s&#39;enfuir, seul, au milieu de la solitude immense de la vallée. Les bêtes féroces auront bientôt raison de lui. <br />
<br />
Sur ses indications, ils retrouvent, deux cols plus loin, une armée en manoeuvre pour gravir un sentier escarpé. Une armée légère, d&#39;éclaireurs. Peu de cavaliers et de ravitaillement : des hommes qui avancent à marche forcée. A ce moment, Kagetoki, qui est un peu connu chez les Kenkus (et qu&#39;on prend pour un seigneur exilé de chez lui), demande la permission à Hetryus de se séparer du groupe. Il semble que le gros condor ait une petite dette envers le senseï car il lui donne l&#39;autorisation. <br />
- Nous serons bientôt de retour, promet Kagetoki. <br />
Pendant ce temps, Hetryus va emmener son groupe survoler cette armée et repérer son arrière-garde. Et Kagetoki promet de ramener bientôt les informations au château d&#39;Haeguleus. <br />
- Où allons-nous, demande Hiruya. <br />
- Nous allons chez une vieille connaissance, dit Kagetoki en prenant de la hauteur. Un des principaux seigneurs de ce monde, le Baron Ko-Te-Chu, qui habite au sommet de l&#39;Impassible Montagne d&#39;Emeraude des Nuages Eternels. <br />
- Rien que ça &#33;... <br />
- Ah mais, ce n&#39;est pas n&#39;importe qui le Baron Ko-Te-Chu, tu vas t&#39;en apercevoir, honorable Magistrat &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/troll2.gif" alt="Troll2" title="Troll2" class="smilie smilie_307" /><br />
<br />
L&#39;Impassible Montagne d&#39;Emeraude des Nuages Eternels (IMENE) est la plus haute que Hiruya ait connu de sa vie &#33; Elle dépasse sans doute les plus hauts sommets des terres du clan du Dragon et il semble que les pics aux neiges éternelles touche le soleil et perce les étoiles qui brillent en permanence dans ce ciel qui noircit déjà, et où flotte en permanence la lune. <br />
Pour arriver au palais du Baron, il faut laisser loin en-dessous de soi les toits du monde et arriver enfin dans une région mi-terrestre, mi-céleste, où l&#39;on ne sait plus si on marche sur des cailloux ou des chemins de poussière d&#39;étoiles. Le palais d&#39;ivoire, d&#39;or, d&#39;emeraude, de jade, de jais et de diamants du Baron est bien plus imposant qu&#39;Otosan Uchi et ressemble à une capitale de province du ciel. <br />
Les deux samuraï se posent au pied d&#39;un gigantesque escalier qui semble mener en haut de l&#39;Ordre Céleste, au paradis de dame Soleil, dont les marches sont en marbre et dont l&#39;entrée est gardée par deux gardiens haut près de quatre mètres, à quatre bras et six jambes, protégés par des armures améthystes et rubis, armés de lances assez grandes pour empaler un régiment entier &#33; <br />
Leur voix gronde comme le tonnerre : <br />
- Qui êtes-vous ?...<br />
Kagetoki se présente et dit qu&#39;il souhaite pour son ami Hiruya une entrevue avec le Baron Ko-Te-Chu. Les Gardes grondent, se penchent et grincent pour examiner le petit personnage qui se présente à eux. S&#39;ils le veulent, ils peuvent l&#39;écraser comme un insecte et son sabre n&#39;est pour eux qu&#39;une épine. L&#39;un des soldats dit alors à Hiruya de le suivre. Il déploie deux grandes paires d&#39;ailes d&#39;acier et s&#39;envole dans le ciel nimbé de nuages presque invisibles, dans la lumière du soir qui brille sur les tours luisantes du palais, et déjà la nuit tombe sur le monde. <br />
En approchant du palais, qui est taillé pour abriter un géant, Hiruya entend des éclats de gros rires, des bruits digestifs, des chants paillards : on tient un plantureux banquet dans ce palais &#33; <br />
Effectivement, le Baron Ko-Te-Chu célèbre ce soir une petite fête entre intimes (guère plus de trois cents invités). Hiruya arrive parmi ces invités de toutes races, de toutes espèces, qui vont du plus petit au plus grand, et qui semblent venus d&#39;une dizaine de mondes étranges et différents. <br />
Le maître des lieux lui-même mesure plus de trois mètres de haut et le tour de son ventre ne se ferait pas en moins d&#39;une journée &#33; Il engloutit des quantités astronomiques de nourritures avec forces bruits de succion, déglutition, renvois, pourléchement de babines, mastiquacations forcenées, le tout se passant dans ce petit palais qu&#39;est sa grosse bouche qui ressemble à un enfer alimentaire &#33; <br />
Le garde s&#39;est posé en pleine salle de réception et tous les invités braquent leurs regards sur Hiruya qui, comme à son habitude, ne doute de rien. Simplement, désormais, il trouvera les Licornes plutôt civilisés &#33; <br />
- Salutations à toi, Baron Ko-Te-Chu... Mon nom est Hiruya. Je suppose que cela ne te dira rien... <br />
Et à ce moment, notre héros essaye de ne pas penser au fait qu&#39;il pourrait finir comme énième apéritif du Baron, écrasé entre deux grosses dents jaunes et cariées &#33;<br />
- Je viens de la part de mon ami Kagetoki que tu connais un peu.<br />
A ce moment, les centaines de muscles énormes et puissants du visage du Baron se mettent en action, se plissent, comme une mer houleuse, et son visage se renfrogne, exprime une sombre méfiance à entendre ce nom. Les invités se sont tus, se sont même arrêtés au milieu d&#39;une bouchée. <br />
- Et que me veut donc Kagetoki ? gronde le Baron.<br />
- Il désirerait savoir où se trouve en ce moment votre femme...<br />
<br />
Hiruya a dit cela au milieu d&#39;un silence énorme et pesant, plus énorme et pesant que le Baron lui-même &#33; <br />
- Ma femme... murmure Ko-Te-Chu... <br />
Et il reprend, effaré : <br />
- Ma femme...<br />
Et la colère sourd dans sa voix. <br />
- MA FEMME &#33;<br />
Il éclate &#33; Une colère monstrueuse &#33; Adipeuse, grasse, obèse &#33; Une colère abominable &#33; Son rugissement renverse tous les plats de la table, mais Kagetoki a prévenu Hiruya de ne pas se laisser destabiliser. <br />
- MA FEMME, misérable avorton &#33;...<br />
Et soudain, le Baron éclate en sanglots et s&#39;affale sur sa table, pendant que rivières de larmes coulent de ses gros yeux exorbités sur sa bonne bouille écarlate. Les invités sont stupéfaits. <br />
- Ma femme, ah ma pauvre femme &#33;... Elle est partie... elle est partie sur les terres des Lunes Vertes, voilà &#33;... <br />
Et il renifle grassement pendant qu&#39;on vient le consoler et qu&#39;on fait gentiment mais fermement signe à Hiruya qu&#39;il est temps de partir maintenant &#33;<br />
Notre héros ne se fait pas prier et s&#39;incline poliment devant l&#39;assistant qui a soudain perdu l&#39;appétit &#33; <br />
Et nos deux samuraï quittent la Montagne du Baron, pendant que les chouinements de mômes du Baron retentissent dans tout l&#39;espace &#33; <br />
- Les terres des Lunes Vertes, dit Kagetoki, je crois me souvenir où elles se trouvent... Ce n&#39;est pas la porte à côté. Il faudra arriver reposés là-bas, car la femme de Ko-Te-Chu n&#39;est pas précisément ce qu&#39;on appelle une femme arrangeante... <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/troll2.gif" alt="Troll2" title="Troll2" class="smilie smilie_307" />]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[20e Episode : Trois contes d&#39;hiver]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=345</link>
			<pubDate>Mon, 02 Oct 2006 09:41:38 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=345</guid>
			<description><![CDATA[<span style="color: #666666;" class="mycode_color"><div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">20e Episode (III)</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url"><span style="color: #666666;" class="mycode_color">Boeuf 1127</span></a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Trois contes d&#39;hiver</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Ténèbres sur la Cité&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></div></span><br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align">
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<br />
La maison du vieil Asako Kinto. <br />
Mais quel âge pouvait-il avoir, ce vieil homme ?... Hiruya n&#39;avait peut-être jamais connu de samurai aussi vieux. Chenu, recroquevillé, il continuait pourtant à entretenir son jardin, à herboriser, malgré le froid hivernal. <br />
Il fit entrer Hiruya et sa servante apporta du thé. <br />
Notre Magistrat, après les lenteurs rituelles de la cérémonie, lui expliqua la raison de sa visite. <br />
Le vieil Asako hocha longuement la tête. <br />
- Le senseï Kagetoki s&#39;est adressé à moi, c&#39;est exact. Déjà cinq ans &#33;... Cette pée de cristal. <br />
Il marmonna dans sa barbe des choses incompréhensibles puis reprit à l&#39;intention de son visiteur : <br />
- Vous a t-on dit où le senseï Kagetoki est parti ?<br />
Le Magistrat toussota : <br />
- Doji Sukemara m&#39;a laissé entendre qu&#39;il était parti, enfin, disons... <br />
Il n&#39;osait pas le dire, de peur d&#39;être ridicule.<br />
- Oui, dites-le... <br />
- Hé bien, dans un autre monde. <br />
- C&#39;est tout à fait exact, honorable Magistrat. <br />
Le vieil homme versa le thé. <br />
- Dans un autre monde... <br />
Il l&#39;avait dit, pénétré de tout ce que cela impliquait. Et Hiruya ne s&#39;en rendait pas bien compte. Un autre monde &#33;... Où ? Fait de quoi ? Peuplé de quelles créatures ? Gouverné par quel Empereur ?<br />
- - Voyez-vous, honorable Magistrat, puisque l&#39;honneur vous commande de retrouver Kakita Kagetoki, je ne puis vous laisser partir ainsi, démuni, en direction de la forêt Shinomen. <br />
- Je vous en suis infiniment reconnaissant, senseï. <br />
- Je vais vous dire des choses que peut de monde a besoin de savoir. Car pour garder la tête froide et toujours rester fidèle à son devoir, un samurai n&#39;a pas besoin d&#39;en savoir trop. Qu&#39;il connaisse la voie pavée par ses Ancêtres, qu&#39;il connaisse les exigences de son seigneur, qu&#39;il connaisse les ruses de ses ennemis, et cela suffit à remplir sa vie d&#39;homme &#33; <br />
- Oui senseï. <br />
- Ceux que nous appelons les shugenjas servent comme les bushis, mais cherchent à vivre en harmonie avec les puissances élèmentaires. Ils cherchent à se les concilier pour servir l&#39;Empire. <br />
- Oui senseï. <br />
- Les shugenjas sont donc initiés à des savoirs qui seraient superflus pour des bushis. Mais vous, honorable magistrat, vous voici en quête d&#39;une épée venue d&#39;ailleurs, des Sables éternelles, et vous partirez bientôt la chercher ailleurs que dans notre monde. Aussi faut-il que vous sachiez certaines choses, qui échappent complétement à la plupart des samuraï, et même des shugenjas les plus érudits... Car qui se soucierait de ce qui se passe dans d&#39;autres mondes ?... C&#39;est à peine concevable, n&#39;est-ce pas ?... Pourquoi se soucier de ce qui se passe hors des frontières de ses terres natales ? <br />
- Parce qu&#39;il ya la guerre parfois... <br />
- De fait, honorable Magistrat. Et si vous cherchez cette Epée, c&#39;est bien parce que vous désirez défendre la justice en ces temps troublés. <br />
- Oui senseï. Un moine en qui j&#39;ai toute confiance m&#39;a convaincu de l&#39;importance de cette épée. <br />
- Soit, soit... Alors laissez-moi vous dire ceci : le monde que vous connaissez, celui où se trouvent les vivants, les humains, les plantes, les animaux, les roches, les esprits, les plaines... Tout cela compose le Ningen-Do, le monde des vivants. Mais ce monde n&#39;est pas seul. D&#39;abord il communique avec le monde des morts, dans lequel nous passerons avant de nous réincarner. Mais nous ne sommes pas à l&#39;abri du monde du Jigoku, le monde des ténèbres et des démons, d&#39;où viennent les serviteurs de l&#39;Outremonde... <br />
- Combien y a t-il de mondes ainsi ? <br />
- Dix, honorable magistrat. Ou peut-être plus... Qui parmi les êtres éphémères que nous sommes pourrait avoir la folie de connaitre toute la circonférence de la roue cosmique... Que savons du vaste empire des dix milles choses ?... Que savons du jeu infini des Fortunes ?... Que savons des autres mondes ?... <br />
Hiruya tâchait de comprendre mais il lui semblait s&#39;avancer dans des sables mouvants. Il perdait pied, le sol se dérobait, il s&#39;enlisait. <br />
- Bien, quoiqu&#39;il en soit, reprit le vieil Asako, sachez que Kakita Kagetoki est parti pour le monde appelé Sakkaku. Autrement appelé le monde des rêves. <br />
- Sakkaku, répéta Hiruya... <br />
- Aussi appelé le Monde de l&#39;Espiéglerie. Dans ce monde vivent des créatures qui nous ressemblent, mais qui ressemblent aussi à des animaux. Par exemple, des guerriers légendaires, appelés les Kenkus, des hommes-oiseaux... <br />
- ... qui auraient enseigné à Kakita lui-même l&#39;art du sabre &#33;... <br />
Elles revenaient à sa mémoire les légendes de sa jeunesse &#33; <br />
- Tout à fait, honorable magistrat, sourit le vieil homme. <br />
Les yeux de Hiruya brillaient déjà d&#39;envie. On lui aurait dit dix ou quinze ans de moins &#33; Les Kenkus &#33; Les duellistes merveilleux, plus rapides que l&#39;éclair, plus puissants que la foudre &#33; <br />
- Et les Kenkus, comme les pies, aiment beaucoup les objets brillants, Hiruya-sama... <br />
- C&#39;est donc pour cela que l&#39;un d&#39;eux a dérobé l&#39;épée de Kagetoki. <br />
Kinto-senseï hocha la tête positivement. <br />
- Trouvez ses objets brillants, même de peu de valeur, et vous vous concilierez leurs faveurs... <br />
- Je n&#39;y manquerai pas. Je sais que les caravanes des Licornes regorgent de babioles étranges qui brillent au soleil... Mais comment accédez à ce monde ?... <br />
- Il y a un passage dans la Forêt Shinomen. C&#39;est ce passage que Kakita Kagetoki est parti chercher. Soit il l&#39;a trouvé, soit il gît, mort, depuis cinq ans dans les profondeurs de la forêt... <br />
- Non impossible &#33; Il l&#39;a trouvé &#33; <br />
- J&#39;en suis certain, soupira le vieil homme. <br />
- Comment trouver ce passage ?<br />
- Kagetoki-senseï s&#39;était fait accompagner de Kitsuki Jotomon-senseï. Elle seule a osé braver les dangers de cet endroit. <br />
- Alors elle ne pourra refuser de me servir de guide. <br />
- L&#39;honneur lui ordonnera de le faire. Et elle n&#39;a jamais transigé avec, par Togashi &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Sans surprise, Kitsuki Jotomon accepta d&#39;accompagner notre Magistrat au coeur de la Forêt. Elle ne dit que quelques mots après que Hiruya lui eût exposé la situation. Elle serait prête le lendemain pour le départ. <br />
Le soir, tous les assistants se réunissaient, pour apprendre le départ de leur supérieur. Et le Magistrat d&#39;Emeraude distribuait ses ordres : <br />
- Les Crabes sont signalés au sud-ouest de la ville. Des patrouilles, peut-être bien plus encore. Il est impératif de stopper leur avancée, de les empêcher d&#39;approcher de la ville. Bayushi Bokkai et Mirumoto Ryu méneront une expédition contre eux. Enrôler des samuraï de tous les clans présents en ville, au nom de l&#39;Empereur &#33;... <br />
" Hida Shigeru, tu resteras en ville pour veiller sur le palais. Tu écouteras les conseils du moine Tadakune et de Rukya. J&#39;enverrai mes instructions par écrits aux deux Phénix. Que Hanteï vous protège &#33; <br />
Les assistants s&#39;inclinèrent. <br />
En sortant de la pièce, Ryu demanda à Bokkai s&#39;il avait revu Bayushi Kishidayu, son insaisissable adversaire. L&#39;hiver dernier, à la cour d&#39;hiver, le malicieux Bokkai s&#39;était vanté de le connaître. <br />
- Hélas non, dit-il avec l&#39;air d&#39;être sincère. Je n&#39;ai aucune nouvelle de lui. J&#39;aurais pu le croiser à la guerre mais il ne semble. <br />
- Je vous remercie. <br />
Et Ryu s&#39;en alla sans mot dire, aux bains publics. <br />
Avant l&#39;heure du coucher, Ayame et Ikky reçurent leurs instructions : elles devaient continuer à se reposer, à veiller aux maléfices toujours possibles... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le lendemain matin, Kitsuki Jotomon et Kakita Hiruya passèrent les portes de la ville de bonne heure. Le Magistrat n&#39;avait pas souhaité ébruiter son départ : il ne voulait pas de cérémonie, ce qui l&#39;aurait retardé. <br />
Au palais, Ryu et Bokkai réunissaient leurs troupes : ils avaient fait placarder des avis sur les murs de la ville, pour recruter des mercenaires. Une quarantaine de rônin se présenta durant la journée et on en retint dix-sept. Les autres étaient trop vieux, ou trop galeux, ou maigrichons ou incapables de tenir une arme. Les clans du Dragon et du Scorpion envoyèrent chacun vingt bushis : les premiers venaient de l&#39;armée stationnée au sud, et les autres venaient des meilleures troupes des familles Bayushi et Yogo. Les Licornes envoyèrent quinze Shinjo et dix Shiotomes, les redoutables Vierges de Bataille. On vit enfin une dizaine de paysans armés se présenter au palais, ainsi qu&#39;une dizaine d&#39;etas, prêts à mourir pour purifier leur kharma et atteindre une meilleure vie la prochaine fois. <br />
Au total, une bonne centaine de combattants pour s&#39;opposer aux Crabes infiltrés en profondeur dans les territoires de la Cité des Histoires. La troupe se mit en marche le lendemain matin. Elle arriva en milieu de journée sur les terres du clan du Lièvre. Usagi Ozaki et ses hommes remontaient leur château. Le daimyo borgne désigna dix de ses hommes pour se joindre à la troupe : ceux-ci furent honorés de payer une partie de la dette que leur clan devait à la Magistrature. S&#39;ils mourraient, ils mourraient maintenant en braves, en samurai, en fils de l&#39;Ordre Céleste, pas en rôdeurs de grands chemins. <br />
<br />
Le soir, les officiers faisaient le point dans leur grande tente, autour de Ryu et Bokkai. Dans la journée, on avait aperçu au loin les patrouilles aux couleurs de la Muraille. Ils étaient bien trop près de la Cité. Sans doute que le combat aurait lieu dès le lendemain. Ainsi, le sort des armes serait vite décidé, ce qui convenait à tous. Mirumoto Ryu, qui se découvrait décidément des talents insoupçonnés de meneuse d&#39;homme, mettait au point la stratégie, tâchant de coorodonner les philosophies bien différentes des différents clans d&#39;où venaient ses guerriers. <br />
Mais elle sut tenir compte des forces de chaque clan : les Dragons méneraient le gros de l&#39;assaut comme fantassins, tandis que les Licornes déferleraient avec leur cavalerie. Les paysans et etas seraient mis au premier rang, avec les rônins juste derrière. Les Scorpions tenteraient des manoeuvre de contournement pour prendre l&#39;ennemi à revers. <br />
Ryu demanda enfin aux Licornes d&#39;envoyer un messager vers le nord, au chateau de la famille Otaku, pour demander des renforts de troupes. <br />
Le soir, elle s&#39;entretint à part avec Bokkai : elle insinua (mais on sentait qu&#39;elle n&#39;y entendait rien aux insinuations &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" /> qu&#39;elle aurait besoin de certains services spéciaux des membres du clan du Scorpion. Notamment des repérages nocturnes, mais peut-être un peu plus... <br />
- Un repérage en force, murmura Bokkai, qui voyait bien de quoi on parlait. <br />
Ryu remercia et alla dormir. Elle entendit plus tard dans la nuit des bruits de pas : elle vit des Scorpions quitter subrepticement le campement et s&#39;enfoncer dans la nuit. <br />
Elle ne comprit pas, s&#39;assit, secoua Bokkai et cria en murmurant : <br />
- Bokkai-san, des Scorpions quittent le camp &#33;... <br />
- Mais oui, maugréa le Bayushi, ce sont les volontaires spéciaux &#33;... <br />
Elle ne comprenait donc rien, cette Mirumoto &#33; <br />
Effaré autant qu&#39;agacé il se rendormit vite. Ryu s&#39;était tue, et en fit bientôt autant. <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<span style="color: #666666;" class="mycode_color"><div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">20e Episode (III)</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url"><span style="color: #666666;" class="mycode_color">Boeuf 1127</span></a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Trois contes d&#39;hiver</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Ténèbres sur la Cité&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></div></span><br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align">
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<br />
La maison du vieil Asako Kinto. <br />
Mais quel âge pouvait-il avoir, ce vieil homme ?... Hiruya n&#39;avait peut-être jamais connu de samurai aussi vieux. Chenu, recroquevillé, il continuait pourtant à entretenir son jardin, à herboriser, malgré le froid hivernal. <br />
Il fit entrer Hiruya et sa servante apporta du thé. <br />
Notre Magistrat, après les lenteurs rituelles de la cérémonie, lui expliqua la raison de sa visite. <br />
Le vieil Asako hocha longuement la tête. <br />
- Le senseï Kagetoki s&#39;est adressé à moi, c&#39;est exact. Déjà cinq ans &#33;... Cette pée de cristal. <br />
Il marmonna dans sa barbe des choses incompréhensibles puis reprit à l&#39;intention de son visiteur : <br />
- Vous a t-on dit où le senseï Kagetoki est parti ?<br />
Le Magistrat toussota : <br />
- Doji Sukemara m&#39;a laissé entendre qu&#39;il était parti, enfin, disons... <br />
Il n&#39;osait pas le dire, de peur d&#39;être ridicule.<br />
- Oui, dites-le... <br />
- Hé bien, dans un autre monde. <br />
- C&#39;est tout à fait exact, honorable Magistrat. <br />
Le vieil homme versa le thé. <br />
- Dans un autre monde... <br />
Il l&#39;avait dit, pénétré de tout ce que cela impliquait. Et Hiruya ne s&#39;en rendait pas bien compte. Un autre monde &#33;... Où ? Fait de quoi ? Peuplé de quelles créatures ? Gouverné par quel Empereur ?<br />
- - Voyez-vous, honorable Magistrat, puisque l&#39;honneur vous commande de retrouver Kakita Kagetoki, je ne puis vous laisser partir ainsi, démuni, en direction de la forêt Shinomen. <br />
- Je vous en suis infiniment reconnaissant, senseï. <br />
- Je vais vous dire des choses que peut de monde a besoin de savoir. Car pour garder la tête froide et toujours rester fidèle à son devoir, un samurai n&#39;a pas besoin d&#39;en savoir trop. Qu&#39;il connaisse la voie pavée par ses Ancêtres, qu&#39;il connaisse les exigences de son seigneur, qu&#39;il connaisse les ruses de ses ennemis, et cela suffit à remplir sa vie d&#39;homme &#33; <br />
- Oui senseï. <br />
- Ceux que nous appelons les shugenjas servent comme les bushis, mais cherchent à vivre en harmonie avec les puissances élèmentaires. Ils cherchent à se les concilier pour servir l&#39;Empire. <br />
- Oui senseï. <br />
- Les shugenjas sont donc initiés à des savoirs qui seraient superflus pour des bushis. Mais vous, honorable magistrat, vous voici en quête d&#39;une épée venue d&#39;ailleurs, des Sables éternelles, et vous partirez bientôt la chercher ailleurs que dans notre monde. Aussi faut-il que vous sachiez certaines choses, qui échappent complétement à la plupart des samuraï, et même des shugenjas les plus érudits... Car qui se soucierait de ce qui se passe dans d&#39;autres mondes ?... C&#39;est à peine concevable, n&#39;est-ce pas ?... Pourquoi se soucier de ce qui se passe hors des frontières de ses terres natales ? <br />
- Parce qu&#39;il ya la guerre parfois... <br />
- De fait, honorable Magistrat. Et si vous cherchez cette Epée, c&#39;est bien parce que vous désirez défendre la justice en ces temps troublés. <br />
- Oui senseï. Un moine en qui j&#39;ai toute confiance m&#39;a convaincu de l&#39;importance de cette épée. <br />
- Soit, soit... Alors laissez-moi vous dire ceci : le monde que vous connaissez, celui où se trouvent les vivants, les humains, les plantes, les animaux, les roches, les esprits, les plaines... Tout cela compose le Ningen-Do, le monde des vivants. Mais ce monde n&#39;est pas seul. D&#39;abord il communique avec le monde des morts, dans lequel nous passerons avant de nous réincarner. Mais nous ne sommes pas à l&#39;abri du monde du Jigoku, le monde des ténèbres et des démons, d&#39;où viennent les serviteurs de l&#39;Outremonde... <br />
- Combien y a t-il de mondes ainsi ? <br />
- Dix, honorable magistrat. Ou peut-être plus... Qui parmi les êtres éphémères que nous sommes pourrait avoir la folie de connaitre toute la circonférence de la roue cosmique... Que savons du vaste empire des dix milles choses ?... Que savons du jeu infini des Fortunes ?... Que savons des autres mondes ?... <br />
Hiruya tâchait de comprendre mais il lui semblait s&#39;avancer dans des sables mouvants. Il perdait pied, le sol se dérobait, il s&#39;enlisait. <br />
- Bien, quoiqu&#39;il en soit, reprit le vieil Asako, sachez que Kakita Kagetoki est parti pour le monde appelé Sakkaku. Autrement appelé le monde des rêves. <br />
- Sakkaku, répéta Hiruya... <br />
- Aussi appelé le Monde de l&#39;Espiéglerie. Dans ce monde vivent des créatures qui nous ressemblent, mais qui ressemblent aussi à des animaux. Par exemple, des guerriers légendaires, appelés les Kenkus, des hommes-oiseaux... <br />
- ... qui auraient enseigné à Kakita lui-même l&#39;art du sabre &#33;... <br />
Elles revenaient à sa mémoire les légendes de sa jeunesse &#33; <br />
- Tout à fait, honorable magistrat, sourit le vieil homme. <br />
Les yeux de Hiruya brillaient déjà d&#39;envie. On lui aurait dit dix ou quinze ans de moins &#33; Les Kenkus &#33; Les duellistes merveilleux, plus rapides que l&#39;éclair, plus puissants que la foudre &#33; <br />
- Et les Kenkus, comme les pies, aiment beaucoup les objets brillants, Hiruya-sama... <br />
- C&#39;est donc pour cela que l&#39;un d&#39;eux a dérobé l&#39;épée de Kagetoki. <br />
Kinto-senseï hocha la tête positivement. <br />
- Trouvez ses objets brillants, même de peu de valeur, et vous vous concilierez leurs faveurs... <br />
- Je n&#39;y manquerai pas. Je sais que les caravanes des Licornes regorgent de babioles étranges qui brillent au soleil... Mais comment accédez à ce monde ?... <br />
- Il y a un passage dans la Forêt Shinomen. C&#39;est ce passage que Kakita Kagetoki est parti chercher. Soit il l&#39;a trouvé, soit il gît, mort, depuis cinq ans dans les profondeurs de la forêt... <br />
- Non impossible &#33; Il l&#39;a trouvé &#33; <br />
- J&#39;en suis certain, soupira le vieil homme. <br />
- Comment trouver ce passage ?<br />
- Kagetoki-senseï s&#39;était fait accompagner de Kitsuki Jotomon-senseï. Elle seule a osé braver les dangers de cet endroit. <br />
- Alors elle ne pourra refuser de me servir de guide. <br />
- L&#39;honneur lui ordonnera de le faire. Et elle n&#39;a jamais transigé avec, par Togashi &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Sans surprise, Kitsuki Jotomon accepta d&#39;accompagner notre Magistrat au coeur de la Forêt. Elle ne dit que quelques mots après que Hiruya lui eût exposé la situation. Elle serait prête le lendemain pour le départ. <br />
Le soir, tous les assistants se réunissaient, pour apprendre le départ de leur supérieur. Et le Magistrat d&#39;Emeraude distribuait ses ordres : <br />
- Les Crabes sont signalés au sud-ouest de la ville. Des patrouilles, peut-être bien plus encore. Il est impératif de stopper leur avancée, de les empêcher d&#39;approcher de la ville. Bayushi Bokkai et Mirumoto Ryu méneront une expédition contre eux. Enrôler des samuraï de tous les clans présents en ville, au nom de l&#39;Empereur &#33;... <br />
" Hida Shigeru, tu resteras en ville pour veiller sur le palais. Tu écouteras les conseils du moine Tadakune et de Rukya. J&#39;enverrai mes instructions par écrits aux deux Phénix. Que Hanteï vous protège &#33; <br />
Les assistants s&#39;inclinèrent. <br />
En sortant de la pièce, Ryu demanda à Bokkai s&#39;il avait revu Bayushi Kishidayu, son insaisissable adversaire. L&#39;hiver dernier, à la cour d&#39;hiver, le malicieux Bokkai s&#39;était vanté de le connaître. <br />
- Hélas non, dit-il avec l&#39;air d&#39;être sincère. Je n&#39;ai aucune nouvelle de lui. J&#39;aurais pu le croiser à la guerre mais il ne semble. <br />
- Je vous remercie. <br />
Et Ryu s&#39;en alla sans mot dire, aux bains publics. <br />
Avant l&#39;heure du coucher, Ayame et Ikky reçurent leurs instructions : elles devaient continuer à se reposer, à veiller aux maléfices toujours possibles... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le lendemain matin, Kitsuki Jotomon et Kakita Hiruya passèrent les portes de la ville de bonne heure. Le Magistrat n&#39;avait pas souhaité ébruiter son départ : il ne voulait pas de cérémonie, ce qui l&#39;aurait retardé. <br />
Au palais, Ryu et Bokkai réunissaient leurs troupes : ils avaient fait placarder des avis sur les murs de la ville, pour recruter des mercenaires. Une quarantaine de rônin se présenta durant la journée et on en retint dix-sept. Les autres étaient trop vieux, ou trop galeux, ou maigrichons ou incapables de tenir une arme. Les clans du Dragon et du Scorpion envoyèrent chacun vingt bushis : les premiers venaient de l&#39;armée stationnée au sud, et les autres venaient des meilleures troupes des familles Bayushi et Yogo. Les Licornes envoyèrent quinze Shinjo et dix Shiotomes, les redoutables Vierges de Bataille. On vit enfin une dizaine de paysans armés se présenter au palais, ainsi qu&#39;une dizaine d&#39;etas, prêts à mourir pour purifier leur kharma et atteindre une meilleure vie la prochaine fois. <br />
Au total, une bonne centaine de combattants pour s&#39;opposer aux Crabes infiltrés en profondeur dans les territoires de la Cité des Histoires. La troupe se mit en marche le lendemain matin. Elle arriva en milieu de journée sur les terres du clan du Lièvre. Usagi Ozaki et ses hommes remontaient leur château. Le daimyo borgne désigna dix de ses hommes pour se joindre à la troupe : ceux-ci furent honorés de payer une partie de la dette que leur clan devait à la Magistrature. S&#39;ils mourraient, ils mourraient maintenant en braves, en samurai, en fils de l&#39;Ordre Céleste, pas en rôdeurs de grands chemins. <br />
<br />
Le soir, les officiers faisaient le point dans leur grande tente, autour de Ryu et Bokkai. Dans la journée, on avait aperçu au loin les patrouilles aux couleurs de la Muraille. Ils étaient bien trop près de la Cité. Sans doute que le combat aurait lieu dès le lendemain. Ainsi, le sort des armes serait vite décidé, ce qui convenait à tous. Mirumoto Ryu, qui se découvrait décidément des talents insoupçonnés de meneuse d&#39;homme, mettait au point la stratégie, tâchant de coorodonner les philosophies bien différentes des différents clans d&#39;où venaient ses guerriers. <br />
Mais elle sut tenir compte des forces de chaque clan : les Dragons méneraient le gros de l&#39;assaut comme fantassins, tandis que les Licornes déferleraient avec leur cavalerie. Les paysans et etas seraient mis au premier rang, avec les rônins juste derrière. Les Scorpions tenteraient des manoeuvre de contournement pour prendre l&#39;ennemi à revers. <br />
Ryu demanda enfin aux Licornes d&#39;envoyer un messager vers le nord, au chateau de la famille Otaku, pour demander des renforts de troupes. <br />
Le soir, elle s&#39;entretint à part avec Bokkai : elle insinua (mais on sentait qu&#39;elle n&#39;y entendait rien aux insinuations &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" /> qu&#39;elle aurait besoin de certains services spéciaux des membres du clan du Scorpion. Notamment des repérages nocturnes, mais peut-être un peu plus... <br />
- Un repérage en force, murmura Bokkai, qui voyait bien de quoi on parlait. <br />
Ryu remercia et alla dormir. Elle entendit plus tard dans la nuit des bruits de pas : elle vit des Scorpions quitter subrepticement le campement et s&#39;enfoncer dans la nuit. <br />
Elle ne comprit pas, s&#39;assit, secoua Bokkai et cria en murmurant : <br />
- Bokkai-san, des Scorpions quittent le camp &#33;... <br />
- Mais oui, maugréa le Bayushi, ce sont les volontaires spéciaux &#33;... <br />
Elle ne comprenait donc rien, cette Mirumoto &#33; <br />
Effaré autant qu&#39;agacé il se rendormit vite. Ryu s&#39;était tue, et en fit bientôt autant. <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[20e Episode : Trois contes d&#39;hiver]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=352</link>
			<pubDate>Tue, 20 Jun 2006 16:41:26 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=352</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">20e Episode (II)</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Rat 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Trois contes d&#39;hiver</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Le visiteur du soir&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span><br />
<br />
<img src="http://www.sdm-ftp.homelinux.com/L5R/ninja.jpg" loading="lazy"  alt="[Image: ninja.jpg]" class="mycode_img" /><br />
<br />
</div>
<br />
Le crâne dégarni, les traits tirés, les yeux creusés, la bouche noire et vide comme un trou, les mains maigres comme celles d&#39;un squelette, il s&#39;approcha d&#39;Ikky et lui saisit le poignet. Elle ne l&#39;avait pas vue venir : elle sentit ses doigts glacés et le repoussa vivement. <br />
Un autre s&#39;approchait, plus mort que vif, la bave aux lèvres, l&#39;air ahuri. La yojimbo fit reculer Ayame de quelques pas et envoya son poing dans la figure du premier, qui alla rouler à terre. Les autres hésitèrent un moment, leurs loques frissonnant dans le vent d&#39;hiver. Dehors, de lourds flocons s&#39;abattaient dans le petit jardin. <br />
- Reculez &#33; reculez &#33;<br />
Ikky était comme folle : elle suait pour tenir éloignés ces drogués, pour tenter de préserver le peu de puretés qu&#39;il leur restait.  <br />
<br />
Bientôt une heure qu&#39;elle et Ayame devaient attendre, parmi cette assemblée de fantômes. Les pires intoxiqués de la ville avaient rendez-vous ici : on disait que certains avaient été samuraï, d&#39;autres marchands, d&#39;autres etas, mais à présent, cela ne faisait plus grande différence. La nuit tombait sur le jardin blanc ; entre chien et loup, ces grisâtres fantoches devenaient encore plus inquiétants. Ils n&#39;avaient pas vu de femmes nobles comme elles depuis longtemps. <br />
Ayame, pâle, malade, s&#39;appuyait contre le mur, pendant que la solide Ikky défiait l&#39;assistance du regard. Le vieux parquet grinçait au moindre mouvement. <br />
<br />
Enfin un moine entra, et ordonna aux locataires des lieux de déguerpir. Un solide moine, bâti d&#39;une pièce, dans ses rudes habits, qui rentrait de couper du bois. A la lumière mourante de ce jour d&#39;hiver, le lieu avait perdu de ses couleurs ; tout devenait couleur grisaille, puce. Lieu morne et déjà inquiétant. <br />
Apeurés, les pauvres hères partirent à l&#39;autre bout de la pièce. Le moine les couvrit de son regard quelques instants. Puis, sûr qu&#39;ils se tiendraient tranquilles : <br />
- Suivez-moi, honorables samuraï. Mon nom est Heiji et je serai votre serviteur pendant la durée de votre séjour. <br />
Un rude gailllard, avec les jambes arquées et parlant avec un fort accent de l&#39;ouest : sans doute un ancien cavalier Licorne. <br />
- Rassurez-vous : nous ne vous logerons pas avec eux. <br />
Et pourtant, les deux femmes auraient pu jurer que c&#39;était exprès qu&#39;on les avait laissées là, pendant tout ce temps, pour qu&#39;elles se rendent bien compte de ce qu&#39;on devenait, à force de consommer de l&#39;opium &#33; <br />
Le moine les mena dans une autre aile du temple et leur présenta une petite chambre, propre et modeste, où deux servantes s&#39;occupaient de chauffer les draps.  <br />
<br />
C&#39;était donc là que les deux femmes passeraient au moins un mois, en pénitence, loin du monde. Et pourtant, elles étaient encore bel et bien dans la Cité des Histoires, mais l&#39;agitation, la rumeur, les vices, les mesquineries et les dangers de la ville semblaient bien loin, contenues derrière le mur d&#39;enceinte. Ici, dans ce petit monde de neige et de nuit, on respirait la pureté. Durant la journée, le ciel avait été gris et lisse, comme un lac de glace ; après le coucher du soleil, il serait noir et lourd, sans espoir. Oui, les nuits allaient être longues à partir de maintenant.<br />
<br />
Heiji s&#39;inclina et laissa les deux femmes prendre possession des lieux. Dans un coffre, quelques affaires. Un baquet pour leurs nécessités. Deux exemplaires du Tao de Shinsei, et d&#39;autres livres de piété mystique. Des lectures bien trop négligées par Ayame &#33; <br />
La shugenja se sentait épuisée. Ce soir-là, elle et Ikky ne se rendirent même pas au repas en commun. Heiji passa dans la soirée, toqua, puis ouvrit légèrement le panneau : elles dormaient à poings fermés, comme si c&#39;était la première fois depuis des années. <br />
Le moine s&#39;éloigna en silence et traversa la cour encotonnée par la neige, le bruit de ses pas assourdis. Il frissonna quand une bise aigre s&#39;infiltra en sifflant dans la cour ; il était pressé d&#39;aller profiter de la cheminée du réfectoir. <br />
<br />
<img src="http://www.sdm-ftp.homelinux.com/L5R/ninja3.gif" loading="lazy"  alt="[Image: ninja3.gif]" class="mycode_img" /><br />
<br />
Certainement inspirée par l&#39;esprit d&#39;un Ancêtre ou par un divin signe des Dragons élèmentaires, Ryu avait commencé à s&#39;occuper d&#39;un petit carré de jardin, au palais de la Magistrature. Dès le lever, elle allait s&#39;y promener et y méditer. Elle s&#39;y prenait trop tard pour espérer le voir fleurir. Mais elle se sentait en harmonie avec ces lieux. <br />
Hiruya, de retour de ses exercices matinaux, la regardait prier, près du petit étang gelé. <br />
Ils n&#39;étaient plus que trois maintenant : eux deux et Shigeru.<br />
Riobe parti sur les routes ; Bayushi Bokkai et Shinjo Kohei à la guerre ; et les deux Phénix, recluses au temple jusqu&#39;à nouvel ordre. <br />
<br />
Ils prenaient leurs repas en silence, recevaient peu de monde et surtout pas de Scorpions. On festoyait sur l&#39;île de la Larme, malgré l&#39;hiver et la menace de l&#39;Outremonde, on vivait dans une belle inconscience et on essayait de retrouver un peu de cette atmopshère de folie et de fantaisie d&#39;il y a quatre ans. Asahina Masumi faisait revivre la mode, les Scorpions fomentaient des intrigues amoureuses, Doji Itto se disait intéressé par le patronage d&#39;une ou deux geisha de luxe ; les Dragons prenaient part à la fête, eux qui vivaient d&#39;habitude comme des moines. <br />
Mais on voyait peu la Magistrature d&#39;Emeraude. <br />
- Nous avons été ridiculisés, répétait Ryu. Nous avons perdu toute crédibilité. <br />
Hiruya soupira, d&#39;entendre cette rengaine pour énième fois &#33;... Et Miya Katsu qui était toujours à Shiro no Soshuro. Shigeru n&#39;osait rien dire : mais il avait complétement arrêté la boisson. <br />
A défaut d&#39;être sociables, nos héros étaient au moins vertueux &#33;<br />
Pour un Grue comme Hiruya, cette situation était difficile : c&#39;était instinctif, chez les gens de son clan, de se mêler au monde, de briller, de plaire. Mais il devait rester dans cet austère palais, à pratiquer ses exercices rituels au lieu de rivaliser avec Doji Itto, Jocho et d&#39;autres pour le coeur d&#39;une femme ou une compétition artistique &#33;<br />
Il fallait l&#39;accepter, c&#39;était ainsi. Il payait pour Ayame son assistante. Depuis que celle-ci avait abusé de l&#39;opium en public, Hiruya avait interdit l&#39;île de la Larme à ses assistants sans autorisation. <br />
<br />
- Je pense qu&#39;il nous faut d&#39;autres assistants, remarquait Ryu. <br />
Elle prenait du poil de la bête, ces temps-ci.<br />
- Si je puis me permettre, je recommande l&#39;excellent et honorable Kitsuki Hanbei. Un très grand magistrat. <br />
Hiruya hocha la tête en avalant son riz à la vapeur : honorable, honorable, c&#39;était bien vite dit &#33; On sait qu&#39;il en avait après les secrets pas franchement honorables d&#39;Ayame et qu&#39;il avait magouillé avec les Scorpions, au moment du procès Kumanosuke. <br />
Mais Hiruya ne fit pas plus de remarques à ce sujet. Il dit juste : <br />
- A ma connaissance, Kitsuki Hanbei est d&#39;esprit indépendant. Il travaille seul. Je ne pense pas qu&#39;il accepterait de se mettre au service de Katsu-sama. Eux deux sont égaux ou presque dans l&#39;Ordre Céleste. <br />
- Je pense qu&#39;il nous faut aussi un shugenja. Car Ayame nous a rendu ridicules &#33;<br />
Elle pesait bien ses mots pour administrer sa leçon. <br />
- Pourquoi pas un shugenja du clan du Scorpion, Hiruya-sama ? <br />
- Ah non &#33;... <br />
C&#39;était le cri du coeur &#33; Et pourquoi pas avaler la fiole de poison directement ?<br />
- J&#39;ai une autre idée, dans ce cas...<br />
La question était : combien en avait-elle ? <br />
Shigeru gardait le nez dans son bol.<br />
- Nous pourrions écrire au clan de la Licorne et demander la femme de Shinjo Kohei. Elle se nomme Iuchi Shizuka et c&#39;est une shugenja. <br />
Ryu était agaçante à répéter ce que tout le monde savait. Hiruya avait eu l&#39;occasion, plusieurs fois, de rencontrer la femme de son ami Kohei. C&#39;était une bonne maîtresse de maison et, avec son mari, un tyran domestique. Le pauvre Kohei devait jouer d&#39;inventivité pour trouver une excuse pour sortir, et aller retrouver ses amis &#33; <br />
Et il n&#39;était pas rare qu&#39;il se fasse mettre à la porte, pendant que sa femme organisait le grand ménage. <br />
- Cette idée me plaît davantage, concéda Hiruya. Je songeais aussi à envoyer une missive à Bokkai. Pour savoir si son général consentirait à me l&#39;envoyer.<br />
- Il serait utile pour faire le lien avec le palais Shosuro, nota Shigeru. <br />
Et c&#39;était bien ainsi que Hiruya l&#39;entendait. <br />
- Bon, je déciderai plus tard. Ryu, j&#39;ai une mission à vous confier &#33; <br />
Fini de bavarder &#33;<br />
- J&#39;ai reçu d&#39;inquiétantes nouvelles, d&#39;une petite vallée encaissée, au nord-est de la ville. C&#39;est au village dit de la Pierre Rouge. On signale des morts suspectes. Vous allez vous y rendre, avec Shigeru. <br />
Les deux samuraï s&#39;inclinèrent, ravis d&#39;avoir une mission à accomplir. <br />
De fait, la Magistrature retrouvait sa raison d&#39;être. <br />
Hiruya savait vraiment le minimum de choses sur cette affaire, mais il savait que la Dragon et le Crabe ratisseraient la région et ne reviendraient pas sans avoir découvert de quoi il retournait &#33; <br />
- Vous avez trois jours &#33; <br />
 <br />
Ryu et Shigeru partirent sur l&#39;heure. Hiruya les salua puis aller rédiger deux lettres, la première à l&#39;intention de l&#39;armée du clan Bayushi et la seconde à Shinjo Zenzabûro, daimyo de la Cité du Lac aux Rives Blanches. <br />
<br />
A suivre... <img src="http://www.sdm-ftp.homelinux.com/L5R/ninja3.gif" loading="lazy"  alt="[Image: ninja3.gif]" class="mycode_img" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">20e Episode (II)</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Rat 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Trois contes d&#39;hiver</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Le visiteur du soir&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span><br />
<br />
<img src="http://www.sdm-ftp.homelinux.com/L5R/ninja.jpg" loading="lazy"  alt="[Image: ninja.jpg]" class="mycode_img" /><br />
<br />
</div>
<br />
Le crâne dégarni, les traits tirés, les yeux creusés, la bouche noire et vide comme un trou, les mains maigres comme celles d&#39;un squelette, il s&#39;approcha d&#39;Ikky et lui saisit le poignet. Elle ne l&#39;avait pas vue venir : elle sentit ses doigts glacés et le repoussa vivement. <br />
Un autre s&#39;approchait, plus mort que vif, la bave aux lèvres, l&#39;air ahuri. La yojimbo fit reculer Ayame de quelques pas et envoya son poing dans la figure du premier, qui alla rouler à terre. Les autres hésitèrent un moment, leurs loques frissonnant dans le vent d&#39;hiver. Dehors, de lourds flocons s&#39;abattaient dans le petit jardin. <br />
- Reculez &#33; reculez &#33;<br />
Ikky était comme folle : elle suait pour tenir éloignés ces drogués, pour tenter de préserver le peu de puretés qu&#39;il leur restait.  <br />
<br />
Bientôt une heure qu&#39;elle et Ayame devaient attendre, parmi cette assemblée de fantômes. Les pires intoxiqués de la ville avaient rendez-vous ici : on disait que certains avaient été samuraï, d&#39;autres marchands, d&#39;autres etas, mais à présent, cela ne faisait plus grande différence. La nuit tombait sur le jardin blanc ; entre chien et loup, ces grisâtres fantoches devenaient encore plus inquiétants. Ils n&#39;avaient pas vu de femmes nobles comme elles depuis longtemps. <br />
Ayame, pâle, malade, s&#39;appuyait contre le mur, pendant que la solide Ikky défiait l&#39;assistance du regard. Le vieux parquet grinçait au moindre mouvement. <br />
<br />
Enfin un moine entra, et ordonna aux locataires des lieux de déguerpir. Un solide moine, bâti d&#39;une pièce, dans ses rudes habits, qui rentrait de couper du bois. A la lumière mourante de ce jour d&#39;hiver, le lieu avait perdu de ses couleurs ; tout devenait couleur grisaille, puce. Lieu morne et déjà inquiétant. <br />
Apeurés, les pauvres hères partirent à l&#39;autre bout de la pièce. Le moine les couvrit de son regard quelques instants. Puis, sûr qu&#39;ils se tiendraient tranquilles : <br />
- Suivez-moi, honorables samuraï. Mon nom est Heiji et je serai votre serviteur pendant la durée de votre séjour. <br />
Un rude gailllard, avec les jambes arquées et parlant avec un fort accent de l&#39;ouest : sans doute un ancien cavalier Licorne. <br />
- Rassurez-vous : nous ne vous logerons pas avec eux. <br />
Et pourtant, les deux femmes auraient pu jurer que c&#39;était exprès qu&#39;on les avait laissées là, pendant tout ce temps, pour qu&#39;elles se rendent bien compte de ce qu&#39;on devenait, à force de consommer de l&#39;opium &#33; <br />
Le moine les mena dans une autre aile du temple et leur présenta une petite chambre, propre et modeste, où deux servantes s&#39;occupaient de chauffer les draps.  <br />
<br />
C&#39;était donc là que les deux femmes passeraient au moins un mois, en pénitence, loin du monde. Et pourtant, elles étaient encore bel et bien dans la Cité des Histoires, mais l&#39;agitation, la rumeur, les vices, les mesquineries et les dangers de la ville semblaient bien loin, contenues derrière le mur d&#39;enceinte. Ici, dans ce petit monde de neige et de nuit, on respirait la pureté. Durant la journée, le ciel avait été gris et lisse, comme un lac de glace ; après le coucher du soleil, il serait noir et lourd, sans espoir. Oui, les nuits allaient être longues à partir de maintenant.<br />
<br />
Heiji s&#39;inclina et laissa les deux femmes prendre possession des lieux. Dans un coffre, quelques affaires. Un baquet pour leurs nécessités. Deux exemplaires du Tao de Shinsei, et d&#39;autres livres de piété mystique. Des lectures bien trop négligées par Ayame &#33; <br />
La shugenja se sentait épuisée. Ce soir-là, elle et Ikky ne se rendirent même pas au repas en commun. Heiji passa dans la soirée, toqua, puis ouvrit légèrement le panneau : elles dormaient à poings fermés, comme si c&#39;était la première fois depuis des années. <br />
Le moine s&#39;éloigna en silence et traversa la cour encotonnée par la neige, le bruit de ses pas assourdis. Il frissonna quand une bise aigre s&#39;infiltra en sifflant dans la cour ; il était pressé d&#39;aller profiter de la cheminée du réfectoir. <br />
<br />
<img src="http://www.sdm-ftp.homelinux.com/L5R/ninja3.gif" loading="lazy"  alt="[Image: ninja3.gif]" class="mycode_img" /><br />
<br />
Certainement inspirée par l&#39;esprit d&#39;un Ancêtre ou par un divin signe des Dragons élèmentaires, Ryu avait commencé à s&#39;occuper d&#39;un petit carré de jardin, au palais de la Magistrature. Dès le lever, elle allait s&#39;y promener et y méditer. Elle s&#39;y prenait trop tard pour espérer le voir fleurir. Mais elle se sentait en harmonie avec ces lieux. <br />
Hiruya, de retour de ses exercices matinaux, la regardait prier, près du petit étang gelé. <br />
Ils n&#39;étaient plus que trois maintenant : eux deux et Shigeru.<br />
Riobe parti sur les routes ; Bayushi Bokkai et Shinjo Kohei à la guerre ; et les deux Phénix, recluses au temple jusqu&#39;à nouvel ordre. <br />
<br />
Ils prenaient leurs repas en silence, recevaient peu de monde et surtout pas de Scorpions. On festoyait sur l&#39;île de la Larme, malgré l&#39;hiver et la menace de l&#39;Outremonde, on vivait dans une belle inconscience et on essayait de retrouver un peu de cette atmopshère de folie et de fantaisie d&#39;il y a quatre ans. Asahina Masumi faisait revivre la mode, les Scorpions fomentaient des intrigues amoureuses, Doji Itto se disait intéressé par le patronage d&#39;une ou deux geisha de luxe ; les Dragons prenaient part à la fête, eux qui vivaient d&#39;habitude comme des moines. <br />
Mais on voyait peu la Magistrature d&#39;Emeraude. <br />
- Nous avons été ridiculisés, répétait Ryu. Nous avons perdu toute crédibilité. <br />
Hiruya soupira, d&#39;entendre cette rengaine pour énième fois &#33;... Et Miya Katsu qui était toujours à Shiro no Soshuro. Shigeru n&#39;osait rien dire : mais il avait complétement arrêté la boisson. <br />
A défaut d&#39;être sociables, nos héros étaient au moins vertueux &#33;<br />
Pour un Grue comme Hiruya, cette situation était difficile : c&#39;était instinctif, chez les gens de son clan, de se mêler au monde, de briller, de plaire. Mais il devait rester dans cet austère palais, à pratiquer ses exercices rituels au lieu de rivaliser avec Doji Itto, Jocho et d&#39;autres pour le coeur d&#39;une femme ou une compétition artistique &#33;<br />
Il fallait l&#39;accepter, c&#39;était ainsi. Il payait pour Ayame son assistante. Depuis que celle-ci avait abusé de l&#39;opium en public, Hiruya avait interdit l&#39;île de la Larme à ses assistants sans autorisation. <br />
<br />
- Je pense qu&#39;il nous faut d&#39;autres assistants, remarquait Ryu. <br />
Elle prenait du poil de la bête, ces temps-ci.<br />
- Si je puis me permettre, je recommande l&#39;excellent et honorable Kitsuki Hanbei. Un très grand magistrat. <br />
Hiruya hocha la tête en avalant son riz à la vapeur : honorable, honorable, c&#39;était bien vite dit &#33; On sait qu&#39;il en avait après les secrets pas franchement honorables d&#39;Ayame et qu&#39;il avait magouillé avec les Scorpions, au moment du procès Kumanosuke. <br />
Mais Hiruya ne fit pas plus de remarques à ce sujet. Il dit juste : <br />
- A ma connaissance, Kitsuki Hanbei est d&#39;esprit indépendant. Il travaille seul. Je ne pense pas qu&#39;il accepterait de se mettre au service de Katsu-sama. Eux deux sont égaux ou presque dans l&#39;Ordre Céleste. <br />
- Je pense qu&#39;il nous faut aussi un shugenja. Car Ayame nous a rendu ridicules &#33;<br />
Elle pesait bien ses mots pour administrer sa leçon. <br />
- Pourquoi pas un shugenja du clan du Scorpion, Hiruya-sama ? <br />
- Ah non &#33;... <br />
C&#39;était le cri du coeur &#33; Et pourquoi pas avaler la fiole de poison directement ?<br />
- J&#39;ai une autre idée, dans ce cas...<br />
La question était : combien en avait-elle ? <br />
Shigeru gardait le nez dans son bol.<br />
- Nous pourrions écrire au clan de la Licorne et demander la femme de Shinjo Kohei. Elle se nomme Iuchi Shizuka et c&#39;est une shugenja. <br />
Ryu était agaçante à répéter ce que tout le monde savait. Hiruya avait eu l&#39;occasion, plusieurs fois, de rencontrer la femme de son ami Kohei. C&#39;était une bonne maîtresse de maison et, avec son mari, un tyran domestique. Le pauvre Kohei devait jouer d&#39;inventivité pour trouver une excuse pour sortir, et aller retrouver ses amis &#33; <br />
Et il n&#39;était pas rare qu&#39;il se fasse mettre à la porte, pendant que sa femme organisait le grand ménage. <br />
- Cette idée me plaît davantage, concéda Hiruya. Je songeais aussi à envoyer une missive à Bokkai. Pour savoir si son général consentirait à me l&#39;envoyer.<br />
- Il serait utile pour faire le lien avec le palais Shosuro, nota Shigeru. <br />
Et c&#39;était bien ainsi que Hiruya l&#39;entendait. <br />
- Bon, je déciderai plus tard. Ryu, j&#39;ai une mission à vous confier &#33; <br />
Fini de bavarder &#33;<br />
- J&#39;ai reçu d&#39;inquiétantes nouvelles, d&#39;une petite vallée encaissée, au nord-est de la ville. C&#39;est au village dit de la Pierre Rouge. On signale des morts suspectes. Vous allez vous y rendre, avec Shigeru. <br />
Les deux samuraï s&#39;inclinèrent, ravis d&#39;avoir une mission à accomplir. <br />
De fait, la Magistrature retrouvait sa raison d&#39;être. <br />
Hiruya savait vraiment le minimum de choses sur cette affaire, mais il savait que la Dragon et le Crabe ratisseraient la région et ne reviendraient pas sans avoir découvert de quoi il retournait &#33; <br />
- Vous avez trois jours &#33; <br />
 <br />
Ryu et Shigeru partirent sur l&#39;heure. Hiruya les salua puis aller rédiger deux lettres, la première à l&#39;intention de l&#39;armée du clan Bayushi et la seconde à Shinjo Zenzabûro, daimyo de la Cité du Lac aux Rives Blanches. <br />
<br />
A suivre... <img src="http://www.sdm-ftp.homelinux.com/L5R/ninja3.gif" loading="lazy"  alt="[Image: ninja3.gif]" class="mycode_img" />]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[20e Episode : Trois contes d&#39;hiver]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=353</link>
			<pubDate>Tue, 13 Jun 2006 17:16:19 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=353</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">20e Episode (I)</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Sanglier 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Trois contes d&#39;hiver (I)</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;</span><br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: red;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Deux Phénix dans l&#39;automne mourant&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span></div>
<br />
<br />
<br />
"Demain, à la fin des célébrations de Daikoku, l&#39;assassin du Magistrat trouvera la mort à son tour."<br />
<br />
Par ce beau matin froid de fin d&#39;automne, un fonctionnaire du palais d&#39;Emeraude avait apporté une lettre à Kakita Hiruya. Notre Magistrat venait de terminer ses exercices au dojo, l&#39;avait ouverte et lut. Il ne fit aucune remarque et signifia au porteur qu&#39;il pouvait se retirer. <br />
Le lendemain, l&#39;abbé Okawa célébrerait pendant une grande partie de la journée un ensemble de cérémoniels annuels destinés à s&#39;attirer les faveurs de Daikoku, Fortune de la Richesse et donc Fortune tutélaire de la ville &#33; <br />
A leur arrivée à la Cité, nos héros avaient rapidement poussé leurs recherches sur le Condor. Mais auparavant, ils avaient survolé deux autres affaires, avant de les abndonner : celle du Ninja et celle de l&#39;assassinat d&#39;Ashidaka Naritoki, Magistrat d&#39;Emeraude du clan de la Grue. Son successeur, la fière et rude Matsu Shigeko n&#39;avait pu résoudre l&#39;affaire. Miya Katsu, pour effacer cette tâche sur le corps de la Magistrature, se devait de réussir. <br />
On pouvait soupçonner l&#39;implication des Scorpions, maîtres officieux des cartels de la drogue, qui avaient pu vouloir supprimer un Magistrat trop zélé à réprimer le trafic d&#39;opium. Mais aucune piste n&#39;avait été découverte. <br />
Et voilà qu&#39;on servait à nos héros, sur un plateau d&#39;argent, le coupable &#33; <br />
<br />
Et pourtant, ce fut peut-être la seule enquête que les Magistrats de Miya Katsu ne purent mener à terme. <br />
Etait-ce parce qu&#39;on leur avait livré le coupable dès le début ? Est-ce parce que, trop vite, d&#39;autres drames se jouèrent à la Cité des Histoires, qui empêchèrent la suite de l&#39;enquête ?... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
L&#39;enveloppe ne portait aucun signe distinctif. <br />
- Tenez Ryu, examinez cette lettre. Dites-moi ce que vous en pensez. <br />
L&#39;enquêtrice avait affirmé que c&#39;était l&#39;écriture d&#39;un homme du peuple. Or, si tous les samouraï ou presque savent lire, il est plus rare de trouver un heimin inscrit. Sauf chez les secrétaires et assistants des samouraï précisément. Mais il n&#39;est pas de notoriété publique que tel ou tel heimin sache lire. <br />
- Quoi qu&#39;il en soit, avait Miya Katsu, nous avons une journée pour mettre la main sur le coupable. <br />
- Oui, en espérant que l&#39;auteur de la lettre pousse l&#39;audace à tenter de tuer dans les jardins de Daikoku. Si cela se passe ailleurs en ville, nous n&#39;avons aucune chance. <br />
<br />
Ryu alla voir ses "alliés" du Syndicat des Teinturiers. Le chef, avec son regard perçant et ses traits tirés, avait examiné la lettre. Décontenancé, il avoua qu&#39;il ne pouvait en tirer grand&#39;chose. L&#39;auteur avait bien pris soin de la rendre banale et anonyme au possible. Ni ne papier, ni l&#39;encre, ni l&#39;écriture n&#39;avaient de signe distinctif. <br />
- Je reviendrai vous voir, j&#39;espère que vous aurez plus de renseignements... <br />
Ryu disait cela d&#39;un ton doux, mais où la douceur faisait ressortir par contraste le ton de menace insidieuse. <br />
Elle avait fait calquer la lettre, pour la montrer à plus de personnes à la fois. <br />
L&#39;original avait été déposé dans l&#39;urne des plaintes, dans la cour du palais. Un prédécesseur de Katsu-sama avait fait établir cette coutume : chacun pouvait librement venir déposer une lettre à l&#39;intention de la magistrature. <br />
Chaque semaine, la grosse urne était vidée et son contenu examiné par des fonctionnaires du palais, avant que les messages les plus intéressants ne remontent jusqu&#39;aux magistrats eux-mêmes. Mais avec le passage incessant dans la cour, et la sûreté garantie à ceux qui venaient poser une lettre, il était impossible de retrouver celui qui avait déposé le message. <br />
<br />
Lors du repas de la mi-journée, Yasuki Taka était l&#39;invité du palais. Le vieux marchand avait apporté les indispensables bouteilles de saké qui dérideraient un fonctionnaire d&#39;une petite ville provinciale. On pouvait compter sur lui (Taka, mais aussi son saké &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" /> pour remonter d&#39;un ton l&#39;humeur joyeuse de l&#39;assemblée. Miya Katsu l&#39;avait invité pour parler du rétablissement du clan du Lièvre. Il y avait un mois que l&#39;affaire traînait et le Magistrat avait à coeur de terminer cette affaire. <br />
- Un magistrat de la Cité Impériale, Seppun Fumihi doit arriver bientôt ici. Elle restera parmi nous le temps de briser le procès contre le clan du Lièvre.<br />
- Tu m&#39;en vois ravi, Katsu-san, disait Taka. <br />
<br />
Seppun Fumihi était concernée au premier chef par cette affaire. <br />
<br />
<blockquote class="mycode_quote"><cite>Miya Katsu, Episode 14 Wrote:</cite>- J&#39;ai découvert, dit Katsu-sama, que l&#39;ordre d&#39;arrêter Ozaki à Morikage Toshi a été signé environ deux semaines avant qu&#39;il ne commette son meurtre. Je me suis renseigné, et j&#39;ai découvert qui avait signé cet ordre. Il s&#39;agit de l&#39;honorable Seppun Fumihi, une dame de très haute naissance, magistrate ayant ses entrées dans la Cité Interdite. J&#39;ai voulu la retrouver pour comprendre. J&#39;ai fini par savoir qu&#39;elle avait été affectée ailleurs qu&#39;à Otosan Uchi. Plus exactement sur les terres du clan du Blaireau, à la garde d&#39;un village dans les montagnes arides, comptant plus de tête de bétail que d&#39;habitants.<br />
"Je suis tenace, samuraï, comme doit l&#39;être tout magistrat impérial. Je me suis rendu sur les terres de ce clan lointain. J&#39;ai interrogé Fumihi-sama. Elle m&#39;a dit qu&#39;elle détestait le climat, et qu&#39;elle ne reconnaissait pas sa signature sur l&#39;ordre d&#39;arrestation.</blockquote><br />
Depuis, l&#39;importante Magistrate avait échappé à la destruction du clan du Blaireau et retrouvé le silence feutré des couloirs de la Cité Interdite. <br />
Taka faisait resservir l&#39;assistance. Il était venu avec son neveu, Yasuki Garou, son successeur désigné. Depuis de nombreuses années, il lui avait fait découvrir les ficelles du métier ; le jour venu, il serait prêt à reprendre les rênes de l&#39;empire commercial de Yasuki Taka &#33;<br />
Et bientôt, Taka-sama n&#39;allait pas réaliser la plus mince opération de sa carrière : avec le rétablissement du clan du Lièvre, grâce à la rétractation de son témoignage, il se ferait un allié d&#39;Usagi Ozaki et de ses hommes. <br />
On remercia le daimyo d&#39;avoir honoré le repas et celui-ci s&#39;en alla sur quelques anecdotes et plaisanteries de derrière les fagots. <br />
<br />
L&#39;après-midi, Hiruya en revint à cette histoire d&#39;assassin. Et si c&#39;était Ozaki qui était visé ? <br />
En effet, le premier crime dont on avait accusé le Lièvre était d&#39;être l&#39;auteur de la mort du Magistrat de Morikage Toshi. <br />
Il y avait là une ambiguité. Qui sait du Magistrat de quel ville on parlait ? <br />
Mais ce n&#39;était que conjectures et l&#39;enquête n&#39;avançait pas. Shigeru avait fait la tournée de ses maisons favorites, de comptoirs en levées de coudes, de tables de jeux en conversations avec ses indics, mais il n&#39;en était rien ressorti. <br />
On savait déjà que le Magistrat Ashidaka Naritoki avait été tué au moment où il partait sur l&#39;île de la Larme. Sa barque avait pris feu. Il n&#39;avait pas pu sauter à l&#39;eau, ce qui laissait supposer qu&#39;il était déjà mort. Lui et son homme de confiance, le rônin Parole d&#39;Honneur, y avaient perdu la vie. <br />
C&#39;était maigre. <br />
La journée passa, sans apporter de nouveaux élèments. La mort annoncée semblait inéluctable. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le lendemain, l&#39;auteur du message tint sa promesse. A l&#39;heure de Shiba [16-18h], les célébrations de Daikoku se terminaient. Elles avaient réuni le Tout-Ryoko Owari : membres éminents de chaque clan et de chaque famille, visiteurs prestigieux, représentants des pompiers et des syndicats pêcheurs et marchands... Tous s&#39;étaient retrouvés dans la grande salle de prière du temple, devant les milliers de petites statues et l&#39;autel monumental de la Fortune de la Richesse. Ils avaient récité les sutra en choeur, accompagnés par la musique des moines, accompli plusieurs rituels de purification et enfin, fait des dons au temple. <br />
L&#39;assemblée sortait dans les jardins pour deviser entre petits groupes, comme si on était à la cour d&#39;hiver (et celle-ci ayant été annulée, au grand dam de la famille Iuchi, il fallait trouver des compensations &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" />. <br />
Miya Katsu et tous ses Magistrats avaient été attentifs pendant la fin de cérémonie, au moment où l&#39;heure fatidique approchait. Avant cela, Ayame avait commis une faute dans la récitation d&#39;un sutra et on l&#39;avait remarqué &#33; Ce qui faisait pour le moins désordre de la part d&#39;une shugenja, qui est plus shugenja d&#39;Emeraude &#33; <br />
Déjà agacé par cette erreur, Hiruya cherchait en plus qui allait tuer qui et enrageait d&#39;être impuissant face à cette menace. Ce pouvait être n&#39;importe qui dans l&#39;assistance. Bayushi Korechika, le maître soupçonné du trafic ? Le Gouverneur elle-même ? Son fils Jocho, maître de la garde du Tonnerre ? Ou bien un Licorne ? Et pourquoi quelqu&#39;un de difficile à soupçonner, comme un moine ? <br />
Il était odieux de devoir porter ses soupçons sur n&#39;importe qui, mais nos Magistrats en avaient assez vu pour savoir que grand seigneur n&#39;équivaut pas nécessairement à grand honneur. <br />
<br />
Alors qu&#39;il s&#39;attendait à un crime violent, spectaculaire (l&#39;assassin se jetant sur sa victime en hurlant quelque insanité ou criant vengeance), Hiruya vit passer, dans le fond du jardin, deux etas qui en transportaient un autre sur une civière. <br />
Il partit voir, suivi de ses assistants. L&#39;assemblée ne manqua pas de noter cette agitation. <br />
- Qui est-ce ? <br />
Les deux etas étaient le front à terre. <br />
- Un jardinier, seigneur. Il se nomme Sourcils. <br />
- Il est mort ? <br />
- Oui, nous venons de le trouver, là-bas...<br />
<br />
Alors ça, c&#39;était vraiment le comble &#33; <br />
Un eta &#33; <br />
Un pauvre jardinier, assassin du magistrat d&#39;Emeraude &#33; Ce n&#39;était pas croyable &#33; <br />
De qui se moquait-on ? <br />
Hiruya alla prévenir Katsu-sama et fit procéder à l&#39;enquête d&#39;usage dans les jardins. Ryu s&#39;en acquitta, avec son zèle habituel en la matière. <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">20e Episode (I)</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Sanglier 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 7pt;" class="mycode_size">Trois contes d&#39;hiver (I)</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;</span><br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: red;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Deux Phénix dans l&#39;automne mourant&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span></div>
<br />
<br />
<br />
"Demain, à la fin des célébrations de Daikoku, l&#39;assassin du Magistrat trouvera la mort à son tour."<br />
<br />
Par ce beau matin froid de fin d&#39;automne, un fonctionnaire du palais d&#39;Emeraude avait apporté une lettre à Kakita Hiruya. Notre Magistrat venait de terminer ses exercices au dojo, l&#39;avait ouverte et lut. Il ne fit aucune remarque et signifia au porteur qu&#39;il pouvait se retirer. <br />
Le lendemain, l&#39;abbé Okawa célébrerait pendant une grande partie de la journée un ensemble de cérémoniels annuels destinés à s&#39;attirer les faveurs de Daikoku, Fortune de la Richesse et donc Fortune tutélaire de la ville &#33; <br />
A leur arrivée à la Cité, nos héros avaient rapidement poussé leurs recherches sur le Condor. Mais auparavant, ils avaient survolé deux autres affaires, avant de les abndonner : celle du Ninja et celle de l&#39;assassinat d&#39;Ashidaka Naritoki, Magistrat d&#39;Emeraude du clan de la Grue. Son successeur, la fière et rude Matsu Shigeko n&#39;avait pu résoudre l&#39;affaire. Miya Katsu, pour effacer cette tâche sur le corps de la Magistrature, se devait de réussir. <br />
On pouvait soupçonner l&#39;implication des Scorpions, maîtres officieux des cartels de la drogue, qui avaient pu vouloir supprimer un Magistrat trop zélé à réprimer le trafic d&#39;opium. Mais aucune piste n&#39;avait été découverte. <br />
Et voilà qu&#39;on servait à nos héros, sur un plateau d&#39;argent, le coupable &#33; <br />
<br />
Et pourtant, ce fut peut-être la seule enquête que les Magistrats de Miya Katsu ne purent mener à terme. <br />
Etait-ce parce qu&#39;on leur avait livré le coupable dès le début ? Est-ce parce que, trop vite, d&#39;autres drames se jouèrent à la Cité des Histoires, qui empêchèrent la suite de l&#39;enquête ?... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
L&#39;enveloppe ne portait aucun signe distinctif. <br />
- Tenez Ryu, examinez cette lettre. Dites-moi ce que vous en pensez. <br />
L&#39;enquêtrice avait affirmé que c&#39;était l&#39;écriture d&#39;un homme du peuple. Or, si tous les samouraï ou presque savent lire, il est plus rare de trouver un heimin inscrit. Sauf chez les secrétaires et assistants des samouraï précisément. Mais il n&#39;est pas de notoriété publique que tel ou tel heimin sache lire. <br />
- Quoi qu&#39;il en soit, avait Miya Katsu, nous avons une journée pour mettre la main sur le coupable. <br />
- Oui, en espérant que l&#39;auteur de la lettre pousse l&#39;audace à tenter de tuer dans les jardins de Daikoku. Si cela se passe ailleurs en ville, nous n&#39;avons aucune chance. <br />
<br />
Ryu alla voir ses "alliés" du Syndicat des Teinturiers. Le chef, avec son regard perçant et ses traits tirés, avait examiné la lettre. Décontenancé, il avoua qu&#39;il ne pouvait en tirer grand&#39;chose. L&#39;auteur avait bien pris soin de la rendre banale et anonyme au possible. Ni ne papier, ni l&#39;encre, ni l&#39;écriture n&#39;avaient de signe distinctif. <br />
- Je reviendrai vous voir, j&#39;espère que vous aurez plus de renseignements... <br />
Ryu disait cela d&#39;un ton doux, mais où la douceur faisait ressortir par contraste le ton de menace insidieuse. <br />
Elle avait fait calquer la lettre, pour la montrer à plus de personnes à la fois. <br />
L&#39;original avait été déposé dans l&#39;urne des plaintes, dans la cour du palais. Un prédécesseur de Katsu-sama avait fait établir cette coutume : chacun pouvait librement venir déposer une lettre à l&#39;intention de la magistrature. <br />
Chaque semaine, la grosse urne était vidée et son contenu examiné par des fonctionnaires du palais, avant que les messages les plus intéressants ne remontent jusqu&#39;aux magistrats eux-mêmes. Mais avec le passage incessant dans la cour, et la sûreté garantie à ceux qui venaient poser une lettre, il était impossible de retrouver celui qui avait déposé le message. <br />
<br />
Lors du repas de la mi-journée, Yasuki Taka était l&#39;invité du palais. Le vieux marchand avait apporté les indispensables bouteilles de saké qui dérideraient un fonctionnaire d&#39;une petite ville provinciale. On pouvait compter sur lui (Taka, mais aussi son saké &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" /> pour remonter d&#39;un ton l&#39;humeur joyeuse de l&#39;assemblée. Miya Katsu l&#39;avait invité pour parler du rétablissement du clan du Lièvre. Il y avait un mois que l&#39;affaire traînait et le Magistrat avait à coeur de terminer cette affaire. <br />
- Un magistrat de la Cité Impériale, Seppun Fumihi doit arriver bientôt ici. Elle restera parmi nous le temps de briser le procès contre le clan du Lièvre.<br />
- Tu m&#39;en vois ravi, Katsu-san, disait Taka. <br />
<br />
Seppun Fumihi était concernée au premier chef par cette affaire. <br />
<br />
<blockquote class="mycode_quote"><cite>Miya Katsu, Episode 14 Wrote:</cite>- J&#39;ai découvert, dit Katsu-sama, que l&#39;ordre d&#39;arrêter Ozaki à Morikage Toshi a été signé environ deux semaines avant qu&#39;il ne commette son meurtre. Je me suis renseigné, et j&#39;ai découvert qui avait signé cet ordre. Il s&#39;agit de l&#39;honorable Seppun Fumihi, une dame de très haute naissance, magistrate ayant ses entrées dans la Cité Interdite. J&#39;ai voulu la retrouver pour comprendre. J&#39;ai fini par savoir qu&#39;elle avait été affectée ailleurs qu&#39;à Otosan Uchi. Plus exactement sur les terres du clan du Blaireau, à la garde d&#39;un village dans les montagnes arides, comptant plus de tête de bétail que d&#39;habitants.<br />
"Je suis tenace, samuraï, comme doit l&#39;être tout magistrat impérial. Je me suis rendu sur les terres de ce clan lointain. J&#39;ai interrogé Fumihi-sama. Elle m&#39;a dit qu&#39;elle détestait le climat, et qu&#39;elle ne reconnaissait pas sa signature sur l&#39;ordre d&#39;arrestation.</blockquote><br />
Depuis, l&#39;importante Magistrate avait échappé à la destruction du clan du Blaireau et retrouvé le silence feutré des couloirs de la Cité Interdite. <br />
Taka faisait resservir l&#39;assistance. Il était venu avec son neveu, Yasuki Garou, son successeur désigné. Depuis de nombreuses années, il lui avait fait découvrir les ficelles du métier ; le jour venu, il serait prêt à reprendre les rênes de l&#39;empire commercial de Yasuki Taka &#33;<br />
Et bientôt, Taka-sama n&#39;allait pas réaliser la plus mince opération de sa carrière : avec le rétablissement du clan du Lièvre, grâce à la rétractation de son témoignage, il se ferait un allié d&#39;Usagi Ozaki et de ses hommes. <br />
On remercia le daimyo d&#39;avoir honoré le repas et celui-ci s&#39;en alla sur quelques anecdotes et plaisanteries de derrière les fagots. <br />
<br />
L&#39;après-midi, Hiruya en revint à cette histoire d&#39;assassin. Et si c&#39;était Ozaki qui était visé ? <br />
En effet, le premier crime dont on avait accusé le Lièvre était d&#39;être l&#39;auteur de la mort du Magistrat de Morikage Toshi. <br />
Il y avait là une ambiguité. Qui sait du Magistrat de quel ville on parlait ? <br />
Mais ce n&#39;était que conjectures et l&#39;enquête n&#39;avançait pas. Shigeru avait fait la tournée de ses maisons favorites, de comptoirs en levées de coudes, de tables de jeux en conversations avec ses indics, mais il n&#39;en était rien ressorti. <br />
On savait déjà que le Magistrat Ashidaka Naritoki avait été tué au moment où il partait sur l&#39;île de la Larme. Sa barque avait pris feu. Il n&#39;avait pas pu sauter à l&#39;eau, ce qui laissait supposer qu&#39;il était déjà mort. Lui et son homme de confiance, le rônin Parole d&#39;Honneur, y avaient perdu la vie. <br />
C&#39;était maigre. <br />
La journée passa, sans apporter de nouveaux élèments. La mort annoncée semblait inéluctable. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Le lendemain, l&#39;auteur du message tint sa promesse. A l&#39;heure de Shiba [16-18h], les célébrations de Daikoku se terminaient. Elles avaient réuni le Tout-Ryoko Owari : membres éminents de chaque clan et de chaque famille, visiteurs prestigieux, représentants des pompiers et des syndicats pêcheurs et marchands... Tous s&#39;étaient retrouvés dans la grande salle de prière du temple, devant les milliers de petites statues et l&#39;autel monumental de la Fortune de la Richesse. Ils avaient récité les sutra en choeur, accompagnés par la musique des moines, accompli plusieurs rituels de purification et enfin, fait des dons au temple. <br />
L&#39;assemblée sortait dans les jardins pour deviser entre petits groupes, comme si on était à la cour d&#39;hiver (et celle-ci ayant été annulée, au grand dam de la famille Iuchi, il fallait trouver des compensations &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" />. <br />
Miya Katsu et tous ses Magistrats avaient été attentifs pendant la fin de cérémonie, au moment où l&#39;heure fatidique approchait. Avant cela, Ayame avait commis une faute dans la récitation d&#39;un sutra et on l&#39;avait remarqué &#33; Ce qui faisait pour le moins désordre de la part d&#39;une shugenja, qui est plus shugenja d&#39;Emeraude &#33; <br />
Déjà agacé par cette erreur, Hiruya cherchait en plus qui allait tuer qui et enrageait d&#39;être impuissant face à cette menace. Ce pouvait être n&#39;importe qui dans l&#39;assistance. Bayushi Korechika, le maître soupçonné du trafic ? Le Gouverneur elle-même ? Son fils Jocho, maître de la garde du Tonnerre ? Ou bien un Licorne ? Et pourquoi quelqu&#39;un de difficile à soupçonner, comme un moine ? <br />
Il était odieux de devoir porter ses soupçons sur n&#39;importe qui, mais nos Magistrats en avaient assez vu pour savoir que grand seigneur n&#39;équivaut pas nécessairement à grand honneur. <br />
<br />
Alors qu&#39;il s&#39;attendait à un crime violent, spectaculaire (l&#39;assassin se jetant sur sa victime en hurlant quelque insanité ou criant vengeance), Hiruya vit passer, dans le fond du jardin, deux etas qui en transportaient un autre sur une civière. <br />
Il partit voir, suivi de ses assistants. L&#39;assemblée ne manqua pas de noter cette agitation. <br />
- Qui est-ce ? <br />
Les deux etas étaient le front à terre. <br />
- Un jardinier, seigneur. Il se nomme Sourcils. <br />
- Il est mort ? <br />
- Oui, nous venons de le trouver, là-bas...<br />
<br />
Alors ça, c&#39;était vraiment le comble &#33; <br />
Un eta &#33; <br />
Un pauvre jardinier, assassin du magistrat d&#39;Emeraude &#33; Ce n&#39;était pas croyable &#33; <br />
De qui se moquait-on ? <br />
Hiruya alla prévenir Katsu-sama et fit procéder à l&#39;enquête d&#39;usage dans les jardins. Ryu s&#39;en acquitta, avec son zèle habituel en la matière. <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[19e Episode : L&#39;oeil et la voix du démon]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=356</link>
			<pubDate>Fri, 26 May 2006 10:13:16 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=356</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: green;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:blue"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">19e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Chien 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkred;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">L&#39;oeil et la voix du démon</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Les bokken claquaient dans le dojo de Kitsuki Jotomon. On était à la première heure du jour. Kakita Hiruya et Mirumoto Ryu s&#39;entraînaient avec ardeur, l&#39;un contre l&#39;autre, ou contre d&#39;autres élèves du dojo. Avec l&#39;arrivée des Dragons envoyés par Mirumoto Daini, le senseï avait dû refuser l&#39;entrée des lieux aux hommes du peuple qui y venaient habituellement, pour ne pas choquer les nouveaux arrivants. <br />
Kakita Hiruya, quoique très rapide et précis au sabre, ne tenait pas les reprises face aux Dragons, bien plus rapides que lui. Il y avait longtemps qu&#39;il n&#39;avait pas eu l&#39;occasion de s&#39;entraîner avec son senseï, Kakita Yobe, resté dans le sud des terres du clan. Qui sait ce qu&#39;il advenait de lui, au moment où les Crabes occupaient ces régions ancestrales ? Se battait-il contre les Crabes au sud ? Contre les Lions au nord ? <br />
<br />
La Cité des Mensonges était en pleine agitation. Les Scorpions, les Dragons et les Licornes effectuaient des manoeuvres d&#39;entraînement à l&#39;extérieur des murs, tandis que dans la Cité, le peuple travaillait d&#39;arrache-pied aux défenses et aux réserves d&#39;eau et de blé. Plusieurs rônins qui traînaient en ville avaient été attrapés par la peau du cou et intégrés dans la troupe commandée par Ozaki. Shosuro Jocho devait être partout à la fois pour veiller à la protection de la ville et au renforcement des patrouilles de la Garde du Tonnerre. <br />
Assis sur le pont de son navire, Yasuki Taka ne pouvait que regarder cette agitation, en restant sage, car nombreux étaient ceux qui auraient voulu l&#39;accuser de comploter avec l&#39;ennemi. On ne savait de quel camp il était. Plusieurs nobles avaient demandé son départ de la Cité. Mais il bénéficiait pour le moment d&#39;une situation neutre, pourvu qu&#39;il ne fît que du commerce. <br />
<br />
Tôt le matin, Hiruya s&#39;était vu remettre une lettre ; elle avait dû voyager de nuit, donc elle était urgente. <br />
Elle venait en effet de Kyuden Miya et était de la main de Katsu-sama. Il exigeait la présence de Hiruya-sama au château de sa famille, car des bandes de monstres avaient été aperçues à proximité. <br />
Hiruya ordonna qu&#39;on fît seller les montures et qu&#39;on prépare son armure. <br />
- Shigeru, Ayame et Ikky, vous restez en ville ; Ryu, tu viens avec moi. <br />
La samuraï du Dragon s&#39;était remise des coups qu&#39;elle avait pris lors de sa capture, grâce aux soins des shugenja et se sentait d&#39;attaque. Hiruya ne voulait pas emmener Shigeru car il craignait de croiser des Crabes aux côtés des monstres annoncés... <br />
<br />
Avant l&#39;heure d&#39;Akodo, les deux magistrats passaient les portes de la ville et s&#39;engageaient sur le grand chemin de campagne du nord-ouest. Ils arrivèrent en fin de journée en vue de Kyuden Miya. Ils furent reçus le soir par Miya Katsu. Le magistrat avait rencontré le Champion d&#39;Emeraude et maintenant, il était en pourparlers avec le clan de la Licorne pour l&#39;envoi des fameuses Shiotome, les Vierges de Bataille, en renfort à la Cité des Histoires. Et le clan de Shinjo était des plus réticents pour envoyer l&#39;élite de sa cavalerie défendre la ville-symbole des Scorpions. Katsu-sama pensait devoir négocier encore quelques jours avec les émissaires de la famille Otaku pour obtenir leur aide. <br />
Il avait appelé Hiruya pour une mission plus urgente : <br />
- Nous avons aperçu une bande monstres, dont nos shugenjas pensent qu&#39;ils sont de l&#39;Outremonde. Alors, Hiruya-san, vous allez prendre la tête d&#39;une troupe de nos samuraï et allez me débarrasser la région de ces créatures &#33; <br />
Katsu-sama faisait un petit geste de l&#39;éventail qui signifiait que ça devait être expéditif. Honoré, Hiruya s&#39;inclina et jura fiérement qu&#39;il détruirait ces monstres &#33; <br />
Le lendemain matin, avec Ryu, une dizaine de fantassins Miya et quatre cavaliers Shinjo, il partit vers le petit village où étaient signalées les créatures. En chemin, ils furent rejoints par cinq terribles samuraï Moto de la Garde Blanche. <br />
Après deux heures de marche, ils aperçurent l&#39;endroit. Quelques bâtisses en haut d&#39;une forte butte. Des serviteurs de Fu-Leng, appelés selon les Moto, des gobelins, qui gardaient les lieux : des caricatures de samuraï, petits, verdâtres, avec des morceaux d&#39;armures et des faux katans. Quelques gros gobelins les commandaient et il y avait en sus un imposant samuraï portant une armure du clan du Crabe. Mais ses yeux étaient noircis, sa peau était livide, sa peau trop poilue : il était gravement souillé par l&#39;Outremonde. <br />
Hiruya ordonna l&#39;assaut &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Les gobelins n&#39;étaient que de la piétaille et furent hachés menu menu par les sabres de Mirumoto Ryu. Leurs grands frères, que nos héros surnommèren "zog-zog" en raison de leurs grognements ridicules, étaient bien plus dangereux : ils valaient bien de jeunes samuraï par leur art du sabre. Kakita Hiruya en vint à bout mais il avait reçu deux entailles profondes. Les archers montés Shinjo avaient attaqué par les flancs, tandis que les Moto prenaient l&#39;ennemi à revers ; plusieurs soldats Miya étaient tombés sous les coups des gobelins. <br />
Après une suite d&#39;affrontements brutaux, nos samuraï progressaient dans le village. Restait le grand Crabe. Kakita Hiruya et Mirumoto Ryu l&#39;attaquèrent ensemble : il fut l&#39;un des plus formidables adversaires qu&#39;ils aient affronté. Il était animé d&#39;une fureur surnaturelle et frappait avec une force qui n&#39;avait d&#39;égal que sa précision ; nos héros évitèrent la plupart de ses coups de sabre, mais ils reçurent encore plusieurs blessures qui les affaiblirent ; ils frappèrent assez le Crabe pour le tuer plusieurs fois, mais il tenait encore debout. Nos deux samuraï lui passèrent enfin leurs sabres à travers le corps et il s&#39;écroula, en hurlant de terreur et s&#39;abattit lourdement à terre. <br />
Les Moto achevaient les gobelins, pendant que les soldats mettaient le feu aux bâtiments. L&#39;endroit, souillé, ne devait plus être habité avant d&#39;être purifié par les shugenja. <br />
<br />
- Les monstres qui menaçaient ce château ont été chassés, dit Hiruya, en s&#39;inclinant devant Miya Katsu. <br />
Et il présentait à son supérieur le daisho du redoutable Crabe qu&#39;ils avaient abattu. On reconnaissait distinctement la marque de son clan sur le saya, mais aussi des marques de glyphes démoniaques pour s&#39;attirer les faveurs de Fu-Leng. <br />
- Nous sommes contents de vous, Hiruya-san. Maintenant, retournez à la Cité des Histoires et que l&#39;Empereur nous protège &#33; <br />
Nos héros ne repartirent toutefois pas avant le surlendemain, le temps de recevoir des soins magiques de la part des shugenja. <br />
Alors qu&#39;ils approchaient de la Cité, après un voyage sans péripétie, ils croisèrent l&#39;armée de Bayushi Tomaru, qui faisait route vers Shiro Usagi, et Ozaki accompagnait cette armée avec ses hommes. Ainsi, par une ironie du destin, les ennemis d&#39;hier allaient combattre ensemble. Tomaru expliqua rapidement à Hiruya que le Gouverneur Hyobu avait ordonné qu&#39;on renforçât Shiro Usagi, avant que l&#39;endroit servît de poste avancé à la Cité. Elle n&#39;avait pas de compassion pour les Lièvres mais elle savait qu&#39;ils pourraient prévenir de l&#39;arrivée d&#39;une troupe, et essuyer le premier assaut &#33;<br />
Hiruya salua le général. De gouverneur terne et blasé, il était redevenu général vaillant, impatient d&#39;en découdre &#33; Tant pis s&#39;il fallait faire ses preuves aux côtés des Lièvres &#33;<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Restée sagement à la Cité, Isawa Ayame s&#39;apprêtait à passer une douce et vertueuse journée, comme à son habitude, toute de méditation et de prières. Alors qu&#39;elle se faisait peigner par une servante en ruminant ce qu&#39;elle avait appris dernièrement en bibliothèque, un fort courant d&#39;air pénétra dans la pièce, se mit à tourbillonner autour de notre shugenja, de plus en plus fort, la souleva d&#39;un coup et l&#39;emporta par la fenêtre. La servante cria, terrorisée qu&#39;on enlève ainsi sa maîtresse (et qu&#39;on la décoiffe comme ça &#33; ) ; Ikky ouvrit le panneau et entra en courant, pour voir Ayame partir dans les cieux. Elle courut hors du palais et se précipita dans les rues : les kamikaze emmenaient la shugenja vers l&#39;ouest de la ville. Ayame ne semblait pas affolée outre-mesure : les esprits de l&#39;Air étaient ceux avec qui elle avait le plus d&#39;affinités et du moment qu&#39;ils ne la lâchaient pas au mauvais endroit &#33;... <br />
La course d&#39;Ikky l&#39;emmena au bord du fleuve. Il va sans dire que ce miracle fut observé d&#39;un grand nombre de gens, qui virent la shugenja emportée dans le ciel bleu, auréolée de la lumière de dame Soleil, volant comme un merveilleux oiseau &#33; <br />
- Toi là &#33; je requiers ton bateau &#33; <br />
C&#39;était un brave petit marchand qui vendait des légumes et des fruits aux serviteurs des quartiers nobles. Ikky sauta à bord, envoyant quelques caisses de courgettes à l&#39;eau. <br />
Ayame arrivait maintenant au-dessus de l&#39;île de la Larme et s&#39;y fit déposer en douceur. <br />
En pleine journée, le quartier interdit n&#39;avait rien de particulièrement attirant. Des bâtisses moins belles que celles du quartier noble, peu de monde dans la rue ; les maisons de geisha et de plaisirs, sans leur parure nocturne, n&#39;étaient que de vulgaires bâtiments qui auraient aussi bien pu être des entrepôts de poissons &#33; <br />
Ayame était arrivée devant un puits, où les kamikaze s&#39;engouffrèrent en sifflant. L&#39;eau monta brusquement de niveau, jusqu&#39;à ras-bord et notre shugenja eut le plaisir de voir l&#39;image de son senseï, Isawa Akitoki, se former devant elle &#33; :baton:<br />
- Ayame-san &#33; comment vous portez-vous ?<br />
Ayame se souvint qu&#39;il existait bien un tel sort pour communiquer à distance. Il ne pouvait être utilisé que sur un lieu où le shugenja s&#39;était déjà rendu : et on était à deux pas de la Maison de l&#39;Etoile du Matin...<br />
- Akitoki-sama, quel honneur pour moi de pouvoir vous parler. (<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/gnagna.gif" alt="Gnagna" title="Gnagna" class="smilie smilie_291" />)<br />
- J&#39;ai pris l&#39;initiative de vous contacter par des moyens magiques ; j&#39;espère que les kamikaze ne vous ont pas brusqués... <br />
- Non, du tout, jura t-elle. <br />
- Je vous contacte car j&#39;ai appris que la situation devenait périlleuse dans votre région. Des rapports nous parviennent, qui font état de l&#39;avancer des Crabes dans le sud de l&#39;Empire. <br />
- Hélas, Akitoki-sama, on peut dire qu&#39;ils ne sont plus bien loin à présent. <br />
- Notre région est épargnée, qu&#39;Isawa en soit remerciée, mais nos alliés du clan de la Grue subissent la guerre à outrance des Matsu et celle menée par les Crabes. Le conseil des Maîtres siège presque en permanence. <br />
- La situation doit être vraiment grave...<br />
- Sans doute... J&#39;espère que vous faites honneur à votre clan et à la magistrature d&#39;Emeraude, Ayame-san &#33;  <br />
- Je fais de mon mieux avec mes moyens, senseï, pour servir et conseiller le seigneur Miya Katsu. <br />
- Bien. A cette fin, j&#39;ai pensé qu&#39;il était temps d&#39;approfondir vos connaissances &#33; Je suis certain que vous n&#39;avez que peu de temps à consacrer à vos études magiques... <br />
- Hélas, Akitoki-sama, il est vrai que... <br />
- Bien, alors je suis sûr que vous allez suivre l&#39;exemple montré par Kogin-san... <br />
Ayame se retint de soupirer de lassitude : allons bon &#33; il y avait longtemps qu&#39;elle n&#39;avait pas entendu parler de cette teigne de première de la classe &#33; <br />
- Savez-vous qu&#39;elle a réussi en peu de temps à maîtriser des sorts très difficiles, qui me font dire qu&#39;elle peut maintenant prétendre être initiée au troisième cercle de connaissance de notre Académie &#33; Et je suis sûr que vous êtes capable d&#39;en faire autant, Ayame-san, car toutes mes élèves doivent rivaliser d&#39;excellence &#33; <br />
Ayame déglutit : elle avait fortement négligé les études magiques depuis des mois et n&#39;invoquait que très peu les kamis ; peu les invoquer est bon, car il est mauvais de trop solliciter les esprits ; mais trop peu les invoquer est mauvais, car on finit par s&#39;en faire oublier...<br />
- Je vous envoie donc des parchemins de sorts que vous pourrez étudier et qui vous permettront d&#39;approfondir vos connaissances, même si je ne suis pas là pour vous diriger. C&#39;est moi qui les ai écrits, ajouta t-il avec une pointe d&#39;orgueil, donc vous devriez avoir toutes les facilités à les déchiffrer. <br />
- Je vous en suis très reconnaissante, dit Ayame. <br />
Akitoki-senseï la salua et son image dans l&#39;eau disparut. <br />
Ikky arrivait enfin, à bout de souffle, courbée en deux, mains sur les cuisses : <br />
- Rien de grave, Ayame-san ?... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Notre shugenja n&#39;eut pas droit au transport aérien pour rentrer au palais. Il lui semblait que la moitié de la ville la regardait en coin, même les Scorpions, qui se demandaient ce qui lui avait pris de se transporter en pleine journée dans le quartier interdit &#33; Mais c&#39;était la magistrature d&#39;Emeraude, alors pas question d&#39;être désagréable &#33; <br />
Yogo Osako émit l&#39;hypothèse que notre shugenja avait dû lire un sort de travers,<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/spamafote.gif" alt="Spamafote" title="Spamafote" class="smilie smilie_170" />mais admettait qu&#39;elle penserait à utiliser un moyen de transport si rapide et pratique.<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_smile.gif" alt="smile" title="smile" class="smilie smilie_293" /><br />
Après le repas, remise de ses émotions, Ayame vit arriver dans sa chambre les kamikaze, qui transportaient un sac et le déposèrent sur sa couche. Elle l&#39;ouvrit et y trouva plusieurs rouleaux de parchemins. Akitoki-sama faisait bien les choses &#33; <br />
Notre shugenja les ouvrit et les lut : certains étaient relativement faciles à déchiffrer, d&#39;autres bien au-delà de sa portée. C&#39;est à ce moment qu&#39;elle s&#39;aperçut des lacunes accumulées. Il était vexant de ne pas comprendre des parchemins qui étaient maintenant à la portée de Kogin-san &#33; Ayame décida de s&#39;intéresser au sort dit du Bassin Réfléchissant de P&#39;an Ku, très facile à maîtriser. <br />
<br />
On vint alors prévenir notre shugenja que l&#39;honorable Yasuki Taka se présentait à l&#39;entrée du palais. Ayame se leva d&#39;un coup, impatiente de rencontrer enfin des informateurs sur l&#39;affaire du Condor. Elle avait oublié cette invitation du marchand à cause d&#39;Akitoki-sama mais maintenant, elle bouillait d&#39;impatience. <br />
- Dites-lui que j&#39;arrive bientôt. <br />
Elle se prépara à la hâte, fit venir Ikky et alla rencontrer Taka-sama. Le marchand n&#39;avait pas voulu s&#39;imposer dans le palais. Il attendait dans la rue, son environnement le plus habituel, à négocier (juste pour le plaisir) des babioles à un marchand. Il s&#39;arrêta dès qu&#39;il vit sortir les deux femmes.<br />
- Ayame-san &#33; Ikky-san &#33; Quel plaisir, quel honneur &#33;... En vous attendant, je faisais le tour des marchands du quartier... Dites-moi, j&#39;ai bien cru vous voir ce matin, Ayame-san, dans les airs, au-dessus de la ville ; je venais m&#39;informer de quand nous pourrions prendre rendez-vous mais vous aviez l&#39;air occupé à autre chose. Rien de grave au moins, non ?... Bon tant mieux, parce que moi je ne savais pas de quoi il s&#39;agissait, vous savez sorti des affaires terre-à-terre, le vieux Taka n&#39;y connaît rien et la magie ça le dépasse de beaucoup donc je préfère demander directement à quelqu&#39;un comme vous qui s&#39;y connait bien. <br />
Il emmenait les deux magistrates dans le quartier marchand, en continuant à bavarder avec un entrain jamais démenti. Il avait un mot à dire à chaque boutiquier un peu important de la ville. <br />
- C&#39;est pas au vieux singe qu&#39;on apprend à faire la grimace, comme je dis toujours... Et je cherche pas midi à quatorze heures, ça non &#33;... Les affaires magiques, ça me connait pas du tout ; j&#39;ai voyagé d&#39;un bout à l&#39;autre de cet Empire et je pense que c&#39;est pas ces forces mystiques qui guideront ma vie à moi... Par contre, question négociations, qualité, quantité, produits et confiance, Taka-sama est imbattable &#33; Pas vrai vous autres ?<br />
Il s&#39;adressait aux maraîchers de la petite place encombrée qu&#39;ils traversaient. <br />
- Oh oui, Taka-sama &#33; <br />
- ... bon tant mieux &#33; <br />
Et ça continuait, de rue en rue, dans le dédale des quartiers et des anecdotes du marchand. <br />
- On a beau dire et beau faire, la magie, les prévisions astrales, les Fortunes, c&#39;est réservé qu&#39;à une toute petite élite bénie par le ciel. Et c&#39;est pas pour Taka-sama qui, par contre, pour ce qui est de vous apportez en temps et en heure et à un prix imbattable les marchandises les plus rares, les plus précieuses, n&#39;a pas d&#39;égal dans Rokugan &#33;... Pas vrai ? <br />
- Oui Taka-sama &#33; <br />
- Pas vrai, toi ? <br />
Il en désignait quatre ou cinq à la suite, qui avaient intérêt à répondre au garde-à-vous &#33; <br />
- Pas vrai ? hmm, pas vrai ?<br />
Et d&#39;un coup, il se retournait et en surprenait un, dans un coin, qui rigolait en se croyant à l&#39;abri. <br />
- Pas vrai, toi &#33; <br />
- Si Taka-sama &#33; <br />
- ... bon... <br />
Et il reprenait sa marche, content d&#39;avoir serré la vis à ces petits malins &#33;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: green;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:blue"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">19e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Chien 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkred;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">L&#39;oeil et la voix du démon</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span><br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
Les bokken claquaient dans le dojo de Kitsuki Jotomon. On était à la première heure du jour. Kakita Hiruya et Mirumoto Ryu s&#39;entraînaient avec ardeur, l&#39;un contre l&#39;autre, ou contre d&#39;autres élèves du dojo. Avec l&#39;arrivée des Dragons envoyés par Mirumoto Daini, le senseï avait dû refuser l&#39;entrée des lieux aux hommes du peuple qui y venaient habituellement, pour ne pas choquer les nouveaux arrivants. <br />
Kakita Hiruya, quoique très rapide et précis au sabre, ne tenait pas les reprises face aux Dragons, bien plus rapides que lui. Il y avait longtemps qu&#39;il n&#39;avait pas eu l&#39;occasion de s&#39;entraîner avec son senseï, Kakita Yobe, resté dans le sud des terres du clan. Qui sait ce qu&#39;il advenait de lui, au moment où les Crabes occupaient ces régions ancestrales ? Se battait-il contre les Crabes au sud ? Contre les Lions au nord ? <br />
<br />
La Cité des Mensonges était en pleine agitation. Les Scorpions, les Dragons et les Licornes effectuaient des manoeuvres d&#39;entraînement à l&#39;extérieur des murs, tandis que dans la Cité, le peuple travaillait d&#39;arrache-pied aux défenses et aux réserves d&#39;eau et de blé. Plusieurs rônins qui traînaient en ville avaient été attrapés par la peau du cou et intégrés dans la troupe commandée par Ozaki. Shosuro Jocho devait être partout à la fois pour veiller à la protection de la ville et au renforcement des patrouilles de la Garde du Tonnerre. <br />
Assis sur le pont de son navire, Yasuki Taka ne pouvait que regarder cette agitation, en restant sage, car nombreux étaient ceux qui auraient voulu l&#39;accuser de comploter avec l&#39;ennemi. On ne savait de quel camp il était. Plusieurs nobles avaient demandé son départ de la Cité. Mais il bénéficiait pour le moment d&#39;une situation neutre, pourvu qu&#39;il ne fît que du commerce. <br />
<br />
Tôt le matin, Hiruya s&#39;était vu remettre une lettre ; elle avait dû voyager de nuit, donc elle était urgente. <br />
Elle venait en effet de Kyuden Miya et était de la main de Katsu-sama. Il exigeait la présence de Hiruya-sama au château de sa famille, car des bandes de monstres avaient été aperçues à proximité. <br />
Hiruya ordonna qu&#39;on fît seller les montures et qu&#39;on prépare son armure. <br />
- Shigeru, Ayame et Ikky, vous restez en ville ; Ryu, tu viens avec moi. <br />
La samuraï du Dragon s&#39;était remise des coups qu&#39;elle avait pris lors de sa capture, grâce aux soins des shugenja et se sentait d&#39;attaque. Hiruya ne voulait pas emmener Shigeru car il craignait de croiser des Crabes aux côtés des monstres annoncés... <br />
<br />
Avant l&#39;heure d&#39;Akodo, les deux magistrats passaient les portes de la ville et s&#39;engageaient sur le grand chemin de campagne du nord-ouest. Ils arrivèrent en fin de journée en vue de Kyuden Miya. Ils furent reçus le soir par Miya Katsu. Le magistrat avait rencontré le Champion d&#39;Emeraude et maintenant, il était en pourparlers avec le clan de la Licorne pour l&#39;envoi des fameuses Shiotome, les Vierges de Bataille, en renfort à la Cité des Histoires. Et le clan de Shinjo était des plus réticents pour envoyer l&#39;élite de sa cavalerie défendre la ville-symbole des Scorpions. Katsu-sama pensait devoir négocier encore quelques jours avec les émissaires de la famille Otaku pour obtenir leur aide. <br />
Il avait appelé Hiruya pour une mission plus urgente : <br />
- Nous avons aperçu une bande monstres, dont nos shugenjas pensent qu&#39;ils sont de l&#39;Outremonde. Alors, Hiruya-san, vous allez prendre la tête d&#39;une troupe de nos samuraï et allez me débarrasser la région de ces créatures &#33; <br />
Katsu-sama faisait un petit geste de l&#39;éventail qui signifiait que ça devait être expéditif. Honoré, Hiruya s&#39;inclina et jura fiérement qu&#39;il détruirait ces monstres &#33; <br />
Le lendemain matin, avec Ryu, une dizaine de fantassins Miya et quatre cavaliers Shinjo, il partit vers le petit village où étaient signalées les créatures. En chemin, ils furent rejoints par cinq terribles samuraï Moto de la Garde Blanche. <br />
Après deux heures de marche, ils aperçurent l&#39;endroit. Quelques bâtisses en haut d&#39;une forte butte. Des serviteurs de Fu-Leng, appelés selon les Moto, des gobelins, qui gardaient les lieux : des caricatures de samuraï, petits, verdâtres, avec des morceaux d&#39;armures et des faux katans. Quelques gros gobelins les commandaient et il y avait en sus un imposant samuraï portant une armure du clan du Crabe. Mais ses yeux étaient noircis, sa peau était livide, sa peau trop poilue : il était gravement souillé par l&#39;Outremonde. <br />
Hiruya ordonna l&#39;assaut &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Les gobelins n&#39;étaient que de la piétaille et furent hachés menu menu par les sabres de Mirumoto Ryu. Leurs grands frères, que nos héros surnommèren "zog-zog" en raison de leurs grognements ridicules, étaient bien plus dangereux : ils valaient bien de jeunes samuraï par leur art du sabre. Kakita Hiruya en vint à bout mais il avait reçu deux entailles profondes. Les archers montés Shinjo avaient attaqué par les flancs, tandis que les Moto prenaient l&#39;ennemi à revers ; plusieurs soldats Miya étaient tombés sous les coups des gobelins. <br />
Après une suite d&#39;affrontements brutaux, nos samuraï progressaient dans le village. Restait le grand Crabe. Kakita Hiruya et Mirumoto Ryu l&#39;attaquèrent ensemble : il fut l&#39;un des plus formidables adversaires qu&#39;ils aient affronté. Il était animé d&#39;une fureur surnaturelle et frappait avec une force qui n&#39;avait d&#39;égal que sa précision ; nos héros évitèrent la plupart de ses coups de sabre, mais ils reçurent encore plusieurs blessures qui les affaiblirent ; ils frappèrent assez le Crabe pour le tuer plusieurs fois, mais il tenait encore debout. Nos deux samuraï lui passèrent enfin leurs sabres à travers le corps et il s&#39;écroula, en hurlant de terreur et s&#39;abattit lourdement à terre. <br />
Les Moto achevaient les gobelins, pendant que les soldats mettaient le feu aux bâtiments. L&#39;endroit, souillé, ne devait plus être habité avant d&#39;être purifié par les shugenja. <br />
<br />
- Les monstres qui menaçaient ce château ont été chassés, dit Hiruya, en s&#39;inclinant devant Miya Katsu. <br />
Et il présentait à son supérieur le daisho du redoutable Crabe qu&#39;ils avaient abattu. On reconnaissait distinctement la marque de son clan sur le saya, mais aussi des marques de glyphes démoniaques pour s&#39;attirer les faveurs de Fu-Leng. <br />
- Nous sommes contents de vous, Hiruya-san. Maintenant, retournez à la Cité des Histoires et que l&#39;Empereur nous protège &#33; <br />
Nos héros ne repartirent toutefois pas avant le surlendemain, le temps de recevoir des soins magiques de la part des shugenja. <br />
Alors qu&#39;ils approchaient de la Cité, après un voyage sans péripétie, ils croisèrent l&#39;armée de Bayushi Tomaru, qui faisait route vers Shiro Usagi, et Ozaki accompagnait cette armée avec ses hommes. Ainsi, par une ironie du destin, les ennemis d&#39;hier allaient combattre ensemble. Tomaru expliqua rapidement à Hiruya que le Gouverneur Hyobu avait ordonné qu&#39;on renforçât Shiro Usagi, avant que l&#39;endroit servît de poste avancé à la Cité. Elle n&#39;avait pas de compassion pour les Lièvres mais elle savait qu&#39;ils pourraient prévenir de l&#39;arrivée d&#39;une troupe, et essuyer le premier assaut &#33;<br />
Hiruya salua le général. De gouverneur terne et blasé, il était redevenu général vaillant, impatient d&#39;en découdre &#33; Tant pis s&#39;il fallait faire ses preuves aux côtés des Lièvres &#33;<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Restée sagement à la Cité, Isawa Ayame s&#39;apprêtait à passer une douce et vertueuse journée, comme à son habitude, toute de méditation et de prières. Alors qu&#39;elle se faisait peigner par une servante en ruminant ce qu&#39;elle avait appris dernièrement en bibliothèque, un fort courant d&#39;air pénétra dans la pièce, se mit à tourbillonner autour de notre shugenja, de plus en plus fort, la souleva d&#39;un coup et l&#39;emporta par la fenêtre. La servante cria, terrorisée qu&#39;on enlève ainsi sa maîtresse (et qu&#39;on la décoiffe comme ça &#33; ) ; Ikky ouvrit le panneau et entra en courant, pour voir Ayame partir dans les cieux. Elle courut hors du palais et se précipita dans les rues : les kamikaze emmenaient la shugenja vers l&#39;ouest de la ville. Ayame ne semblait pas affolée outre-mesure : les esprits de l&#39;Air étaient ceux avec qui elle avait le plus d&#39;affinités et du moment qu&#39;ils ne la lâchaient pas au mauvais endroit &#33;... <br />
La course d&#39;Ikky l&#39;emmena au bord du fleuve. Il va sans dire que ce miracle fut observé d&#39;un grand nombre de gens, qui virent la shugenja emportée dans le ciel bleu, auréolée de la lumière de dame Soleil, volant comme un merveilleux oiseau &#33; <br />
- Toi là &#33; je requiers ton bateau &#33; <br />
C&#39;était un brave petit marchand qui vendait des légumes et des fruits aux serviteurs des quartiers nobles. Ikky sauta à bord, envoyant quelques caisses de courgettes à l&#39;eau. <br />
Ayame arrivait maintenant au-dessus de l&#39;île de la Larme et s&#39;y fit déposer en douceur. <br />
En pleine journée, le quartier interdit n&#39;avait rien de particulièrement attirant. Des bâtisses moins belles que celles du quartier noble, peu de monde dans la rue ; les maisons de geisha et de plaisirs, sans leur parure nocturne, n&#39;étaient que de vulgaires bâtiments qui auraient aussi bien pu être des entrepôts de poissons &#33; <br />
Ayame était arrivée devant un puits, où les kamikaze s&#39;engouffrèrent en sifflant. L&#39;eau monta brusquement de niveau, jusqu&#39;à ras-bord et notre shugenja eut le plaisir de voir l&#39;image de son senseï, Isawa Akitoki, se former devant elle &#33; :baton:<br />
- Ayame-san &#33; comment vous portez-vous ?<br />
Ayame se souvint qu&#39;il existait bien un tel sort pour communiquer à distance. Il ne pouvait être utilisé que sur un lieu où le shugenja s&#39;était déjà rendu : et on était à deux pas de la Maison de l&#39;Etoile du Matin...<br />
- Akitoki-sama, quel honneur pour moi de pouvoir vous parler. (<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/gnagna.gif" alt="Gnagna" title="Gnagna" class="smilie smilie_291" />)<br />
- J&#39;ai pris l&#39;initiative de vous contacter par des moyens magiques ; j&#39;espère que les kamikaze ne vous ont pas brusqués... <br />
- Non, du tout, jura t-elle. <br />
- Je vous contacte car j&#39;ai appris que la situation devenait périlleuse dans votre région. Des rapports nous parviennent, qui font état de l&#39;avancer des Crabes dans le sud de l&#39;Empire. <br />
- Hélas, Akitoki-sama, on peut dire qu&#39;ils ne sont plus bien loin à présent. <br />
- Notre région est épargnée, qu&#39;Isawa en soit remerciée, mais nos alliés du clan de la Grue subissent la guerre à outrance des Matsu et celle menée par les Crabes. Le conseil des Maîtres siège presque en permanence. <br />
- La situation doit être vraiment grave...<br />
- Sans doute... J&#39;espère que vous faites honneur à votre clan et à la magistrature d&#39;Emeraude, Ayame-san &#33;  <br />
- Je fais de mon mieux avec mes moyens, senseï, pour servir et conseiller le seigneur Miya Katsu. <br />
- Bien. A cette fin, j&#39;ai pensé qu&#39;il était temps d&#39;approfondir vos connaissances &#33; Je suis certain que vous n&#39;avez que peu de temps à consacrer à vos études magiques... <br />
- Hélas, Akitoki-sama, il est vrai que... <br />
- Bien, alors je suis sûr que vous allez suivre l&#39;exemple montré par Kogin-san... <br />
Ayame se retint de soupirer de lassitude : allons bon &#33; il y avait longtemps qu&#39;elle n&#39;avait pas entendu parler de cette teigne de première de la classe &#33; <br />
- Savez-vous qu&#39;elle a réussi en peu de temps à maîtriser des sorts très difficiles, qui me font dire qu&#39;elle peut maintenant prétendre être initiée au troisième cercle de connaissance de notre Académie &#33; Et je suis sûr que vous êtes capable d&#39;en faire autant, Ayame-san, car toutes mes élèves doivent rivaliser d&#39;excellence &#33; <br />
Ayame déglutit : elle avait fortement négligé les études magiques depuis des mois et n&#39;invoquait que très peu les kamis ; peu les invoquer est bon, car il est mauvais de trop solliciter les esprits ; mais trop peu les invoquer est mauvais, car on finit par s&#39;en faire oublier...<br />
- Je vous envoie donc des parchemins de sorts que vous pourrez étudier et qui vous permettront d&#39;approfondir vos connaissances, même si je ne suis pas là pour vous diriger. C&#39;est moi qui les ai écrits, ajouta t-il avec une pointe d&#39;orgueil, donc vous devriez avoir toutes les facilités à les déchiffrer. <br />
- Je vous en suis très reconnaissante, dit Ayame. <br />
Akitoki-senseï la salua et son image dans l&#39;eau disparut. <br />
Ikky arrivait enfin, à bout de souffle, courbée en deux, mains sur les cuisses : <br />
- Rien de grave, Ayame-san ?... <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Notre shugenja n&#39;eut pas droit au transport aérien pour rentrer au palais. Il lui semblait que la moitié de la ville la regardait en coin, même les Scorpions, qui se demandaient ce qui lui avait pris de se transporter en pleine journée dans le quartier interdit &#33; Mais c&#39;était la magistrature d&#39;Emeraude, alors pas question d&#39;être désagréable &#33; <br />
Yogo Osako émit l&#39;hypothèse que notre shugenja avait dû lire un sort de travers,<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/spamafote.gif" alt="Spamafote" title="Spamafote" class="smilie smilie_170" />mais admettait qu&#39;elle penserait à utiliser un moyen de transport si rapide et pratique.<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_smile.gif" alt="smile" title="smile" class="smilie smilie_293" /><br />
Après le repas, remise de ses émotions, Ayame vit arriver dans sa chambre les kamikaze, qui transportaient un sac et le déposèrent sur sa couche. Elle l&#39;ouvrit et y trouva plusieurs rouleaux de parchemins. Akitoki-sama faisait bien les choses &#33; <br />
Notre shugenja les ouvrit et les lut : certains étaient relativement faciles à déchiffrer, d&#39;autres bien au-delà de sa portée. C&#39;est à ce moment qu&#39;elle s&#39;aperçut des lacunes accumulées. Il était vexant de ne pas comprendre des parchemins qui étaient maintenant à la portée de Kogin-san &#33; Ayame décida de s&#39;intéresser au sort dit du Bassin Réfléchissant de P&#39;an Ku, très facile à maîtriser. <br />
<br />
On vint alors prévenir notre shugenja que l&#39;honorable Yasuki Taka se présentait à l&#39;entrée du palais. Ayame se leva d&#39;un coup, impatiente de rencontrer enfin des informateurs sur l&#39;affaire du Condor. Elle avait oublié cette invitation du marchand à cause d&#39;Akitoki-sama mais maintenant, elle bouillait d&#39;impatience. <br />
- Dites-lui que j&#39;arrive bientôt. <br />
Elle se prépara à la hâte, fit venir Ikky et alla rencontrer Taka-sama. Le marchand n&#39;avait pas voulu s&#39;imposer dans le palais. Il attendait dans la rue, son environnement le plus habituel, à négocier (juste pour le plaisir) des babioles à un marchand. Il s&#39;arrêta dès qu&#39;il vit sortir les deux femmes.<br />
- Ayame-san &#33; Ikky-san &#33; Quel plaisir, quel honneur &#33;... En vous attendant, je faisais le tour des marchands du quartier... Dites-moi, j&#39;ai bien cru vous voir ce matin, Ayame-san, dans les airs, au-dessus de la ville ; je venais m&#39;informer de quand nous pourrions prendre rendez-vous mais vous aviez l&#39;air occupé à autre chose. Rien de grave au moins, non ?... Bon tant mieux, parce que moi je ne savais pas de quoi il s&#39;agissait, vous savez sorti des affaires terre-à-terre, le vieux Taka n&#39;y connaît rien et la magie ça le dépasse de beaucoup donc je préfère demander directement à quelqu&#39;un comme vous qui s&#39;y connait bien. <br />
Il emmenait les deux magistrates dans le quartier marchand, en continuant à bavarder avec un entrain jamais démenti. Il avait un mot à dire à chaque boutiquier un peu important de la ville. <br />
- C&#39;est pas au vieux singe qu&#39;on apprend à faire la grimace, comme je dis toujours... Et je cherche pas midi à quatorze heures, ça non &#33;... Les affaires magiques, ça me connait pas du tout ; j&#39;ai voyagé d&#39;un bout à l&#39;autre de cet Empire et je pense que c&#39;est pas ces forces mystiques qui guideront ma vie à moi... Par contre, question négociations, qualité, quantité, produits et confiance, Taka-sama est imbattable &#33; Pas vrai vous autres ?<br />
Il s&#39;adressait aux maraîchers de la petite place encombrée qu&#39;ils traversaient. <br />
- Oh oui, Taka-sama &#33; <br />
- ... bon tant mieux &#33; <br />
Et ça continuait, de rue en rue, dans le dédale des quartiers et des anecdotes du marchand. <br />
- On a beau dire et beau faire, la magie, les prévisions astrales, les Fortunes, c&#39;est réservé qu&#39;à une toute petite élite bénie par le ciel. Et c&#39;est pas pour Taka-sama qui, par contre, pour ce qui est de vous apportez en temps et en heure et à un prix imbattable les marchandises les plus rares, les plus précieuses, n&#39;a pas d&#39;égal dans Rokugan &#33;... Pas vrai ? <br />
- Oui Taka-sama &#33; <br />
- Pas vrai, toi ? <br />
Il en désignait quatre ou cinq à la suite, qui avaient intérêt à répondre au garde-à-vous &#33; <br />
- Pas vrai ? hmm, pas vrai ?<br />
Et d&#39;un coup, il se retournait et en surprenait un, dans un coin, qui rigolait en se croyant à l&#39;abri. <br />
- Pas vrai, toi &#33; <br />
- Si Taka-sama &#33; <br />
- ... bon... <br />
Et il reprenait sa marche, content d&#39;avoir serré la vis à ces petits malins &#33;]]></content:encoded>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[18e Episode : Les dix jours d&#39;Osano-Wo]]></title>
			<link>http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=359</link>
			<pubDate>Tue, 16 May 2006 10:25:33 +0000</pubDate>
			<dc:creator><![CDATA[<a href="http://forum.chezseb.ovh/member.php?action=profile&uid=3">Darth Nico</a>]]></dc:creator>
			<guid isPermaLink="false">http://forum.chezseb.ovh/showthread.php?tid=359</guid>
			<description><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
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<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">18e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Coq 1127</a><br />
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<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkblue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Les dix jours d&#39;Osano-Wo</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span></div>
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<blockquote class="mycode_quote"><cite>Quote:</cite>Paysan (dont le village vient d&#39;être sauvé des bandits) : Dragon-sama, ce sont les Kami qui vous envoient &#33;<br />
Ryu : Tout à fait...</blockquote>
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<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
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<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">1er jour</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
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L&#39;eau de la baie de l&#39;Honneur Noyée était montée à nouveau inondant plusieurs pontons du quartier des pêcheurs. Les samuraï ne sortaient pas sans un serviteur ou deux pour tenir des ombrelles au-dessus d&#39;eux et sentaient le vent froissait leur kimono et, pour les femmes, menacer leurs coiffures délicates. <br />
- C&#39;est pas un temps à mettre marchand dehors, ça...<br />
Le patron du Sanglier qui Rit regardait le ciel cendré avec inquiétude. <br />
- Ca va pas être bon pour les récoltes, ça. Et ces voleurs vont encore monter le prix du blé &#33; Heureusement que la pêche a été bonne cette année et que nous ne manquerons pas de poisson pour l&#39;hiver. Encore un petit verre, Crabe-sama ? <br />
- C&#39;est pas de refus, dit Shigeru. <br />
Notre enquêteur de terrain n&#39;était pas mécontent de lui. Il avait rondement mené l&#39;affaire de la veuve Mayo et Hiruya-sama était content. A part qu&#39;on n&#39;avait pas pu remonter jusqu&#39;au membre du Condor lui-même, mais notre Crabe était sûr que ça viendrait en son temps. <br />
Rue de la Moutarde, on reconstruisait l&#39;échoppe détruite. Et sur les ruines de la maison de Kuni Isao, la shugenja et magistrat Yogo Osako était venue dire une prière et avait ordonné que pendant un temps, on ne construise rien, sinon un petit autel en l&#39;honneur de Daikoku, Fortune tutélaire de la ville. L&#39;abbé Okawa avait donné son accord. <br />
- Quand même, heureusement que c&#39;était criminel cet incendie...<br />
Shigeru regarda de travers le patron en maugréant. <br />
- Pourquoi tu dis, ça ?<br />
- Enfin, je veux dire, Crabe-sama, que ce ne sont pas les Fortunes qui nous ont evoyé ça...<br />
- Ouais...<br />
Shigeru se gratta les joues et ajouta : <br />
- Tu réfléchis trop. Ressers-moi plutôt une coupe. <br />
Notre Crabe la vida d&#39;un trait et se leva. <br />
- C&#39;est pas tout ça, mais j&#39;ai une enquête à poursuivre ailleurs, par Osano-Wo &#33; <br />
Et Shigeru traversa le quartier et entra dans une autre maison de sake, rue des Bûcherons, où on servait un petit soshu bien propre à vous réchauffer par ce vilain temps humide. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Pendant que Shigeru approfondissait sa connaissance de la ville, Mirumoto Ryu était convoquée chez Miya Katsu. Le vieux magistrat se remettait de son empoisonnement. Isawa Ayame lui avait administré quelques soins, malgré l&#39;insistance de Iuchi Sadako pour revenir procurer des soins. Mais il n&#39;était pas convenable de trop en demander aux Licornes. <br />
- Asseyez-vous, Ryu-san. <br />
Katsu-sama toussota et but une décoction amère, dont la recette venait du senseï Kitsuki Jotomon qui, elle-même, la tenait de sa grand-mère. Elle assurait que ses vertus curatives étaient indiscutables. Du reste, la boisson était bien assez amère pour ce qu&#39;elle devait être bénéfique &#33;<br />
- J&#39;ai une mission à vous confier, Ryu-san. <br />
- Je suis à votre service, Katsu-sama, dit notre enquêtrice en s&#39;inclinant. <br />
Le magistrat lui tendit un rouleau scellé au signe de la Magistrature. <br />
- Vous allez vous rendre à Shiro Usagi, le château du clan du Lièvre, ou plutôt sur ses ruines. Vous porterez ce message à Ozaki et vous lui remettrez en mains propres. <br />
- Bien, honorable magistrat. <br />
- Shigeru-san m&#39;a appris que des Lièvres résident en ville, dans le quartier du Puits Suppurant. Il les a rencontrés pas plus tard qu&#39;hier. Si nécessaire, vous vous ferez guider par eux. Shiro Usagi est à moins d&#39;une journée d&#39;ici. Vous pouvez y être en fin de journée. <br />
Ryu s&#39;inclina, prit le parchemin et partit à dos de poney, accompagnée deux soldats du palais d&#39;Emeraude. <br />
<br />
En rase campagne, alors que le soleil baissait déjà, elle aperçut au loin une imposante armée, qui devait compter plusieurs milliers d&#39;hommes et soulevaient des nuages de poussière. Notre magistrate assistante n&#39;avait pas été informée du passage d&#39;une telle puissance armée dans la région. <br />
Elle fut encore plus étonnée de découvrir que ce n&#39;était pas une troupe du clan du Scorpion, mais du Dragon &#33; Oui, son propre clan était en manoeuvre dans la région &#33; <br />
Ils étaient loin et Ryu ne pouvait se dérouter pour les rejoindre, mais elle ordonna à l&#39;un de ses deux soldats de retourner à Ryoko Owari informer Hiruya-sama de la présence de cette armée. <br />
Et elle continua son chemin avec le second soldat. <br />
<br />
Comme prévu, Ryu-san arriva au crépuscule sur les ruines de Shiro Usagi, déjà visitées quelques mois plus tôt, lors du début de l&#39;enquête sur Ozaki. Bizarrement, rien n&#39;avait changé ici. Ou si peu. Pas de Lièvres en vue, ni même de rônin. Il régnait sur les lieux un étrange silence. La fouille des lieux ne donna rien. <br />
Au village, guère plus de résultats. Les paysans n&#39;étaient pas bien causants. Il fallait vraiment leur tirer les vers du nez. Ryu finit par entendre de la bouche du soldat, qui avait su mieux parler au peuple, que les Lièvres, qui avaient entrepris de réparer leur château, puisque Yasuki Taka-sama avait promis que bientôt, leur nom de famille leur serait rendu, avaient été chassés de là par une importante force armée &#33; <br />
Etait-ce les Dragons ? Mais Ryu n&#39;aurait pas compris pourquoi. <br />
Non selon les paysans, c&#39;était des samuraï du Crabe &#33; Ils étaient venus en nombre, avec l&#39;intention de fracasser le clan et de mettre à bas les charpentes &#33; <br />
Trop peu nombreux, les Lièvres avaient essayé de se défendre puis s&#39;étaient enfuis. Les paysans pensaient qu&#39;Ozaki avait mené ses hommes en bordure de Shinomen Mori, la plus grande forêt de Rokugan, à quelques heures de là. <br />
Inquiète que des Crabes aient pu arriver si haut dans Rokugan, incapable de comprendre pourquoi ils s&#39;en étaient pris au clan du Lièvre, Ryu-san ordonna au second soldat de repartir à son tour à Ryoko Owari, délivrer cette information. <br />
Les deux messagers seraient de retour le lendemain normalement. <br />
Quant à Ryu-san, elle continua seule son chemin, vers un petit village en bordure de Shinomen, où elle passa la nuit. <br />
<br />
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<br />
Ce même jour, Kakita Hiruya et Isawa Ayame inspectèrent la pièce où avait été peinte l&#39;infâme marque du Condor. La shugenja inspecta la marque, mais il s&#39;agissait de peinture ordinaire, sans rituel magique ni sang d&#39;oni ou autre vilénie de ce genre. On ordonna donc aux etas de la faire effacer et l&#39;accès à la pièce fut de nouveau permis. <br />
La journée fut sage et vertueuse : Ayame mettait de l&#39;ordre dans ses parchemins, accomplissait des rituels aux Fortunes, pendant que Hiruya-sama lisait, avec une piété qu&#39;on ne lui connaissait guère, le Tao de Shinsei. Mais Ayame comprit mieux la raison de cet intérêt soudain et inédit : on disait que les bushi ne pouvaient devenir des maîtres du sabre sans connaître parfaitement le Tao &#33; :baton:Ça expliquait mieux les choses.:ahah:<br />
Ayame avait retenu surtout une phrase du Tao : "quand les ténèbres descendent, il faut savoir trouver des alliés dans les ombres." Le bon vieux Shinsei avait vraiment des bonnes paroles pour n&#39;importe qui, même ceux qui mettent leur honneur en danger pour servir l&#39;Empire &#33; Elle appréciait aussi cette formule : "Un coeur sombre cache nombre de secrets. Le coeur le plus sombre cache le pire secret qui soit." (cf. WoShinsei p48:P). Evidemment, Ayame n&#39;avait rien contre de jolies phrases telles que : "Etudie ce que le pin et la fleur de cerisier peuvent t&#39;apprendre. L&#39;homme n&#39;est pas le seul gardien de l&#39;illumination", mais il fallait bien dire que c&#39;est pas en attendant des conseils d&#39;un sapin qu&#39;on allait découvrir les secrets du Gozoku ou du Condor, hein...:baton:<br />
<br />
Le soir, un serviteur vint éveiller le sage Hiruya-sama, qui s&#39;était endormi comme un enfant sur les conseils de sagesse. <br />
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<br />
L&#39;île de la larme, dans le crépuscule, semblait flotter au milieu d&#39;une eau ensanglantée, et exsuder de vapeurs démoniaques, au moment où les lanternes s&#39;allumaient. La Maison des Histoires Etrangères retentissaient déjà des rires Licornes. En entrant, nos samuraï y reconnurent Ide Baranato, ainsi que le Licorne costaud qui, à plusieurs reprises, avait réprimander Iuchi Sadako quand elle venait répandre ses ragots dans les oreilles d&#39;Ayame. Il y avait encore quelques bushis, de tous âges, qui prenaient du bon temps. Le clan de Shinjo était de sortie, entre hommes. Ça rigolait, ça se vantait, ça buvait du sake de l&#39;ouest. Une telle joie de vivre, franche et assumée, n&#39;était pas chose courante et passait facilement pour un bonheur de grands enfants irresponsables. <br />
Magda, la grande gaijin blonde, accueillit Hiruya, Ayame et Ikky : <br />
- Je suis moultement contente de revoir vous, Hiruya ainsi que accueillir jolies choux-gaine-jas et puissante garde de corps &#33; <br />
Hiruya, pas insensible au charme de l&#39;étrangère, souriait de ses fautes, mais pour des puristes Phénix, qui trouvaient bizarre que puisse exister une grande asperge aux cheveux jaunes commme Magda, ces fautes passaient plus mal. Heureusement, Ayame avait appris à être tolérante mais ce n&#39;est pas Shiba Rosanjin, Akitoki-sama ou cette peste de Kogin qui aurait laissé passer un tel accent. <br />
- Dis-moi, Magda, j&#39;ai tellement apprécié tes légendes de l&#39;autre soir que je suis revenu avec ces deux femmes, qui veulent en entendre elles aussi. <br />
- Avec moult grand plaisir &#33;<br />
Ayame se demandait ce qu&#39;elle pourrait bien tirer des récits gaijins, mais elle avait appris à ne pas négliger de pistes. Elle fit semblant d&#39;apprécier la mélodie et l&#39;entrain, mais en réalité, elle écoutait soigneusement les paroles, car Magda, à la demande de Hiruya, chantait la légende de la Novice &#33; <br />
- <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">Il était une fois, voici des années et des années, si loin dans le passé que même les grands-parents de nos grands-parents n&#39;auraient pu avoir de grands-parents qui s&#39;en souvinssent, vivait une belle et intelligente femme, qui se faisait appeler la Novice, car elle révérait profondément les Fortunes, le Soleil et la Lune et voulait atteindre l&#39;Illumination car elle pensait découvrir le secret du détachement par rapport aux choses de ce monde. Elle révérait Dame Soleil chaque jour et la voyait se lever avec joie, chaque matin et dix ans durant n&#39;en eut satiété. Elle vivait dans une montagne et un jour quitta cette montagne et le pays de cette montagne, pour enseigner aux hommes la voie de la Sagesse, car elle révérait Shinsei et les Ancêtres. Elle voyagea et offrit ses paroles en abondance, à qui le lui demandait. Elle se fit connaître sur les terres du clan de la Ki-rin, pendant que les fils de dame Shinjo exploraient le désert des Sables Brûlants.</span><br />
Les récits entremêlaient divers épisodes au cours desquels la Novice, après les terres de la Ki-rin, chantaient dans les châteaux des nobles seigneurs, de la Grue et du Phénix (nul doute que Magda pouvait adapter en fonction du public) et tâchaient de trouver la voie du juste milieu, qui menait au Nirvâna. <br />
<br />
Ayame n&#39;entendait rien de bien intéressant et se retint de baîller. Ces légendes étaient certes bien distrayantes mais elle avait passé l&#39;âge de ces choses-là. Elle pouvait comprendre que les homme se laissent charmer par cette belle voix, mais elle sentait qu&#39;elle perdait son temps. <br />
<br />
Mais notre shugenja changea d&#39;avis en entendant ce passage : <br />
- <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">... et la belle Novice, qui chaque jour remerciait les Ancêtres de la guider et de lui montrer la voie de la compassion et un jour, elle reçut une grâce inouïe, d&#39;être invitée à la cour de l&#39;Empereur, à une époque où il avait trois nobles et grands conseillers, du clan du Phénix, de la Grue et du Scorpion..."</span> <br />
Ça ne pouvait être que l&#39;époque du Gozoku &#33; Sinon, pourquoi préciser et ne pas s&#39;en tenir à dire qu&#39;elle fut invitée à la cour de l&#39;Empereur &#33; <br />
Ainsi, depuis des mois, Ayame essayait de faire le lien entre la Novice et le Gozoku et c&#39;était Magda qui lui donnait la solution &#33; Pour le coup, notre shugenja aurait pu lui sauter au coup &#33; <br />
L&#39;information n&#39;avait pas échappé non plus à Hiruya, qui sourit à ce moment du récit.<br />
<br />
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<br />
Nos samuraï saluèrent Magda et la remercièrent pour ce début de soirée. Hiruya se dirigea vers la Maison de l&#39;Etoile du Matin, où il avait rendez-vous avec une jolie dame de compagnie, pour laquelle il allait plier de délicates origami.<br />
Ayame et Ikky, qui avaient pris aussi leurs habitudes, retournèrent à leur maison habituelle, surtout fréquentée par des femmes. Au fond de la salle, dans une petite pièce à part, rouge sombre, derrière une alcôve, elles aperçurent le gouverneur Hyobu en grande discussion avec des femmes de son clan et de celui de la Licorne. C&#39;était un groupe de personnes d&#39;un certain âge, qui ponctuaient leurs paroles de toasts au soshu. De solides femmes, à la tête de leurs familles, aussi robustes et solides que des hommes, qui ne craignaient pas les alcools forts. <br />
Le Gouverneur jeta un regard vers Ayame et Ikky puis continua sa conversation. Ikky se joignit à un groupe de jeunes samuraï-ko de la famille Iuchi, parmi lesquelles Sadako, qui accueillirent la grande magistrate aux yeux verts, pendant qu&#39;Ayame rejoignait déjà Kimi, et d&#39;autres, dans la salle du fond. <br />
L&#39;hôte d&#39;Ayame fumait une pipe de tabac avec des amies, mais elle s&#39;éloigna du groupe pour parler avec la shugenja. <br />
- Je voulais relire brièvement un passage de ce journal d&#39;une opiomane, dit Ayame...<br />
Elle feuilleta les pages rapidement. Le passage en question lui apprit que Bashô avait été éconduit par Shonagon. Et notre héroïne avait appris que Jocho avait, lui, réussi à mettre Shonagon dans son lit. Du coup, notre shugenja, qui venait parler de choses sérieuses, sentit glisser la conversation vers les chiffons et ragots du moment, pratique dans laquelle Kimi semblait exceller. <br />
Après quelques bouffées d&#39;opium, les deux femmes riaient comme des gamines ; Kimi demandait qui était marié parmi les gens de la magistrature. <br />
- Je sais que Ryu-san a été mariée, mais son mari a été tué. De même pour Ikky-san. Shigeru a la chance d&#39;être marié, et d&#39;avoir quatre ou cinq enfants, dont un qui est déjà un homme. <br />
- Et Hiruya ? fit Kimi avec force insinuations.<br />
- Hélas, déclara Ayame comme si elle faisait un discours, je ne crois pas que le très très honorable Hiruya-sama soit marié &#33; <br />
- Ah mais nous savons que nombres de représentants du clan de la Grue sont plus attirés par leurs confrères d&#39;armes &#33; Ils aiment passer du temps entre hommes et on dit qu&#39;ils ont mêmes des geishas qui sont des travestis...<br />
L&#39;intéressé, qui buvait avec Shigeru, dut avoir les oreilles qui sifflent beaucoup ce jour-là, car Ayame et Kimi ne se privèrent pas de moquer le noble, esthéte et raffiné Hiruya-sama &#33; <br />
<br />
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<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">2ème jour</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
Les gens du peuple appelaient cette heure celle du Lièvre, les samuraï appelaient cette heure celle du Soleil et pour nos héros c&#39;était celle du Tetsubo : celui qu&#39;ils avaient rituellement en travers du crâne &#33; Shigeru avait l&#39;impression qu&#39;une armée de l&#39;Outremonde galopait dans sa tête &#33;<br />
Ce jour-là, les Magistrats d&#39;Emeraude ne furent pas visibles avant une heure avancée de la mâtinée et même, à vrai dire, pas avant le début de l&#39;après-midi. Le fond de l&#39;air dans la cité était plus frais. On sentait qu&#39;il fallait dire adieu pour de bon à l&#39;été. <br />
<br />
Sur les chemins, Ryu continuait son avancée, de village en village. Elle interrogeait les gens, chaque fois ahuris de voir arriver un Magistrat d&#39;Emeraude, du clan du Dragon, dans leur hameau perdu où il ne s&#39;était jamais, de mémoire d&#39;ancien, rien passé. <br />
Ryu frôlait les abords de la forêt Shinomen, où il semblait parfois que des créatures magiques et inquiétantes l&#39;épiaient depuis les profondeurs de leur royaume végétal. <br />
En fin de journée, notre Magistrate arriva en vue d&#39;un village, où elle aurait à faire étape. Elle apprit que les Lièvres étaient traqués par les Crabes et descendaient vers le sud. Ce village-ci avait subi deux jours auparavant un pillage par une petite troupe du clan du Crabe, mais on avait pu emprunter des provisions au village d&#39;à côté.<br />
<br />
A la Cité des Mensonges, Ayame, après ses préparatifs matinaux, avait passé la journée dans la bibliothèque ; Ikky avait fini par exprimer le désir d&#39;aller s&#39;entraîner chez Kitsuki Jotomon. Sans relever les yeux de ses papiers, la shugenja avait donné sa permission et la yojimbo partit avec entrain rejoindre le dojo, contente de se battre enfin au lieu de passer la journée assise en tailleur entre des rayonnages poussiéreux &#33;<br />
Jotomon-senseï l&#39;accueillit bien volontiers et Ikky ne se sentait plus de joie en échangeant des coups de bokken avec de jeunes coqs du clan du Scorpion qui voulaient en découdre &#33;<br />
<br />
Ayame découvrit des informations sur la marque du Condor : le magistrat d&#39;Emeraude précédent, Matsu Shigeko, signalait la présence de la fameuse marque dans une boutique de la rue du Saphir. Le jour tombait déjà et pendant des heures, Ayame avait peu à peu desespéré de l&#39;utilité de ses recherches. Mais enfin, la journée ne serait pas perdue &#33; <br />
Elle fit prévenir Hiruya-sama, qui lui dit de venir sur-le-champ avec lui pour cette inspection. La rue était dans le sud du quartier marchand, juste au nord des remparts qui cernaient le quartier noble. La boutique signalée était celle d&#39;un joaillier, qui s&#39;aplatit à terre devant l&#39;arrivée de la Magistrature d&#39;Emeraude et de sa garde &#33; <br />
- Nous voulons juste fouiller ta boutique, dit Hiruya. Allez, vous autres &#33; <br />
Les soldats du palais entrèrent et retournèrent la boutique, sous les yeux inquiets du marchand et de sa famille. On finit par découvrir une trappe, qui révéla une échelle menant à une petite cave. <br />
- Tu ne connaissais pas l&#39;existence de cette cache, marchand ? <br />
- Non je vous jure seigneur &#33;<br />
Hiruya sentait que le marchand était sincére : on ne la lui faisait pas comme ça et le joaillier était vraiment dans tous ses états. <br />
Ayame et Hiruya descendirent visiter les lieux, pendant que les gardes étaient chargés de faire sortir tout le monde de la boutique et d&#39;évacuer les alentours. <br />
La cache mesurait environ huit pas sur six. Nue, poussiéreuse, elle n&#39;avait pas été visitée depuis longtemps. Au mur, Ayame vit des traces de peinture séchée. Sur un mur, la marque du Condor, très grande, mais presque disparue et sur le mur d&#39;en face, une peinture stylisé d&#39;un des portails portant les Cloches de la Mort. Le même dessin qu&#39;Ayame avait déjà vu chez Toritaka Bonugi, dans la Vallée des Esprits. Asako Nakiro était-il venu ici ? <br />
La pièce ne recélait rien d&#39;autre. Nos héros interrogèrent le marchand : il tenait cette boutique depuis un peu plus de trois ans. Avant cela, l&#39;endroit avait été inoccupé pendant près de sept mois, à compter de la mort du propriétaire précédent. Période qui couvrait peu ou prou les mois de la guerre de l&#39;opium... <br />
Nos magistrats repartirent de la rue du Saphir sans plus créer de soucis au marchand. <br />
<br />
Le soir, Ayame repartit parmi ses parchemins mais ne trouva rien. Elle partit se coucher, frustrée de cette journée qui n&#39;avait que fait semblant d&#39;apporter de nouvelles pistes. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">3ème jour</span>&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
Après une bonne nuit au village, Ryu repartit à dos de poney, sur une petite route qui menait à un important sanctuaire de l&#39;Empire, le Temple dédié à Osano-Wo, la Fortune du Tonnerre, patron des Bushis, dont le sang coule dans les veines des samuraï du Crabe et de la Mante. <br />
Au sortir d&#39;un charmant petit bois où chantait un ruisseau, elle arriva près d&#39;un village au pied d&#39;une colline, qu&#39;une bande pillards attaquait &#33; <br />
Ni une ni deux, Ryu mit pied à terre et ordonna à cette canaille de partir sur le champ. Sûrs d&#39;eux, avides déjà de forcer les charmes de cette magnifique samuraï, les bandits ricanèrent grassement, montrant toutes leurs dents et chicots, défiant la magistrate de s&#39;attaquer à eux cinq. <br />
Sans hésitation, Ryu tira ses deux sabres et avança vers eux. <br />
<br />
Les deux gars les plus téméraires avancèrent sur elle, puis coururent, avec de grands sayas et une lance au manche cassée. <br />
Ryu se mit en garde, arrêta le coup de lance avec son wakizashi, trancha la poitrine du porteur de sayas ; se baissa pour éviter le coup de lance, enfonça son wakizashi dans la poitrine de celui qu&#39;elle avait déjà frappé, puis trancha le bras de l&#39;autre, qui tomba en serrant encore la lance ; Ryu les acheva d&#39;une belle cisaille de ses deux sabres. Deux flèches partirent, lancés par deux archers. Ryu se jeta sur le côté. Un troisième gredin lui sauta dessus, dont elle perça le ventre avant de le décapiter, puis elle courut sus aux deux archers. Ceux-ci laissèrent tomber les arcs pour attraper une arme, mais leurs têtes s&#39;envolèrent à ce moment, pour aller s&#39;écraser dans la boue humide. <br />
<br />
Les cinq bandits étaient vaincus. Ryu essuya et rangea ses armes. <br />
Stupéfaits, terrifiés, les gens du village mirent un moment avant de s&#39;approcher. <br />
Enfin, le chef se précipita aux pieds de Ryu : <br />
- Seigneur &#33; ces pillards nous menaçaient et nous rançonnaient depuis des semaines &#33; Ce sont les kamis qui vous envoient &#33; <br />
- Tout à fait, répondit Ryu, un peu pressée, mais avec un grand naturel. Dites-moi, je recherche le clan du Lièvre...<br />
On n&#39;était pas là pour perdre son temps en vaines palabres &#33;<br />
Et c&#39;est ainsi que la légende de Mirumoto Ryu gagna un chapitre, écrit en lettres d&#39;or, légende qui passe par le temple de la vallée d&#39;Inchu, par ce village et par bien d&#39;autres endroits encore, où on a vu arriver cette samuraï sortie de nulle part, poser des questions et repartir aussitôt &#33;<br />
Les villageois confièrent à Ryu leur meilleur pisteur, débordant de reconnaissance devant cette véritable fille d&#39;Osano-Wo qui avait foudroyé cinq bandits à la suite &#33; <br />
Grâce à ce guide, Ryu retrouva la piste des Lièvres, le long d&#39;une rivière qui cernait la forêt Shinomen ; elle découvrit un campement abandonné récemment, puis renvoya le pisteur et continua seule son chemin vers le temple de la Fortune du Tonnerre. <br />
<br />
A la Cité, le premier messager renvoyé par Ryu l&#39;avant-veille se présentait au palais de la magistrature. Hiruya le reçut et fut ainsi informé de la présence de l&#39;armée du Dragon dans la région. Surpris (encore qu&#39;avec les Dragons, il fallait s&#39;attendre à tout &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" />, Hiruya ordonna au soldat de retrouver cette armée, de porter un message de la part de la magistrature d&#39;Emeraude et de s&#39;informer de la raison de leur présence, si loin des montagnes éternelles. <br />
Ce jour-là, Ayame décida de changer ses habitudes et d&#39;aller elle-même enquêter auprès du peuple, pour se renseigner sur la rue du Saphir &#33; <br />
Hélas, elle comprit bien vite que de telles recherches, dans lesquelles Shigeru ou Ryu (chacun à sa façon) excellaient -n&#39;&#39;étaient pas pour elle &#33; Elle n&#39;avait pas la manière avec les gens, qui donnaient de vagues informations, mélanges de on-dit, de racontards et d&#39;inventions spontanées. On lui disait des choses pour lui faire plaisir, pour se débarrasser d&#39;elle. On sentait bien que cette shugenja n&#39;avait pas l&#39;habitude de fréquenter les petites gens comme eux &#33; Là où Shigeru aurait fait copain-copain en offrant à boire, Ryu avec un mélange de séduction et de menace, Ayame apparaissait hautaine, distante : elle ne comprenait pas les codes de ce monde. <br />
Boudeuse, notre shugenja rentra au palais, en se jurant désormais de ne plus sortir de sa bibliothèque &#33; Ikky en était gênée pour elle : pour une fois qu&#39;elle sortait de ses paperasses &#33; <br />
<br />
Mais au palais, Hiruya venait d&#39;en apprendre de belles &#33; Le second messager de Ryu était revenu et lui annonçait que les Lièvres avaient quitté leur château, après avoir été attaqué par les Crabes &#33;<br />
Notre magistrat était stupéfait. Miya Katsu était tout aussi stupéfait. Pourquoi donc les Crabes venaient-ils si haut pour attaquer un clan mineur &#33; Et surtout, leur présence dans la région était une menace gravissime &#33;<br />
On savait qu&#39;ils menaient une guerre dans le sud et qu&#39;ils avaient pris sous leur contrôle plusieurs terres, parmi les plus septentrionales, du clan de la Grue. On ignorait qu&#39;ils avaient envoyé un détachement traverser les terres des clans de l&#39;Alliance Tripartite &#33;<br />
 <br />
Ce même jour, le Gouverneur la ville, Shosuro Hyobu avait fait déposer une requête au palais. Une fois par mois, elle était en droit d&#39;exiger de la Magistrature d&#39;Emeraude un rapport complet de leurs enquêtes en cours. <br />
Miya Katsu tendit le papier à Hiruya et le chargea de rédiger le rapport. Il devait passer sous silence le nom du Condor, et se contenter de ramener l&#39;affaire de la rue de la Moutarde et de la veuve Mayo à un groupe de petits tsukaï désormais hors d&#39;état de nuire. <br />
- Pour ma part, Hiruya-san, je vais partir au chateau de ma famille pour y rencontrer le Champion d&#39;Emeraude. Il est grand temps de lui faire aussi un rapport sur notre Cité. Vous vous doutez combien il doit l&#39;attendre &#33; Je resterai en contact avec vous par courrier. <br />
Et c&#39;est ainsi que Kakita Hiruya put prendre la place du chef et se considérer désormais comme le Magistrat en poste à Ryoko Owari &#33; <br />
<br />
Le soir, Ayame était encore et toujours en bibliothèque. Elle retrouvait l&#39;atmosphère, les bruits, les ténèbres, l&#39;inquiétude de l&#39;hiver dernier, quand elle fouillait au château du Chêne Pale. Ikky était partie se coucher. Ayame ressortit le plus noir de ses parchemins, celui dont elle sentait que la possession lui avait coûté une partie de son âme, celui qui disait : <br />
<br />
« Quand Mère Soleil et Père Lune donnèrent un nom à toutes les choses , quelque chose, un petit bout de rien, refusa de recevoir un nom. <br />
<br />
Goju était l&#8217;auteur de ces lignes, en ouverture de ses <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">Agonies Célestes</span> et ceux qui le lurent moururent défigurés, une épaisse bave noire à la bouche, car il était prédit dans cette oeuvre la chute de tous les astres lumineux et de tous les dieux.<br />
<br />
Car c&#8217;est la peur, l&#8217;ignoble peur, qui seule engendra ce livre, la peur d&#8217;un l&#8217;enfant mort-né, seul face à lui-même, et qui partit se terrer au bout du monde, dans un recoin de la voûte céleste. »<br />
<br />
C&#39;était vraiment un des plus abominables parchemins qu&#39;elle ait eu entre les mains. Même les rouleaux des maho-tsukaï semblaient acceptables en comparaison de celui-ci. Elle sentit une noirceur sans fond, une terreur indescriptible logé dans celui-ci. Un terrifiant mystère, une émanation des ténèbres, animaient ce parchemin, qu&#39;elle cachait en permanence au fond de son sac. <br />
Si jamais quelqu&#39;un apprenait qu&#39;elle avait un tel document en sa possession, elle risquait le deshonneur définitif, l&#39;infamie &#33; A côté d&#39;elle, les conspirateurs Scorpions passeraient pour des petits chanteurs au sabre en bois &#33;<br />
<br />
Goju, c&#39;était sur ce nom qu&#39;elle voulait la vérité. Elle se sentait épiée. Elle ignorait s&#39;il c&#39;était justifié, mais il lui semblait que les murmures du vent étaient chargés d&#39;une lourde menace. Une longue fouille dans les documents relatifs au clan du Scorpion finit par lui fournir une révélation d&#39;importance : <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">vers le 3e siècle de l&#39;Empire, un gouverneur de la Cité des Mensonges s&#39;était appelé Goju &#33;</span><br />
Le 3e siècle, c&#39;était encore presque 3 siècles avant le Gozoku : c&#39;était la nuit des temps &#33;<br />
Ce Goju avait fini disgrâcié. De pudiques formules laissaient entendre une trahison capitale de sa part, peut-être même une rebellion contre le Trône d&#39;Emeraude &#33;<br />
Ayame frissonna et rangea ses documents là où elle les avait trouvés, et même plus profondément encore, qu&#39;on ne les ressorte pas avant sept ou huit siècles au moins &#33; <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: blue;" class="mycode_color">CHRONIQUES DE L&#39;EMPIRE D&#39;EMERAUDE</span></span><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size">&lt;span style="color:green"&gt;La 5e Réincarnation : <span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">18e Episode</span></span>&lt;/span&gt;&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<a href="http://membres.lycos.fr/wilhelm2051/Images/l5r-calendrier.jpg" target="_blank" rel="noopener" class="mycode_url">Coq 1127</a><br />
<br />
<br />
<br />
<span style="font-weight: bold;" class="mycode_b"><span style="color: darkblue;" class="mycode_color"><span style="font-size: 11pt;" class="mycode_size">Les dix jours d&#39;Osano-Wo</span>&lt;!--/sizec--&gt;</span></span></div>
<br />
<br />
<br />
<blockquote class="mycode_quote"><cite>Quote:</cite>Paysan (dont le village vient d&#39;être sauvé des bandits) : Dragon-sama, ce sont les Kami qui vous envoient &#33;<br />
Ryu : Tout à fait...</blockquote>
<br />
<div style="text-align: center;" class="mycode_align"><img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /></div>
<br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">1er jour</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
L&#39;eau de la baie de l&#39;Honneur Noyée était montée à nouveau inondant plusieurs pontons du quartier des pêcheurs. Les samuraï ne sortaient pas sans un serviteur ou deux pour tenir des ombrelles au-dessus d&#39;eux et sentaient le vent froissait leur kimono et, pour les femmes, menacer leurs coiffures délicates. <br />
- C&#39;est pas un temps à mettre marchand dehors, ça...<br />
Le patron du Sanglier qui Rit regardait le ciel cendré avec inquiétude. <br />
- Ca va pas être bon pour les récoltes, ça. Et ces voleurs vont encore monter le prix du blé &#33; Heureusement que la pêche a été bonne cette année et que nous ne manquerons pas de poisson pour l&#39;hiver. Encore un petit verre, Crabe-sama ? <br />
- C&#39;est pas de refus, dit Shigeru. <br />
Notre enquêteur de terrain n&#39;était pas mécontent de lui. Il avait rondement mené l&#39;affaire de la veuve Mayo et Hiruya-sama était content. A part qu&#39;on n&#39;avait pas pu remonter jusqu&#39;au membre du Condor lui-même, mais notre Crabe était sûr que ça viendrait en son temps. <br />
Rue de la Moutarde, on reconstruisait l&#39;échoppe détruite. Et sur les ruines de la maison de Kuni Isao, la shugenja et magistrat Yogo Osako était venue dire une prière et avait ordonné que pendant un temps, on ne construise rien, sinon un petit autel en l&#39;honneur de Daikoku, Fortune tutélaire de la ville. L&#39;abbé Okawa avait donné son accord. <br />
- Quand même, heureusement que c&#39;était criminel cet incendie...<br />
Shigeru regarda de travers le patron en maugréant. <br />
- Pourquoi tu dis, ça ?<br />
- Enfin, je veux dire, Crabe-sama, que ce ne sont pas les Fortunes qui nous ont evoyé ça...<br />
- Ouais...<br />
Shigeru se gratta les joues et ajouta : <br />
- Tu réfléchis trop. Ressers-moi plutôt une coupe. <br />
Notre Crabe la vida d&#39;un trait et se leva. <br />
- C&#39;est pas tout ça, mais j&#39;ai une enquête à poursuivre ailleurs, par Osano-Wo &#33; <br />
Et Shigeru traversa le quartier et entra dans une autre maison de sake, rue des Bûcherons, où on servait un petit soshu bien propre à vous réchauffer par ce vilain temps humide. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Pendant que Shigeru approfondissait sa connaissance de la ville, Mirumoto Ryu était convoquée chez Miya Katsu. Le vieux magistrat se remettait de son empoisonnement. Isawa Ayame lui avait administré quelques soins, malgré l&#39;insistance de Iuchi Sadako pour revenir procurer des soins. Mais il n&#39;était pas convenable de trop en demander aux Licornes. <br />
- Asseyez-vous, Ryu-san. <br />
Katsu-sama toussota et but une décoction amère, dont la recette venait du senseï Kitsuki Jotomon qui, elle-même, la tenait de sa grand-mère. Elle assurait que ses vertus curatives étaient indiscutables. Du reste, la boisson était bien assez amère pour ce qu&#39;elle devait être bénéfique &#33;<br />
- J&#39;ai une mission à vous confier, Ryu-san. <br />
- Je suis à votre service, Katsu-sama, dit notre enquêtrice en s&#39;inclinant. <br />
Le magistrat lui tendit un rouleau scellé au signe de la Magistrature. <br />
- Vous allez vous rendre à Shiro Usagi, le château du clan du Lièvre, ou plutôt sur ses ruines. Vous porterez ce message à Ozaki et vous lui remettrez en mains propres. <br />
- Bien, honorable magistrat. <br />
- Shigeru-san m&#39;a appris que des Lièvres résident en ville, dans le quartier du Puits Suppurant. Il les a rencontrés pas plus tard qu&#39;hier. Si nécessaire, vous vous ferez guider par eux. Shiro Usagi est à moins d&#39;une journée d&#39;ici. Vous pouvez y être en fin de journée. <br />
Ryu s&#39;inclina, prit le parchemin et partit à dos de poney, accompagnée deux soldats du palais d&#39;Emeraude. <br />
<br />
En rase campagne, alors que le soleil baissait déjà, elle aperçut au loin une imposante armée, qui devait compter plusieurs milliers d&#39;hommes et soulevaient des nuages de poussière. Notre magistrate assistante n&#39;avait pas été informée du passage d&#39;une telle puissance armée dans la région. <br />
Elle fut encore plus étonnée de découvrir que ce n&#39;était pas une troupe du clan du Scorpion, mais du Dragon &#33; Oui, son propre clan était en manoeuvre dans la région &#33; <br />
Ils étaient loin et Ryu ne pouvait se dérouter pour les rejoindre, mais elle ordonna à l&#39;un de ses deux soldats de retourner à Ryoko Owari informer Hiruya-sama de la présence de cette armée. <br />
Et elle continua son chemin avec le second soldat. <br />
<br />
Comme prévu, Ryu-san arriva au crépuscule sur les ruines de Shiro Usagi, déjà visitées quelques mois plus tôt, lors du début de l&#39;enquête sur Ozaki. Bizarrement, rien n&#39;avait changé ici. Ou si peu. Pas de Lièvres en vue, ni même de rônin. Il régnait sur les lieux un étrange silence. La fouille des lieux ne donna rien. <br />
Au village, guère plus de résultats. Les paysans n&#39;étaient pas bien causants. Il fallait vraiment leur tirer les vers du nez. Ryu finit par entendre de la bouche du soldat, qui avait su mieux parler au peuple, que les Lièvres, qui avaient entrepris de réparer leur château, puisque Yasuki Taka-sama avait promis que bientôt, leur nom de famille leur serait rendu, avaient été chassés de là par une importante force armée &#33; <br />
Etait-ce les Dragons ? Mais Ryu n&#39;aurait pas compris pourquoi. <br />
Non selon les paysans, c&#39;était des samuraï du Crabe &#33; Ils étaient venus en nombre, avec l&#39;intention de fracasser le clan et de mettre à bas les charpentes &#33; <br />
Trop peu nombreux, les Lièvres avaient essayé de se défendre puis s&#39;étaient enfuis. Les paysans pensaient qu&#39;Ozaki avait mené ses hommes en bordure de Shinomen Mori, la plus grande forêt de Rokugan, à quelques heures de là. <br />
Inquiète que des Crabes aient pu arriver si haut dans Rokugan, incapable de comprendre pourquoi ils s&#39;en étaient pris au clan du Lièvre, Ryu-san ordonna au second soldat de repartir à son tour à Ryoko Owari, délivrer cette information. <br />
Les deux messagers seraient de retour le lendemain normalement. <br />
Quant à Ryu-san, elle continua seule son chemin, vers un petit village en bordure de Shinomen, où elle passa la nuit. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Ce même jour, Kakita Hiruya et Isawa Ayame inspectèrent la pièce où avait été peinte l&#39;infâme marque du Condor. La shugenja inspecta la marque, mais il s&#39;agissait de peinture ordinaire, sans rituel magique ni sang d&#39;oni ou autre vilénie de ce genre. On ordonna donc aux etas de la faire effacer et l&#39;accès à la pièce fut de nouveau permis. <br />
La journée fut sage et vertueuse : Ayame mettait de l&#39;ordre dans ses parchemins, accomplissait des rituels aux Fortunes, pendant que Hiruya-sama lisait, avec une piété qu&#39;on ne lui connaissait guère, le Tao de Shinsei. Mais Ayame comprit mieux la raison de cet intérêt soudain et inédit : on disait que les bushi ne pouvaient devenir des maîtres du sabre sans connaître parfaitement le Tao &#33; :baton:Ça expliquait mieux les choses.:ahah:<br />
Ayame avait retenu surtout une phrase du Tao : "quand les ténèbres descendent, il faut savoir trouver des alliés dans les ombres." Le bon vieux Shinsei avait vraiment des bonnes paroles pour n&#39;importe qui, même ceux qui mettent leur honneur en danger pour servir l&#39;Empire &#33; Elle appréciait aussi cette formule : "Un coeur sombre cache nombre de secrets. Le coeur le plus sombre cache le pire secret qui soit." (cf. WoShinsei p48:P). Evidemment, Ayame n&#39;avait rien contre de jolies phrases telles que : "Etudie ce que le pin et la fleur de cerisier peuvent t&#39;apprendre. L&#39;homme n&#39;est pas le seul gardien de l&#39;illumination", mais il fallait bien dire que c&#39;est pas en attendant des conseils d&#39;un sapin qu&#39;on allait découvrir les secrets du Gozoku ou du Condor, hein...:baton:<br />
<br />
Le soir, un serviteur vint éveiller le sage Hiruya-sama, qui s&#39;était endormi comme un enfant sur les conseils de sagesse. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
L&#39;île de la larme, dans le crépuscule, semblait flotter au milieu d&#39;une eau ensanglantée, et exsuder de vapeurs démoniaques, au moment où les lanternes s&#39;allumaient. La Maison des Histoires Etrangères retentissaient déjà des rires Licornes. En entrant, nos samuraï y reconnurent Ide Baranato, ainsi que le Licorne costaud qui, à plusieurs reprises, avait réprimander Iuchi Sadako quand elle venait répandre ses ragots dans les oreilles d&#39;Ayame. Il y avait encore quelques bushis, de tous âges, qui prenaient du bon temps. Le clan de Shinjo était de sortie, entre hommes. Ça rigolait, ça se vantait, ça buvait du sake de l&#39;ouest. Une telle joie de vivre, franche et assumée, n&#39;était pas chose courante et passait facilement pour un bonheur de grands enfants irresponsables. <br />
Magda, la grande gaijin blonde, accueillit Hiruya, Ayame et Ikky : <br />
- Je suis moultement contente de revoir vous, Hiruya ainsi que accueillir jolies choux-gaine-jas et puissante garde de corps &#33; <br />
Hiruya, pas insensible au charme de l&#39;étrangère, souriait de ses fautes, mais pour des puristes Phénix, qui trouvaient bizarre que puisse exister une grande asperge aux cheveux jaunes commme Magda, ces fautes passaient plus mal. Heureusement, Ayame avait appris à être tolérante mais ce n&#39;est pas Shiba Rosanjin, Akitoki-sama ou cette peste de Kogin qui aurait laissé passer un tel accent. <br />
- Dis-moi, Magda, j&#39;ai tellement apprécié tes légendes de l&#39;autre soir que je suis revenu avec ces deux femmes, qui veulent en entendre elles aussi. <br />
- Avec moult grand plaisir &#33;<br />
Ayame se demandait ce qu&#39;elle pourrait bien tirer des récits gaijins, mais elle avait appris à ne pas négliger de pistes. Elle fit semblant d&#39;apprécier la mélodie et l&#39;entrain, mais en réalité, elle écoutait soigneusement les paroles, car Magda, à la demande de Hiruya, chantait la légende de la Novice &#33; <br />
- <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">Il était une fois, voici des années et des années, si loin dans le passé que même les grands-parents de nos grands-parents n&#39;auraient pu avoir de grands-parents qui s&#39;en souvinssent, vivait une belle et intelligente femme, qui se faisait appeler la Novice, car elle révérait profondément les Fortunes, le Soleil et la Lune et voulait atteindre l&#39;Illumination car elle pensait découvrir le secret du détachement par rapport aux choses de ce monde. Elle révérait Dame Soleil chaque jour et la voyait se lever avec joie, chaque matin et dix ans durant n&#39;en eut satiété. Elle vivait dans une montagne et un jour quitta cette montagne et le pays de cette montagne, pour enseigner aux hommes la voie de la Sagesse, car elle révérait Shinsei et les Ancêtres. Elle voyagea et offrit ses paroles en abondance, à qui le lui demandait. Elle se fit connaître sur les terres du clan de la Ki-rin, pendant que les fils de dame Shinjo exploraient le désert des Sables Brûlants.</span><br />
Les récits entremêlaient divers épisodes au cours desquels la Novice, après les terres de la Ki-rin, chantaient dans les châteaux des nobles seigneurs, de la Grue et du Phénix (nul doute que Magda pouvait adapter en fonction du public) et tâchaient de trouver la voie du juste milieu, qui menait au Nirvâna. <br />
<br />
Ayame n&#39;entendait rien de bien intéressant et se retint de baîller. Ces légendes étaient certes bien distrayantes mais elle avait passé l&#39;âge de ces choses-là. Elle pouvait comprendre que les homme se laissent charmer par cette belle voix, mais elle sentait qu&#39;elle perdait son temps. <br />
<br />
Mais notre shugenja changea d&#39;avis en entendant ce passage : <br />
- <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">... et la belle Novice, qui chaque jour remerciait les Ancêtres de la guider et de lui montrer la voie de la compassion et un jour, elle reçut une grâce inouïe, d&#39;être invitée à la cour de l&#39;Empereur, à une époque où il avait trois nobles et grands conseillers, du clan du Phénix, de la Grue et du Scorpion..."</span> <br />
Ça ne pouvait être que l&#39;époque du Gozoku &#33; Sinon, pourquoi préciser et ne pas s&#39;en tenir à dire qu&#39;elle fut invitée à la cour de l&#39;Empereur &#33; <br />
Ainsi, depuis des mois, Ayame essayait de faire le lien entre la Novice et le Gozoku et c&#39;était Magda qui lui donnait la solution &#33; Pour le coup, notre shugenja aurait pu lui sauter au coup &#33; <br />
L&#39;information n&#39;avait pas échappé non plus à Hiruya, qui sourit à ce moment du récit.<br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
Nos samuraï saluèrent Magda et la remercièrent pour ce début de soirée. Hiruya se dirigea vers la Maison de l&#39;Etoile du Matin, où il avait rendez-vous avec une jolie dame de compagnie, pour laquelle il allait plier de délicates origami.<br />
Ayame et Ikky, qui avaient pris aussi leurs habitudes, retournèrent à leur maison habituelle, surtout fréquentée par des femmes. Au fond de la salle, dans une petite pièce à part, rouge sombre, derrière une alcôve, elles aperçurent le gouverneur Hyobu en grande discussion avec des femmes de son clan et de celui de la Licorne. C&#39;était un groupe de personnes d&#39;un certain âge, qui ponctuaient leurs paroles de toasts au soshu. De solides femmes, à la tête de leurs familles, aussi robustes et solides que des hommes, qui ne craignaient pas les alcools forts. <br />
Le Gouverneur jeta un regard vers Ayame et Ikky puis continua sa conversation. Ikky se joignit à un groupe de jeunes samuraï-ko de la famille Iuchi, parmi lesquelles Sadako, qui accueillirent la grande magistrate aux yeux verts, pendant qu&#39;Ayame rejoignait déjà Kimi, et d&#39;autres, dans la salle du fond. <br />
L&#39;hôte d&#39;Ayame fumait une pipe de tabac avec des amies, mais elle s&#39;éloigna du groupe pour parler avec la shugenja. <br />
- Je voulais relire brièvement un passage de ce journal d&#39;une opiomane, dit Ayame...<br />
Elle feuilleta les pages rapidement. Le passage en question lui apprit que Bashô avait été éconduit par Shonagon. Et notre héroïne avait appris que Jocho avait, lui, réussi à mettre Shonagon dans son lit. Du coup, notre shugenja, qui venait parler de choses sérieuses, sentit glisser la conversation vers les chiffons et ragots du moment, pratique dans laquelle Kimi semblait exceller. <br />
Après quelques bouffées d&#39;opium, les deux femmes riaient comme des gamines ; Kimi demandait qui était marié parmi les gens de la magistrature. <br />
- Je sais que Ryu-san a été mariée, mais son mari a été tué. De même pour Ikky-san. Shigeru a la chance d&#39;être marié, et d&#39;avoir quatre ou cinq enfants, dont un qui est déjà un homme. <br />
- Et Hiruya ? fit Kimi avec force insinuations.<br />
- Hélas, déclara Ayame comme si elle faisait un discours, je ne crois pas que le très très honorable Hiruya-sama soit marié &#33; <br />
- Ah mais nous savons que nombres de représentants du clan de la Grue sont plus attirés par leurs confrères d&#39;armes &#33; Ils aiment passer du temps entre hommes et on dit qu&#39;ils ont mêmes des geishas qui sont des travestis...<br />
L&#39;intéressé, qui buvait avec Shigeru, dut avoir les oreilles qui sifflent beaucoup ce jour-là, car Ayame et Kimi ne se privèrent pas de moquer le noble, esthéte et raffiné Hiruya-sama &#33; <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">2ème jour</span></span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
Les gens du peuple appelaient cette heure celle du Lièvre, les samuraï appelaient cette heure celle du Soleil et pour nos héros c&#39;était celle du Tetsubo : celui qu&#39;ils avaient rituellement en travers du crâne &#33; Shigeru avait l&#39;impression qu&#39;une armée de l&#39;Outremonde galopait dans sa tête &#33;<br />
Ce jour-là, les Magistrats d&#39;Emeraude ne furent pas visibles avant une heure avancée de la mâtinée et même, à vrai dire, pas avant le début de l&#39;après-midi. Le fond de l&#39;air dans la cité était plus frais. On sentait qu&#39;il fallait dire adieu pour de bon à l&#39;été. <br />
<br />
Sur les chemins, Ryu continuait son avancée, de village en village. Elle interrogeait les gens, chaque fois ahuris de voir arriver un Magistrat d&#39;Emeraude, du clan du Dragon, dans leur hameau perdu où il ne s&#39;était jamais, de mémoire d&#39;ancien, rien passé. <br />
Ryu frôlait les abords de la forêt Shinomen, où il semblait parfois que des créatures magiques et inquiétantes l&#39;épiaient depuis les profondeurs de leur royaume végétal. <br />
En fin de journée, notre Magistrate arriva en vue d&#39;un village, où elle aurait à faire étape. Elle apprit que les Lièvres étaient traqués par les Crabes et descendaient vers le sud. Ce village-ci avait subi deux jours auparavant un pillage par une petite troupe du clan du Crabe, mais on avait pu emprunter des provisions au village d&#39;à côté.<br />
<br />
A la Cité des Mensonges, Ayame, après ses préparatifs matinaux, avait passé la journée dans la bibliothèque ; Ikky avait fini par exprimer le désir d&#39;aller s&#39;entraîner chez Kitsuki Jotomon. Sans relever les yeux de ses papiers, la shugenja avait donné sa permission et la yojimbo partit avec entrain rejoindre le dojo, contente de se battre enfin au lieu de passer la journée assise en tailleur entre des rayonnages poussiéreux &#33;<br />
Jotomon-senseï l&#39;accueillit bien volontiers et Ikky ne se sentait plus de joie en échangeant des coups de bokken avec de jeunes coqs du clan du Scorpion qui voulaient en découdre &#33;<br />
<br />
Ayame découvrit des informations sur la marque du Condor : le magistrat d&#39;Emeraude précédent, Matsu Shigeko, signalait la présence de la fameuse marque dans une boutique de la rue du Saphir. Le jour tombait déjà et pendant des heures, Ayame avait peu à peu desespéré de l&#39;utilité de ses recherches. Mais enfin, la journée ne serait pas perdue &#33; <br />
Elle fit prévenir Hiruya-sama, qui lui dit de venir sur-le-champ avec lui pour cette inspection. La rue était dans le sud du quartier marchand, juste au nord des remparts qui cernaient le quartier noble. La boutique signalée était celle d&#39;un joaillier, qui s&#39;aplatit à terre devant l&#39;arrivée de la Magistrature d&#39;Emeraude et de sa garde &#33; <br />
- Nous voulons juste fouiller ta boutique, dit Hiruya. Allez, vous autres &#33; <br />
Les soldats du palais entrèrent et retournèrent la boutique, sous les yeux inquiets du marchand et de sa famille. On finit par découvrir une trappe, qui révéla une échelle menant à une petite cave. <br />
- Tu ne connaissais pas l&#39;existence de cette cache, marchand ? <br />
- Non je vous jure seigneur &#33;<br />
Hiruya sentait que le marchand était sincére : on ne la lui faisait pas comme ça et le joaillier était vraiment dans tous ses états. <br />
Ayame et Hiruya descendirent visiter les lieux, pendant que les gardes étaient chargés de faire sortir tout le monde de la boutique et d&#39;évacuer les alentours. <br />
La cache mesurait environ huit pas sur six. Nue, poussiéreuse, elle n&#39;avait pas été visitée depuis longtemps. Au mur, Ayame vit des traces de peinture séchée. Sur un mur, la marque du Condor, très grande, mais presque disparue et sur le mur d&#39;en face, une peinture stylisé d&#39;un des portails portant les Cloches de la Mort. Le même dessin qu&#39;Ayame avait déjà vu chez Toritaka Bonugi, dans la Vallée des Esprits. Asako Nakiro était-il venu ici ? <br />
La pièce ne recélait rien d&#39;autre. Nos héros interrogèrent le marchand : il tenait cette boutique depuis un peu plus de trois ans. Avant cela, l&#39;endroit avait été inoccupé pendant près de sept mois, à compter de la mort du propriétaire précédent. Période qui couvrait peu ou prou les mois de la guerre de l&#39;opium... <br />
Nos magistrats repartirent de la rue du Saphir sans plus créer de soucis au marchand. <br />
<br />
Le soir, Ayame repartit parmi ses parchemins mais ne trouva rien. Elle partit se coucher, frustrée de cette journée qui n&#39;avait que fait semblant d&#39;apporter de nouvelles pistes. <br />
<br />
<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" /><br />
<br />
<span style="font-size: 5pt;" class="mycode_size"><span style="font-weight: bold;" class="mycode_b">3ème jour</span>&lt;!--sizec--&gt;</span>&lt;!--/sizec--&gt;<br />
<br />
Après une bonne nuit au village, Ryu repartit à dos de poney, sur une petite route qui menait à un important sanctuaire de l&#39;Empire, le Temple dédié à Osano-Wo, la Fortune du Tonnerre, patron des Bushis, dont le sang coule dans les veines des samuraï du Crabe et de la Mante. <br />
Au sortir d&#39;un charmant petit bois où chantait un ruisseau, elle arriva près d&#39;un village au pied d&#39;une colline, qu&#39;une bande pillards attaquait &#33; <br />
Ni une ni deux, Ryu mit pied à terre et ordonna à cette canaille de partir sur le champ. Sûrs d&#39;eux, avides déjà de forcer les charmes de cette magnifique samuraï, les bandits ricanèrent grassement, montrant toutes leurs dents et chicots, défiant la magistrate de s&#39;attaquer à eux cinq. <br />
Sans hésitation, Ryu tira ses deux sabres et avança vers eux. <br />
<br />
Les deux gars les plus téméraires avancèrent sur elle, puis coururent, avec de grands sayas et une lance au manche cassée. <br />
Ryu se mit en garde, arrêta le coup de lance avec son wakizashi, trancha la poitrine du porteur de sayas ; se baissa pour éviter le coup de lance, enfonça son wakizashi dans la poitrine de celui qu&#39;elle avait déjà frappé, puis trancha le bras de l&#39;autre, qui tomba en serrant encore la lance ; Ryu les acheva d&#39;une belle cisaille de ses deux sabres. Deux flèches partirent, lancés par deux archers. Ryu se jeta sur le côté. Un troisième gredin lui sauta dessus, dont elle perça le ventre avant de le décapiter, puis elle courut sus aux deux archers. Ceux-ci laissèrent tomber les arcs pour attraper une arme, mais leurs têtes s&#39;envolèrent à ce moment, pour aller s&#39;écraser dans la boue humide. <br />
<br />
Les cinq bandits étaient vaincus. Ryu essuya et rangea ses armes. <br />
Stupéfaits, terrifiés, les gens du village mirent un moment avant de s&#39;approcher. <br />
Enfin, le chef se précipita aux pieds de Ryu : <br />
- Seigneur &#33; ces pillards nous menaçaient et nous rançonnaient depuis des semaines &#33; Ce sont les kamis qui vous envoient &#33; <br />
- Tout à fait, répondit Ryu, un peu pressée, mais avec un grand naturel. Dites-moi, je recherche le clan du Lièvre...<br />
On n&#39;était pas là pour perdre son temps en vaines palabres &#33;<br />
Et c&#39;est ainsi que la légende de Mirumoto Ryu gagna un chapitre, écrit en lettres d&#39;or, légende qui passe par le temple de la vallée d&#39;Inchu, par ce village et par bien d&#39;autres endroits encore, où on a vu arriver cette samuraï sortie de nulle part, poser des questions et repartir aussitôt &#33;<br />
Les villageois confièrent à Ryu leur meilleur pisteur, débordant de reconnaissance devant cette véritable fille d&#39;Osano-Wo qui avait foudroyé cinq bandits à la suite &#33; <br />
Grâce à ce guide, Ryu retrouva la piste des Lièvres, le long d&#39;une rivière qui cernait la forêt Shinomen ; elle découvrit un campement abandonné récemment, puis renvoya le pisteur et continua seule son chemin vers le temple de la Fortune du Tonnerre. <br />
<br />
A la Cité, le premier messager renvoyé par Ryu l&#39;avant-veille se présentait au palais de la magistrature. Hiruya le reçut et fut ainsi informé de la présence de l&#39;armée du Dragon dans la région. Surpris (encore qu&#39;avec les Dragons, il fallait s&#39;attendre à tout &#33<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/icon_wink.gif" alt="wink" title="wink" class="smilie smilie_228" />, Hiruya ordonna au soldat de retrouver cette armée, de porter un message de la part de la magistrature d&#39;Emeraude et de s&#39;informer de la raison de leur présence, si loin des montagnes éternelles. <br />
Ce jour-là, Ayame décida de changer ses habitudes et d&#39;aller elle-même enquêter auprès du peuple, pour se renseigner sur la rue du Saphir &#33; <br />
Hélas, elle comprit bien vite que de telles recherches, dans lesquelles Shigeru ou Ryu (chacun à sa façon) excellaient -n&#39;&#39;étaient pas pour elle &#33; Elle n&#39;avait pas la manière avec les gens, qui donnaient de vagues informations, mélanges de on-dit, de racontards et d&#39;inventions spontanées. On lui disait des choses pour lui faire plaisir, pour se débarrasser d&#39;elle. On sentait bien que cette shugenja n&#39;avait pas l&#39;habitude de fréquenter les petites gens comme eux &#33; Là où Shigeru aurait fait copain-copain en offrant à boire, Ryu avec un mélange de séduction et de menace, Ayame apparaissait hautaine, distante : elle ne comprenait pas les codes de ce monde. <br />
Boudeuse, notre shugenja rentra au palais, en se jurant désormais de ne plus sortir de sa bibliothèque &#33; Ikky en était gênée pour elle : pour une fois qu&#39;elle sortait de ses paperasses &#33; <br />
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Mais au palais, Hiruya venait d&#39;en apprendre de belles &#33; Le second messager de Ryu était revenu et lui annonçait que les Lièvres avaient quitté leur château, après avoir été attaqué par les Crabes &#33;<br />
Notre magistrat était stupéfait. Miya Katsu était tout aussi stupéfait. Pourquoi donc les Crabes venaient-ils si haut pour attaquer un clan mineur &#33; Et surtout, leur présence dans la région était une menace gravissime &#33;<br />
On savait qu&#39;ils menaient une guerre dans le sud et qu&#39;ils avaient pris sous leur contrôle plusieurs terres, parmi les plus septentrionales, du clan de la Grue. On ignorait qu&#39;ils avaient envoyé un détachement traverser les terres des clans de l&#39;Alliance Tripartite &#33;<br />
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Ce même jour, le Gouverneur la ville, Shosuro Hyobu avait fait déposer une requête au palais. Une fois par mois, elle était en droit d&#39;exiger de la Magistrature d&#39;Emeraude un rapport complet de leurs enquêtes en cours. <br />
Miya Katsu tendit le papier à Hiruya et le chargea de rédiger le rapport. Il devait passer sous silence le nom du Condor, et se contenter de ramener l&#39;affaire de la rue de la Moutarde et de la veuve Mayo à un groupe de petits tsukaï désormais hors d&#39;état de nuire. <br />
- Pour ma part, Hiruya-san, je vais partir au chateau de ma famille pour y rencontrer le Champion d&#39;Emeraude. Il est grand temps de lui faire aussi un rapport sur notre Cité. Vous vous doutez combien il doit l&#39;attendre &#33; Je resterai en contact avec vous par courrier. <br />
Et c&#39;est ainsi que Kakita Hiruya put prendre la place du chef et se considérer désormais comme le Magistrat en poste à Ryoko Owari &#33; <br />
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Le soir, Ayame était encore et toujours en bibliothèque. Elle retrouvait l&#39;atmosphère, les bruits, les ténèbres, l&#39;inquiétude de l&#39;hiver dernier, quand elle fouillait au château du Chêne Pale. Ikky était partie se coucher. Ayame ressortit le plus noir de ses parchemins, celui dont elle sentait que la possession lui avait coûté une partie de son âme, celui qui disait : <br />
<br />
« Quand Mère Soleil et Père Lune donnèrent un nom à toutes les choses , quelque chose, un petit bout de rien, refusa de recevoir un nom. <br />
<br />
Goju était l&#8217;auteur de ces lignes, en ouverture de ses <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">Agonies Célestes</span> et ceux qui le lurent moururent défigurés, une épaisse bave noire à la bouche, car il était prédit dans cette oeuvre la chute de tous les astres lumineux et de tous les dieux.<br />
<br />
Car c&#8217;est la peur, l&#8217;ignoble peur, qui seule engendra ce livre, la peur d&#8217;un l&#8217;enfant mort-né, seul face à lui-même, et qui partit se terrer au bout du monde, dans un recoin de la voûte céleste. »<br />
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C&#39;était vraiment un des plus abominables parchemins qu&#39;elle ait eu entre les mains. Même les rouleaux des maho-tsukaï semblaient acceptables en comparaison de celui-ci. Elle sentit une noirceur sans fond, une terreur indescriptible logé dans celui-ci. Un terrifiant mystère, une émanation des ténèbres, animaient ce parchemin, qu&#39;elle cachait en permanence au fond de son sac. <br />
Si jamais quelqu&#39;un apprenait qu&#39;elle avait un tel document en sa possession, elle risquait le deshonneur définitif, l&#39;infamie &#33; A côté d&#39;elle, les conspirateurs Scorpions passeraient pour des petits chanteurs au sabre en bois &#33;<br />
<br />
Goju, c&#39;était sur ce nom qu&#39;elle voulait la vérité. Elle se sentait épiée. Elle ignorait s&#39;il c&#39;était justifié, mais il lui semblait que les murmures du vent étaient chargés d&#39;une lourde menace. Une longue fouille dans les documents relatifs au clan du Scorpion finit par lui fournir une révélation d&#39;importance : <span style="font-style: italic;" class="mycode_i">vers le 3e siècle de l&#39;Empire, un gouverneur de la Cité des Mensonges s&#39;était appelé Goju &#33;</span><br />
Le 3e siècle, c&#39;était encore presque 3 siècles avant le Gozoku : c&#39;était la nuit des temps &#33;<br />
Ce Goju avait fini disgrâcié. De pudiques formules laissaient entendre une trahison capitale de sa part, peut-être même une rebellion contre le Trône d&#39;Emeraude &#33;<br />
Ayame frissonna et rangea ses documents là où elle les avait trouvés, et même plus profondément encore, qu&#39;on ne les ressorte pas avant sept ou huit siècles au moins &#33; <br />
<br />
A suivre...<img src="http://forum.chezseb.ovh/images/smilies/samurai.gif" alt="Samurai" title="Samurai" class="smilie smilie_53" />]]></content:encoded>
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